CHAPITRE LI.

[1]Cf. Jean le Bel, Chroniques, t. II, chap. LXI, p. 5 à 13.

[2]Froissart, reproduisant une erreur de Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 5), donne à la comtesse de Salisbury le nom d’Alice; elle s’appelait Catherine, et elle était fille de Guillaume de Grandisson.

[3]Par acte daté d’Eltham le 3 avril 1342, Édouard III charge l’évêque de Durham, Henri de Lancastre, comte de Derby, son cousin, Raoul de Nevill et 4 autres chevaliers, de traiter au sujet d’une trêve avec David de Brus, roi d’Écosse. (Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1191.) Par un autre acte donné plus d’un an après le premier et daté de Westminster le 20 mai 1343, Edouard III enjoint aux mêmes de veiller sur la frontière d’Écosse à l’exécution de la dite trêve qui doit durer jusqu’à la Saint Michel 1343 et de là en trois ans. (Ibid., p. 1225.)

[4]Jean le Bel s’est trompé en rapportant cette trêve à l’année 1343 ainsi que l’arrivée de Robert d’Artois et d’Édouard III en Bretagne (Chron., t. II, p. 17); ces trois événements appartiennent à l’année 1342. Froissart a reproduit les erreurs de date de son devancier et de son modèle. La trêve entre Jeanne de Montfort et Charles de Blois est du 1er mars 1342, ainsi qu’il résulte de la pièce suivante: «Nous Jehane de Flandres, duchesse de Bretaingne, comtesse de Richemond, de Monffort et vicomtesse de Limoges, faisons savoir à touz que, oie la requete que nous a faite maestre Henri de Malestret de par nostre sire le roi de France, c’est à savoir sur l’otroi de seures et saufves trefves entre nous et nostre partie adverse dou débat qui pant en presant entre nostre très cher singnour de Bretaingne et de Monffort nous et noz effanz d’une partie, et monseigneur Charles de Blois à cause de la dame de Penthèvre sa famme, d’autre, sur la chaiète et sucession de la duché de Bretaingne, eue sur ce deliberacion et conssail de noz chevaliers, gentis homes, bourgois et menu commun, pour l’obeissance dou dit singnour et la bone esperance dou bien d’acort et de paiz, les avons otroiées et otroions par ces lettres ès noms que desus et pour touz ceulx de nostre partie juques à la quinzaine de Pâques prochènes venanz, en telle manière que, se la partie adversse les veult otroier et soi assantir et ce fermement comme dit est, nous voulons que nostre dit otroi soit valable de meitanant; et ou cas où elle ne s’i assantiroit, nous rappelons le desus dit otroy fait par nous, et voulons que ils soit de nulle value et dou tout mis à naiant. Donné tesmoen nostre grant sael et ensamlile o le sael nostre très cher et très aemé et féal bachelier monseigneur Tengui dou Chatel nostre cappitaine de Brest, tant pour li que pour ceulx de la ville de Brest, et le sael nostre aemé et féal bachelier monseigneur Henri de Kaer, le vendredi amprès Reminiscere l’an mil trois cens quarante et un» (1er mars 1342). Orig., 2 sc. pend, sur simple queue de parch.; 3e sceau en déficit. (Arch. nat., sect. hist., J 241, nº 41.)

Jeanne de Monfort devait être à Brest lorsqu’elle accorda cette trêve, car des lettres de sauvegarde qu’elle délivra aux habitants de Saint-Malo sont données «à Brest, le jour où l’on chante Reminiscere l’an MCCCXLI.» (J 241, nº 40.)

[5]Il n’est pas absolument impossible que la comtesse de Montfort, s’embarquant à Brest où elle se trouvait alors, ait profité de la trêve pour faire un voyage en Angleterre; mais les actes du temps n’en font pas mention. Au contraire, dans des lettres de quittance d’une somme de mille livres sterling empruntée le 10 mars 1342 à la comtesse, Édouard III dit qu’il a reçu cette somme per manus Walteri de Mauny (Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1189); il parle, dans une autre pièce en date du 20 juillet de la même année, de demandes que Jeanne et Amauri de Clisson lui ont faites per litteras et nuncios (Rymer, ibid., p. 1205). Il est probable, comme l’a supposé Dacier, que Froissart, reproduisant une erreur de Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 10), a placé mal à propos sous cette année un voyage qui n’eut lieu qu’à la fin de juin ou au commencement de juillet de l’année 1344.

[6]Le 30 juillet 1342, Robert d’Artois était sur le point de s’embarquer pour la Bretagne avec cent vingt hommes d’armes et autant d’archers (Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1201); le 15 août suivant, la flotte destinée pour la Bretagne était partie (Rymer, ibid., p. 1209). Cette rencontre sur mer entre la flotte de Robert d’Artois et celle de Louis d’Espagne est mentionnée par Jean le Bel (Chron., t. II, p. 12); mais tous les détails appartiennent en propre à Froissart. Le chanoine de Liége fait même précéder la simple mention du combat de réserves qui sont tout à fait de nature à nous prévenir contre les additions de Froissart: «Je ne sçay pas dire toutes les aventures qui leur sourvindrent, car je n’y fus pas, et ceulx qui m’en ont raconté m’en ont dit en tant de diverses manières que je ne m’en sçay à quoy tenir de la vérité. J’ay trouvé en ung livre rimé, que ung jongleur a fait, tant de bourdes et de menteries, que je ne les oseroie dire.» (Chron., t. II, p. 11.)

[7]En plaçant Dinan dans les environs de Vannes, Froissart répète une erreur qu’il a empruntée à Jean le Bel; mais rien n’obligeait le chroniqueur de Valenciennes à ajouter au récit de son devancier des détails qui semblent de pure invention. La prise de Vannes elle-même par Robert d’Artois, dont Froissart a trouvé la mention dans Jean le Bel (Chron., t. II, p. 12), est fort douteuse, car il n’y est fait nulle allusion dans une lettre assez longue d’Édouard III à son fils datée du siége devant Vannes le 5 décembre 1342 (V. Hist. Ed. III, par Robert d’Avesbury, éd. de 1720, p. 100 et 101). Jean le Bel dit à propos de ce siége de Vannes: «Et y avint de belles aventures et grandes proesses, d’ung costé et d’aultre, que je ne sçauroye pas raconter ne dire au vray; si vault mielx que je m’en taise.» (Chron., t. II, p. 12.) Il est certain que Jean le Bel se montre ici plus réservé que Froissart. Toutefois, il y a de bonnes raisons de penser que la réserve du chanoine de Liége aurait dû être plus grande encore.

[8]Aujourd’hui hameau de la commune de Priziac, Morbihan, ar. Napoléonville, c. le Faouët. V. sur ce nom de lieu le tome deuxième de notre édition, Sommaire, p. XLVIII, note 300.

[9]Morbihan, ar. Vannes.

[10]Aujourd’hui château de la commune de Sarzeau, Morbihan, ar. Vannes.

[11]La présence de Hervé de Léon à cette prétendue prise de Vannes par Robert d’Artois est une erreur que Froissart a empruntée à Jean le Bel (Chron., t. II, p. 12). Hervé de Léon, fait prisonnier dans une embuscade par Gautier de Mauny au mois de mai 1342 et amené le 7 juillet suivant à Londres, où il fut enfermé à la Tour, ne put se trouver à Vannes entre l’arrivée de Robert d’Artois et celle d’Édouard III en Bretagne, c’est-à-dire après le commencement d’août et avant le 5 octobre 1342, car il ne dut être relâché qu’après la conclusion de la trêve de Malestroit (janvier 1343). Jean le Bel, en disant que le même Hervé de Léon avait été au début partisan de Montfort (Chroniques, t. I, p. 229) a entraîné Froissart dans une autre erreur, car le vicomte de Léon, oncle de Jeanne de Penthièvre mariée à Charles de Blois, se montra dès le commencement de la lutte, de l’aveu des propres partisans de Montfort, l’adversaire déclaré de ce dernier (Preuves de l’histoire de Bretagne, par dom Morice, t. I, p. 1431). V. la dissertation de dom F. Plaine intitulée: De l’autorité de Froissart comme historien des guerres de Bretagne, p. 19. Nantes, 1871.

[12]Ce siége de Rennes, dont la mention est empruntée à Jean le Bel (Chroniques, t. II, p. 15), est tout aussi problématique que la prise de Vannes par Robert d’Artois.

[13]Robert d’Artois mourut entre le 6 octobre (Rymer, Fœdera, vol. II, p. 1212) et le 20 novembre 1342 (ibid., p. 1215); mais Jean le Bel (Chron., t. II, p. 13) et Froissart (p. [20] et [224]) se trompent en le faisant mourir en Angleterre. Il résulte d’une charte d’Édouard III, datée de Westminster le 1er mai 1343, que la mort du comte d’Artois arriva en Bretagne: «... Nos, licet dictæ quadringentæ libræ ad prædicta debita ipsius Roberti, [qui] in dictis partibus (Britanniæ), diu ante dictum festum Paschæ, diem suum clausit extremum...» (Rymer, ibid., p. 1222.)