CHAPITRE LXVII.
1348. RAVAGES DES BRIGANDS EN LIMOUSIN ET EN BRETAGNE; EXPLOITS DE BACON ET DE CROQUART[122] (§§ [315] et [316]).
Guillaume Douglas, retiré dans la forêt de Jedburgh, continue de faire la guerre aux Anglais, même après la prise du roi d’Écosse et malgré les trêves entre l’Angleterre et la France[123]. P. [67].
Les trêves ne sont pas observées davantage en Gascogne, Poitou, Saintonge et Limousin. Dans ces pays de frontière, les pauvres gens d’armes exercent le brigandage comme un métier et s’y enrichissent avec une promptitude merveilleuse; il y en a qui font des fortunes de quarante mille écus. Voici comment ils procèdent. Rassemblés par bandes de vingt ou trente, ils épient pendant quelque temps un riche village ou un fort château situé dans les environs; puis un beau jour, de très-grand matin, ils y pénètrent furtivement et mettent le feu à une maison. Les habitants, qui croient avoir affaire à mille armures de fer, s’enfuient affolés de terreur; les brigands pillent le village ou le château, après quoi ils se retirent chargés de butin. Ils font ainsi à Donzenac[124] et ailleurs; ils s’emparent des châteaux et les revendent. Un de ces brigands emporte par escalade le château de Comborn[125], en Limousin. Le vicomte de Comborn, fait prisonnier dans son château, ne recouvre la liberté qu’en payant une rançon de vingt-quatre mille écus. Ce brigand, nommé Bacon, après avoir vendu le château de Comborn à Philippe de Valois moyennant vingt mille écus, devient huissier d’armes[126] du roi de France, qui le comble de faveurs. P. [67] à [69], [299] à [302].
En Bretagne, un autre brigand nommé Croquart, ancien page du seigneur de Herck en Hollande, gagne bien soixante mille écus; il figure à la bataille des Trente[127] du côté des Anglais et se montre le plus brave. Le roi de France lui offre une pension de deux mille livres, s’il veut se faire Français, mais il meurt d’une chute de cheval. P. [69], [70], [302], [303].