CHAPITRE LXX.
1350. DÉFAITE DES ESPAGNOLS DANS UNE BATAILLE NAVALE LIVRÉE EN VUE DE WINCHELSEA CONTRE LES ANGLAIS.—1352. EXÉCUTION D’AIMERI DE PAVIE A SAINT-OMER[141] (§§ [323] à [329]).
Édouard III apprend que les Espagnols, dont la marine s’est portée naguère à des actes d’hostilité contre les Anglais[142], sont allés avec de nombreux vaisseaux acheter des draps, des toiles et autres marchandises en Flandre; il ne veut pas laisser échapper cette occasion de se venger de ses ennemis. Il équipe une flotte puissante, dont les navires sont montés par l’élite de sa noblesse; il en prend le commandement et va croiser entre Douvres et Calais. P. [88] à [90], [320], [321].
Les Espagnols, de leur côté, informés des projets du roi d’Angleterre, ont fait leurs préparatifs pour soutenir la lutte; ils ont muni d’artillerie leurs quarante gros vaisseaux et pris des brigands à leur solde.—Au moment où Édouard III, monté sur un navire appelé La Salle du Roi, dont Robert de Namur est capitaine, fait exécuter par ses ménestrels un air de danse que Jean Chandos vient de rapporter d’Allemagne, tout à coup une sentinelle placée au haut du mât annonce que les Espagnols sont en vue: le roi fait aussitôt sonner le branlebas de combat[143]; les navires se rapprochent pour former une ligne très-serrée; Édouard et ses chevaliers boivent du vin, revêtent leurs armes en toute hâte, et la bataille commence. P. [90] à [92], [321] à [324].
Les navires espagnols et anglais s’accrochent les uns aux autres, deux par deux, avec des crampons et des chaînes de fer, et l’on se bat à l’abordage. Après diverses alternatives, le roi d’Angleterre et le prince de Galles, son fils, montent sur deux vaisseaux ennemis qu’ils ont conquis après une lutte acharnée; ils sont forcés d’abandonner leurs propres navires qui ont été horriblement maltraités et font eau de toutes parts. La Salle du Roi allait être emmenée par les Espagnols, qui l’avaient accrochée, sans le dévouement d’un valet de Robert de Namur, nommé Hennequin, qui, en sautant à bord du navire ennemi, parvient à couper les cordes qui soutiennent les voiles. Le vaisseau espagnol ne peut plus avancer, et Robert de Namur le prend à l’abordage. Bref, les Espagnols perdent quatorze[144] de leurs navires; les autres parviennent à se sauver. La flotte victorieuse rentre à Rye et à Winchelsea. Édouard va rejoindre sa femme qui l’attend dans un château situé à deux lieues de là et qui est fort inquiète, car les habitants de cette partie des côtes d’Angleterre ont vu le combat du haut des falaises. P. [92] à [98], [324] à [328].
Geoffroi de Charny surprend Aimeri de Pavie dans un petit château de la marche de Calais, nommé Frethun[145], qui lui avait été donné par le roi d’Angleterre, et le fait mettre à mort à Saint-Omer, pour le punir de sa trahison. P. [98], [99], [328] à [330].