ANNÉE 1627.
Le Journal devient de plus en plus concis.—[Voyages de plus en plus fréquents à Versailles].—[Mort de Madame].—[Maladie du Roi].—[Départ pour la Rochelle].—[Niort].—[La Rochelle].—[Le fort Louis].—[La digue].
Le 1er janvier, vendredi.—Confessé, touché les malades.
Le 8, jeudi.—Il part de Versailles, arrive à Paris. Le soir, il va chez la Reine[436].
Le 18 mars, jeudi, à Versailles.—A dîner il mange d'un pâté que M. le cardinal de Richelieu avoit envoyé à ses mousquetaires.
Le 7 avril, mercredi.—Il va chez la Reine[437].
Le 22, jeudi.—Il part de Versailles, vient à Paris, où M. le duc de Lorraine le salue en son cabinet.
Le 23, vendredi.—Il donne audience au cardinal de Spada, nonce[438].
Avr
1627
Le 24, samedi.—Il donne audience aux Grisons.
Le 26, lundi.—Il va chez la Reine sa mère, la voit dîner.
Le 27, mardi.—Il part de Paris, va à Sainte-Geneviève-des-Bois.
Le 15 mai, samedi.—Il part de Paris, va à la chasse au bicorne à Beaulieu, suivi de M. Flamen; après va à Morgemont.
Le 27, jeudi.—Il va chez la Reine.
Le 31, lundi.—A Auteuil, soupé; il va de Paris à Versailles.
Le 4 juin, vendredi.—Il va au Louvre voir expirer Madame; après part de Paris, et va à Versailles.
Le 5, samedi, à Versailles.—Il monte à cheval pour aller voir Monsieur, son frère, à Saint-Cloud, puis s'en retourne à Versailles.
Le 16, mercredi.—Il va à Auteuil, où il dîne en la maison de M. Coquet, commissaire général de la maison du Roi.
Le 19, samedi.—Il va à Vaucresson, où il a dîné, où Monsieur est venu le trouver, et ayant donné la serviette au Roi, s'en retourne à Saint-Cloud.
Le 23, mercredi.—Il va aux Tuileries, donne de l'eau bénite au corps de Madame.
Le 6 juillet, mardi.—Malade, on le fait suer; il se plaint, dit: Je suis pris; il a la fièvre, claque des dents.
Le 14, mercredi.—Toujours malade. M. Charles et M. Bonnart[439] sont arrivés pour conseil.
Le 20, mardi.—Toujours la fièvre, il se plaint de grandes lassitudes.
Le 29, mardi.—Il est saigné par M. Boutin, l'un de ses chirurgiens. Il va pourtant au conseil, se fait souvent faire de la musique.
Août
1627
Le 1er août, dimanche.—Il est encore malade; il a la fièvre; il fait dire la messe; il se lève à dix heures, se fait couvrir et mettre des bouteilles aux pieds. Il eut froid et dura ainsi avec un peu de frémissement jusques à douze heures et demie, et durant trois quarts d'heure eut un peu de sueur, et eut un peu de vigueur; à une heure et demie fort trempé de sueur, essuyé, prend de l'eau purgative, après mis au petit lit, à trois heures goûté. Le soir soupé, puis changé et mis au grand lit à sept heures.
Le 15, dimanche.—Toujours la fièvre, il prend des demi-bains chaque jour et des eaux purgatives; ne sort pas.
Le 19, jeudi.—A trois heures levé, porté en chaise jusqu'au delà de la chaussée, il part de Villeroy, entre dans la litière de la Reine sa mère. En chemin il se plaint d'un point du côté gauche dans les fausses côtes, d'appréhensions, envoie un valet de pied à Paris pour faire venir M. Bontemps, qui l'a suivi à Olinville, où il soupe et couche.
Le 21, samedi.—On le saigne au bras gauche, six onces.
Le 23, lundi.—Il part d'Olinville en la chaise de M. Liancourt.
Le 24, mardi.—Il entend la messe au lit, à neuf heures se met dans la chaise, porté par des Suisses, part de Paloiseau; en haut de la montagne d'Igny monte à pied, puis se met dans le carrosse jusqu'à Versailles. A onze heures un quart il arrive, se met auprès du feu, puis sur son lit, à midi dîné à table; puis va en sa chambre, se couche sur son lit, se fait couvrir les jambes de sa robe fourrée, y est environ une heure, s'amuse à peindre. A quatre et demie il sort à pied, va à la porte entretenir les soldats du corps de garde, puis entre dans son petit carrosse tiré par un cheval, et va se promener voir son plant.
Août
1627
Le 25, mercredi, à Versailles.—Il va à pied à la messe à l'église, revient à dix heures et demie, se met sur le lit; dîné en son cabinet. A une heure et demie il entre en carrosse, part de Versailles et chasse le renard dans le parc de Roquencourt, puis va jusqu'à la montagne de Marly, et à Marly se met dans sa chaise. Il est porté jusques au bas de la montée, où il entre en carrosse, et sur les quatre heures arrive au bâtiment neuf, à Saint-Germain.
Le 28, samedi.—Il part dans son petit carrosse pour aller à la chasse au sanglier.
Le 31, mardi.—La fièvre disparoît. Il prend du lait clair. Il va à la chasse et au conseil, conduit son carrosse lui-même.
Le 12 septembre, dimanche.—Il part de Saint-Germain en Laye après déjeuner pour aller à Paris, où il arrive à onze heures, va chez la Reine sa mère, puis chez la Reine, à midi dîne en son cabinet, de sa viande. A trois heures il rentre en carrosse à cause de la pluie, et part de Paris pour retourner à Saint-Germain, où il arrive à six heures.
Le 15, mercredi.—Il alloit mieux et, approuvé de tous les médecins qu'on avoit appelés, il les renvoya, leur donnant congé et les remerciant. Il va courir le cerf.
Le 17, vendredi.—Il va en chassant de Saint-Germain à Versailles.
Le 18, samedi, à Versailles.—Il va à l'église, puis fait faire l'exercice à ses mousquetaires.
Le 21, mardi.—Il part de Versailles, va dîner à Chevreuse, et après va à Sainte-Maime.
Le 25, samedi.—Il part pour Joinville.
Le 9 octobre, samedi.—Il arrive à Niort[440].
Oct
1627
Le 13, jeudi, à Aitré[441].—Il va au Plomb pour voir l'armée angloise.
Le 30, samedi.—Il va en sa chambre et au conseil, retenu par le temps de vent et de pluie, il va à vêpres, fait collation, le soir se couche, ne dort pas, se lève par la chambre par inquiétude des troupes qui, sous la conduite de M. le maréchal de Schomberg, devoient passer du port de Plomb à l'île de Ré. Il se remet au lit, s'endort jusqu'à quatre heures.
Le 1er novembre, lundi.—Il va à la messe, à confesse, n'a point voulu déjeuner; va au jardin, où il touche quatre cents malades. L'après-midi il va au sermon du père Suffren[442].
Le 5, vendredi.—Il monte à cheval, va au Plomb, où il fait porter son dîner avec la viande de M. le maréchal de Bassompierre, et après va au fort Louis[443], où il n'avoit pas encore été, y fait tirer cinq ou six canonnades contre une barque qui alloit de l'île de Ré dans la Rochelle.
Le 6, samedi.—Il va au conseil avec M. le Cardinal.
Le 17, mercredi.—Ce jour-là, à trois heures, les Anglois ont levé les ancres et se sont du tout retirés.
Le 23, mardi.—Il va au logis de M. le cardinal de Richelieu.
Le 9 décembre, jeudi.—Il va plusieurs jours de suite à l'assemblée à Cigoignes, et y dîne. Il va voir la digue[444] qui se faisoit pour étroissir le port.
Déc
1627
Le 17, vendredi.—Il va en sa chambre, botté; à une heure et demie monte à cheval, va chez M. le cardinal de Richelieu.