S
SABOULÉE, s. f. Signifie: 1o Volée de coups, rossée; 2o Forte gronderie. Donner une saboulée; recevoir une saboulée. Terme français populaire. On dit à Valenciennes: Une saboule. Mais aucun de ces mots ne figure dans les dictionnaires.
SAC DE MISÈRE, s. m. Sac où nos dames serrent toutes sortes de chiffons qui peuvent être utilement employés à des raccommodages.
SAC D'OUVRAGE, s. m. Sac à ouvrage.
SACHE (UNE). Sorte de grand sac qui a la forme d'un carré long. Une sache de riz; une sache de charbon; une sache de fenasse. Terme savoisien et méridional. Dans le français populaire, sache signifie: Sachée, c'est-à-dire: Ce que peut contenir un sac.
SÂCRE, s. m. Nous disons d'un homme qui travaille outre mesure: Il travaille comme un sâcre. Expression suisse. En français on dit: Il travaille comme un galérien. Nous disons aussi: Crier comme un sâcre, courir comme un sâcre, jurer comme un sâcre; c'est-à-dire: Crier, courir, jurer comme un perdu. Sur l'origine de cette expression les conjectures ne manquent pas; mais elles ne présentent rien de satisfaisant.
† SACRÉFIER, v. a. Sacrifier. On se sacréfie pour ses enfants, n'est-il pas vrai, Marion? et ils ne font rien pour nous.
SACREMENTATIONS, s. f. pl. Faire des sacrementations, signifie: Faire des jurements, faire des imprécations, blasphémer. Ce mot vient de l'allemand et il aurait dû y rester.
SACRÉPAN, s. m. Sacripan.
SAGATERIE, s. f. Boucherie pour la basse viande. Terme vaudois. En Provence et en Languedoc, sagata signifie: Tuer des animaux pour s'en nourrir.
SAGATIER, s. m. Boucher pour la basse viande. En provençal on dit: Sagataire.
† SAIGNE (UNE). Une saignée. Une forte saigne. Le cérugien voulait m'adménistrer une seconde saigne: mais brenique. Terme savoisien. Dans le patois vaudois on dit: Un sagne.
SAIGNE-NEZ, s. m. Plante appelée en français: Mille-feuilles.
† SAINK-ET-SAUF, adj. masc. Prononciation vicieuse de l'adjectif «Sain et sauf.» Le son du k est ajouté pour l'euphonie.
SAINT-FRISQUIN, s. m. Saint-frusquin, ce qu'un homme a d'argent et de nippes. Un tel a mangé tout son saint-frisquin. Terme vieux français. En Languedoc on dit: San-fresquin; en limousin, saint-flusquin.
SAINT-LAMBIN, s. m. Nonchalant, paresseux, traînard. Qui est-ce qui m'a bâti ce saint-lambin? Arriveras-tu, saint-lambin? Quel saint-lambin!
SAISON, s. f. Saison tardive n'est pas oisive, est un des jolis proverbes de nos campagnards. Ce proverbe signifie que: Les printemps tardifs sont les meilleurs dans un climat où les retours du froid sont si habituels et si funestes.
SALADE À. Salade de. Une salade aux racines jaunes; salade à la chicorée; salade aux pommes de terre. Dites: Une salade de chicorée, une salade de pommes de terre, etc.
SALADE, s. f. (fig.) Réprimande, mercuriale. Donner une salade. Il a reçu une salade conditionnée. Terme parisien populaire.
SÂLE, adj. Malpropre. Du linge sâle; des doigts sâles. Tu es un négligent, tu es un sâle. Prononciation vicieuse très-répandue dans la Suisse française. Écrivez et prononcez «sale» (a bref), comme vous prononcez scandale.
SALÉE, s. f. Sorte de galette aux œufs.
SALICHON, s. m. Petit salaud, petit saligaud. En français on dit d'une jeune fille malpropre: C'est une salisson.
SALIÈRES, s. f. pl. (fig.) Dénomination dérisoire donnée à nos milices du centre, par allusion à la forme de leurs gibernes. Être dans les salières.
SALIGNON, s. m. Briquette, motte de tan, motte à brûler. Les salignons servent surtout à entretenir le feu. Terme vaudois.
SALIGOT, OTTE, adj. et subst. (o bref.) Voyez cette saligotte, dans quel état elle se met! Écrivez et prononcez «Saligaud, saligaude.»
SALIGOTAGE, s. m. Action de saligoter. Quel saligotage fais-tu là? Terme français populaire.
SALIGOTER, v. a. Salir, tacher. Une robe saligotée. Mes petits amis, ne gadrouillez plus, vous vous saligotez.
SALONGLÉE, s. f. Volée de coups, rossée, raclée.
SALONGLER, v. a. Rosser, rouer de coups.
SALOPIAUD, AUDE, subst. Petit salaud, petite salaude. On dit en Champagne: Salopier.
SALVAGNIN, s. m. Nous appelons salvagnin, ou vin salvagnin, une sorte de vin rouge du pays. Plusieurs personnes écrivent et prononcent sarvagnin et servagnin. Terme vaudois. En France: Sauvignon, sauvignain et servignain.
SANDARAQUE (LE). Ce mot est féminin.
SANG, s. m. Signe, tache brune sur la peau. Avoir des sangs. En limousin: Sen.
SANG, s. m. Nous prononçons encore sanke, comme on le prononçait au treizième siècle et au quatorzième. Des larmes de sanke. On doit prononcer san devant une consonne, et sank devant une voyelle.
SANG, s. m. Nous disons de quelqu'un qui s'inquiète, se tourmente, s'agite sans motif suffisant: Il se fait du mauvais sang. Les dictionnaires disent, en supprimant le pronom personnel: «Il fait du mauvais sang,» ou: «Il fait de mauvais sang.»
† SANGEMENT, s. m. Changement.
† SANGER, v. a. Changer. Tu es bien trempe, Mariette, faut t'aller sanger: oui, sange-toi. Expression signalée dans le Glossaire du Berry, p. 98.
SANGSUER, v. a. Importuner, fatiguer, obséder, vexer. Mais, John, cesseras-tu enfin de nous sangsuer? Ce n'est pas en nous sangsuant que tu obtiendras quelque chose. Dans le français populaire on dit: Sangsurer, ou: Sansurer.
† SANGSUIE, s. f. Sangsue. La femme des sangsuies. Mettre des sangsuies.
† SANGUINAIRE, adj. Tempérament sanguinaire. Dites: Sanguin.
SANGUINE, adj. Nous appelons pêche sanguine, une sorte de pêche violette.
SANS ACOUP ou À COUP, locut. adv. Les ouvriers monteurs de boîtes ont augmenté le prix de la main-d'œuvre sans acoup, c'est-à-dire: Sans secousse ou heurt, sans causer de contre-coup qui ait arrêté les affaires.
SANS POINT DE, locut. prépositive. Il voyageait sans point d'argent. Dites: Sans argent. Il se tira de cette horrible échauffourée sans point de mal. Il marchait au supplice sans point de peur. Français populaire et vieux français.
SARCENETTE, s. f. Lustrine, sorte d'étoffe.
† SARCHER, v. a. Chercher. Va-t'en voir me sarcher mon bonnet, sur le darnier tablat en n'haut du placard. Terme vieux français. [Voyez Roquefort, Glossaire, t. II.]
SARCLORET, s. m. Voyez [SERCLORET].
SARPE, s. f. Terme des campagnards. Sorte de hache, qui sert surtout à tailler les arbres et à faire des fagots. Terme fort usité, qu'on trouve déjà dans le vieux français, et duquel s'est formé le mot de Serpe.
† SARPENT (UNE). Un serpent. Dans le patois de l'Isère: Sarpin.
SARVAGNIN, s. m. Voyez [SALVAGNIN].
SAÜ ou SAÏU, s. m. Terme des campagnards. Sureau, sorte d'arbrisseau. Du bois de saü; moëlle de saü. En Savoie: Savu; dans le canton de Vaud, sau, sahu ou suau; en rouchi, séu; en Franche-Comté, saivu; dans le patois de l'Isère et en Normandie, seu; dans le Jura, sou; en wallon, saou; dans le département du Tarn, sagut; en Gascogne, sahuc; en vieux français, sahu, séhu, seu.
SAUCE, s. f. Nous disons figurément, d'une personne qui a commis une faute: Elle a fait la faute, qu'elle en boive la sauce, pour dire: Qu'elle en subisse les fâcheuses conséquences.
SAUCE, s. f. Sauce de rôti. Dites: Jus de rôti. Nous disons proverbialement: La sauce vaut mieux que le rôti; l'accessoire vaut mieux que le principal. Les dictionnaires français disent: La sauce vaut mieux que le poisson.
SAULE, s. m. Nos paysans font ce mot féminin. Arve entraînait cette saule que j'ai pu enfin accrocher. Il est pareillement féminin dans le canton de Vaud, en Savoie, en Lorraine, et sans doute ailleurs. R. lat. salix, s. f.
SAUMACHE, adj. et subst. Saumâtre. Vous nous donnez de l'eau qui a un goût saumache, un goût de saumache. [G. G.]
SAUME, s. f. Ânesse. Louer une saume. Galoper sur une saume. Terme savoisien, lyonnais et dauphinois. Dans le patois vaudois: Chouma; dans le dialecte provençal et dans le patois du bas Limousin, saoumo. Saume se trouve dans le dictionnaire de Cotgrave, édition de 1650.
SAUTÉE, s. f. Saut. Ne s'emploie guère que dans l'expression suivante, qui appartient au langage le plus familier: Faire une sautée chez quelqu'un, c'est-à-dire: Y aller très-vite et ne pas s'y arrêter.
SAUTÉE, s. f. Forte réprimande. Faire une sautée à quelqu'un, veut dire: Le tancer vertement.
SAUTIER, s. m. Chef des huissiers. Le sautier loge à l'hôtel de ville et a l'intendance de tout le matériel du bâtiment. Bonivard, dans son livre de L'ancienne et la nouvelle Police, dit que «le Sautier est le maître du guet et l'huissier du Conseil.» Terme neuchâtelois. Il est probable que ce mot s'écrivait anciennement sceautier, et que ce fonctionnaire tenait les sceaux du Conseil.
SAUVAGE, s. m. Sauvagin. Se dit soit du goût, soit de l'odeur de quelques oiseaux de mer ou d'étang. Notre salmis sentait le sauvage. Terme vaudois, neuchâtelois, parisien populaire, lorrain, etc.; à Bordeaux on dit: Sentir le sauvageon; en Languedoc, le sauvageun. Dans le vieux français, salvagine signifiait: «Bête fauve.»
SAUVE, adj. Sauvé, qui a échappé à un péril. Benoît était hier dans le plus grand danger: on l'a saigné à propos, et le voilà sauve. Terme suisse, etc.
SAUVER DE (SE), v. pron. Tu te sauves de moi, Robert?—Et pour quelle raison me sauverais-je de toi, je ne t'ai rien fait? Cette expression, si usitée, se sauver de quelqu'un, c'est-à-dire: Lui échapper par la fuite, manque dans les dictionnaires, quoiqu'elle mérite assurément d'être observée; car l'expression française «fuir quelqu'un» n'est pas l'équivalent de se sauver de quelqu'un, ou, du moins, «fuir quelqu'un» appartient au style relevé, et se sauver de quelqu'un appartient au style familier ou style de la conversation.
SAVATER, v. a. Saveter, déranger, incommoder, gâter, faire un ouvrage malproprement et en dépit du bon sens. Ce vin m'a savaté le cœur; il m'a savaté l'estomac. Vous m'avez savaté cet ouvrage. Il se dit spécialement du linge taché par les cendres de la lessive. Notre linge est bien savaté. En Lorraine on dit d'un mauvais ouvrage: C'est de la savate.
SAVATURE, s. f. Saleté causée par les cendres qui ont filtré avec le lissu dans le linge. Ces draps sont pleins de savature.
SAVIGNON, s. m. Cornouiller sanguin, arbre d'un bois très-dur.
SAVOIR, v. a. Nous disons proverbialement, pour nous excuser d'ignorer une chose survenue à notre insu: Qui ne sait rien ne sait guère.
SAVOIR, v. a. Nous disons d'une personne fort habile, et surtout d'une personne subtile et qui trouve des ressources dans les conjonctures les plus épineuses: Elle les sait toutes et une par-dessus.
SAVOIR À DIRE. Faire savoir, informer, marquer, mander, instruire. Si tu te décides à ce voyage, tu me le sauras à dire. Expression suisse, lyonnaise et méridionale.
SAVONNADE, s. f. Savonnage, blanchissage par le savon. Ce n'est pas une lessive, c'est une savonnade. Terme savoisien et méridional.
SAVONNETTE, s. f. Terme d'horlogerie. Une montre à savonnette, ou simplement une savonnette, est une montre dont la boîte a un fond et un couvercle en métal.
SAVOURÉE, s. f. Savorée ou sarriette, plante.
SAVOYET ou SAVOUIET, s. m. Raisin rouge de qualité inférieure, lequel croît dans nos environs et qui rend beaucoup. [G. G.]
SCHLAGUER, v. a. Battre, rosser, donner la schlague. Il fit l'insolent et fut schlagué. En allemand: Schlagen. Les mots Schlague et Schlagueur se trouvent dans quelques dictionnaires modernes.
SCIE, s. f. (fig.) Rabâchage, ritournelle fatigante, répétition sotte et fastidieuse. Faire des scies.
SCIE, s. f. Scierie, moulin à scie, moulin où l'on scie les planches. Nous disons quelquefois: Scie à eau. Terme suisse, savoisien et méridional.
SCORSONÈRES, s. m. De bons scorsonères. Ce mot est féminin.
SE, pron. pers. Les campagnards substituent le pronom se aux pronoms nous et vous dans les verbes pronominaux, et réciproquement: ils disent, par exemple: Vous s'ennuyez chez nous, Messieurs. Adieu, Nicolas; nous se reverrons dimanche. Laissez ces paumes de neige, enfants, vous s'attraperez les yeux. Vous se manquerez, Madame (vous vous manquerez, Madame), en passant par cette route. Expression savoisienne, jurassienne, dauphinoise, etc.
SÉCHARD, s. m. Vent du nord-est.
SECHER, v. a. Écrivez et prononcez, avec un accent aigu, «Sécher;» et ne dites pas: Secher des pruneaux; secher des z'haricots. Voilà le beau temps, femme; on pourra secher notre lissive. Faute fréquente.
SEC ET SONNANT, s. m. Nous disons d'une personne riche: Elle a du sec et du sonnant, c'est-à-dire: Des écus.
SÉCHOT, s. m. Se dit d'une personne très-maigre et très-sèche. Pourrait-on être plus raide et séchot que cette demoiselle N**!
SÉCHOT, s. m. Chabot, gobio à tête énorme, poisson qui se blottit sous les pierres des eaux claires et courantes. Terme vaudois. A Neuchâtel on appelle ce poisson: Chassot; à Yverdon, tête-à-maillot; en Languedoc, âne; dans d'autres provinces de France, meunier.
SÉCHOTER, v. n. Prendre des séchots. Terme vaudois. Dans les mois de janvier, de février et de mars, pendant que le Rhône est fort bas, nos jeunes garçons séchotent.
SÉCHOTIER, s. m. Harle, oiseau aquatique.
SECONDE MAIN (DE). Des livres de seconde main. Dites: Des livres de la seconde main.
SECOUÉE, s. f. Secousse. Un vomitif, le vomitif Leroy, par exemple, lui donnerait une secouée salutaire. Les fruits tombèrent de l'arbre à la première secouée. Limousin, etc.
SECOUÉE, s. f. Expression adoucie pour dire: Gifle, danse. C'est un drôle, donne-lui une bonne secouée.
SECOUER, v. a. Battre, gifler. Il l'a fièrement secoué.
SECOUPE, s. f. Soucoupe. Apportez-nous une jatte, deux tasses et deux secoupes. Terme français populaire. En Lorraine on dit: Sucoupe.
SECRETAIRE, s. m. Nous prononçons tantôt secretaire et tantôt sécretaire. La prononciation véritable est: «SecrÉtaire.»
† SÉGNIFIER ou SÉNIFIER, v. a. Signifier. À çà, Mariette, cette fréquentation qui se prolonge, me diras-tu qu'elle ne sénifie en rien? Terme vieux français.
SEICHE, s. f. Sorte de flux et de reflux particulier à notre lac et à celui de Constance. «On voit quelquefois, dit De Saussure, notre lac s'élever tout à coup de 4 ou 5 pieds, s'abaisser ensuite avec la même rapidité, et continuer ces alternatives pendant quelques heures. Ce phénomène, peu sensible sur les bords du lac qui correspondent à sa plus grande largeur, l'est davantage aux extrémités, mais surtout aux environs de Genève, où le lac est le plus étroit.» [Voyage dans les Alpes, t. I, p. 12.]
SEIGLE (LA). Sorte de blé. Les campagnards font habituellement ce mot féminin, parce qu'en patois il est féminin (la sey-la, ou la chăla).
SEILLE, s. f. Sorte de seau en bois, à oreilles, et de forme ronde, avec lequel on porte l'eau et le lait. Prends vite ta seille, Jaqueline: on crie à l'eau! La seille se porte sur la tête avec un coussinet que nous appelons torche. Terme vaudois. M. Bescherelle, en citant ce mot, dit qu'il s'employait «anciennement» dans le sens de: Vase, seau de bois. M. Bescherelle pouvait ajouter que toute la Suisse romane et les trois quarts de la France connaissent ce terme et en font un usage journalier.
SEILLÉE, s. f. Plein une seille.
SEILLOT, s. m. (o bref.) Petite seille, baquet. En 1535, le droit de bourgeoisie s'achetait pour quatre écus d'or et un seillot de cuir. Les dictionnaires de Boiste et de Bescherelle écrivent: «seilleau,» qui est la vraie orthographe; mais ils se trompent quand ils ajoutent que c'est un terme de mer: comme si l'on ne faisait usage de seilleaux qu'à bord des navires. On s'en sert en Suisse, en Savoie et en diverses provinces de France. Dans la Bresse et à Mâcon, on écrit: Seillet; dans le canton de Vaud et en Languedoc, seillon; à Lille, siellot, etc.
SELLE, s. f. Ne dites pas: Aller sur selle, mais: Aller à la selle, aller à la garde-robe.
SEMATURE, s. f. Ce qu'on peut semer dans une certaine étendue de terrain. Trois coupes de semature. Le mot français «contenance» ne rend pas exactement l'expression genevoise.
SEMBLANT, s. m. Ne dites pas: Il a fait cela pour semblant; il se fâchait pour semblant; ils se sont querellés, mais pour semblant. Dites: Il a fait cela pour rire; il se fâchait par manière de plaisanter, etc. Dans notre langage, pour semblant signifie aussi: Une petite quantité, un tantinet, fort peu. Madame boit-elle du vin?—Oui, j'en bois, mais pour semblant; donnez-m'en pour semblant. Dis-moi, Lisette, ne tombe-t-il pas une grosse pluie?—Non, Madame, il pleut pour semblant.
SEMBLER, v. a. Ressembler à. Il semble son père; elle semble sa mère. Terme dauphinois, etc.
SEMBLER À. Ressembler à. Tu sembles beaucoup à ton frère. On dit que je semble à mon oncle. Vieux français.
SEMBLER DE, v. imp. Il me semble de le voir; il me semble d'avoir lu quelque part, etc. Retranchez la préposition de, et dites avec tous les dictionnaires: Il me semble le voir, il me semble avoir lu.
SEMELLE (LA). Jeu d'écolier, qui a du rapport avec le jeu que nous appelons passe-gent.
SEMENCES, s. f. pl. Semailles. Le temps des semences. Expression franc-comtoise et méridionale. Semence se dit des grains que l'on sème.
SEMENTS, s. m. pl. Semences, grains que l'on sème. De bons sements; du blé de sement; une coupe de sement. Terme suisse. Vous avez eu l'an dernier de bien belles pommes de terre dans ce petit champ.—Oui, Monsieur, et j'en aurai de plus belles encore cette année-ci: j'ai changé de sements.
SEMOUTER ou CHEMOUTER, v. a. Terme rural, fouler, presser en foulant. Semouter le raisin; semouter le gazon. Ne semoute pas ces petites salades. Terme vaudois.
SÉNIFIER, v. a. Voyez [SÉGNIFIER].
SENS DEVANT DIMANCHE. Euphémisme, pour: Sens devant derrière. Qu'est-ce qui te fait rire, Jeannette?—Ah! c'est que Monsieur a mis sa robe de chambre sens devant dimanche. Français populaire. [Voyez Dictionnaire du Bas langage.]
† SENSIBLEMENT, adv. Insensiblement.
SENTIE (LA). Le moment où la mère sent pour la première fois tressaillir l'enfant qu'elle porte dans son sein. Mme N** fut toujours malade, ou du moins très-incommodée jusqu'à la sentie.
SENTIR (SE), v. pron. Se souffrir. Je ne pouvais me sentir dans cette ville de Constance, c'est-à-dire: Le temps me durait, je me déplaisais dans cette ville de Constance. Expression méridionale.
† SENTU, TUE, part. Senti, sentie. Dis-donc, Alexis, l'as-tu sentu ce coup de poing sur l'œil? Ce barbarisme appartient au vieux français et au français populaire.
SEOIR (SE). Les dictionnaires, en enregistrant ce verbe, ajoutent qu'il est vieux. Il est, en effet, fort ancien dans la langue française, mais il est encore vivace et journellement usité à Genève. Madame voudrait-elle prendre la peine de se seoir? Henriette, fais seoir ces dames. Je suis pressée, ma chère, et n'ai pas le temps de me seoir. Mais nous ne l'employons qu'à l'infinitif.
SEPTANTE, nom de nombre. Soixante et dix. Septante poses de terrain. Une compagnie de septante grenadiers. Je lui prêtai septante francs. Ce terme, d'un usage universel dans la Suisse française et dans le midi de la France, appartient au vieux français. Soixante et dix est un terme incommode dans la numération, et tous les grammairiens français s'accordent à désirer que septante lui soit substitué.
SEPT-EN-GUEULE, s. m. Sorte de très-petites poires, dont sept entreraient à la fois dans la bouche. Les sept-en-gueule sont les plus précoces, mais peut-être les moins bonnes, de toutes les poires de nos environs.
SÉRAC ou SERAC, s. m. Voyez [SÉRET].
SERACE ou SÉRACE, s. f. Voyez SÉRACÉE.
SÉRACÉE, s. f. Caillebotte, lait caillé dont on a séparé le petit lait, et qui fait masse. «La Fanchon me servit des grus, de la céracée, des gauffres, des écrelets.» [J.-J. Rousseau, Nouv. Héloïse, IVe partie.] Terme vaudois et neuchâtelois. En quelques endroits du canton de Vaud on dit: Du seracé.
SÉRAILLE, s. f. Se dit des armes à feu et signifie: Long feu, faux feu. Faire séraille. Le lièvre était presque à bout portant, mais le fusil fit séraille. Terme vaudois.
SERBACANE, s. f. Sarbacane.
SERCLER, v. a. Sarcler, ôter les mauvaises herbes, au moyen d'un instrument tranchant appelé Sarcloir. Sarcler un bosquet; sarcler les allées d'un jardin. Terme français populaire et vieux français.
SERCLORET, s. m. Sarcloir, petite houe. Emmancher un sercloret. Terme suisse. Dans plusieurs provinces de France on dit: Sercloir, au lieu de: Sarcloir.
SÉRET, s. m. Fromage très-maigre qu'on obtient après le fromage gras, en faisant cailler le petit lait. On le mange frais en le trempant dans de la crème. Terme suisse et jurassien.
† SERINGUE, s. f. Pompe à incendie. Les seringues arrivèrent trop tard. On entendait le roulement sinistre des seringues pendant la nuit. Ce mot de seringue se trouve fréquemment employé, en ce sens, dans nos anciennes archives. Le dictionnaire de Furetière dit «qu'on s'est longtemps servi, dans les incendies, de grosses seringues pour élever l'eau en l'air.»
SERINGUER, v. a. (fig.) Ennuyer. Va-t'en et laisse-nous: tu nous seringues.
SERMENT, s. m. Sarment, bois que pousse un cep de vigne. Des fagots de serments. Un feu de serments. Brûler des serments. Terme suisse, savoisien, lyonnais, limousin, dauphinois, gascon, lorrain, parisien populaire et vieux français.
SERMENT, s. m. Plusieurs personnes disent: J'en fais de serment; j'en ferais de serment, etc. Pour être correct, il faut supprimer le de, et dire: J'en fais serment; j'en ferais serment.
† SERPENT (UNE). Un serpent. Cette vieille Arnoux est une mauvaise langue, une poison, une serpent. Ce solécisme, très-commun en Suisse, appartient au vieux français.
SERREMENT D'ESTOMAC. Dites: Serrement de cœur. À la vue de cette douloureuse opération, je fus saisi d'un serrement d'estomac. Terme languedocien.
SERRETTE, s. f. Serre-tête, sorte de bonnet de nuit.
SERTISSEUR, s. m. Terme de joaillier. Celui qui sertit ou enchâsse les pierres précieuses dans un chaton.
SERVANT, s. m. Esprit follet, lutin qui, dans les chaumières, dans les chalets et dans les vieux bâtiments, fait du bruit et des espiégleries. Terme vaudois et fribourgeois.
SERVANTE, s. f. Chevrette, instrument de cuisine que l'on suspend à la crémaillère, et qui sert à soutenir la cassette (le poêlon) sur le feu. Cette dénomination une fois donnée à un ustensile d'un ordre très-inférieur, nos cuisinières ne peuvent tolérer qu'on les appelle servantes. Je trouve les lignes suivantes dans une brochure publiée le 1er juillet 1794: c'est une dame qui parle. «Les servantes, disais-je une fois à la mienne, ne doivent-elles pas ménager le bien des maîtres?—Qu'appelez-vous servante, Madame? Les servantes sont à la crémaillère.» [Plaidoyer pour le corps des servantes.]
SERVANTE, s. f. Nous disons proverbialement de quelqu'un qui, par zèle ou par un autre motif, fait plus qu'on ne lui demande: Il fait comme la servante à Pilate (proverbe languedocien). Le dictionnaire de l'Académie dit: Il est comme le valet du diable: il fait plus qu'on ne lui commande.
SERVICE (UN). Un couvert, c'est-à-dire: L'assiette, le verre, le couteau, la cuiller, la fourchette et la serviette. Mettez un service pour Monsieur. Nous appelons plus particulièrement service, la cuiller et la fourchette réunies. Eh quoi! Madelon, vous me donnez une assiette et un verre, et vous oubliez le service! C'est dans ce sens que nous disons: Un service d'étain; un service en métal d'Alger; Benoît a eu pour présent de noces six services d'argent. Terme suisse, savoisien et méridional.
SETIER, s. m. Mesure de capacité pour les liquides. Un setier renferme vingt-quatre quarterons, soit environ 60 bouteilles ordinaires, soit 54 litres 144 centilitres.
SEUJET (LE). Nom d'une de nos rues, située au bord du Rhône, et où sont établis plusieurs ateliers de teinture et de dégraissage. L'origine de ce nom est vraisemblablement le mot languedocien: Sugé, ou sujier, qui signifie: Teinturier.
SI, adv. Extrêmement. Si, adverbe, ne peut se placer immédiatement devant un substantif. Il est donc incorrect de dire: J'ai si peur; j'ai si faim; elle avait si froid; ils avaient si honte; elle a si envie d'être mariée; c'est si dommage de détruire ces beaux peupliers! Français populaire.
SI, adv. Tellement, tant. J'ai si affaire aujourd'hui que je ne sais par où commencer.
SIAU, s. m. Seau. Siau en bois; siau en cuir. Un siau d'eau. Terme usité dans une partie de la Suisse et de la Savoie, en Dauphiné, dans le Limousin, en Franche-Comté, en Lorraine, en Champagne, en Bretagne et à Paris. On dit: Séau à Marseille, à Bordeaux, à Chambéry, et sans doute ailleurs.
SI AU CAS ou SI EN CAS, loc. conjonct. Au cas que, si. Si en cas tu sors, Marguerite, laisse la clef chez notre voisine. Si au cas Duperrut venait m'assigner, je saurais bien me défendre.
SI BIEN, loc. adv. Oui, assurément, sans doute. Tu ne te baignes pas aujourd'hui, Samuel?—Si bien. Terme provençal, etc.
SICLARD, ARDE, adj. Criard, perçant. Une voix siclarde; un timbre siclard.
SICLÉE, s. f. Cri aigu, cri perçant. Se dit surtout du cri des enfants, du cri des jeunes garçons et de celui des jeunes filles. Faire des siclées; pousser des siclées.
SICLER, v. n. Pousser des cris aigus, crier avec éclat. Amusez-vous, mes amis, sans crier et sans sicler. En languedocien: Sisclà.
SICLES, s. m. pl. Cris aigus des enfants. Faire des sicles. Leurs sicles nous déchiraient le tympan. Nos quatre mots de sicle, siclée, sicler et siclard sont des onomatopées remarquables.
SIENNES, pron. poss. plur. Un tel a bien les siennes, signifie: Un tel a bien ses mésaventures, ses chagrins, ses malheurs. Après avoir perdu sa fortune, Hector perd sa fille aînée: il faut avouer qu'il a bien les siennes.
SIFFLER (EN), v. a. N'est employé que dans cette expression: Je t'en siffle, par laquelle on donne à entendre que l'espérance de quelqu'un sera déçue. Lui! te prêter son cheval!... Je t'en siffle, bernique. Nous disons dans le même sens: Je t'en moque.
SIFFLET, s. m. Sifflement, vent coulis. Il venait un sifflet par la porte, et j'y attrapai un coup de froid.
SIFFLET, s. m. Instrument pour siffler. Avec de l'argent on a des sifflets à Saint-Claude (ville du département du Jura, renommée pour ses ouvrages en buis), proverbe dont le sens est: Qu'avec de l'argent on se procure tout ce qu'on veut; qu'avec de l'argent tout est possible.
SIGNER (SE), v. pron. Apposer sa signature, signer. Où faut-il que je me signe?—Signe-toi après tes deux oncles. «Calvin se signa souvent dans ses lettres, Charles de Heppeville, ou Happeville. Calvin se signait peut-être ainsi pour,» etc. [Senebier, Histoire littéraire de Genève, t. I, p. 246.] Expression suisse et méridionale. Se signer est français dans le sens de: Faire le signe de la croix.
† SIGNIFIER À, EN et DE. Cela ne signifie à rien; cela ne signifie en rien; cela ne signifie de rien. Trois barbarismes qui ont également cours à Genève, mais dont le deuxième est le plus fréquent. Il faut dire, sans préposition: Cela ne signifie rien.
SIGOUGNÉE, s. f. Tiraillement, ébranlement violent, secousse brutale. Après trois ou quatre fortes sigougnées, la porte fut jetée bas.
SIGOUGNER, v. a. Tirailler, agiter vivement, secouer brutalement. Sigougner un pieu pour l'arracher; sigougner une porte pour l'ouvrir; sigougner un loquet; sigougner quelqu'un. Il m'empoigna et me sigougna le bras jusqu'à m'estropier. Terme énergique, et qui n'a pas de synonyme en français. Les Languedociens disent: Segougnà; en provençal, sagagna.
SIMAGRIE, s. f. Simagrée. Allons au fait, et laissons toutes ces simagries.
SIMOLAT, s. m. Semoule, farine en grains. Soupe au simolat. Terme valaisan et savoisien. En piémontais on dit: Semola.
† SINGULIARITÉ, s. f. Écrivez et prononcez «Singularité.» Singuliarité appartient au vieux français, et se dit encore dans quelques provinces du nord de la France.
SIOÛTE, ou SOÛTE, ou CHOÛTE, s. f. Abri. À la sioûte, à l'abri, à couvert. Se mettre à la sioûte. Dans le patois vaudois: À la chótă; dans le patois de Fribourg, à la sota; dans le patois de l'Isère, à Lyon et en Franche-Comté, à la soute. Dans le dialecte provençal, sousto signifie: Abri.
SIRE-JEAN, s. m. Voyez [POIRE].
SIROP MAGISTRAT, s. m. Sirop magistral.
SISSON, s. m. Terme enfantin. Chien, petit chien. Viens, Alfred, viens caresser le sisson.
SISTANCE, s. f. Ce qui est nécessaire à l'homme pour vivre et se sustenter. Ne s'emploie qu'avec la négation. N'avoir pas sistance, signifie: Être dénué de tout. Ce pauvre Guignolet n'a pas sistance au monde. Ce mot de sistance se prend quelquefois dans un sens plus spécial, et signifie: Nourriture, aliment. Ma bonne dame, donnez-moi un morceau de pain, il n'est pas entré sistance dans mon corps aujourd'hui. Terme savoisien. Dans le dialecte rouchi on dit: Sustance. Se dit aussi des choses. Quand les cendres ont donné toute leur sistance, on les ôte, etc.
SI TELLEMENT, si fort, tellement. L'affaire est si tellement embrouillée, que les avocats mêmes n'y voient goutte. Français populaire.
SOBRÉCOT, s. m. Subrécot, le surplus de l'écot, ce qu'il en coûte au delà de ce qu'on s'était proposé de dépenser.
† SOCIALISTE, s. m. Socialisme.
SOCIÉTÉ (LA). Le monde. Nous disons: Aller en société; se plaire en société; s'ennuyer en société. Où étiez-vous hier au soir, Monsieur Artus?—J'étais en société. On dit en français: Aller dans le monde; se plaire dans le monde; s'ennuyer dans le monde, etc. On peut dire aussi: Aller dans la société; se plaire dans la société; s'ennuyer dans la société.
SOCÎTÉ, s. f. Prononciation vicieuse du mot: Société.
† SOFRE, prép. Sauf. Sofre votre respect, permettez que... La Josette fut obligée de vendre tout son bataclan, sofre un lit et un placard.
SOI-DISANT, loc. adv. Dit-il, dit-elle. Ce terme (soi-disant) est mal employé dans les phrases suivantes et les analogues. Il m'emprunta d'excellents livres, soi-disant pour les lire, et il les vendit. On lui a fait soi-disant une injustice criante. Quand l'enfant manque le collége, les parents l'excusent auprès du régent par un soi-disant mal de tête. Mais «soi-disant» est bien placé dans les exemples qui suivent: On m'adressa à un soi-disant chirurgien qui n'était, à vrai dire, qu'un frater. Je me trouvai près d'une dame soi-disant polonaise et qui était de Chambéry. «Soi-disant» demande toujours à être suivi d'un complément, lequel sert de qualification au pronom personnel qu'il renferme.
SOIGNER UNE CHOSE. Soigner un parapluie. Soigner des hardes. Soigne ton manteau, Jules, soigne tes gants et ton chapeau. «Soigner» n'a point ce sens en français. Il faut employer le mot «serrer.» Serrer un habit, serrer un chapeau, etc.
SOLET, LETTE, adj. Seulet, lette. Elle s'en retournait toute solette. Terme vaudois.
SOLI, s. m. Fenil, grenier à foin. Terme vaudois et fribourgeois. Dans le Jura on dit: Soulier ou solier; dans les Vosges, slo; dans le Limousin, soulié; en vieux français, solier. R. solarium.
SOLICISME, s. m. Solécisme.
SOLIDE, adj. Se dit du temps qu'il fait, et signifie: Assuré, qui est de durée. Crois-tu ce beau temps solide?
SOLIDER, v. a. Consolider, affermir. Solider une palissade, solider une table. Terme franc-comtois.
SON, pr. pers. Ne dites pas: Il fait son entendu; il fait son homme d'importance, etc., dites: Il fait l'entendu, il fait l'homme d'importance. Ne dites pas non plus: Il fait son embarras, dites: Il fait de l'embarras, beaucoup d'embarras.
SON DE BIÈRE, s. m. Drague, c'est-à-dire: Orge ou tout autre grain cuit, qui a servi à faire de la bière.
SONNÉE, s. f. Se dit d'un fort coup de cloche. Faire une sonnée signifie: Donner un fort coup de cloche. Peut-on faire de pareilles sonnées à la porte d'un malade! Terme languedocien.
SONNETTE, s. f. On ne dit pas: Mettre une sonnette, on dit: Poser une sonnette.
SOPHIE. N'est usité que dans cette locution: Il fait sa sophie, c'est-à-dire: Il fait la demoiselle sage.
SORCILÉGE, s. m. Sortilége. R. sortilegium.
SORT, s. m. Malheur, guignon, sort fâcheux. Ai-je du sort! Faut-il avoir du sort! Il faut convenir que vous avez trop de sort.
SORTE, s. f. Bonne qualité, bon acabit. Être de sorte signifie: Être sortable, être convenable, convenir à l'état et à la condition des personnes. Pour le bal de la vogue, cette robe et ce châle ne sont pas de sorte. Voilà, certes, un feu qui est de sorte. Il faut choisir à votre Bénigne un mari qui soit de sorte. Expression très-répandue chez nos campagnards.
† SORTIR DE PORTE. Sortir de la ville. Où allez-vous, Henriette? Sortez-vous de porte?
SOT, SOTTE, adj. et subst. Qui n'est pas sage, qui fait l'espiègle, le désobéissant, le paresseux. Se dit des enfants et des jeunes adolescents. Tu veux donc toujours faire le sot, Guillaume. Tu es bien sotte, Fanny, de ne pas prêter tes joujoux à ton petit frère. Terme suisse, savoisien, marseillais, etc.
SOTTIFIER, v. a. Désappointer, attrister, rendre sot, rendre penaud. Ce départ subit nous sottifia. Un refus si désobligeant et si inattendu sottifia toute la famille.
SOUCARE, s. m. Voyez [SOUQUART].
† SOUCI, s. m. Froncer le souci. Après son érésipèle, les soucis lui sont tombés. Terme français populaire. Écrivez «Sourcil» et prononcez sourci.
SOUCILLER (SE), v. pron. Se faire des soucis, se créer des soucis. Un peu de courage, mère, il ne faut pas te souciller pour si peu de chose.
SOUCILLEUX, EUSE, adj. Soucieux. Qui a du souci, qui marque du souci. Un front soucilleux; un air soucilleux; Vous paraissez bien soucilleux, Monsieur Auguste.
SOUFFLER À. Souffler à un écolier qui récite sa leçon; souffler à un acteur. Il faut dire: Souffler un écolier; souffler un acteur.
SOUHATER ou SOITER, v. a. Écrivez et prononcez «souhaiter,» comme «allaiter,» et ne dites pas: Je vous soite le bonsoir; on vous soite le bonjour.
SOUILLATON, s. m. Les campagnards désignent par ce mot un homme qui est habituellement entre deux vins, ne quittant un cabaret que pour aller boire dans un autre.
SOÛLER, v. a. (fig.) Ennuyer à l'excès, assommer. Elle me soûle avec ses visites répétées et ses conversations sans fin. Expression fort triviale.
SOÛLIAUD, s. m. Soulaud, ivrogne, sac-à-vin. C'est un soûliaud, un vilain soûliaud qui boit tout ce qu'il gagne. Terme vaudois.
SOÛLIAUD ou SOÛLIOT, s. m. Terme enfantin. Petite poupée de sureau qui, lors même qu'on la renverse, retombe toujours sur ses pieds.
SOÛLION, s. m. Ivrogne, homme qui ne dessoûle pas. Terme vaudois. A Neuchâtel et dans le Jura on dit: Un soûlon. L'Académie écrit: «Souillon,» et donne à ce terme un sens différent.
SOUMISSION RESPECTUEUSE. Acte extra-judiciaire bien connu. La véritable expression est: «Sommation respectueuse.» Mlle N** vient de faire la troisième sommation respectueuse. [Acad.] Soumission respectueuse est un barbarisme, mais ce barbarisme ne nous est pas particulier. Je le trouve signalé entre autres dans le Vocabulaire du Bas langage rémois, p. 87.
SOUPE, s. f. Nous disons proverbialement d'une personne qui dort longtemps et profondément: Elle dort comme une soupe. On dit en français: Dormir comme une souche; dormir comme un sabot.
SOUPOUDRER, v. a. Saupoudrer. Ce gâteau aurait eu besoin d'être soupoudré de sucre. Français populaire. R. sau, vieux mot français qui veut dire: Sel.
SOUQUART ou SOUCARE, s. m. Terme de lingerie. Gousset de chemise, carré d'étoffe ou de toile, qui se met à la manche d'une chemise à l'endroit de l'aisselle. Terme vaudois et lyonnais.
SOURBE, s. f. Sorbe, fruit.
SOURD-ET-MUET (UN). Dites: Un sourd-muet. L'institut des sourds-muets.
SOURDIAUD, DIAUDE, subst. Sourdaud. Celui ou celle qui n'entend qu'avec peine.
SOURDITÉ, s. f. Une complète sourdité. Terme français populaire. Dites: Surdité.
SOUS, prép. Sauf, avec. Sous le respect que je vous dois, Monsieur le juge, je vous dirai que... Sous votre respect, Madame, j'ai eu la fièvre pendant quinze jours. Terme français populaire.
SOUS-MAIN (UN). Terme de calligraphie. Papier que celui qui écrit met sous sa main par mesure de propreté.
SOUS-TASSE ou SOUTASSE, s. f. Soucoupe, le dessous d'une tasse. Terme vaudois, neuchâtelois, rouchi, wallon, etc.
SOUSTER, v. a. Terme de certains jeux de cartes. Garder, accompagner. Son roi de trèfle était bien sousté. On dit encore: Souste. Terme suisse et lyonnais. Peut-être faut-il rapprocher ce mot de SOÛTE. R. lat. subtus stare ou substare.
SOUSTRAIRE, v. a. On entend journellement dire: Nous soustraisons, pour: Nous soustrayons; tu soustraisais, pour: Tu soustrayais; en soustraisant, pour: En soustrayant, etc. Ce verbe se conjugue comme «Traire.» «On admire la promptitude avec laquelle les fourmis SOUSTRAISENT leurs nourrissons au danger.» [Ch. Bonnet, Contemplation de la Nature, XIme partie, ch. XXII.]
SOÛTE, s. f. Abri. Voyez [SIOÛTE].
SOUTENIR, v. a. (fig.) Soutenir des relations avec quelqu'un n'est pas une expression correcte, du moins ne se trouve-t-elle pas dans les dictionnaires. Il faut dire: Avoir des relations avec quelqu'un, ou trouver une expression équivalente.
SOUVENT, adv. Promptement, vite. Depuis deux heures de temps que Lise est partie pour le marché, je ne la vois pas souvent revenir, c'est-à-dire: Je ne vois pas qu'elle se presse de revenir. Terme parisien populaire.
SPECTABLE, adj. Titre honorifique dont on qualifiait jadis les ministres du culte réformé.
† SQUELETTE (UNE). Un squelette.
SUCLER, v. a. Roussir par le feu, griller, brûler légèrement. En s'approchant trop de la bougie, elle se sucla les cheveux. Notre pauvre minon, qui dormait sur le foyer, s'est complétement suclé la queue. En languedocien et en provençal, on dit: Usclà.
SUCRER (SE), v. pron. Sucrer son café, son thé, son chocolat. S'il vous plaît, Mesdames, sucrez-vous. Tout le monde est-il sucré? Français populaire.
SUCRIÈRE, s. f. Sucrier.
SUGGESSION, s. f. Écrivez et prononcez «Suggestion» (sug-ges-tion), en donnant à la lettre t le son qui lui est propre.
SUPPORTER, v. a. (fig.) Ce vin ne supporte pas l'eau. Dites: Ce vin ne porte pas l'eau.
SUPPOSER, v. a. Nous disons souvent: À supposer que, pour: Supposé que. À supposer que l'hiver soit rigoureux; À supposer que l'Europe demeure en paix, etc. Les dictionnaires ni le bon usage n'autorisent cette expression.
† SUR, prép. Quel âge a votre fils, Monsieur Jacot?—Oh là, Monsieur, il est sur ses vingt-cinq ans.—Et vous-même, s'il vous plaît?—Je suis sur ma septantième année.
SUR, prép. Lire sur le journal; lire sur l'almanach; lire sur l'affiche, etc. Dites: Lire dans le journal, lire dans l'almanach, lire dans l'affiche. Qui t'a raconté ce naufrage?—Qui? Personne. Je l'ai lu sur le Constitutionnel. Faute universelle.
SUR, prép. Je prends la chose sur ma responsabilité. Dites: Sous ma responsabilité.
SÛR, adv. Sûrement, pour sûr, certainement, sans aucun doute. Vous nous promettez de venir chez nous demain.—N'ayez nulle crainte, j'irai sûr, très-sûr. Vous partez dimanche, Monsieur Dubois.—Oui, sûr, bien sûr. Expression gasconne et belge.
SURFIN, FINE, adj. Superfin. Étoffe surfine, teinture surfine. Fabrication de liqueurs surfines, au Grand-Lancy, chez Baron-D**.
SURLOUER, v. a. Surlouer une chambre, surlouer un appartement. Terme valaisan, savoisien, parisien populaire, etc. Dites: Sous-louer.
SUROT, s. m. (o bref.) Cueillir du surăt. Infusion de surăt. Petard de surăt. Prononciation suisse du mot «Sureau,» lequel rime avec bureau.
SUSPENTE ou SOUSSEPENTE, s. f. Les suspentes d'un cabriolet. Établir une suspente dans une cuisine. Terme savoisien, franc-comtois, wallon, etc. A Paris et à Reims on dit: Supente. Le terme exact est: Soupente.
† SYNAPISSE, s. m. Synapisme.