Des Noms et des Verbes.

Tous les noms sont indéclinables, et les verbes se conjuguent peu près tous les uns comme les autres. La plupart des noms ont leur terminaison en a. Pour les verbes ils l'ont presque tous differente, c'est ce qui en rend la conjugaison difficile: Ex. gnon8es, j'aime; guech8ahens, je hais; guechakch, je cherche; gnigonha, je couds; ktag8as, je crains; kuenigonrondahach, je donne de l'esprit; garaganhek, j'ai envie ou je desire; gatchonch, je delie; gassonderag8ach, je dessoude; degarattat, je cours; guechnoré, je depesche un ouvrage; kuenoyentanik, je donne un dementi, gatahennota, je perche en canot, ainsi des autres.

Pour en faciliter la conjugaison on trouvera à chacun des verbes la première personne de tous les temps, et j'en conjuguerai quelques uns pour servir de règles aux autres.

Une des plus grandes difficultés de cette langue vient de ce que les verbes n'ont point de substantif. Exemple. Du verbe aimer on ne dit point amour; de haïr, on ne dit point haine, et l'on est obligé pour se faire entendre d'user de circumlocutions, qui sont tout fait incommodes pour les commençants. Ex. J'aime la vie, ils tournent, j'aime cela par quoi l'on vit.

Les verbes n'ont point aussi d'infinitif; au lieu duquel ils se servent souvent du futur. Exemple. Je veux aller, ils disent j'irai ou je crois que j'irai; quelque fois d'un autre temps, comme, je l'ai veu batre, ils disent, j'ai veu qu'on le batoit, et quelque fois du present: Exemple. J'ai envie de danser, on dit, j'ai envie que je danse.

La pluspart des verbes au present la première personne commancent par la lettre g ou k qui determine si c'est d'une chose ou d'une personne que l'on parle. Exemple: gnon8es, j'aime quelque chose; kuenon8es, j'aime quelqu'un; chenon8es, tu aimes quelque chose; chenon8es, tu aimes quelqu'un; hanon8es, il aime quelque chose; chagonon8es, il aime quelqu'un.

Cette difference se trouve dans tous et fait distinguer la chose dont on veut parler.

La seconde personne commence toujours par ch.

La troisieme par ha ou a simplement, et par chago etc, lorsqu'il s'agit d'un homme ou d'une femme qu'on aime ou qu'on hait ou qu'on bat etc.

Il faut remarquer que lorsque la personne qui aime, hait ou frape, frape hait ou aime une autre personne, tous les verbes actif commencent par ke et ont chago la troisieme personne. Ex. kenon8es, chagonon8es, keyenta, chagoyenta.

Mais si le verbe n'a rapporte qu'a une chose inanimée, comme: j'aime le pain, je frape un arbre, on met un g au lieu de à la premiere personne, et le troisieme à ha au lieu de chagô. Ex. gnon8es, hanon8es; guienta, hayenta. Cette règle est la même pour tous les verbes.

Au pluriel, à la premiere personne, on met devant le verbe ag8a, nous; a la seconde s8a, à la troisieme hati; Exemple, ag8anon8es, nous aimons; s8anon8es, vous aimez; hatinon8es, ils aiment.

Et lorsque la personne est jointe avec le verbe, il ne faut qu'en changer les premieres lettres pour denoter celui qu'on fait agir ou celui dont on parle. Exemple:

Je t'aime, gonnon8es. Tu m'aime, chkenon8es.

Je l'aime, henon8es. Tu l'aime, hêchènon8es.

Il t'aime, heanon8es. Il m'aime, hagnon8es.

Il l'aime, hônon8es.

Nous vous aimons, ded8atatenon8es.

Vous nous aimez, des8atatenon8es.

Ils s'aiment, dehontatenon8es.

Cela se pratique egalement, et il y a exception dans tous les verbes.

Il en est de même du mot gadat, lequel audevant de chaque verbe auquel il peut convenir signifie je me. Exemple: Je m'aime, gadatenon8es; je me hais, gadatech8ahens.

Tous les tems se forment du present mais quelques uns avec tant d'irrégularité que je ne crois pas qu'on puisse ny les partager par conjugaisons, ny donner aucune regles facilles pour les conjuguer; le futur seul est—mettant en audevant du verbe. Exemple:

Gnon8es, j'aime. Engnon8es, vel engnon8enha, j'aimerai.

Gaktendia, je pars. Engaktendia, je partirai.

Higué, je vas. Engué, j'irai etc..

Tous les verbes n'ont n'y participes n'y gerondif n'y supins, au lieu du participe aimant, ils disent celui qui aime ou qui aimoit; pour le gerondif en aimant on tourne lorsqu'il aimoit; pour le supin aimer, ils disent que l'on aime.