M. Reyer.
La Favière (Var).
Cher monsieur,
Je reproduis votre questionnaire—et voici mes réponses que je vous prie de vouloir bien insérer textuellement.
D.—Que doit être l’Opéra-Comique dans la prochaine direction?
R.—Indépendant de toute attache et de toute influence dont certains compositeurs de ma connaissance auraient vraiment trop à souffrir.
D.—Quelle part faudra-t-il faire aux compositeurs étrangers, au répertoire ancien et aux jeunes musiciens français?
R.—Une part équitable.
D.—Croyez-vous que l’Opéra-Comique puisse suffire à la production des compositeurs français?
R.—Non.
D.—Un théâtre lyrique d’essai semble-t-il nécessaire?
R.—Pourquoi d’essai? Que le Théâtre lyrique, si jamais on nous le rend, accueille de temps en temps des ouvrages de jeunes compositeurs, rien de mieux. Mais vouloir faire de ce théâtre l’antichambre de l’Opéra ou de l’Opéra-Comique, et pourquoi? Est-ce que le Théâtre lyrique n’était pas fort au-dessus de ses deux rivaux à l’époque où l’on y représentait Orphée et Obéron, Les Noces de Figaro et Les Troyens?
Votre dévoué,
E. Reyer.