III
Deux histoires de filles; l'histoire d'un monsieur qui a la diarrhée; l'histoire d'un monsieur qui ne veut pas coucher seul et celle d'un autre monsieur qui veut de la viande propre: voilà en résumé l'oeuvre romanesque de M. Huysmans. Si j'ajoute que ces basses histoires sont contées dans un style à la fois violent et recherché, on avouera que cette littérature est bien déjà le comble de «l'artificiel». Désormais M. Huysmans est mûr pour son oeuvre maîtresse: À rebours. Et qu'a-t-il fait jusqu'ici que prendre l'art «à rebours»?
M. Zola est un écrivain suranné, une «perruque» à côté de M. Huysmans. M. Zola raconte les vastes drames de la vie animale; il peint des dégradations, des corruptions croissantes; il déroule des histoires qui «marchent», qui ont un commencement et une fin. Au reste il n'a pas de mépris aristocratiques pour les choses qu'il peint et les personnages qu'il fait mouvoir. Son pessimisme est plein de sérénité à côté de la misanthropie aigre de M. Huysmans. Et sa forme paraît purement classique auprès des procédés de composition et de style de l'auteur de Marthe.
À rebours! Des Esseintes peut venir: ses fantaisies ne pourront pas être beaucoup plus artificielles que celles de M. Huysmans, et les deux ne sont, au reste, qu'un seul et même personnage.