XLII
«Évidemment, dans l'horrible situation où il se trouve, nul bruit ne peut être plus suave à l'oreille que celui d'un pas humain… Aussi, ne serai-je pas si cruel que de le priver immédiatement de cette jouissance.
«La bière est là, devant moi, au milieu du caveau… Un espace libre règne alentour… et je marche, je marche, frappant du talon la dalle qui résonne. Je me suis ordonné de faire douze tours, je les ferai, mais sans précipitation. Je veux qu'il compte les pas, un à un. Comme cela doit lui paraître étrange! ce pas qui ne vient de nulle part et ne va pas vers lui, et qui cependant retentit bien réellement… qui provient certainement du fait d'un être vivant; ce pas qui tourne, tourne toujours égal. Ne s'arrêtera-t-il jamais? L'homme peut-il ne pas avoir vu le cercueil, peut-il ne pas avoir entendu les cris? Ce n'est pas possible… Toutes ces pensées doivent bouillonner dans son cerveau, oppressé par la nuit du tombeau. Et comme il ne comprend pas, il crie. Mais, dans cette explosion atroce du désespoir, le cri est rauque… comme le râle d'un catarrheux.
«Je marche encore… cette monotonie doit être sinistre.
«Ah! il s'impatiente. Voilà que ses cris deviennent plus précipités. Il veut être fixé, cette incertitude est plus terrible que la réalité… Pas si vite! Je m'arrête brusquement en retenant mon souffle, je m'assieds sur une pierre devant le cercueil, immobile, silencieux. Je l'entends qui se tord dans sa boîte sépulcrale, il cherche à se raccrocher à ce dernier espoir… il a entendu quelqu'un. Il n'a pas entendu la porte se refermer. Donc, le sauveur est proche.
«Moi, je comprends cette torture… et je ne bouge point.