La mort du Poète

A la mémoire de Louis Fréchette.

Si les cœurs qui t’aimaient t’ont fait un lit de roses,
Et consolé ton âme avec leurs dons de foi,
Leur tendresse à ta gloire a prodigué ces choses
D’espoirs et de regrets, dans un élan d’émoi.

La Nation en deuil voit sur tes lèvres closes
Expirer les doux chants de son poète-roi!
La Nature en amie, avant que tu reposes
Quand tu brisas ton aile, a sangloté sur toi.[2]

Tes accents se sont tus, mais ta sublime lyre
Aura son noble écho dans nos cœurs en délire
Aux heures de triomphe, aux jours d’adversité.

Du grand sommeil tu dors! mais ton esprit demeure
Bien vivant dans ton œuvre, et ne crains pas qu’il meure;
Ton nom brille au soleil de l’Immortalité!