Lis de Pâques
Au Dr et à Madame Camille Bernier.
Au doux jardin de vos amours,
Deux beaux lis avaient pris racine,
Deux lis du plus brillant velours
Balançaient leur grâce câline.
Vos soins délicats, caressants,
Devaient garder vos chères plantes,
Horticulteurs, zélés, aimants,
Contre les rafales méchantes.
Pour l’une, la brise glacée
Hélas! rendit vos efforts vains;
Et sa blancheur immaculée
Craignit le contact des humains.
Pour l’autre, un brasier effroyable
En un consumant tourbillon,
Fit en un jour inoubliable
D’un beau lis, un lambeau sans nom...
Dans un rayon d’aube pascale,
Le souffle d’Adine monta,
Et sa corolle virginale
Sous vos chauds baisers se fana.
Thérèse, la fleur de martyre,
S’en alla parfumer les cieux
A l’heure où le luth et la lyre
Pour Pâques préparaient leurs jeux.
Les célestes alleluias
Ont donc des allegros étranges,
Puisque les beaux lis d’ici-bas
Se brisent aux accents des anges.
Au pays des fleurs immortelles
Vos lis pascals, toujours brillants,
Verseront en faveurs nouvelles
Leur parfum dans vos cœurs saignants.