Sonnet

A “quelqu’un”.

Je ne suis qu’une oiselle à l’envol téméraire,
J’ai connu les festins de soleil et de fleurs,
Et si je prends ma part du zéphir littéraire,
C’est qu’avec lui, je ris du sort, de ses rigueurs.

Vous ne savez donc pas qu’il nous faut satisfaire
Cette soif de divin qui dévore nos cœurs,
Ce besoin d’idéal, nous ne pouvons le taire,
Il vibre en notre voix, il éclate en nos pleurs!

De l’aigle, vous avez l’étonnante envergure,
Mais son œil qui saisit dans sa rapide allure
Ce qui rend les oiseaux fiers et forts, l’avez-vous?

Ma plume est un duvet, la vôtre est une armure,
Si vous comprenez l’art de cette lyre pure
Qu’est la Muse des Vers, que n’êtes-vous... plus doux?