N.
NA: à. On lit, dans le Coup-d'œil purin:
J'avonn d'qué sifler deux pots d'cidre
Nà la santé d'not parlemann. S.-I.
NA (particule comme da). Je n'en veux pas, na! C'est moi, na! L.
NAFLARD: nasillard.
NAFRE; NAFREURE: blessure considérable. Du verbe roman navrer: blesser. Wace se sert du mot nafre dans le Roman de Rou (t. II, p. 257). Nafra, dans le patois de Grenoble. B.
NAGRE: traître.
NAH! juron affirmatif, susceptible de bien des nuances par le ton et par l'accent.
NAITÉ: nativité, naissance, origine.
NAIER (un lit, quand on le dresse): le border par le repli de la couverture pour le contenir avec les draps.
NAIN. Voyez HAIM. L.
NAMPS (m. pl.): gage, nantissement.
NAN PUS: non plus; pas plus. S.-I.
NANAN (s. m.): bonbon, friandise, etc.
NANETTE; NANNON (s. f.): Anne. L.
NAPERON: essuie-main. De nappe. L.
NAPIN: petit garçon.
NAQUETER (v. n.): grelotter; claqueter des dents; frissonner de froid. Onomatopée. Naques, en patois Remois, signifie les dents.
NAQUETS: yeux.
NAR (A): à cru. Monter un cheval à nar.
NARÉ: rusé. Voyez FINARÉ. L.
NARER (v. n.): se morfondre dans l'attente.
NARIAU: mouchoir. De nares, les narines.
NARREUR, SE: parleur prolixe.
NAS (s. f.): fourgon; torchon attaché au bout d'un long bâton pour nettoyer le four. Au figuré, fille de mauvaise vie. En patois Walon, nahi signifie fouiller, et fourgon.
NASIAUX: naseaux; narines des chevaux, des bœufs, etc.
NATER: nettoyer.
NATRE: avare. Voyez NAGRE.
NAU: feuille de plomb ou de zinc, qui se place à l'angle rentrant d'une couverture en ardoises, pour servir de gouttière. M. l'abbé Decorde.
NAU: partie centrale de la portion du pressoir qu'enceint l'auge circulaire dans laquelle sont écrasés les fruits, sous les meules que soutient un rayon, partant d'un pilier dressé au milieu du nau. C'est dans le nau que l'on dépose les fruits pour les verser dans l'auge, au fur et à mesure du pilage. M. Lepingard.
NAUNON: Nanette, Anne.
NAVÉE: charge d'un navire, d'un bateau. Ce mot est fort employé, sur les bords de la Vire, pour la charge de tangue que porte une gabare.
NAVIAU: navet. S.-I.
NAVIÈRE: champ de navets.
NAYER: noyer.
NE TOUT: non plus. De non et d'itout.
NÉ; NÈCHE; NER: noir. De niger, ou de l'italien nero.
NÉFILE; NEUFILE (s. f.): ruban de fil.
NELLER (v. a.): calfeutrer.
NENNIN: nenni, non.
NENTILLE (s. f.): lentille (Ervum lens). Patois Lorrain.
NÉQUIER; NÉTIER; NÉTIR: nettoyer.
NERCHIBOT: moricaud.
NÉRET (s. m.): ordure noire.
NÉRET: légèrement noir; noirâtre.
NERFIL: cordonnet. Dans les chansons anciennes que j'ai recueillies à la fin de mon édition de Basselin, p. 233, on trouve ce couplet:
J'avais une belle gargache (culotte)
D'un fin coutil,
Passementée avaud les gambes
D'un biau nerfil.
NERPIN, E: désagréablement noir, moricaud. L.
NERVENT: vent froid par un temps couvert. De noir et de vent.
NET: et.
NÉTIER; NÉTIR: nettoyer. Nêttie, en patois Walon. L.
NEU: neuf.
NEUCHE; NEUCHER; NEUCHIER: noce, nocer. S.-I.
NEUCHERON: le personnage principal de la neuche; le nouveau-marié.
NEUCHOUX: noceur, dissipateur.
NIACOTER: mâchonner; presser avec les dents sans broyer.
NIAFFE: savetier.
NIAN: rien. De néant.
NIANMOINS; NIANMAINS: néanmoins.
NIAU. Voyez NICHET.
NIC: nid. Nic-à-rats: mauvaise habitation. L.
NICHET; NICHEUX; NICHOT: mauvais œuf, ou pain de craie en forme d'œuf, ou même un bout d'os arrondi, que l'on place dans le nid de la poule ou des autres oiseaux de basse-cour, pour les engager à venir pondre dans le même endroit. En patois Walon, niau.
NICHOT: nigaud.
NIÉMAINS: néanmoins.
NIER (v. a.): noyer.
NIET; NIEU. Voyez NICHET.
NIEUCHE: nièce. S.-I.
NIEULE (s. f.): nielle. B.
NIEUT: nuit L.
NIFE: clair. Cidre nife; vin nife.
NIGAISE: Nicaise. S.-I.
NIGE (s. f.): neige. De nix.
NIGEOTTER: s'occuper de bagatelles. De nugari.
NIGER: nicher, cacher comme dans une niche.
NIGON, NE: qui s'amuse à des niaiseries; lambin, tâtillon. Dans l'Orne et en Bretagne, on dit nigeon. Du latin nuga. Autrefois, niger: badiner. Nige, nigeon, niger, dans la Mayenne. L.
NIGONNAGE: travail minutieux. L.
NIGONNER: s'amuser à des riens; niaiser.
NIGUE A NIGUE: but à but A.
NIGUEDOUILLE: niais, nigaud. Nicdouille, en patois Troyen; niquedouille, dans le patois des Vosges.
NIJOTER: vétiller, nigonner. Voir ce mot.
NIO; NIOLE: niais, timide, nonchalant.
NIOLLE ou GNIOLLE: niaiserie. Au figuré, taloche, tape. Aphérèse de tourniolle. Voyez ce mot.
NIOT: nigaud.
NIQUET: délicat.
NITOUT: non plus.
NIVELER: niaiser; faire des nivelleries.
NIVELLERIE: travail minutieux, consacré à des bagatelles.
NIVELOTER: s'amuser à des riens.
NIXE: non pas!
NO: nous; nos; notre. Les paysans disaient autrefois: «Noblesse no blesse». Nos, en patois Walon.
NO: on. No dit: on dit; no-s a: on a.
NOBLE (s. m.): porc. Ancienne expression moqueuse des paysans, parce que le porc n'est bon qu'après sa mort. On disait aussi: Notre gentilhomme; notre vêtu de saies.
NOBLIAU: pauvre noble; gentillâtre.
NOC (s. m.): conduit pour l'écoulement de l'eau. Suivant Pluquet, le noc, dans le Bessin, est «un espace formé par l'auge circulaire des pressoirs à cidre». Noc signifie encore pale d'un moulin.
NOCE: morceau. Couper son pain par petites noces.
NOCER: faire des bombances.
NOCEUR: qui fait des bombances.
NOE; NOUE: sorte de gouttière, formée par la rencontre de deux pans de couverture, et par laquelle s'écoulent les eaux des toits de bâtiments situés dans des directions différentes. M. Lepingard.
NŒUD GABRIET: le cartilage tyroïde, que quelques personnes appellent la pomme d'Adam, avec autant de fondement qu'elles prétendent que l'homme a une côte de moins que la femme.
NOIRCHIBOT: petit homme moricaud. Chibot: ciboule. Voyez NERCHIBOT. B.
NOIRET; NOIROT: tirant sur le noir.
NOIRQUIN: celui dont le teint est un peu noir.
NOLÉE (Avena precatoria). B.
NOMBLE (s. f.): ventre des bêtes à cornes. Du latin ombilicus, nombril. Par épenthèse. L'Académie entend par nomble la proéminence qui se trouve entre les cuisses du cerf. A.
NOMBLET: filet de porc. A.
NOM-DES-OS! Juron. M. l'abbé Decorde.
NOMMANCE: baptême d'un enfant. De nom.
NON FAIT; NON FERA: non pas. Locutions elliptiques.
NOQUE (s. f.): flèche du timon d'une charrette; entaille à un bâton; coche.
NOROLE; NUROLE (s. f.): sorte de petite brioche. L.
NORRETURE: nourriture. De nutritio. A.
NORRETURIAU: jeune porc sevré et qu'on nourrit avec soin. Dans le Berry, nourrin. V. GOURIN, au Supplément.
NOSTRUM (PERDRE LE): ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait. M. Decorde.
NOT'E: notre.--NOT'E: ma. Not'e mari; not'e femme.
NOU: on. Nou fera: on fera.
NOU; NOUC; NOUD: nœud. Nouk, en patois Walon.
NOUE; NOE: rigole, vallon étroit. Du Celtique-Breton naoz: canal. Du latin navis.
NOUETTE (DRAPS A LA): draps d'un lé et demi.
NOUIS: noix.
NOULER. Voyez ANNELER.
NOUQUE; NONQUE: impair. Pair ou nouque: pair ou non.
NOURRITURE: bétail que l'on élève.
NOURTIER: veau qu'on achète pour l'engraisser.
NOURTURE: nourriture.
NOUSILLARD: espèce excellente de châtaigne, qui n'est guère plus grosse qu'une noisette (nousille). A.
NOUSILLE (s. f.): noisette. En patois Walon, nésille.
NOUTE: notre. A.
NOUVELLIÈRE: femme qui fait et répand des nouvelles.
NOUVIAU: nouveau.
NU (FIN FRAIS): complètement nu. Il est tout fin frais nu.
NU: nul. L.
NUEURE: nuire; NUEUSIBLE: nuisible.
NUILE; NEUEULE; NIEULE: charbon du blé; nielle.
NUILÉ; BLÉ NUILÉ: blé niellé.
NUISANCE: ce qui peut nuire.
NUIT (SE METTRE A LA): s'anuiter. L.
NUNNE PART: nulle part.
NU-NU (s. m.): niaiserie; bagatelle insignifiante. Il ne s'emploie guère qu'au pluriel. De nuga.
NUNUE: chose nulle; riens dont on s'occupe par absence ou bizarrerie d'esprit.
NYANT: néant, rien.