SCÈNE IX
Les Précédents, le GEÔLIER
FÉLIX—Au voleur! au voleur! (Il se jette sur le geôlier et le terrasse.)
GEÔLIER—Aïe! aïe! . . .
TOINON—Bon, son affaire est pas dorée, à lui non plus!
(On va au secours du geôlier.)
BÉCHARD—Il a failli le tuer!
GEÔLIER—Mais c'est qu'il est furieux, il faut l'attacher!
TOINON—Oui, l'attacher . . . Essayez-y, vous . . . Il est fort comme deux paires de boeufs . . . C'est dommage qu'y soit pas v'nu fou plus vite; c'est lui qui vous aurait tortillé ça, les Anglais.
GEÔLIER—Est-ce qu'il aurait le delirium tremens?
TOINON—C'est nous autres qu'j'avons l'dillaume trop mince pour lui!
BÉCHARD—Ce sont les suites de son attaque d'épilepsie; il vaut mieux le calmer par la douceur.
GEÔLIER—Maudit fou! j'ai cru être à ma dernière heure. On ne peut pas garder un pareil animal ici. Il faut qu'on nous en débarrasse, ou bien je ne veux plus être geôlier.
TOINON—Epi moi, j'veux plus être prisonnier.
FÉLIX—Pas tant de bavardage, vous autres! Vous allez mettre ce voleur-là à la porte! Entendez-vous, tonnerre d'un nom! Faut-il que je vous torde le cou?
TOINON—Ste-Anne du Nord! il va recommencer . . .
BÉCHARD—Pour l'amour de Dieu, geôlier, allez-vous-en, car si ses fureurs le reprennent, il finira par assommer quelqu'un.
(Le Geôlier sort.)