NOTICE SUR RAMEAU.
Jean-Philippe Rameau naquit à Dijon en 1683; fils d'un organiste, il apprit la musique comme il apprit à parler. Il marchait à peine que son père lui posa les mains sur un clavier. Dès l'âge de sept ans, il jouait déjà du clavecin d'une façon étonnante; il étudia assez à fond le latin au collége de Dijon, mais il ne termina point ses classes; tout son instinct le poussait vers la musique, il finit par s'y livrer entièrement. Il s'exerça sur divers instruments et entre autres sur le violon. Bien jeune encore il partit pour l'Italie, mais il n'alla point au delà de Milan où un directeur de théâtre parvint à se l'attacher; ils firent ensemble des tournées dans plusieurs villes du midi de la France. Bientôt Rameau, lassé de cette vie d'artiste nomade, se rendit à Paris où il espérait être nommé organiste d'une église; mais ayant rencontré des rivalités et des obstacles qui entravèrent le début de sa carrière, il quitta la capitale et fut tour à tour organiste à Lille en Flandre et à Clermont en Auvergne. Il s'ennuya de la vie de province, la gloire l'appelait à Paris. Il y revint en 1722. Il publia son traité d'harmonie; mais bientôt il se sentit attiré par le théâtre lyrique où les ouvrages de Lulli étaient encore au premier rang, il travailla d'abord avec le poëte Piron, son compatriote, pour l'opéra-comique. Voltaire fit pour lui l'opéra de Samson, mais on ne permit pas la représentation de cet ouvrage parce que, disait-on, c'était profaner la Bible que de la mettre en opéra.
Le premier ouvrage de Rameau représenté avec succès fut l'Hippolyte, paroles de l'abbé Pellegrin; puis successivement les Indes galantes et Castor et Pollux, paroles de Cahusac, poëte médiocre du temps.
Le talent de Rameau fut alors unanimement reconnu. Le roi créa pour lui la charge de compositeur de son cabinet; il lui accorda des lettres de noblesse et le nomma chevalier de Saint-Michel. Rameau mourut plus qu'octogénaire le 12 septembre 1764. L'Académie de musique lui fit célébrer à l'Oratoire un service solennel dans lequel on avait adapté les morceaux les plus sublimes de ses compositions. Tous les chanteurs les plus célèbres de Paris voulurent prendre part à cet hommage funèbre, et jamais on n'avait entendu de musique exécutée avec plus de pompe et de perfection.
Rameau agrandit l'art musical et les compositeurs modernes lui doivent beaucoup. Voltaire a fait de lui un grand éloge; les ouvrages laissés par Rameau sont: Traité de l'harmonie, Nouveau système de musique théorique, Dissertation sur les différentes méthodes d'accompagnement pour le clavecin, Génération harmonique, et une foule d'autres publications didactiques sur la musique, des motets ou musique sacrée, des cantates françaises. Son théâtre se compose: de Samson, d'Hippolyte et Aricie, des Indes galantes, de Castor et Pollux, de Dardanus, de Zoroastre, de la Naissance d'Osiris, etc., etc.