NOTES

Note 1:[ (retour) ] Pergola, dont j'ai déjà parlé, appartenait à madame Souwaloff, femme de l'auteur de l'Épître à Ninon. Sa fille a épousé te comte Diedestein, Autrichien, et frère de la belle madame Kinski.

Note 2:[ (retour) ] L'empereur actuel.

Note 3:[ (retour) ] Il est fort rare que je me trompe à l'expression du regard. La dernière fois que je vis la duchesse de Mazarin, qui se portait à merveille et chez laquelle personne n'observait aucun changement, je dis à mon mari: «La duchesse ne vivra pas dans un mois;» ce qui arriva comme je l'avais prédit.

Note 4:[ (retour) ] Poniatowski, que Napoléon venait de nommer maréchal de France, quoiqu'il ne voulût d'autre titre que celui de chef des Polonais, venait de protéger la retraite de l'armée française, n'ayant avec lui que 760 hommes; blessé grièvement, il arriva sur les bords de l'Elster, dont par un funeste malentendu les Français avaient coupé le pont; il s'arrête, et l'ennemi lui criant de se rendre, il se jette dans le fleuve et disparaît.

Note 5:[ (retour) ] Celle qui est devenue depuis la princesse Radzivill.

Note 6:[ (retour) ] C'était le 16 juin 1800.

Note 7:[ (retour) ] Il en avait si peu que le jour de son mariage il fut obligé de me demander quelques ducats pour donner à l'église.

Note 8:[ (retour) ] Je dois dire cependant que M. Nigris ayant le caractère doux et l'esprit insinuant, ils ont vécu fort bien ensemble pendant quelques années.

Note 9:[ (retour) ] Ces dessins avaient été faits en Turquie, principalement à Constantinople.

Note 10:[ (retour) ] Les églises sont en si grand nombre qu'un dicton du peuple est: Moscou avec sa quarante quarantaine d'églises.

Note 11:[ (retour) ] Cette cloche n'a été dégagée de la terre qui la couvrait qu'en cette année 1836.

Note 12:[ (retour) ] Ce portrait est chez le prince Tufakin, son mari, qui l'a apporté avec lui lorsqu'il vint en France.

Note 13:[ (retour) ] Le comte Grégoire Orloff, gendre de la maréchale Soltikoff, était un très aimable jeune homme. Je l'ai revu depuis avec bien du plaisir lorsqu'il est veau à Paris pour consulter sur la maladie de sa femme.

Note 14:[ (retour) ] Ce prince Alexandre, qui est resté long-temps à Paris comme ambassadeur russe près de Napoléon, était beau frère de la bonne et aimable princesse Kourakin, à qui sont adressées les premières lettres de mes souvenirs.

Note 15:[ (retour) ] Je ne saurais dire combien il y avait à Moscou, à l'époque où je m'y trouvais, de princes, et surtout de princesses Galitzin. Plusieurs de ces dernières n'étaient point mariées.

Note 16:[ (retour) ] L'impératrice Marie a pris l'autre à son service.

Note 17:[ (retour) ] J'ai fait à Dresde plusieurs grands bustes d'Alexandre d'après ces pastels, mais M. de Krudner les ayant portés par mer trop frais encore, ils ont souffert du voyage.

Note 18:[ (retour) ] Ces enfans, depuis, ont beaucoup changé à leur avantage. Celle qui est maintenant impératrice de Russie a fort embelli.

Note 19:[ (retour) ] Je devais plus tard copier tous ces pastels à l'huile, ce que j'ai fait aussitôt mon arrivée à Paris.

Note 20:[ (retour) ] J'ai tenu parole, quoique Lebrun le poète m'ait fait prier souvent de le recevoir.

Note 21:[ (retour) ] Cette petite dont je parlais là est aujourd'hui madame de Rivière, ma nièce, qui m'est si tendrement attachée, et que j'aime comme ma fille.

Note 22:[ (retour) ] Le ducat vaut douze francs, le grutz deux sols.

Note 23:[ (retour) ] Pour passer le temps pendant ces six jours je raccommodai mes vieilles chemises, et Dieu sait comme cela était cousu! aussi, à mon arrivée à Paris, je pris une femme de chambre qui, voyant mon raccommodage, me dit: «On voit bien que madame vient d'un pays barbare, car ceci est cousu à la diable.» Je me mis à rire et lui répondis que c'était mon ouvrage. La pauvre fille tout embarrassée aurait bien voulu reprendre ses paroles; mais je la rassurai en lui avouant que je n'avais jamais su coudre.

Note 24:[ (retour) ] Dans la révolution, toutes les églises étant fermées, M. Lebrun prêta cette salle pour y dire la messe.

Note 25:[ (retour) ] La comtesse de Rosambo est morte peu de temps après la Restauration. Cette femme si parfaite sous tous les rapports est vivement regrettée de toute sa famille et de ceux qui ont eu le bonheur de la connaître.

Note 26:[ (retour) ] Le frère de celui-ci, le vicomte de Ségur, mettait alors assez plaisamment sur ses cartes: Ségur sans cérémonies.

Note 27:[ (retour) ] On sait que street veut dire rue.

Note 28:[ (retour) ] Depuis Georges IV.

Note 29:[ (retour) ] Je puis témoigner de l'effet que produisit cet assassinat sur tous les Anglais; l'horreur qu'il inspira fut générale.

Note 30:[ (retour) ] J'ai appris en France, à mon grand regret, que les dignes maîtres de Stowe étaient morts, et que depuis le château avait brûlé ainsi que tous les chefs-d'oeuvre qu'il renfermait. On m'a dit que, lors de cet évènement, Stowe appartenait à M. Hope, banquier.

Note 31:[ (retour) ] On m'a assurée qu'un Anglais, ne voyant point de terme à sa détention dans la ville de Verdun, avait pris le parti d'y faire bâtir une maison.

Note 32:[ (retour) ] Ces lettres sont adressées à madame la comtesse Vincent Potocka, née Massalska; elle avait épousé en premières noces le prince Charles de Ligne, qui fut tué dans les guerres de la révolution; le prince Charles était un brave et excellent jeune homme dont la mort a été beaucoup pleurée.

Note 33:[ (retour) ] M. de Boigne, mort depuis quelques années, était né à Chambéry; il a eu le bon esprit d'employer une grande partie de sa fortune à faire bâtir dans sa ville natale des hôpitaux et des monumens utiles à ses compatriotes.

Note 34:[ (retour) ] J'ai peint ces effets d'après nature.

Note 35:[ (retour) ] Ce portrait est à Genève chez madame Necker, tante de madame de Staël.

Note 36:[ (retour) ] Dans le courant de l'année 1808 et de l'année 1809, madame de Staël écrivit trois petites lettres qui se rapportent à ce portrait, et qu'on nous saura gré de donner ici; la première, datée de Coppet, le 16 septembre 1808, est adressée à madame Lebrun:

«Je serais vraiment honteuse, Madame, d'être restée si long-temps sans vous répondre, si je n'avais pas été si souffrante depuis quelque temps, que tout m'était difficile. Je m'en remets à vous pour l'exposition au salon, et je me flatte que votre talent fera pardonner ce qui manque à l'original. Quant à la gravure, je m'en charge ici; ce serait trop retarder le moment où je posséderai le portrait, et d'ailleurs tous nos arrangemens sont faits à cet égard à Genève. Je vais à Vienne passer l'hiver; si je pouvais vous y être utile, donnez-moi vos commissions; je les ferai très exactement; il est bien juste que je vous rende un peu dans le réel de la vie ce que vous avez fait pour moi dans l'idéal. Daignez me rappeler au souvenir de madame Nigris, et conservez-moi toujours, je vous prie, quelque bienveillance.»

La seconde lettre, datée de Genève, le 9 janvier 1809, est adressée à madame Nigris, la fille de madame Lebrun:

«J'ai renoncé, Madame, à la gravure du portrait de madame votre mère; c'est trop cher pour une fantaisie, et je viens d'éprouver un procès considérable qui m'oblige à des ménagemens de fortune; mais aurez-vous la bonté de me dire quand le portrait de Corinne me sera remis par madame Lebrun? Mon intention était de lui envoyer mille écus en le recevant, mais n'ayant pas de ses nouvelles, je ne sais pas du tout ce que je dois faire. Soyez assez bonne pour vous en mêler, et me négocier, à cet égard, ce que je désire. Une négociation qui me serait bien douce aussi, c'est celle qui vous amènerait en Suisse cet été. Prosper dit qu'il y viendra. M. de Maleteste ne se laisserait-il pas séduire par cette réunion de tous ses amis? car j'ose me mettre du nombre; en le voyant une fois, il m'a semblé que je rencontrais une ancienne connaissance. Vous avez eu la bonté d'écrire à mon homme d'affaires, et je lui vole le plaisir de vous répondre. Agréez, Madame, mes complimens empressés.»

La troisième lettre, datée de Coppet, le 14 juillet 1809, est adressée à madame Lebrun:

«J'ai enfin reçu votre magnifique tableau, Madame, et, sans penser à mon portrait, j'ai admiré votre ouvrage. Il y a là tout votre talent, et je voudrais bien que le mien pût être encouragé par votre exemple; mais j'ai peur qu'il ne soit plus que dans les yeux que vous m'avez donnés. Me permettez-vous de vous envoyer ce mandat payable le 1er de septembre? Agréez, Madame, l'assurance des sentimens que je vous ai voués.»

Nous avons sous les yeux une lettre de madame Lebrun à sa fille, madame Nigris, datée de Coppet, le 12 septembre; on trouve dans cette lettre tout ce que l'amour maternel a de plus tendre; nous nous contenterons d'en extraire ce qui se rapporte au voyage en Suisse de madame Lebrun:

«Les spectacles de la nature consolent ou distraient de bien des peines; je viens de l'éprouver plus fortement que jamais. Tu ne peux avoir l'idée des jouissances que j'ai ressenties dans nos courses en Suisse; tu ne peux te figurer tous ces tableaux, tous ces points de vue, tous ces sites si variés, si pittoresques. Que de choses j'aurai à te dire à mon retour! Il me semble avoir vécu dix ans depuis deux mois et demi; ce n'est pas que le temps m'ait paru long, mais toutes mes heures ont été si intéressantes et si remplies que j'en ai pour ainsi dire fixé ou noté les intervalles.»

À la suite de cette lettre de madame Lebrun, nous trouvons un post-scriptum de madame de Staël à la même adresse:

«Madame votre mère, Madame, a fait de moi Corinne dans un portrait vraiment plus poétique que mon ouvrage. Je vous prie, Madame, de trouver bon que je vous remercie de l'intérêt que madame votre mère m'a témoigné; c'est à vous qu'elle aime à rapporter ses succès. Si je n'étais pas exilée, Madame, je parlerais de mon désir de vous connaître; nos amis communs me l'ont inspiré. Dites, je vous prie, à M. de Maleteste que je vais parler de lui et de vous avec Prosper, et que je me flatte toujours qu'il pense à moi, bien qu'il ne me l'écrive jamais. Adieu, Madame, je vous vois d'ici; votre portrait par madame votre mère et par ses amis me persuade que nous nous connaissons déjà.»

C'est à Paris que le portrait de madame de Staël fut achevé; madame Beaufort d'Hautpoult, ayant vu ce bel ouvrage, improvisa les vers suivans:

Je la vois, je l'entends; tes pinceaux créateurs

Donnent l'ame et la vie et l'esprit aux couleurs;

Voilà ses yeux brillans d'ardentes étincelles,

Ces sons mélodieux, ces cordes immortelles,

Qui de ses chants divins accompagnent les vers,

Et la toile animée en parfume les airs.

Je ne sais qui des deux remporte la victoire:

L'une guide la main, l'autre fixe la gloire,

Et la même couronne enlace en ce tableau

Le front inspirateur et l'immortel pinceau.

Staël offrait à Lebrun un talent digne d'elle;

Lebrun méritait seule un si parfait modèle;

L'univers étonné de cet ensemble heureux

Sans choix tombe en silence au pied de toutes deux.


(Note de l'Éditeur.)

Note 37:[ (retour) ] Depuis ce temps, la maison de Voltaire a été achetée par une personne qui en a fait bâtir une plus grande; mais le nouveau propriétaire a conservé et soigné celle du philosophe, qu'il laisse voir aux étrangers.

Note 38:[ (retour) ] Dans mon séjour en Angleterre je vis aussi un manque de respect pour Milton. À Richemont, au milieu d'une prairie, se trouvait un arbre où l'auteur du Paradis Perdu allait s'asseoir pour écrire; eh bien! cet arbre a été coupé.

Note 39:[ (retour) ] Dans le séjour prolongé que j'ai fait à Chamouni, j'ai peint toute la ligne des montagnes entrecoupées de glaciers; j'ai peint aussi toute la vallée.

Note 40:[ (retour) ] Cette lettre et les suivantes sur la Suisse appartiennent au second voyage que j'ai fait en 1809.

Note 41:[ (retour) ] La lettre de M. Raoul Rochette, sur sa course au Rigi, est si parfaite par sa description, que l'on y voyage avec lui

Note 42:[ (retour) ] Le seul témoignage de reconnaissance que j'aie pu faire accepter à M. et madame Konig, c'est mon portrait à l'huile que je leur ai envoyé de Paris. M. Konig est venu à Paris montrer des tableaux de lui en transparens; je les ai eus chez moi, et tout le monde en était enchanté.

Note 43:[ (retour) ] J'ai réfléchi que les effets de la lune auraient détruit celui des feux qui ressortissait avec vigueur sur le haut des montagnes où ils étaient placés.

Note 44:[ (retour) ] Cette tour est la ruine du château d'Unspunnen, que possédait Berthold, fondateur de Berne. C'est en mémoire de lui que se donne cette fête patriotique.

Note 45:[ (retour) ] Après la fête, madame de Staël alla se promener avec le duc de Montmorency; moi, je m'établis sur la prairie pour peindre le site et les masses de groupes. Le comte de Grammont tenait ma boîte au pastel. L'aspect de cette fête est peint à l'huile; M. le prince de Talleyrand possède ce tableau.

Dans le récit de mes deux voyages en Suisse, je n'ai pu indiquer d'une manière complète les paysages que j'ai dessinés d'après nature; j'ai fait environ deux cents paysages au pastel.

Note 46:[ (retour) ] Je n'en fus pas quitte pour cette fois. Au retour des étrangers en 1815, il revint des Anglais à Louveciennes; ils me prirent, entre autres choses, un superbe coffre de lacque, que j'ai beaucoup regretté, parce qu'il m'avait été donné à Pétersbourg par mon ancien ami le comte Strogonoff.

Note 47:[ (retour) ] C'est M. Daguet que le Roi chargea de distribuer ses bienfaits aux pauvres.

Note 48:[ (retour) ] Ducis, avant la révolution, avait occupé un emploi dans la maison de Monsieur.

Note 49:[ (retour) ] La Sibylle n'a point été vendue à Rosny avec les autres tableaux de la duchesse de Berri, parce que, faisant partie de l'héritage du duc, elle appartient à son fils.