S
Sabulo. Harena. Sabura.
Sabulo, et dans Pline sabulum, le sable considéré comme une espèce de terre légère ; harena, arena, comme une terre sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de pierre, par opposition à un sol fertile ; enfin, sabura, saburra se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du sable pour lester les vaisseaux.
- Sacellum, v. [Templum].
Sacer. Sanctus.
Sacer, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la propriété des dieux, par opposition à profanus ; sanctus, saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute souillure, pur et sans tache, par opposition à pollutus, comme ὅσιος. Sanctus homo, âme pure, agréable aux dieux ; sacer, mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire. Et de même sancire signifie mettre sous la protection immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de traités d’alliance ; sacrare, dédier aux dieux, en parlant, par exemple, de temples et d’autels.
- Sacramentum, v. [Jusjurandum].
Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare.
Sacrare, consecrare, mettre au nombre des choses saintes, on tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et demeure retiré et interdit aux hommes ; dicare et dedicare, consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la propriété de la chose. Consecrare peut s’employer absolument, mais dedicare exige qu’on nomme le nouveau propriétaire.
Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare.
1. Sæpe, souvent, par opposition à semel, à nonnunquam, à semper, comme πολλάϰις ; il s’agit de la répétition des mêmes actes en des temps différents ; crebro et frequenter, fréquemment, par opposition à raro ; il s’agit de la pluralité des objets ou des événements : crebro, coup sur coup et plutôt trop que trop peu, comme θαμά ; frequenter, bien des fois. Creber se dit en général d’une multitude pressée et entassée ; frequens, d’une foule nombreuse. Frequens contient un éloge, comme largus ; creber, un blâme, comme spissus. Et on dit du sénat frequentes senatores, lorsqu’il s’agit de marquer qu’il est au complet ; on emploierait crebri, si la place manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à l’étroit sur leurs siéges.
2. Frequentare, visiter souvent un lieu, ne le point négliger ; celebrare, le visiter souvent et le rendre par là animé et bruyant.
Sævitia. Crudelitas.
Sævitia, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à mansuetudo ; crudelitas, cruauté froide du juge ou du souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par opposition à clementia.
Salus. Sanitas. Valens. Saluber. Sanus. Salutaris.
1. Salus marque en général la prolongation de l’existence, par opposition à interitus ; sanitas, un état de bonne santé, par opposition à ægritudo ; il s’entend du corps dans son acception primitive, de l’âme dans son acception usuelle.
2. Sanus et valens, qui approchent du sens d’integer, marquent un état sain, mais temporaire ; saluber et validus, qui approchent du sens de robustus, un état sain et constant. Salubris oratio, langue saine par excellence, pleine d’une vigueur naturelle ; sana oratio, langage sobre et réfléchi.
3. Sanus et saluber présentent la santé comme un état de bien-être ; valens et validus, comme une faculté qui rend propre à l’action.
4. Au sens transitif, saluber, salubre, se dit de ce qui procure et conserve la santé, sanitatem, par opposition à pestilens, comme ὑγιεινός ; salutaris, salutaire, de ce qui sauve et conserve la vie, salutem, par opposition à pestiferus, comme σωτήριος. Caton, dans Plin., H. N. XVIII, 6. “Nihil salutare est nisi quod toto anno salubre.” “Le seul régime salutaire, c’est un régime salubre d’un bout de l’année à l’autre.”
Salvus. Sospes. Incolumis. Integer.
Salvus et sospes, σῶς, conservé et sauvé, par opposition à perdu : salvus, en langage ordinaire ; sospes, dans le style élevé. Incolumis et integer, ἀσϰηθὴς, sain et sauf, entier, intact : incolumis, par opposition à une blessure, etc. ; integer, par opposition à une insulte. Tac. H. I, 84. “Mea cum vestra salus incolumitate senatus firmatur”, c’est-à-dire notre salut dépend de ce qu’on ne touche pas à un seul cheveu du sénat. Et I, 66. “Verba Fabii salutem incolumitatemque Viennensium commendantis” : salus se rapporte au danger de mort, incolumitas, au danger du pillage. Cic. Dejot. 15. “Sunt tuæ clementiæ monumenta... eorum incolumitates quibus salutem dedisti.” “La preuve la plus solide de ta clémence, c’est que les personnes qui te doivent leur salut n’ont pas souffert le moindre dommage.”
Sanguis. Cruor. Sanguineus. Sanguinolentus. Cruentus.
1. Sanguis, le sang qui circule dans le corps et qui entretient la vie, αἷμα ; cruor, le sang qui coule ou qui a coulé du corps, ϐρότος. Cic. N. D. II, 55. “Sanguis per venas in omne corpus diffunditur.” “Des vaisseaux distribuent le sang dans tout le corps.” Comparez avec Rosc. Am. VII, 19. “Ut cruorem inimici quam recentissimum ostenderet.” “Pour faire parade du sang encore tout frais versé de son ennemi.” Tac. Ann. XII, 47. “Mox ubi sanguis artus extremos suffuderit, levi ictu cruorem eliciunt atque invicem lambunt.” “Dès que le sang s’est porté aux extrémités, un coup léger le fait jaillir et chacun des deux lèche celui de l’autre.” Sanguis est le principe de la vie physique, cruor le symbole du meurtre.
2. Sanguineus, qui se compose de sang ; sanguinolentus, qui a l’odeur ou l’aspect du sang ; cruentus, taché de sang.
Sanies. Pus.
Sanies, pus liquide et dégoûtant ; pus, rongeur et pernicieux.
- Sanitas, sanus, v. [Salus].
Sapiens. Prudens. Callidus. Scitus. Solers. Cordatus. Catus.
1. Sapiens, celui qui, n’ayant que des intentions pures, choisit les bonnes routes et s’attache imperturbablement à les suivre ; prudens et callidus, celui qui sait choisir les meilleurs moyens et s’en servir avec circonspection : prudentia, sagacité ou prudence naturelle qui fait le fond du caractère ; calliditas, connaissance du monde et des hommes acquise et gagnée par l’expérience et la pratique. Cic. Fr. Scaur. 5. “Hominis prudentis natura, callidi usu, doctrina eruditi.” “Un homme que la nature a doué de finesse, que l’expérience a mûri, à qui la science a tout appris.”
2. Prudens, celui qui possède un coup d’œil juste et pratique, par opposition à stultus, comme perspicace ; scitus, celui qui a du tact, de l’esprit naturel et du savoir-faire, comme avisé ; solers, sollers, celui qui possède un génie pratique et inventif, comme ingénieux, par opposition à iners ; cordatus, celui qui a un sens droit, par opposition à excors ; catus, celui qui découvre et connaît des voies et des moyens secrets, comme délié.
Sapor. Gustus. Gustare. Libare.
1. Sapor, la saveur propre et particulière à un corps, par opposition à odor, etc. ; gustus ou gustatus, la perception de cette saveur ou le sens du goût, par opposition à olfactus, etc. Sen. Ep. 109. “Debet esse aptatus ad hujus modi gustum, ut ille tali sapore capiatur.” “Il faut être accoutumé au goût du miel pour en apprécier la saveur.”
2. Le libans ne fait que porter les choses aux lèvres ou à la bouche ; le gustans en perçoit la saveur et en distingue le goût. Ovid. Am. I, 4, 34. “Si tibi forte dabit, quæ prægustaverit ipse, rejice libatas illius ore dapes.” “S’il arrive qu’il commence par goûter au morceau qu’il t’offre, rejette le mets qui a effleuré ses lèvres.”
Satelles. Stipator.
Satelles, garde du corps considéré comme un mercenaire ; stipator, comme un défenseur. Cic. Rull. II, 13. “Ex equestri loco ducentos in singulos annos stipatores corporis constituit, eosdem ministros et satellites potestatis.” “Il tire tous les ans de l’ordre des chevaliers une compagnie de deux cents gardes qui deviennent les serviteurs et les satellites du pouvoir.”
Satis. Affatim. Abunde.
1. Satis désigne, comme suffisamment et ἱϰανῶς, la juste mesure sans idée accessoire ; affatim et abunde y ajoutent cette idée qu’il y a plutôt trop que trop peu ; mais abunde, copieusement, ἅλις, se prend au sens absolu par rapport à la chose, il y a assez ; affatim, ἀφθόνως, jusqu’à pleine satisfaction, se prend au sens relatif, par rapport à la personne, on en a assez. On peut avoir à son avis assez travaillé, affatim, sans que la quantité de travail soit suffisante et que ce soit satis. Cic. Att. II, 16. “Puto enim me Dicæarcho affatim satis fecisse.” “Je me suis donné suffisamment de mal pour Dicéarque, et je trouve que c’est assez.” Et XVI, 1. “Satis est et affatim prorsus.” “Cela suffit très-amplement.” Liv. IV, 22. “Frumentum non necessitati satis, sed copiæ quoque abunde ex ante confecto sufficiebat.” “Les anciens magasins fournissaient du blé en suffisance, et même fort au-delà, en abondance.”
2. Satiare, satisfaire, apaiser un besoin en général, la faim, un désir vif ; saturare, apaiser une envie contre nature, manie, faim canine, haine, soif du sang.
Satis habere. Contentum esse. Boni consulere. Contentus. Æquus animus.
1. Satis habere, estimer suffisant, exprime un jugement : il n’y a point de passion qui soit en jeu et qui empêche d’apprécier la juste mesure ; contentum esse, se contenter, exprime un sentiment : c’est une marque de modestie et d’empire sur soi-même ; enfin, boni consulere, se déclarer satisfait, exprime un acte de volonté : on renonce à voir un vœu se réaliser, on s’accommode résolument de ce qui ne peut être évité. Satis habere se construit avec l’infinitif ; contentum esse, avec l’ablatif ou avec quod.
2. Contentus animus marque un contentement relatif : on prend son parti d’une chose, on ne murmure point de ce que le bonheur reste incomplet ; æquus animus exprime le contentement absolu : on se sent complétement satisfait et on n’aspire point à un état plus heureux.
- Satisfactio, v. [Purgatio].
- Saucius, v. [Vulnus].
- Saturare, v. [Satis].
Saxum. Rupes. Cautes. Petræ. Scopuli. Lapis. Calculus. Scrupulus.
1. Saxum, rupes et cautes, grandes masses ; lapis, calx et scrupus, petites masses de pierre. Plin. H. N. XXXVI, 22. “Silex viridis ubi invenitur, lapis, non saxum est.” “Le jade vert est une pierre qu’on ne trouve qu’en morceaux, ce n’est point une roche.”
2. Saxa, grandes masses de pierre de toute forme, πέτραι ; rupes et petræ, masses de pierre escarpées et hautes, rochers qui peuvent être un obstacle ; cautes et scopuli, masses de pierre pleines d’aspérités et de pointes, dangereuses, écueils : cautes, roches basses, invisibles sous l’eau, perfides ; scopuli, écueils qui se dressent au-dessus des eaux, qui menacent, qui annoncent le danger, σϰόπελοι.
3. Lapis, terme général, la pierre comme matière, sans égard à sa forme, λίθος ; calculus, pierre polie et ronde, galet ; scrupus, scrupulus, pierre raboteuse et anguleuse, caillou ; mais ce sens de scrupus n’a pour lui que l’autorité des grammairiens, et il ne se rencontre guère dans les auteurs qu’au sens figuré de scrupule.
Scandere. Adscendere. Escendere. Conscendere. Inscendere.
Scandere, gravir une hauteur escarpée, grimper avec effort, en s’aidant des pieds et des mains. Adscendere, escendere, conscendere et inscendere, monter en général : adscendere, sans idée accessoire, simplement par opposition à descendere ; escendere, escalader une hauteur qui sert de défense, comme un rempart, des murailles, ou encore monter en quelque lieu où l’on doit être en vue, comme une tribune aux harangues ; conscendere, monter à plusieurs, par exemple, sur un vaisseau ; inscendere, monter dans un lieu fermé, par exemple, dans une voiture.
- Scapha, v. [Navigium].
Scelestus. Sceleratus. Nefarius. Nefandus. Impius.
Scelestus se rapporte aux intentions, comme ad scelera pronus et promptus ; sceleratus, aux actions, comme sceleribus pollutus atque opertus. C’est toujours l’adjectif sceleratus qui accompagne des termes physiques, comme porta, campus, vicus, porte, champ, quartier de ville où un crime a été commis, et en général des objets ne peuvent pas s’appeler scelesta, à moins d’être personnifiés. Et de même nefarius et impius ont trait à l’impiété de la personne, avec cette seule différence que la perversité : de l’impius éclate dans ses sentiments, celle du nefarius dans ses sentiments et ses actions ; mais nefandus se rapporte exclusivement au caractère exécrable de l’action.
- Scelus, v. [Delictum].
- Scientia, v. [Cognitio].
- Scipio, v. [Fustis].
- Scitus, v. [Sapiens].
- Scopuli, v. [Saxum].
- Scrobs, v. [Specus].
- Scrupulus, v. [Saxum].
- Schola, v. [Ludus].
- Scindere, v. [Findere].
- Sciscitari, v. [Rogare].
- Scobina, v. [Lima].
- Scropha, v. [Sus].
- Scrutari, v. [Quærere].
Scutum. Clypeus. Parma.
Scutum, grand bouclier qui couvre l’homme entier, σάϰος ; clypeus et parma, bouclier de grandeur moyenne et de forme ronde, ἀσπίς : clypeus, pour l’infanterie ; parma, pour l’infanterie et la cavalerie ; enfin, pelta, petit bouclier en forme de demi-lune ; cetra, petit bouclier de cuir. Liv. IX, 19. “Macedonibus clupeus... Romano scutum, majus corpori tegumentum.” “Les Macédoniens ont le bouclier rond, les Romains le grand bouclier droit, qui couvre bien mieux le corps.” XXXI, 36. “Cetratos, quos peltastas vocant, in insidiis abdiderat.” “Il avait mis en embuscade une troupe de ces soldats qui portent de petits boucliers de cuir et qu’on appelle ordinairement peltastes.”
- Scyphus, v. [Poculum].
- Secessio, v. [Turbæ].
- Secreta, v. [Arcana].
- Securis, v. [Ascia].
- Securus, v. [Tutus].
Sedes. Sedile. Sella.
Sedes, siége offert par la nature, ἕδος ; sedile et sella, meuble fait pour s’asseoir : sedile, quelle que soit la forme, chaise ou banc, mobile ou à demeure, ἕδρα ; sella, de forme déterminée, chaise ou fauteuil, θρόνος.
Semper. Usque.
Semper, toujours et éternellement, sans restriction ni limite, au sens absolu ; usque, toujours, mais dans des limites déterminées, au sens relatif, usque dum, donec, etc. ; on le rencontre sans complément dans les poëtes, par exemple : Hor. Sat. I, 9, 19. “Usque sequar te.” “Je te suivrai jusqu’au bout.”
- Sempiternus, v. [Continuus].
- Senecta, senectus, senium, v. [Vetus].
- Senex, v. [Puer] et [Vetus].
- Sensim, v. [Paulatim].
Sententia. Opinio. Suffragium.
1. Sententia, manière de voir fondée sur ce qu’on sait clairement, conviction acquise, γνώμη ; opinio, opinion fondée sur un simple sentiment, δόξα.
2. Sententia, vote motivé du sénateur, etc., γνώμη ; suffragium, simple suffrage qui se réduit à un oui, à un non ou à un nom propre, ψῆφος.
- Sentes, v. [Dumi].
- Sentire, v. [Intelligere].
Seorsum. Separatim.
Seorsum, à part, pour empêcher de tomber dans le domaine commun, avec une idée accessoire de secret ; separatim, séparément, pour prévenir la confusion, avec une idée accessoire d’ordre.
Sepelire. Condere.
Sepelire et condere s’entendent de la cérémonie funèbre prise dans toute son étendue ; c’est conduire un mort à sa dernière demeure, avec plus ou moins de pompe, qu’on ait ou non commencé par brûler les restes : sepelire est le terme propre et technique ; condere, le terme général et euphémique. Humare, mettre en terre ; c’est le dernier acte des funérailles, par opposition à cremare.
Sera. Claustrum. Pessulus. Repagulum. Obex.
Seræ et claustra, serrures : sera, serrure mobile, cadenas ; claustrum, serrure fixe. Pessuli, repagula et obices, verrous qui tiennent lieu de serrures : pessulus, petit verrou pour les fores ; repagulum, grand verrou pour les valvas, et obex pour les portas.
Series. Ordo.
Series, série, succession mécanique, accidentelle d’objets de même nature et de même espèce ; ordo, suite, enchaînement nécessaire, conçu comme tel, de choses qui vont ensemble par destination. Series exprime une notion mathématique ; ordo, une idée morale.
Serius. Severus.
Severus se prend au sens actif, on ne plaisante pas ; serius a le sens neutre et s’entend de ce qui ne saurait être un sujet de plaisanterie. Severe veut dire gravement ; serio, sérieusement. Severus se joint, comme épithète, à des noms de personnes ; serius, à des noms de choses. Hor. A. P. 107. “Decent vultum severum seria dictu.” “Un rôle grave ne souffre que des propos sérieux.” Sen. Tranq. 15. “Nihil magnum, nihil severum nec serium quidem ex tanto apparatu putat.” “Tout compte fait, il ne reste à ses yeux rien de grand, rien de grave ni même de sérieux sur ce vaste théâtre du monde.” Severus s’oppose à hilaris, à remissus, à luxuriosus ; serius, à jucundus, jocosus, et serio, à joco, per jocum. Tout cela n’empêche pas qu’on ne rencontre à la place de serius le positif severus et surtout le comparatif severior, le superlatif severissimus, le substantif severitas, parce que la langue latine n’a point tiré de serius des formes correspondantes.
Sermo. Colloquium. Oratio.
Sermo, conversation qui a lieu par hasard ou du moins sans but déterminé et sérieux ; colloquium, entretien prémédité qui roule sur un point convenu.
2. Sermo, discours familier ; oratio, discours travaillé et conforme aux règles de l’art. Qu’une personne prenne et conserve un certain temps la parole dans une compagnie, c’est un sermo ; on ne doit guère qu’au hasard de ne pas être interrompu ; mais l’oratio a une étendue déterminée, un commencement, un milieu et une fin ; on compte qu’on ne sera pas interrompu. Le langage de la vie commune est celui qui règne dans le sermo, soit en prose, soit en vers, comme chez les comiques et dans les Sermonibus d’Horace ; dans l’oratio, c’est une langue choisie et savante. Cic. Orat. 19. “Mollis est oratio philosophorum et umbratilis... Itaque sermo potius quam oratio dicitur.” “Les discours des philosophes ont un fond de douceur et un goût de retraite. Ils méritent plutôt le nom de causeries que celui de discours.” Tac. H. I, 19. “Apud senatum non comptior Galbæ, non longior... sermo ; Pisonis comis oratio.” “Qu’il fût au sénat ou à l’armée, Galba ne mettait ni plus de façon ni plus de temps à ses discours ; Pison soignait fort les siens.”
- Sermo, v. [Lingua].
- Servilis, v. [Vernalis].
- Serpens, serpere, v. [Repere].
Servus. Famulus. Mancipium. Minister. Ancilla. Servitus. Servitium.
1. Servus, ancilla, famulus et mancipium, personne qui n’est point libre, esclave ; minister, serviteur libre, subalterne. Plin. Ep. X, 97. “Ancillæ quæ ministræ dicebantur.” “Des femmes esclaves qu’on appelait des servantes.” Il s’agit des réunions des chrétiens.
2. Servus, l’esclave au sens politique et légal, comme soumis au joug, par opposition à dominus, δοῦλος et δμώς ; famulus, au sens patriarcal, comme membre et partie de la famille, par opposition à herus, οἰϰέτης ; enfin, mancipium, au sens économique, comme propriété et marchandise, ἀνδράποδον.
3. Serva, la femme esclave, quand il s’agit de faire ressortir l’état légal ; ancilla, la femme esclave dans la vie ordinaire, comme féminin usuel de servus.
4. Servitus, l’esclavage, au sens indifférent, comme une condition régulière, naturelle, légale ; servitium, comme un état extraordinaire, violent, honteux, avec une idée de mépris ou de compassion. Mais la plupart des prosateurs n’emploient, comme terme abstrait, que servitus, et ils se servent de servitium, particulièrement de servitia, comme d’un terme concret en lieu et place de servi.
Severitas. Gravitas. Strenuitas.
Severitas, la gravité qui tient à la manière de penser et de juger ; gravitas, celle qui impose aux gens ; strenuitas, celle qui paraît dans les actions.
- Severus, v. [Austerus] et [Serius].
- Sica, v. Gladius.
- Sicarius, v. [Homicida].
- Sidus, v. [Stella].
- Siccus, v. [Aridus].
- Signum, v. [Imago].
Silere. Tacere. Reticere. Obticere.
1. Silere, ne faire aucun bruit, σιωπᾷν, par opposition à strepere ; tacere, ne dire mot, se taire, σιγᾷν, par opposition à loqui, dicere. Le composé reticere signifie se taire quand on a quelque chose à dire et qu’on le garde pour soi, par opposition à eloqui, proloqui ; le composé obticere, obticescere, rester muet en face d’une personne qui adresse une question ou qui attend une explication, par opposition à respondere. Cic. Harusp. 28. “Sed tamen facile tacentibus cæteris reticuissem.” “Il m’eût été facile d’être discret, si les autres avaient su se taire.”
2. Tacens et tacitus présentent le silence comme un état temporaire : tacens se dit de toute personne qui ne parle point ; tacitus, de celle qui, ayant sujet de parler, à dessein ne parle point et observe un silence significatif ; taciturnus marque une qualité habituelle, comme silencieux et taciturne.
Silva. Saltus. Nemus. Lucus.
Silva, forêt en général, abondante en arbres qui fournissent du bois, ὕλη ; saltus, forêt considérée comme un lieu sauvage, bois de montagnes, νάπη ; nemus, comme un lieu agréable, bocage, parc ; lucus, comme un lieu saint, bois consacré aux dieux, ἄλσος, ἄλτις.
- Simpuvium, v. [Poculum].
- Simul, v. [Una].
- Simulatio, v. [Imitatio].
- Sinere, v. [Ferre].
- Simulacrum, v. [Imago].
- Simultas, v. [Odium].
- Singularis, v. [Eminens].
- Singuli, v. [Quisque].
Sinister. Lævus.
Ils s’entendent tous les deux du côté gauche. Sinister est le terme usuel et prosaïque, comme ἀριστερός ; lævus, le terme choisi et poétique, comme σϰαιός. Au figuré sinister est le symbole de la défaveur et de la mauvaise chance ; lævus, celui de la perversité et de la maladresse.
- Sinus, v. [Gremium].
Sistere. Inhibere. Statuere.
Sistere et inhibere, rendre immobile, arrêter : sistere, en parlant d’un être qui vit et qui court ; inhibere, d’un objet inanimé qui a été mis en mouvement. Statuere, fixer à demeure, établir sur un pied solide.
Socius. Sodalis. Sociennus. Amicus. Familiaris. Particeps. Consors.
1. Socii, gens unis pour agir en commun par des intérêts mutuels, compagnons, etc. ; sodales et socienni, ἑταῖροι, pour jouir en commun de la vie, parce qu’ils se plaisent mutuellement, camarades : sodalis, terme noble ; sociennus, terme comique. Socius se joint à un génitif qui marque le but de l’association ou sociatio ; sodalis, à un génitif ou à un adjectif possessif qui désigne l’autre sodalis : socius periculi, culpæ, mais sodalis meus.
2. Sodalis, camarade avec lequel on a des rapports de société et surtout des rapports agréables ; amicus, ami avec lequel on fait échange des sentiments sacrés de l’amour et de l’estime ; familiaris, ami intime avec lequel on n’a qu’un cœur et qu’une âme, étant lié pour les affaires frivoles comme pour les affaires sérieuses.
3. Le socius rei travaille ou souffre avec un autre ; le particeps et le consors partagent une jouissance ou une possession : le particeps, par une intervention volontaire, par opposition à expers, comme μέτοχος ; le consors, parce qu’il lui échoit une part, par opposition à exsors. Cic. Balb. 28. “Fuit hic multorum illi laborum socius aliquando ; est fortasse nunc nonnullorum particeps commodorum.” “Il a été à plusieurs reprises le compagnon de ses nombreux travaux ; peut-être veut-il bien partager à présent quelques avantages avec lui.” L’associé à l’empire est un socius imperii, en ce sens qu’il aide à expédier les affaires du gouvernement ; c’est un consors, en ce sens qu’il a dû être appelé à cette dignité.
Solemnia. Feriæ. Dies festi. Festa.
Solemnia, les fêtes considérées comme des institutions solennelles et périodiques ; feriæ, comme des jours de repos et de délassement ; festa, ou en prose dies festi, comme des jours de joie.
Solere. Consuevisse. Adsolere.
1. Solere s’emploie à propos d’événements et de toute sorte d’actions, comme avoir coutume, φιλεῖν ; consuevisse ne se dit que d’une action personnelle, comme être habitué, εἰωθέναι. Dans Liv. XXXVIII, 17. “Hæc quibus insolita atque insueta sunt Græci timeant.” “Les Grecs ne sont ni accoutumés ni habitués aux maux qui les menacent” : insolitus ne fait allusion qu’à la fréquence du fait ; insuetus marque qu’il faut que le sujet soit actif, soit passif, se familiarise avec lui.
2. Solet se prend en bonne ou en mauvaise part ; assolet contient un éloge et revient à recte ou rite solet.
- Solers, v. [Sapiens].
- Sollicitudo, v. [Cura].
- Sollicitare, v. [Lacessere].
Solitudo. Vasta. Deserta. Tesca.
Solitudo exprime la solitude d’un lieu dans un sens indifférent ou avec éloge ; vasta, deserta, tesca loca se prennent en mauvaise part : vasta loca, lieux sans culture, par opposition à culta ; deserta, espaces inhabités, par opposition à habitata ; et tesca, tesqua, désert où règne un silence effrayant, par opposition à celebria loca.
Solum. Fundus. Vadum. Fundamentum.
Solum, fundus et vadum, base et fond naturel : solum, le sol sur lequel on a le pied ferme, par opposition aux éléments mobiles, à l’air, à l’eau ; fundus, fond d’un vase, par opposition au reste de l’espace que le vase enferme ; vadum, fond d’un cours d’eau, d’un lac, de la mer, par opposition à l’eau qui coule ou porte dessus. Fundamentum, fondement, base artificielle sur laquelle repose un édifice, etc., et qui n’est pas moins nécessaire que le sol même, solum, lorsqu’il s’agit d’élever une construction. On dit proverbialement : Omnis res jam in vado est, couler une affaire, à fond, par une métaphore empruntée d’un nageur qui atteint le fond de l’eau ; mais : Largitio fundum non habet : Profusion n’a pas de fond, par une métaphore empruntée au tonneau des Danaïdes. Cic. Brut. 74. “Solum et quasi fundamentum oratoris vides.” “Tu as sous les yeux le sol et même le fondement sur lequel bâtit l’orateur.”
- Solum, v. [Tellus].
Somnus. Sopor. Somnium. Insomnium.
1. Somnus, terme usuel, prosaïque ; sopor, terme choisi, poétique, pour désigner le sommeil. Sopor n’a en prose que la signification causative : c’est une drogue ou une influence soporifique ; ce n’est point un profond sommeil.
2. Somnium, le rêve, en prose, ὄναρ ; insomnium, en poésie, ἐνύπνιον.
- Sonitus, v. [Fragor].
- Sopor, v. [Somnus].
- Sospes, v. [Salvus].
- Spatiari, v. [Ambulare].
- Spectare, v. [Videre].
- Sons, v. [Culpa].
- Sordes, v. [Lutum].
- Sparsi, v. [Passi].
- Species, v. [Figura].
Spectrum. Mostellum. Manes. Lemures.
Ces quatre termes se disent également d’un esprit qui revient après la mort. Ils diffèrent en ce que spectrum renferme l’idée d’une apparition surnaturelle ; mostellum, celle d’une apparition effrayante ; manes, celle d’un esprit bienfaisant ; lemures, d’un esprit taquin.
- Speculator, v. [Explorator].
Specus. Caverna. Antrum. Spelunca. Spelæum. Fovea. Scrobs.
1. Specus et caverna, cavités soit souterraines, soit au niveau du sol, sorte de termes génériques, par rapport à antrum, spelunca et spelæum, cavités à ouverture verticale qui pénètrent dans une montagne, et à scrobs, fovea et favissa, fosses à ouverture horizontale qui s’enfoncent sous terre.
2. Specus, crevasse à ouverture longitudinale ; caverna, trou à ouverture ronde.
3. Spelunca, caverne, au sens physique, avec allusion à son obscurité et à son aspect effrayant ; antrum, grotte, au sens esthétique, avec allusion à son aspect pittoresque et à sa fraîcheur ; enfin, spelæum, mot d’origine étrangère qui ne se trouve que chez les poëtes, tanière et repaire des bêtes.
4. Fovea, fosse qu’on laisse ouverte ou qu’on recouvre pour servir de magasin et surtout de piége pour prendre une bête sauvage ; scrobs, fosse que l’on comble sur-le-champ et qu’on ne creuse que pour mettre quelque chose en terre, comme un plant d’arbre ou un cadavre.
- Sperare, v. [Vereri].
Spernere. Contemnere. Despicere. Aspernari. Recusare. Fastidire. Negligere.
1. “Spernimus rejicienda, fugienda, ut libidines.” “Nous dédaignons ce qu’il convient de rejeter ou d’éviter, comme les caprices.” “Contemnimus magna, metuenda, ut pericula, mortem.” “Nous méprisons les maux qui effrayent par leur grandeur, comme les dangers et la mort.” “Despicimus infra nos posita, ut vulgi opiniones.” “Nous regardons de haut en bas ce qui est au-dessous de nous, comme les opinions du vulgaire” (Lambin). En d’autres termes, spernere, spernari, aspernari, ne pas se soucier, par opposition à appetere, concupiscere, à peu près comme ἀποϐάλλειν ; contemnere, et chez les poētes temnere, ne pas craindre, par opposition à timere, metuere, comme ϰαταφρονεῖν ; enfin, despicere, despectare, ne faire aucun cas, par opposition à suspicere, revereri, admirari, comme ὀλιγωρεῖν.
2. Spernere présente le dédain sous l’aspect d’un sentiment qui se contient ; il est synonyme de parvi putare, negligere, comme mépriser et dédaigner ; spernari et aspernari, qui est plus usité, se disent de l’expression du dédain ; ils sont synonymes de recusare, abnuere, rejicere, comme repousser. L’idée saillante est dans spernere celle du peu d’estime ; dans aspernari, celle de l’aversion. Spernere se rapporte à un objet qu’il ne tiendrait qu’à nous de posséder ; aspernari, à un objet qui nous est offert ou imposé.
3. Aspernari, avouer son aversion sans pousser les choses plus loin ; recusare, protester et refuser irrévocablement. Curt. VI, 6, 7. “Principes aspernantes quidem, sed recusare non ausos Persicis ornaverat vestibus.” “Les chefs, qui ne cachaient point leur aversion, mais qui n’osaient aller jusqu’à un refus, se virent parés par ses mains du costume persan.”
4. Le spernens obéit à une antipathie qu’autorisent la morale et la raison ; il a plus ou moins conscience des motifs qui lui font dédaigner quelque chose ; le fastidiens obéit à une antipathie physique et instinctive, innée ou accidentelle, qui provient d’un accès de satiété ou de quelque cause analogue ; enfin, le negligens n’obéit ni aux suggestions de la raison ni à celles de l’instinct et du sentiment : il agit sans penser ni vouloir.
- Sphæra, v. [Globus].
- Spica, v. [Culmus].
- Spiritus, v. [Anima].
- Spissus, v. [Angustus].
- Splendere, v. [Lucere].
- Spolia, v. [Præda].
- Spoliare, v. [Vastare].
- Spondere, v. [Polliceri].
Sponsor. Vas. Præs.
Sponsor, caution en général, garantissant n’importe quoi ; vas et præs, caution judiciaire ou légale : vas, celui qui s’engage à faire comparaître en justice le demandeur ou le défendeur ; præs, celui qui fournit une caution exigée par l’État.
Sponte. Ultro. Sua sponte. Voluntate. Libenter.
1. Sponte, de soi-même ; ultro, soudainement. Sponte se rapporte à l’impulsion qui fait agir ; ultro, à l’effet. Liv. X, 19. “Orare ne collegæ auxilium, quod acciendum ultro fuerit, sua sponte oblatum sperneretur.” “On le prie de ne point dédaigner le secours de son collègue, qu’il aurait dû demander par une résolution soudaine et qu’on lui offrait de bon cœur.” Sponte accusare veut dire être porté de soi-même à intenter une accusation ; ultro accusare, aller jusqu’à prendre le rôle d’accusateur lorsqu’on devrait s’estimer heureux de n’être pas accusé soi-même. Cette expression elliptique ultro accusavit s’explique donc par la phrase complète : “Haud contentus non accusari ab altero ultro etiam progressus est, ut ipse accusaret alterum”, ou “ultro progressus accusavit alterum”.
2. Sponte, de propos délibéré, s’oppose à casu, à necessitate ; sua sponte, par sa propre impulsion et par cette impulsion seule, αὐτομάτως, à rogatus, provocatus ou invitatus.
3. Sponte et spontaneus, ἑϰὼν et ἑϰούσιος, présentent une action volontaire et libre comme une affaire d’intelligence ; voluntate et voluntarius, ἐθελοντὴς, comme une affaire de volonté, par opposition à invite ; enfin, libenter et libens, ἄσμενος, comme une affaire de sentiment, par opposition à tædio.
- Squalor, v. [Lutum].
- Statim, v. [Repente].
- Statua, v. [Imago].
- Statuere, v. [Destinare] et [Sistere].
- Status, v. [Conditio].
- Stagnum, v. [Lacuna].
Stella. Astrum. Sidus.
Stella, toute étoile prise à part dans le nombre immense des globes que contient l’univers, ἀστήρ ; astrum, chacun des grands corps lumineux qui sont au ciel, le soleil, la lune et les principales étoiles distinguées par un nom propre, ἄστρον ; enfin, sidus, assemblage d’étoiles, constellation et même, à cause de la parenté qu’il y a entre les idées de foule et de grandeur, étoile de première grandeur, astre, τέρας, τείρεα. Astrum et stella, étoiles, au sens physique, comme des corps célestes lumineux ; sidus, au sens astronomique et astrologique, comme des météores dont l’apparition possède un sens et exerce de l’influence sur les affaires de ce monde. Sen. Helv. 9. “Dum ortus siderum, occasus intervallaque et causas investigare velocius meandi vel tardius, spectare tot per noctem stellas micantes liceat.” “Pourvu qu’on me permette d’observer le lever des constellations, leur coucher, leurs distances, les causes qui accélèrent ou retardent leur marche, d’arrêter mes regards sur cette foule d’étoiles qui brillent dans le cours de la nuit.”
- Stercus, v. [Lutum].
- Stimulare, v. [Pungere].
- Stilla, v. [Gutta].
- Stipator, v. [Satelles].
Stipes. Vallus. Palus. Sudes.
Stipes et vallus, gros pieu, poutre ou pilotis qui ne peut être enfoncé qu’à l’aide d’un mouton : stipes, bon à différents usages, à la guerre et ailleurs ; vallus, façonné tout exprès pour servir de palissade. Palus et sudes, menu pieu, perche ou branche, facile à enfoncer : le palus s’emploie à toute sorte d’usages, comme pieu de haie, surtout comme piquet, échalas ou tuteur ; le sudes sert spécialement par la pointe, comme palis, pique ou javelot.
Stirps. Genus. Gens. Prosapia. Posteritas. Progenies. Proles. Suboles.
1. Stirps, genus et gens, qui sont des termes abstraits et collectifs par rapport à majores, désignent ordinairement la race ou la ligne ascendante ; prosapia, progenies, propago, proles, suboles, la lignée ou la ligne descendante, ce sont des termes abstraits et collectifs par rapport à posteri.
2. Prosapia, terme archaïque et pompeux qui n’est d’usage qu’en parlant de familles d’une antique noblesse ; posteritas, terme usuel, prosaïque ; progenies, terme choisi, noble ; proles et suboles, termes poétiques : proles présente les enfants comme des fruits nouveaux, comme une jeune génération destinée à vivre à côté de l’ancienne ; suboles, comme des rejetons destinés à remplacer la génération qui s’en va.
3. Gens, famille politique ; genus, famille naturelle. La gens se compose de familles que le fondateur de l’État a réunies en communauté ou en association ; le genus, d’espèces et d’individus qui, en vertu de leurs caractères communs, appartiennent à une seule et même classe.
Stirps. Truncus.
Stirps, la tige ou partie essentielle par laquelle l’arbre vit et se conserve, par opposition aux branches et aux feuilles considérées comme des excroissances et des dépendances ; truncus, le tronc, partie nue et sèche, par opposition aux branches, aux feuilles, à la couronne qui servent de parure à l’arbre. Il correspond au tronc du corps humain.
- Stolidus, v. [Stupidus].
- Stolo, v. [Rami].
- Stomachari, v. [Succensere].
Strabo. Pætus.
Strabo, celui qui louche par nature, infirmité ou mauvaise habitude ; pætus, celui qui fait des yeux louches à dessein et par espièglerie.
- Strages, v. [Ruina].
- Strenuitas, v. [Severitas].
- Strepitus, v. [Fragor].
- Strues, v. [Acervus].
Studium. Benevolentia. Favor. Amor. Gratia.
1. Studium désigne ordinairement l’amour et l’attachement de l’inférieur pour le supérieur, du soldat pour son général, du sujet pour son souverain, du disciple pour son maître, du partisan pour son chef et son parti ; favor, l’amour et la faveur du supérieur pour l’inférieur, du public pour un comédien, du peuple pour un candidat, du juge pour une des parties ; enfin, benevolentia, l’amour et la bienveillance pour un égal. Dans Cic. Rosc. Com. 10. “Quod studium et quem favorem secum in scenam attulit Panurgus ?” “Quel zèle et quelle faveur quand Panurge entre en scène ! il faut se représenter le public d’abord comme auditeur, puis comme juge de l’acteur.” Orat. I, 21. “Ego qui incensus essem studio utriusque vestrum, Crassi vero etiam amore.” “Moi qui étais tout feu dans mon zèle pour vous deux, dans mon amour pour Crassus.”
2. Studium, favor et benevolentia expriment une inclination passagère occasionnée et limitée par les circonstances, calme ou même tiède ; amor, un amour enraciné au fond de l’âme et voisin de la passion. Cic. Fam. I, 9. “Nihil est quod studio et benevolentia vel potius amore effici non possit.” “Je ne sais rien que le zèle et la bienveillance ou plutôt l’amour ne soit capable d’accomplir.” Att. V, 10. “Amores hominum in te et in nos quædam benevolentia.” “L’amour qu’on te porte et une certaine bienveillance qu’on a pour nous.”
3. Favor, faveur qu’on accorde, par opposition à invidentia ; gratia, faveur dont on jouit, par opposition à invidia.
Stupidus. Brutus. Bardus. Stultus. Fatuus. Stolidus.
Stupidus, brutus et bardus sont des termes exclusivement négatifs qui marquent un défaut d’intelligence : stupidus, celui de l’homme qui comprend difficilement, qui est épais, ἀναίσθητος ; brutus, celui de la brute et de l’homme qu’un vice d’organisation ravale au niveau de la brute, qui n’entend rien, qui est dépourvu de raison, ϐλὰξ, idiot ; bardus, celui de l’homme qui ne comprend qu’avec lenteur, qui n’a aucun talent, ϐραδὺς, lourd. Stultus, fatuus et stolidus expriment une qualité positive de l’esprit qui a des idées fausses et qui juge de travers : stultus, un défaut de sagesse pratique qui est de la déraison, μωρὸς, sot, par opposition à prudens ; fatuus, un défaut de bon sens qui est de la puérilité, comme nigaud ; stolidus, un défaut de convenance et de modération qui est de la grossièreté, comme impertinent. Liv. XXV, 19. “Id non promissum magis stolide quam stulte creditum.” “Promesse impertinente, sotte crédulité.”
Suavis. Dulcis.
Suavis s’entend, comme ἡδὺς, d’une odeur agréable, et au figuré d’un attrait qui se fait suivre ; dulcis s’entend, comme γλυϰὺς, d’une saveur agréable, et au figuré d’un charme qui entraîne ; il sert à renchérir sur suavis dans Plin. Ep. V, 8, 10. “Hæc vel maxima vi, amaritudine, instantia ; illa tractu et suavitate atque etiam dulcedine placet.” “L’historien ne plaît guère que par la force, l’austérité, la chaleur ; l’orateur plaît par l’abondance, l’agrément et la grâce.” Plin. H. N. XV, 2732. “Dulce et pingue et suave.” “Le lait, qui n’est point précisément un corps gras, ne flatte que médiocrement l’odorat et la langue.”
Succensere. Irasci. Indignari. Stomachari.
Succensere, garder rancune, et ægre, graviter, moleste, difficiliter ferre, prendre en mal, expriment un mécontentement contenu ; irasci, indignari et stomachari, un mécontentement qui éclate. La colère, ira, porte l’empreinte de la passion ; elle a soif de vengeance ; l’indignation, indignatio, offre l’image du sentiment moral qui se soulève ou se révolte ; elle proclame sa désapprobation ou son mépris ; l’emportement, stomachatio, est la marque d’un tempérament irritable, la bile déborde, la mauvaise humeur se fait jour, on est bruyant et querelleur. L’iratus se présente sous les traits d’un ennemi, il inspire de la crainte ; l’indignabundus, sous ceux d’un juge, il impose ; le stomachans, sous ceux d’un maniaque, il est ridicule.
- Sudes, v. [Fustis] et [Stipes].
- Suffragium, v. [Sententia].
- Sulcus, v. [Porca].
- Suffugium, v. [Perfuga].
Sumere. Capere. Prehendere. Accipere. Excipere. Recipere. Suscipere. Recuperare.
1. Sumere, se munir d’un objet pour s’en servir, comme αἱρεῖν ; capere, s’en saisir pour le posséder, comme λαϐεῖν ; enfin, prehendere, mettre la main dessus pour en être physiquement maître. Cic. Phil. XII, 7. “Saga sumpsimus, arma cepimus.” “Nous avons pris des habits de guerre, nous avons saisi nos armes.”
2. Accipere, recevoir ce qu’on nous offre, δέχεσθαι, on y met de l’empressement ; excipere, accueillir ce qui vient à nous, ce que nous attendions, ὑποδέχεσθαι ; recipere, prendre sous sa protection, par générosité ; suscipere, prendre un fardeau sur soi, entreprendre par dévouement. L’accipiens prend dans la main, l’excipiens dans les bras, le recipiens sur son cœur, le suscipiens sur les bras ou sur le dos.
3. Recipere, recouvrer sans qu’il en coûte de la peine ; recuperare, regagner par ses efforts. Liv. XLII, 53. “Urbem recipit”, par une simple occupation. Comparez XXVI, 39. “Urbe recuperata”, par conquête.
Summus. Supremus.
Summus, marque le plus haut degré d’élévation dans un sens indifférent, ce n’est qu’une question de lieu, ἄϰρος, par opposition à imus ; supremus, terme poétique et pompeux, contient une idée accessoire de sublimité, comme ὕπατος, par opposition à infimus.
Sumptus. Impensæ.
Sumptus, dépense qui ébrèche la fortune et le capital, voisine de la prodigalité ; impensæ, dépenses qui servent à atteindre un but et qui tiennent du sacrifice.
- Superare, v. [Vincere].
Superbia. Arrogantia. Fastus. Insolentia.
La superbia met les autres au-dessous d’elle par contentement de soi-même, elle ne voit dans leurs qualités que des reflets de ses propres mérites, c’est l’orgueil par opposition à l’humilité ; l’arrogantia veut se prévaloir aux dépens des autres d’avantages ou de priviléges qui ne lui appartiennent point, c’est l’arrogance opposée à la modestie ; le fastus repousse les hommes, comme s’ils n’étaient pas dignes d’entrer en relation avec lui, c’est l’air superbe par opposition à la simplicité ; l’insolentia abuse grossièrement de sa supériorité pour humilier le faible, c’est la hauteur par opposition à l’humanité et à la générosité. Le superbus veut éclipser les autres ; l’arrogans, empiéter sur eux ; le fastosus les méprise ; l’insolens les bafoue.
- Superesse, v. [Restare].
- Supplementum, v. [Complementum].
- Supplicare, v. [Rogare].
- Supremus, v. [Summus].
- Surripere, v. [Demere].
- Surculus, v. [Rami].
Sus. Verres. Scrofa. Porcus.
Sus, terme général, nom du cochon en histoire naturelle, ὗς ; verres, scrofa, porcus, termes d’économie rurale : verres, verrat ; scrofa, truie ; porcus, jeune porc ou goret. Le mot sus contient une idée accessoire de malpropreté ; le mot porcus, de graisse et d’embonpoint.
Suspirare. Gemere.
Suspirare, soupirer, s’entend d’une aspiration profonde et d’une forte expiration, à la suite d’un serrement de cœur ; gemere, gémir, tient plus de la volonté, on donne de l’air à une poitrine oppressée. Un soupir, suspirium exprime la gêne ; un gémissement, gemitus, la douleur. Cic. Att. II, 21. “Cum diu occulte suspirassent, postea jam gemere, ad extremum vero loqui omnes et clamare cœperunt.” “A des soupirs longtemps étouffés succèdent les gémissements, puis enfin, un concert de plaintes et de cris.”
- Sustinere, sustentare, v. [Ferre].