LETTRE XVI.
Réponse de M. Barton à Léonce.
Mondoville, 6 septembre.
Vous avez eu tort d'attacher tant d'importance à un silence de quelques jours: je souffre toujours de mon bras, et j'ai de la peine à écrire jusqu'à ce que je sois guéri.
Vous êtes l'époux de mademoiselle de Vernon; c'est une personne très-vertueuse, uniquement attachée à vous; il me semble que vous ne devez plus vous occuper des circonstances qui ont précédé votre mariage. Je ne puis les approfondir de loin; ce que vous m'en avez dit ne suffit pas pour juger une femme à qui j'ai voué de l'estime et de l'attachement; mais ce dont je me crois sûr, c'est qu'elle-même à présent désire que vous soyez occupé de votre bonheur et de celui de Matilde, et que vous oubliiez entièrement l'affection que vous avez pu concevoir l'un pour l'autre, quand vous étiez libres.
Je vous en conjure, mon cher élève, calmez-vous sur toutes ces idées, le temps en est passé; votre sort est fixé comme votre devoir; rappelez-vous ce que vous avez toujours pensé des liens que vous venez de contracter, et songez qu'il faut se soumettre, quand la passion nous aveugle, aux jugemens qu'on a prononcés dans le calme de sa raison. Je suis désolé d'être hors d'état d'aller en voiture; je pourrois espérer que nos entretiens vous feroient du bien. Adieu.