LETTRE XXVII.

Delphine à mademoiselle d'Albémar.

De l'abbaye du Paradis, ce 1er mai.

Pardonnez, ma soeur, si je ne puis vous peindre avec détail les sentimens de mon âme; parler de moi me fait mal. Ce que je puis vous dire seulement, c'est que je souhaiterois sans doute qu'avant la fin de mon noviciat, une circonstance heureuse me permît de ne pas prononcer mes voeux; mais tant que je n'aurai que l'alternative de ces voeux ou de mon déshonneur, rien ne peut faire que j'hésite à les prononcer; pardon encore de repousser ainsi vos conseils et votre amitié; mais il y a des situations et des douleurs dans la vie, dont personne ne peut juger que nous-mêmes.