SELON DIEU

Mère, un cheval est à la porte,
Il demande la charité.
—Vite, du foin, qu’on le lui porte!
Il en sera réconforté.
Cheval, dis à Dieu, notre maître,
Qu’avec joie et sans te connaître,
Et nourris de sa charité,
Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un ramier est à la porte,
Il demande la charité.
—J’ai là du blé, qu’on le lui porte!
Il en sera réconforté.


Ramier, dis à Dieu, notre maître,
Qu’avec joie et sans te connaître,
Et nourris de sa charité,
Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un enfant est à la porte,
Il demande la charité.
—Tout notre lait qu’on le lui porte!
Il en sera réconforté.
Enfant, dis à Dieu, notre maître,
Qu’avec joie et sans te connaître,
Et nourris de sa charité,
Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un vieillard est à la porte,
Il demande la charité.
—Du vin, du vin, qu’on le lui porte!
Il en sera réconforté.
Vieillard, dis à Dieu, notre maître,
Qu’avec joie et sans te connaître,
Et nourris de sa charité,
Nous t’avons bien réconforté.

Mère, un coupable est à la porte,
Il demande la charité.
—Ce manteau blanc, qu’on le lui porte!
Nous l’aurons réhabilité.
Ami, dis à Dieu, notre maître,
Qu’avec joie et sans te connaître,
Et brûlants de sa charité,
Nous t’avons réhabilité.