1994: PREMIER SITE DE BIBLIOTHEQUE

[Résumé]

La première bibliothèque présente sur le web est la Bibliothèque municipale d’Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en février 1994. Puis nombre de bibliothèques créent un site web pour y mettre des informations pratiques, leur catalogue en ligne et une sélection de sites web, et développent une bibliothèque numérique à côté de leurs collections traditionnelles. Qu'elles soient des bibliothèques de textes, des bibliothèques d'images (fixes ou animées) ou des bibliothèques sonores, ou qu'elles associent les trois supports, ces bibliothèques numériques permettent à un large public d'avoir accès à des documents jusque-là difficiles à consulter parce qu'appartenant à des fonds anciens, des fonds locaux et régionaux, ou des fonds spécialisés.

[En détail]

La première bibliothèque présente sur le web est la Bibliothèque municipale d’Helsinki (Finlande), qui inaugure son site en février 1994. Puis nombre de bibliothèques créent un site web pour y mettre des informations pratiques, leur catalogue en ligne et une sélection de sites web, et développent aussi une bibliothèque numérique à côté de leurs collections traditionnelles. Qu'elles soient des bibliothèques de textes, des bibliothèques d'images (fixes ou animées) ou des bibliothèques sonores, ou qu'elles associent les trois supports, ces bibliothèques numériques permettent à un large public d'avoir accès à des documents jusque-là difficiles à consulter parce qu'appartenant à des fonds anciens, des fonds locaux et régionaux, ou des fonds spécialisés.

Ces fonds sont difficilement accessibles pour des raisons diverses: souci de conservation des documents rares et fragiles, heures d'ouverture réduites, nombreux formulaires à remplir, délais significatifs de communication, pénurie de personnel, qui sont autant de barrières à franchir et qui demandent parfois au chercheur une patience à toute épreuve et une détermination hors du commun pour arriver jusqu'au document.

Grâce à sa "cyberbibliothèque", la bibliothèque peut enfin rendre comptatibles deux objectifs qui jusque-là ne l'étaient guère, à savoir la conservation des documents et la communication de ceux-ci. D'une part le document ne quitte son rayonnage qu'une seule fois pour être scanné, d'autre part le grand public y a facilement accès. Assis sur sa chaise ou dans son fauteuil, le lecteur peut consulter ces oeuvres en cliquant de l'une à l'autre, au gré de son humeur, de ses centres d'intérêt ou d'une curiosité passagère, de manière plus pratique qu'en se promenant dans les rayonnages, et surtout de manière beaucoup plus exhaustive puisque, dans les bibliothèques, une bonne partie des collections se trouve rangée dans des magasins et n'est donc pas accessible au lecteur qui chine. Si le lecteur veut ensuite consulter le document lui-même - dans certains cas, la consultation à l'écran ne peut remplacer le contact direct avec l'oeuvre - il pourra ensuite se lancer dans le parcours parfois laborieux qu'implique une consultation traditionnelle, mais ceci en connaissance de cause, après que le "feuilletage" à l'écran lui ait permis de sélectionner les documents en question et de ne demander que ceux qui l'intéressent vraiment.

Certaines "cyberbibliothèques" naissent directement sur le web. Créée en 1994 et hébergée sur le site de l’Université de Genève, Athena est l’oeuvre de Pierre Perroud, qui y consacre trente heures par semaine, en plus de son activité de professeur au Collège Voltaire. Pierre-Louis Chantre, journaliste, raconte dans L’Hebdo du 13 février 1997: "Il numérise des livres, met en page des textes que des correspondants inconnus lui envoient, crée des liens électroniques avec des livres disponibles ailleurs, tout en essayant de répondre le mieux possible aux centaines de lettres électroniques qu’il reçoit (mille personnes consultent Athena chaque jour). Un travail artisanal qu’il accomplit seul, sans grande rémunération. Malgré des demandes répétées, le Département de l’instruction publique de Genève ne lui paie que deux heures par semaine." (L’Hebdo, n° 7)

En 1997, le site bilingue français-anglais donne accès à 3.500 textes électroniques dans des domaines aussi variés que la philosophie, les sciences, la période classique, la littérature, l’histoire, l’économie, etc. En décembre 1998, les collections comprennent 8.000 textes. Un des objectifs d’Athena est de mettre en ligne des textes de langue française (dans la section: Textes français). Une section spécifique (Swiss Authors and Texts) regroupe les auteurs et textes suisses. On trouve aussi un répertoire mondial des ressources littéraires en ligne (Athena Literature Resources). Par ailleurs, Athena propose une table de minéralogie qui est l’oeuvre de Pierre Perroud et qui est consultée dans le monde entier.

Dans un article de la revue Informatique-Informations de février 1997, Pierre Perroud insiste sur la complémentarité du texte électronique et du livre imprimé. Selon lui, "les textes électroniques représentent un encouragement à la lecture et une participation conviviale à la diffusion de la culture", notamment pour l’étude et la recherche textuelle. Ces textes "sont un bon complément du livre imprimé - celui-ci restant irremplaçable lorsqu’il s’agit de lire". S’il est persuadé de l’utilité du texte électronique, le livre imprimé reste "un compagnon mystérieusement sacré vers lequel convergent de profonds symboles: on le serre dans la main, on le porte contre soi, on le regarde avec admiration; sa petitesse nous rassure autant que son contenu nous impressionne; sa fragilité renferme une densité qui nous fascine; comme l’homme il craint l’eau et le feu, mais il a le pouvoir de mettre la pensée de celui-là à l’abri du Temps."

Créée en mars 1995 par l’Université du Michigan (Etats-Unis) dans le cadre de la School of Information and Library Studies, l’Internet Public Library (IPL) se définit comme la première bibliothèque publique de l’internet sur l’internet, à savoir une bibliothèque sélectionnant, organisant et cataloguant les ressources disponibles sur l’internet, et n’existant elle-même que sur le réseau. Cette bibliothèque publique d’un genre nouveau devient vite une référence. L’IPL recense de manière pratiquement exhaustive les livres (Online Texts), les journaux (Newspapers) et les magazines (Magazines) disponibles sur le web. Les livres sont essentiellement des oeuvres du domaine public, avec 22.500 titres en 2006, dont le quart provient du Projet Gutenberg.