I
Nous arrivons ainsi aux occultistes d’aujourd’hui, qui ne sont plus des hiérophantes, des adeptes, des initiés ou des voyants, mais de simples chercheurs appliquant à l’étude des phénomènes anormaux les méthodes de la science expérimentale. Ces phénomènes, pour peu que l’attention soit mise en éveil, on les constate de toutes parts dans la vie. Sont-ils exclusivement dus aux forces inconnues du subconscient ou à des entités invisibles qui ne sont pas, ne sont pas encore ou ne sont plus des hommes ? Le grand intérêt, on pourrait dire tout l’intérêt de la question est là, mais la réponse est encore en suspens, bien que s’accentue la tendance à la chercher dans un autre monde que le nôtre ; et la conversion au spiritisme de purs savants tels que sir Oliver Lodge, et plus récemment celle du professeur W.-J. Crawford, sont à cet égard assez significatives.
Je ne reviendrai pas ici sur les communications spirites, les phantasmes des vivants et des morts, les phénomènes prémonitoires, les manifestations psychométriques et médiumniques dont j’ai esquissé l’étude dans La Mort et dans L’Hôte Inconnu. Ce que j’en ai dit dans ces livres peut donner une idée sommaire, provisoire, — car tout est provisoire dans ces régions, — mais suffisante, de l’état présent de la science métapsychique sur ces points.
Mais il en est d’autres qui n’entraient pas alors dans le cadre de mon travail, qu’il faut que j’aborde aujourd’hui, d’abord parce qu’ayant passé en revue, rapidement, mais aussi complètement que possible, dans une monographie forcément écourtée, tout l’occultisme passé, il est équitable de traiter de la même façon l’occultisme présent, mais aussi et surtout parce que ces points que j’avais réservés jettent une lumière assez inattendue sur plusieurs autres et autorisent sinon des conclusions, du moins certaines inductions qui termineront cette étude.