II

Grâce aux travaux d’une science assez récente, notamment grâce aux recherches des indianistes et des égyptologues, il nous est aujourd’hui beaucoup plus facile que naguère de retrouver les sources, de remonter le cours et de débrouiller le réseau souterrain du grand fleuve mystérieux qui depuis l’origine de l’histoire a coulé sous toutes les religions, sous toutes les croyances, sous toutes les philosophies, en un mot sous toutes les manifestations diurnes ou à ciel ouvert de la pensée humaine. Il n’est plus guère contestable que cette source se trouve dans l’Inde antique. De là, l’enseignement sacré se répandit probablement en Égypte, gagna la Perse ancienne, la Chaldée, satura le peuple hébreu, s’infiltra dans la Grèce et le nord de l’Europe, atteignit la Chine et même l’Amérique où la civilisation Astèque n’était qu’une réplique plus ou moins déformée de la civilisation égyptienne.

Nous avons ainsi trois grands dérivés de l’occultisme primitif, Aryo ou Atlantéo-Hindou : 1o l’occultisme antique, c’est-à-dire égyptien, persan, chaldéen, juif et celui des mystères grecs ; 2o l’ésotérisme judéo-chrétien avec les Esséniens, les gnostiques, les néo-platoniciens d’Alexandrie et les kabbalistes du moyen âge, et 3o l’occultisme moderne plus ou moins imprégné des précédents, mais qui, sous le vocable d’ailleurs assez inexact d’occultisme, désigne plus spécialement, à côté des théosophes, les spirites et les métapsychistes d’aujourd’hui.