IV
En tout cas, si l’on a besoin de la tradition occultiste pour expliquer l’origine de cette sagesse qui nous paraît à bon droit surhumaine, on peut fort bien s’en passer pour ce qui concerne l’essentiel de cette sagesse même. Des textes authentiques et qu’on peut situer dans l’histoire, le contiennent tout entier ; et sous ce rapport, les théosophes modernes qui prétendent avoir eu à leur disposition des documents secrets et avoir profité de révélations extraordinaires que leur auraient faites des Adeptes ou Mahatmas, d’une fraternité mystérieuse, ne nous ont rien appris qui ne se trouve dans les écrits accessibles à tous les orientalistes. Ce qui sépare les occultistes, — les théosophes de l’école de Blavatzky, par exemple, qui domine toutes les autres, — des indianistes et des égyptologues scientifiques, ce n’est pas ce qui a rapport à l’origine, à l’économie, au but de l’univers, aux fins de la terre et de l’homme, à la nature de la divinité, aux grands problèmes de la morale ; ce sont presque uniquement des questions qui ont trait à la préhistoire, à la nomenclature des émanations de l’inconnaissable et à la manière de maîtriser et d’utiliser les forces inconnues de la nature.
Occupons-nous d’abord des points où ils s’accordent ; ce sont du reste les plus intéressants ; car tout ce qui touche à la préhistoire est forcément hypothétique, les noms et les fonctions des dieux intermédiaires n’ont qu’un intérêt de second ordre ; quant à l’utilisation des forces inconnues, elle regarde plutôt les sciences métapsychiques dont nous reparlerons plus loin.