XV

Il a encore été expérimentalement démontré que ce fluide odique peut être capté. Il est possible d’en charger n’importe quel objet. L’objet magnétisé, dans lequel le magnétiseur a fait passer une partie de sa force vitale, toute possibilité de suggestion étant écartée, conservera toujours sur le sensitif la même action, c’est-à-dire celle qu’avait voulue le magnétiseur. Il le fera rire ou pleurer, grelotter ou suer, danser ou s’endormir, selon la volonté qu’avait le magnétiseur en émettant son fluide. En outre, ce fluide paraît indestructible : un pilon de marbre magnétisé, et mis successivement dans l’acide muriatique, nitreux et sulfurique, soumis à l’action corrosive de l’ammoniaque, ne perd rien de sa force. Une barre de fer chauffée à blanc, de la résine fondue et recoulée en d’autres formes, l’eau bouillie, le papier brûlé et réduit en cendres, garde toute sa puissance. Il y a plus, pour prouver que l’appréciation de cette force ne dépend pas d’une impression humaine, on a constaté que l’eau magnétisée, puis bouillie, dévie de vingt degrés, comme avant l’ébullition, l’aiguille d’un rhéomètre, qui est, comme chacun le sait, l’appareil qui mesure les courants électriques. Il serait intéressant de savoir si cette force vitale emprisonnée dans un objet survit au magnétiseur. Je ne sais si des expériences ont été faites sur ce point. En tous cas, on a observé que plus de six mois après avoir été chargées d’Od, les substances les plus hétéroclites : fer, étain, colophane, cire, soufre, marbre, gardaient intactes leurs vertus magnétiques.