XX

Maintenant, il est fort possible que pour pénétrer plus avant dans les régions où ils s’aventurent, les méthodes purement expérimentales, qui sont les plus sûres dans les autres sciences, soient insuffisantes. Il entre en jeu d’autres éléments que ceux que la science a coutume de rencontrer. Il s’agit de forces peut-être plus spirituelles que celles de notre esprit et pour les saisir et les dominer, il se peut qu’il soit nécessaire de s’occuper d’abord de notre propre spiritualisation. Il est bon d’avoir des laboratoires parfaitement organisés, mais c’est probablement en nous-mêmes que se trouve le véritable laboratoire d’où sortiront les dernières découvertes. Il semble que mieux que nous les prêtres et les mages des grandes religions l’avaient compris. Quand ils voulaient s’engager dans les domaines ultra-spirituels de la nature, ils s’y préparaient longuement. Ils sentaient qu’il ne leur suffisait pas d’être des savants, mais qu’avant tout ils devaient devenir des saints. Ils commençaient par faire l’éducation de leur volonté, par sacrifier tout leur être, par mourir à tout désir. Ils enveloppaient leurs forces intellectuelles d’une force morale qui les menait beaucoup plus directement sur le plan où se passaient les phénomènes étranges qu’ils interrogeaient. Il est assez vraisemblable qu’il y a dans l’invisible ou l’infini des choses que l’intelligence n’atteint pas, sur lesquelles elle n’a aucune prise, mais qu’une autre puissance peut rejoindre ; et cette puissance est peut-être ce qu’on appelle l’âme ou ce subconscient supérieur que les antiques religions avaient appris à cultiver par des exercices et surtout par un renoncement et une concentration spirituelle dont nous avons perdu la pratique et même la notion.