LA MÉNAGERIE DÉLIVRÉE
Le rajah de Djokjokarta n’avait pas besoin de m’offrir une somme énorme. J’aurais répondu pour rien à son appel. Il craignait inutilement de m’avoir fait son offre trop tard et que le temps me manquât pour arriver le jour où l’on devait commémorer la naissance de son père. J’avais le temps. J’étais prêt à consacrer ma fortune entière à des achats de voitures, à des locations de navires. Il me demandait de venir avec les éléments les plus curieux de ma ménagerie sans oublier certain tigre de Mérapi aux proportions formidables dont il avait entendu parler. Je comptais satisfaire pleinement ce vieil amateur d’animaux, cet organisateur de combats de fauves et lui amener toutes mes bêtes, au grand complet.
Je possédais d’ailleurs presque tout le matériel nécessaire pour le voyage. C’était celui qui m’avait servi dans mes tournées triomphales de Chine. On scia, on forgea, on travailla dans mon jardin pendant des jours pour être prêt à la date fixée. Il ne fallut pas moins de soixante et dix voitures-cages pour contenir mes bêtes. Je n’eus à acheter que les chevaux nécessaires pour les tirer. Je ne laissai chez moi aucun être animé, ni une tortue, ni un oiseau-mouche.
J’avais traité avec le propriétaire des trois plus grandes jonques chinoises du port, à cause de la commodité que présentait pour mes voitures la vaste cale d’une jonque où il n’y a ni escaliers, ni cloisons, ni divisions en étages.
Tout Singapour assista à l’embarquement de la plus magnifique ménagerie du monde. Ali le Macassar m’avait précédé pour organiser notre arrivée à Samarang et se procurer les chevaux supplémentaires qui nous permettraient d’atteindre Djokjokarta dans le plus court délai possible.
La mer fut favorable. Aucun incident ne troubla le voyage. Nous atteignîmes le port de Samarang par une resplendissante après-midi et les soixante-dix voitures quittèrent les jonques avant la nuit et furent installées sur l’emplacement choisi par Ali d’où elles devaient repartir le lendemain matin.
Je constatai avec ennui que le rajah avait envoyé vers moi, par courtoisie d’abord, pour précipiter ma venue ensuite, un important fonctionnaire de son palais. C’était un Javanais âgé, obséquieux et couvert de bijoux qui s’enorgueillissait de porter le titre honorifique de Widana. Ce personnage était susceptible de gêner la réalisation de mon projet. Mais à mesure que cette réalisation approchait, je sentais en moi d’extraordinaires ressources d’habileté, des trésors de ruse en même temps que cette gaîté optimiste qui est le facteur essentiel pour triompher de toutes les difficultés.
Comme j’allais me rendre à la résidence pour obtenir le sauf-conduit nécessaire au transport de ma ménagerie à travers l’île, je rencontrai sur le port un officier que j’avais connu chez M. Varoga et avec qui j’avais sympathisé. Il se mit à ma disposition pour m’accompagner et faire abréger les formalités. Il convenait, me dit-il, de se hâter car c’était bientôt l’heure de la fermeture des bureaux et un retard de quelques minutes m’obligerait à attendre jusqu’au lendemain.
Nous nous jetâmes dans la voiture de l’envoyé du rajah qui partit au galop.
Comme nous tournions une avenue en arrivant à la résidence, une voiture qui tournait aussi nous croisa. Ce n’est pas le personnage qui l’occupait que je remarquai. Ce furent ses mains, des mains délicates, étrangement soignées et qu’il portait devant lui comme des objets précieux. Je les reconnus. C’étaient les mains de Djath.
Il me sembla que le possesseur des mains se penchait légèrement et qu’il me regardait avec fixité, mais sans me voir. Son regard passa à travers moi comme si je n’avais pas existé. Il avait déjà disparu quand je me levai pour intimer au cocher l’ordre de rebrousser chemin et de suivre sa voiture. Mais l’envoyé du rajah, me saisissant le bras, lui donna un ordre contraire d’un clignement d’œil et il me rappela avec une ferme politesse combien il était nécessaire de terminer la formalité du sauf-conduit avant la fermeture des bureaux.
— Le prince de Matarem, dit l’officier hollandais. Il relève à peine de la maladie dont il a failli mourir. Mais il est heureux maintenant. Quelle histoire romanesque !
Nous descendions de voiture. L’officier s’arrêta brusquement comme quelqu’un qui a prononcé une parole de trop et qui s’en aperçoit.
— Il est vrai, ajouta-t-il, que vous connaissez cette histoire mieux que moi.
Je voulus lui dire que non et le prier de me dire ce qu’il savait au sujet de Djath, mais le Widana m’avait pris par le bras et m’entraînait par un long couloir jusqu’à un bureau où il me fit presque entrer de force. Les formalités furent longues et l’officier nous quitta sans que j’aie pu l’interroger à nouveau.
— Le rajah de Djokjokarta a une telle curiosité pour les bêtes féroces et il vous attend si impatiemment ! me dit le Widana pour s’excuser de sa hâte quand nous sortîmes du palais du résident. Croyez-vous que nous puissions être arrivés après-demain soir ?
Je répondis qu’après-demain soir, si mes calculs étaient justes, nous coucherions aux environs de l’indigoterie de M. Varoga et que par conséquent le lendemain matin nous aurions atteint Djokjokarta.
— Le rajah sera satisfait, ajoutai-je en souriant avec une tranquille sérénité.
Des milliers de rohi-rohi chantaient dans les forêts javanaises, mais ils ne chantaient pas aussi haut que celui que j’entendais chanter en moi et dont l’harmonie merveilleuse me donnait une sorte d’ivresse permanente.
Les soixante et dix voitures cahotaient et roulaient sur les routes avec des aboiements, des grognements, des jacassements, des glapissements, des bruits de fouet et des appels de conducteurs.
Le Widana marchait en tête avec ses serviteurs. Il était monté sur une mule blanche. A sa droite un Malais à cheval tenait un parasol, à sa gauche un autre agitait un panka. Les sous-dompteurs, les gardiens, les préposés à la nourriture des bêtes faisaient derrière les voitures-cages et derrière les voitures qui contenaient les tentes, les épieux, les filets et les approvisionnements, une longue file de cavaliers et sur les pas de cette cavalcade singulière et inusitée les gens des villages accouraient et nous suivaient des yeux, béants d’étonnement.
Le soir, on déployait les tentes, on allumait les feux, on allait chercher de l’eau et ce n’était que très tard, au milieu de la nuit que s’éteignaient les cris des bêtes et des hommes.
Je fus obligé, dès le matin de notre dernière étape, de ralentir un peu notre marche car il nous eût été presque possible d’arriver à Djokjokarta avant la nuit. Le Widana m’en représenta tous les avantages et je fis semblant d’en avoir le plus grand désir. Mais je fis prolonger démesurément le repos de midi, en sorte que lorsque le soleil se coucha nous étions seulement en vue de l’indigoterie de M. Varoga, ainsi que je me l’étais promis.
Sur un coup de sifflet que je donnai, toutes les voitures s’arrêtèrent et je galopai jusqu’au Widana qui était devant, avec son escorte. Je fis signe à Ali de m’accompagner. Je représentai alors à l’envoyé du rajah combien il serait sage qu’il nous laissât ici et qu’il regagnât le soir même Djokjokarta, ce qui était possible avec son excellente mule et les bons chevaux de ses serviteurs. Il calmerait ainsi l’impatience de son maître, il annoncerait notre venue et il la préparerait. Le Widana devant mon insistance, se rangea à cet avis.
J’ajoutai d’un ton péremptoire que je tenais à ce qu’Ali l’accompagnât.
Il n’y avait aucune raison pour cela. Il y avait même toutes les raisons pour qu’il demeurât, étant donné la surveillance qu’il exerçait, les services qu’il rendait. Mais je déclarai vouloir le remplacer pendant la soirée, désirant expressément qu’un aussi excellent second pût se reposer jusqu’au lendemain.
Ils partirent. Ils n’avaient pas fait quelques pas que je rappelai Ali. Je tenais à lui serrer à nouveau la main, à serrer la main de ce vieux compagnon fidèle et taciturne. Pas autre chose.
Peut-être lut-il une partie de ma résolution dans mes yeux car il me demanda de rester auprès de moi et une émotion contenue et qu’il ne manifesta par aucun signe se dégagea de toute sa personne.
Les gardiens allaient vouloir après le dîner, se répandre dans les villages d’où l’on entendait venir au loin des clameurs de fête. Il fallait que quelqu’un passât sa nuit à veiller. Puis lui seul était au courant de la nourriture à donner à un babiroussa sauvage récemment acquis, qui ne s’habituait pas à la captivité et donnait depuis le départ des marques de désespoir.
Je fis un geste sans réplique. Je me chargeais du babiroussa. Une poignée de main et ce fut tout. Ali le Macassar suivit à cheval le Widana. Je constatai en le suivant des yeux quelle profonde tristesse il y a dans le dos des hommes qu’on ne doit plus revoir.
J’avais appris à Samarang que l’indigoterie était fermée et abandonnée depuis la mort de M. Varoga. Ce ne fut pas de ce côté que je dirigeai la caravane des voitures. Je laissai sur ma droite les trois villages et par un chemin bordé de poivriers que je connaissais, je gagnai le bord de la petite rivière, à l’endroit où il y avait un pont de bois, à peine un peu plus haut que la pente où le tigre m’était apparu pour la première fois et où le vent avait emporté mon chapeau.
Il y avait, de l’autre côté du pont, entre des champs de canne à sucre et des ananas sauvages, une assez vaste étendue de terre inculte. C’est là que je fis dresser les tentes et disposer les voitures, non selon la forme circulaire qui était habituelle, mais en longue ligne parallèle à la forêt.
On commença par donner à manger et à boire aux bêtes. Puis mes employés se groupèrent pour le repas autour de plusieurs feux, selon leurs sympathies ou plutôt selon leurs races et leurs religions. Il y avait le groupe des Chinois, le groupe des Malais et le groupe des nègres. Un Parsi de l’Inde du nord qui avait un caractère insociable et une intelligence rudimentaire était considéré comme un paria par tout le monde et se tenait à l’écart.
Je montrai ce soir-là la gaîté la plus amicale. Je fis distribuer du vin et je remarquai que tous en buvaient, y compris les musulmans. J’adressai même quelques mots au Parsi solitaire qui ne me répondit pas.
Je pensai d’abord à donner à toute ma troupe une autorisation collective de regagner les villages qui n’étaient pas très éloignés. Nous avions vu des lumières de feux et entendu des clameurs dans leur direction. On devait y célébrer la même fête qu’à Djokjokarta. Mais je pensai qu’il valait mieux avoir l’air de conserver autour des voitures une partie des gardiens pour ne pas éveiller la méfiance des autres.
Je m’assis donc familièrement autour du feu des Chinois et je leur confiai qu’ils étaient autorisés, eux seuls Chinois, pour leurs bons services à aller se divertir dans les villages que je leur décrivis comme particulièrement joyeux et dont je leur indiquai la direction. Je fis de même et si habilement pour les Malais et pour les nègres que le camp fut bientôt désert, chaque groupe étant persuadé qu’il laissait les voitures à la garde des autres groupes. Seul l’insociable Parsi ne profita pas de la liberté que je lui offris et demeura couché, la tête sous sa couverture.
Tout cela avait pris du temps. La nuit s’avançait. La lune se leva. L’immense forêt sembla se dresser tout à coup plus mystérieusement menaçante.
C’est alors que je commençai à ouvrir les cages. Il y en avait qui avaient des serrures, d’autres des crochets, d’autres des taquets, d’autres dont une partie glissait sur des rainures. Celles-là étaient les plus nombreuses parce qu’elles étaient les plus commodes pour faire passer les animaux d’une cage dans l’autre. J’en connaissais parfaitement le maniement et ce n’était pas là ce qui pouvait me gêner.
La difficulté consista à faire croire aux animaux, en présence d’une liberté subite, à la réalité de leur bonheur. Soupçonnèrent-ils quelque piège ? Ou la terreur que je leur inspirais était-elle plus forte que tout autre sentiment ? Mais ils demeurèrent à ma vue, quand je fis tourner les portes devant eux, dans une immobilité épouvantée.
Je fus obligé de saisir à pleins bras les oiseaux de nuit et de les lancer dans l’espace. Ils commencèrent par tomber comme s’ils n’avaient pas eu d’ailes. Je voyais la rondeur stupéfaite de leurs yeux, un je ne sais quoi de vexé dans le mouvement de leur cou comme s’ils avaient été victimes d’une nouvelle plaisanterie de leur bourreau. Puis soudain, presque tous ensemble, ils prirent leur vol et ils s’élevèrent très haut, très loin, par dessus la masse de la forêt, comme s’ils voulaient gagner la région lointaine des étoiles.
Les singes eurent l’air d’avoir reçu un mot d’ordre et se précipitèrent tous ensemble en gambadant au milieu du camp, cherchant à ramasser les vestiges du repas. Plusieurs me suivirent, l’un tenant une noix, l’autre une peau de banane, grimaçait derrière moi, et ce n’est que lorsque j’approchai de la cage d’un animal sauvage qu’ils prirent la fuite.
A part le babiroussa qui s’élança comme un bolide avec un formidable grondement de joie et disparut en une seconde dans la forêt, les animaux demeuraient taciturnes devant leur cage ouverte ou continuaient à sommeiller. Je fus obligé d’aller chercher un grand fouet et un épieu pour les obliger à sortir de leur rêve d’esclave et à profiter de leur liberté.
Et alors j’éprouvai une frénésie d’en finir. J’ouvris successivement toutes les cages, je fouettai, je piquai, je frappai, je courus d’un endroit à l’autre avec une extravagante activité. En quelques minutes le camp fut couvert de toutes les espèces animales de la création.
Le bruit qui domina fut le hennissement des chevaux. Ils étaient tous attachés ensemble, près du pont. Je les entendis se cabrer, tirer sur leurs courroies. Eux qui avaient pactisé avec les hommes et servaient à transporter leurs frères captifs devaient craindre les vengeances réservées aux traîtres. Mais les bêtes délivrées n’avaient pas de telles pensées. Elles luttaient contre un ahurissement profond, une tristesse infinie.
Un opossum se donnait un grand mal pour réunir ses petits qui se dispersaient. Un paon faisait la roue, mais c’était pour avoir une contenance. Un échidné épineux s’était mis en boule afin de délibérer silencieusement sur le parti à prendre. Un boa faisait un cercle parfait d’où émergeait sa tête pleine d’inquiétude et de timidité. Un korbi kalao tenta de se poser sur mon épaule pour conjurer les maux qu’il prévoyait. L’ours se balançait en rêvant. Les casoars à casque agitaient la protubérance de leur crâne et avaient l’air de dire : Qui sait ? Une girafe baissait modestement la tête. Une panthère rampait. Une famille de lions de Perse habituée à passer dans des cerceaux, marchait tristement derrière le mâle et parfois un lionceau faisait un petit bond nonchalant, à travers un cerceau imaginaire. Des hyènes ricanaient avec scepticisme. Le fils du héron que j’avais brûlé claquait du bec d’une manière sinistre. Le renard d’Australie s’éventait avec le panache de sa queue. L’âne nain secouait son oreille unique. Toutes les bêtes attendaient les ordres du tyran porteur de fouet et d’épieu. Personne ne croyait à la générosité de l’homme.
Et tout d’un coup il vint de la profonde forêt, du royaume des végétaux et des humus, un souffle aromatique, une odeur d’herbes, de pourriture et de vie, un peu humide, un peu poivrée, une essence de décomposition et de germes transportée par le vent.
Le boa se déroula. La tortue platysterne se mit à courir avec une incroyable vitesse. Le corps des panthères ondula. Un cuscus s’élança le long d’un arbre et se perdit dans les feuillages. Tous les lions se mirent à bondir régulièrement et à la file les uns des autres comme s’ils passaient à travers des centaines de cerceaux. Le tapir, comme une offrande votive, leva son nez mobile vers le ciel. Les crocodiles glissèrent. Les loups coururent. J’entendis la muraille de la forêt qui craquait, l’eau de la rivière qui résonnait, éclaboussée par des plongeons de créatures aquatiques.
Et alors, le grand tigre de Java, qui n’était pas encore délivré, se mit à rugir. Ce rugissement hâta la dispersion des animaux épouvantés dans toutes les directions. Je jetai un regard autour de moi. Les singes eux-mêmes avaient regagné les arbres, mais ils se penchaient et semblaient attendre curieusement ce qui allait arriver.
J’aperçus à la même place, la tête hors de sa couverture le Parsi solitaire qui me regardait avec un visage indifférent et stupide. Je voulus le préserver du risque que j’allais courir. Puis si je devais être déchiqueté je préférais l’être en pleine forêt.
Je traversai le camp. Je choisis deux chevaux habitués aux fauves, je les attelai à la cage du tigre borgne et je les dirigeai vers la ligne sombre des arbres. La clarté de la lune me permit de distinguer un sentier plus large que les autres dans lequel je m’engageai. J’allai assez loin jusqu’à une clairière où je m’arrêtai et où je dételai les chevaux. Un claquement de fouet et ces fidèles serviteurs des hommes repartirent par où ils étaient venus.
Nous étions seuls, le tigre et moi, au milieu de la forêt, séparés par les barreaux de sa cage. Je le considérai un instant et il me sembla que le seul œil qui vivait dans son mufle, son grand œil vert et phosphorescent était une lampe qui éclairait non seulement la clairière devant lui et les arbres qui l’entouraient, mais aussi les profondeurs infinies de mon âme.
Non. Je n’eus pas la moindre hésitation. Je voulais aller jusqu’au bout.
Ce qui se passa fut beaucoup plus simple que ce que j’avais pu confusément imaginer.
Une fois qu’on avait ôté les ferrures qui le maintenaient, on n’avait qu’à tirer à soi un côté de la cage. Cette cage était très lourde et il me fallut saisir les barreaux à deux mains pour les faire glisser. Ils glissèrent avec un grincement métallique et je me trouvai alors sur le côté de la cage. Je ne bougeai pas. Il m’aurait fallu me pencher pour voir ce que faisait le tigre à l’intérieur et je songeai à la rapidité d’un coup de patte qui m’aurait brisé le crâne. J’entendis l’être redoutable respirer et ces quelques secondes me parurent infiniment longues.
Et soudain j’eus la sensation qu’il commençait à marcher. Lentement il sortit. Il avait la tête basse et flairait. Il se détourna légèrement de mon côté en soufflant et puis plus rien, plus rien qu’un frisson de feuilles qui se prolongeait dans l’enchevêtrement des lianes où il s’était élancé avec une vertigineuse vitesse.
Un sentiment de solitude tel que je n’en avais jamais eu pesa sur moi. Ce n’était pas encore l’heure où les rohi-rohi commencent à chanter dans les cocotiers. Je regardai anxieusement à droite et à gauche. N’avais-je pas réalisé ce que je voulais ? Tout cela était bien ainsi.
Je me mis à pleurer.