APPENDICE

LISTE
DE MESSIEURS DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE[151]
en Ianvier 1676[152].

[151] Ces Listes se publièrent d’abord en une brochure in-4o, comme la première qui va suivre ; puis sous forme de placard in-folio, dont un exemplaire étoit affiché dans la salle du Louvre, où Colbert avoit permis, en 1673, que l’Académie s’installât, lorsqu’après la mort du chancelier Séguier elle eut quitté son hôtel, avec le roi pour nouveau protecteur.

[152] Ce n’est qu’à partir de 1711 que l’Almanach Royal publia les noms et les adresses des Académiciens du moment d’après ces Listes, qui sont devenues très rares. Les deux que nous donnons, à la suite l’une de l’autre, sont les seules que nous connaissions.

Le Roy, Protecteur.

Messieurs

1635. Henry-Louis Habert, sieur de Montmor, doyen des Maistres des Requestes, rue S. Avoye[153].

[153] Il étoit de l’Académie depuis sa fondation, comme l’indique la date de 1635, qui précède ici son nom. Il se tenoit chez lui des conférences, mais de philosophie et de physique. Gassendi fut quelques années son hôte, à l’époque où Chapelle, Molière et Bernier suivoient ses leçons. Son hôtel, autrefois magnifique, « ædes renidentes », comme dit Sorbière, existe encore dans la partie de la rue du Temple qui s’est substituée à la rue Sainte-Avoie. Il mourut le 21 janvier 1679. L’abbé de Lavau fut son successeur à l’Académie. Quelques-unes des premières séances, avant qu’elle eût un établissement fixe, s’étoient tenues chez Montmor. — Son fauteuil, le 40e, est occupé par M. Cuvillier-Fleury, selon le Dictionn. histor. de la France, par M. Lud. Lalanne, que nous prenons pour guide.

Iean Des-Marests, cy-devant Controlleur General de l’Extraordinaire des Guerres, à la Place Royale[154].

[154] Desmarests Saint-Sorlin, factotum poétique de Richelieu, pour lequel il fit Mirame, et qui l’avoit mis, des premiers, de son Académie. Il mourut cette année 1676, le 28 octobre, et eut J. J. de Mesmes pour successeur. On lui devoit l’inscription de la statue de Louis XIII élevée dans la place Royale, où il logeoit. Il avoit auparavant habité l’hôtel Pelvé, qu’il avoit fait rebâtir, car il se mêloit d’architecture, au coin des rues de Thiron et du Roi de Sicile. Il y avoit été, dans les premiers temps, un des hôtes de l’Académie encore sans asile. — Son fauteuil, le 39e, est occupé par M. de Champagny.

1639. François Esprit, advocat en Parlement[155].

[155] Son prénom étoit Jacques, et non François ; Pellisson (Hist. de l’Acad. françoise, édit. Ch. Livet, I, p. 288) le fait non pas avocat, mais conseiller du roi. On a de lui : Paraphrase de quelques psaumes, dont l’édition, imprimée toute en italiques, est rare. Il fut très goûté chez La Rochefoucauld, chez Mme de Sablé et chez le chancelier Séguier, qui contribua beaucoup à le faire recevoir de l’Académie à la place de Philippe Habert (V. Regist. du 14 fév. 1639). Si son adresse n’est pas donnée ici, c’est qu’à la suite du prince de Conti il s’étoit retiré à Béziers, où il mourut le 6 juillet 1678. L’archevêque de Rouen, Colbert, lui succéda. — Son fauteuil, le 3e, est échu à M. Jules Sandeau.

1640. Olivier Patrv, advocat en Parlement[156], proche le Puy-l’Hermite[157], faubourg S. Marcel.

[156] On sait trop la réputation qu’il se fit au barreau de Paris pour que nous devions y insister. Il avoit succédé, comme académicien, à Porchères d’Arbaud. Il mourut le 16 janvier 1681 et fut remplacé par le président Potier de Novion. — Son fauteuil, le 6e, est aujourd’hui celui de M. le duc de Noailles.

[157] Ce puits, qui se trouvoit au carrefour formé par les rues de l’Épée de bois, Gracieuse et Françoise, finit par donner son nom à cette dernière. Patru logeoit encore auprès lorsqu’il mourut. (Jal, Dict. critique, p. 945.) Richelet parle ainsi de sa maison : « Patru se retira dans le plus beau quartier du faubourg Saint-Marcel, en une petite maison assez agréable, qui avoit un jardin, une basse-cour et toutes les commoditez des charmants réduits de la campagne. » Les plus belles Lettres françoises, édit. de 1708, in-12, 1re part., p. 57.

1643. Claude Bazin, sieur de Bezons, conseiller d’Estat[158], près les Capucins du Marais[159].

[158] Il avoit été avocat général au grand Conseil, et s’y étoit fait, « parlant éloquemment et fortement en toutes rencontres », comme dit Chapelain, les seuls titres qu’il eût à être de l’Académie. Il y remplaça Séguier en 1643, et, lorsqu’il mourut, le 20 mars 1684, à 67 ans, il eut Boileau pour successeur. — Son fauteuil, le 7e, est occupé par M. Émile Augier.

[159] Leur couvent, construit en 1622 et supprimé en 1790, se trouvoit à l’angle des rues d’Orléans et du Perche, où l’église, bâtie sur l’emplacement d’un jeu de paume, existe encore sous l’invocation de saint François d’Assise.

1647. Pierre Corneille, cy-devant Advocat General à la Table de Marbre de Normandie, rue de Clery[160].

[160] Nous nous contenterons de dire que P. Corneille ne fut pas de l’Académie tant que vécut Richelieu, qui lui gardoit rancune du Cid. Six places s’étoient successivement trouvées vacantes : il ne lui en laissa prendre aucune, sous prétexte qu’il habitoit Rouen. A ce compte, Esprit, qui habitoit beaucoup plus loin, à Béziers, aurait dû encore en être moins, et il en fut pourtant. En 1647 seulement, sous Mazarin, Corneille fut élu à la place de Maynard. — Nous ne dirons rien sur l’adresse qui lui est donnée ici : rue de Cléry. Nous en avons parlé longuement, à propos de son dernier logis rue d’Argenteuil, dans notre Histoire de la Butte des Moulins, p. 263. — Par le plus ingénieux et le plus sensé des hasards, il se trouve qu’aujourd’hui le fauteuil de P. Corneille, le 9e de l’Académie, est celui de M. Victor Hugo.

1649. François de Mezeray, conseiller du Roy, Historiographe de France[161], rue Mont-Orgueil, vis-à-vis la rüe Beaurepaire[162].

[161] On aurait dû ajouter — mais ce n’étoit pas l’usage — secrétaire perpétuel. Il l’étoit alors depuis un an, à la place de Conrart. Comme académicien, il avoit succédé à Voiture en 1649, et il fut remplacé lui-même, en 1685, par l’avocat Barbier d’Aucourt. — Son fauteuil, le 12e, est occupé par M. Jules Favre.

[162] Son testament, signé le 11 juillet 1683, est daté de cette adresse, mais avec la simple indication : « rue Montorgueil ».

1650. Jean Dovjat, Docteur Regent, et premier Professeur du Roy en Droit Canon, Conseiller et Historiographe de Sa Majesté[163], rue St Iean de Beauvais[164].

[163] Il avoit succédé au continuateur de l’Astrée, Baro, dont, par la date donnée ici pour l’entrée de Doujat à l’Académie, on connoît approximativement l’époque de la mort, restée autrement assez problématique. (Pellisson, Hist. de l’Acad. franç., édit. Livet, t. I, p. 238.) Doujat eut pour successeur l’abbé Renaudot, en 1689. — Son fauteuil, le 15e, vient d’échoir à M. Henri Martin, par suite de la mort de M. Thiers.

[164] Son titre de professeur en droit canon lui permettoit d’y habiter les Écoles de droit, dont la principale entrée étoit dans cette rue. V. plus haut, t. I, p. 33.

1651. François Charpentier[165], rue de la Verrerie[166].

[165] C’est surtout comme traducteur qu’on le reçut, en 1651, de l’Académie ; il travailla aussi à la rédaction des Voyages de Chardin. — Il occupoit le 16e fauteuil, où il avoit remplacé J. Baudoin, et que l’évêque de Senlis, Chamillard, eut après lui, en 1702. C’est aujourd’hui celui de M. le duc de Broglie.

[166] Il avoit d’abord habité près du Louvre une maison, dont il étoit le propriétaire, mais qu’il avoit dû quitter. Le roi se l’étant réservé « pour le grand dessein du Louvre », Charpentier n’avoit pas eu le droit d’y faire les réparations nécessaires, et c’est pour n’y pas être écrasé sous les ruines que force lui avoit été d’en partir avec tous ses locataires.

François Tallemant, conseiller du Roy, et Premier Aumosnier de Madame, abbé de Val-Chrestien, et prieur de S. Irenée, rue Sainte-Anne, proche celle de la Sourdière[167].

[167] Frère cadet de Tallemant des Réaux. Il est fameux par le vers que sa traduction de Plutarque lui valut de la part de Boileau, et auquel un académicien du même nom et de la même famille, l’abbé Paul Tallemant, qu’on trouvera plus loin, riposta par une lettre très digne, très spirituelle, mais trop peu connue. Elle se trouve dans l’édit. du Racine in-8o de 1768, t. VII, p. 254. Il avoit succédé, en 1669, à J. de Montreuil, et il eut pour successeur, en 1693, Simon de Laloubère. — Son fauteuil, le 13e, est aujourd’hui celui de M. le duc d’Audiffret-Pasquier.

1652. Armand de Cambout, duc de Coaslin, Pair de France, Lieutenant General pour le Roy en Basse-Bretagne, Mestre de Camp General de la Cavalerie Legere, rue des Deux-Portes, près de la rue Mont-Orgueil[168].

[168] Petit-fils de Séguier par sa mère, il avoit été, lorsqu’il remplaça L’Estoille, en 1652, académicien de naissance pour ainsi dire. Son fils et son petit-fils, qui, l’un après l’autre, lui succédèrent, le furent de même. Chapelain, lui cherchant des titres, ne trouva qu’une harangue « courte et bonne » qu’il avoit faite, comme président, aux États de Bretagne : « Du reste, ajoute-t-il, il se pique plus de guerre que d’écriture. » — Son fauteuil, le 17e, est occupé par M. Hippolyte Taine.

1653. Paul Pellisson Fontanier, conseiller du Roy en ses Conseils, maistre des Requestes ordinaire de son Hostel[169], maison abbatiale de S. Germain des Prez[170].

[169] On connoît assez Pellisson pour que nous n’ayons pas à parler de lui. Il ajoutoit à son nom celui de Fontanier, qui étoit celui de sa mère, pour se distinguer de son frère aîné Georges. Il avoit en 1653 remplacé Porchères Laugier, et il eut en 1693 Fénelon pour successeur. — Son fauteuil, le 20e, est maintenant celui de M. Dufaure.

[170] C’est comme administrateur de l’économat de l’abbaye qu’il habitoit « cette maison abbatiale », dont on peut voir encore la façade presque intacte au bout de la rue Furstemberg. V. plus haut, t. I, p. 23.

1654. Paul-Philippes de Chavmont, Evesque de Dax[171].

[171] On disoit alors plus communément évêque d’Acqs. Cet évêché de Dax fut supprimé en 1802. Chaumont l’occupa de 1671 à 1684, puis s’en démit. Étoit-ce pour être plus assidu à l’Académie ? Il y avoit, en 1654, remplacé Sérizay, et le président Cousin l’y remplaça en 1697 : « La nécessité de ses fonctions, dit-il de son prédécesseur, le priva pendant quelque temps des avantages de votre société. » Son fauteuil, le 18e, est occupé par M. le comte de Falloux.

1656. Charles Cotin, abbé de Mont-Fronchel, chanoine de Bayeux, rüe Simon-le-Franc[172].

[172] Une des plus fameuses victimes de Boileau et de Molière. L’abbé d’Olivet croyoit qu’il n’avoit été qu’un an chanoine de Bayeux : nommé en 1650, il auroit l’année d’après, « ne voulant pas résider à Bayeux », résigné son canonicat. On voit que c’est une erreur puisque, seize ans après, notre liste le lui attribue encore. Cotin avait, en 1655, succédé à Habert de Cérizy ; en janvier 1682, il eut l’abbé de Dangeau pour successeur. — Son fauteuil, le 21e, est aujourd’hui celui de M. Charles Blanc.

1657. César d’Estrées[173], Cardinal Evesque et Duc de Laon, Pair de France, rüe Barbeth[174].

[173] Il n’eut de titres à l’Académie que comme homme d’État. Il en fut pendant cinquante-six ans : depuis 1658, époque où il succéda à Du Ryer, jusqu’en 1714. Son neveu le maréchal d’Estrées le remplaça. C’est au cardinal d’Estrées que l’Académie française dut ses fauteuils, dont un existe encore chez M. Camille Doucet, secrétaire perpétuel. (V. notre Histoire du Louvre dans Paris à travers les âges.) — Il occupoit le 18e, échu aujourd’hui à M. V. Sardou.

[174] Lisez Barbette. L’hôtel d’Estrées, qui fut depuis l’hôtel de Corberon, puis une succursale de l’école de Saint-Denis, s’y trouvoit à l’extrémité à gauche, du côté de la rue des Trois-Pavillons. On l’a démoli sous le second empire.

1658. Iean-Iacques Renoüard, sieur de Villayer, Conseiller d’Estat ordinaire[175], rüe Chapon.

[175] Il avoit remplacé Servien, et il eut pour successeur Fontenelle, en 1691. Il n’étoit pas conseiller d’état ordinaire, comme il est dit ici, mais par semestre. — Son fauteuil, le 22e, est occupé par M. Caro.

1661. Iacques Cassaigne, Docteur en Theologie, Prieur de S. Estienne, rüe d’Orléans[176].

[176] C’est le prédicateur dont s’est tant moqué Boileau. N’ayant guère que vingt-sept ans, il avoit, au commencement de 1662, succédé à Saint-Amant. Il mourut en 1679, et fut remplacé par M. de Crécy. L’évêque de Luçon, Nic. Colbert, lui avoit délégué sa charge de gardien de la Bibliothèque du roi. — Il occupoit le 24e fauteuil, celui de M. d’Haussonville aujourd’hui.

1662. Antoine Fvretiere, abbé de Chalivoy et Prieur de Chuisnes, rüe de Savoye[177].

[177] Il avoit, en 1662, succédé à Boissat. La fameuse affaire du Dictionnaire, qu’il recommençoit sur un plan nouveau, pendant que l’Académie, privilégiée pour ce travail, le continuoit sans s’être assez tôt défiée de ce que nous appellerions une concurrence déloyale, le fit exclure le 27 janvier 1685. On ne lui donna toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1688 ; ce fut La Chapelle. — Son fauteuil, le 25e, est occupé par M. X. Marmier.

Iean Regnaud de Segrais[178], rüe de Vaugirard, vers le Calvaire[179].

[178] Successeur de Boisrobert, en 1662, il fut remplacé en 1701 par Campistron. — Son fauteuil, le 26e, est occupé par M. de Viel-Castel.

[179] Il y logeoit chez Mme de La Fayette, qui l’avoit recueilli lorsqu’il eut quitté le Luxembourg, où il étoit gentilhomme de Mademoiselle, et qui le fit travailler à son roman de Zayde. Le couvent du Calvaire n’existe plus depuis 1790. L’église, après avoir servi de remise, a été absorbée par le palais du Sénat. Le cloître est devenu une serre.

Michel le Clerc, advocat en Parlement, Place Royale[180].

[180] Il n’est plus connu que par l’épigramme que fit Racine contre son Iphigénie, tragédie à laquelle Boyer, qu’on trouvera plus loin, collabora. Le Clerc avoit, en 1662, remplacé Priezac, et il eut pour successeur Toureil, en 1692. — Son fauteuil, le 5e, est aujourd’hui celui du savant chimiste, M. J. B. Dumas.

1663. François de Beauvilliers, duc de Saint-Agnan, Pair de France, Premier Gentilhomme de la Chambre du Roy, Gouverneur du Havre de Grace, chevalier des Ordres de Sa Majesté[181], près de la Grande Escurie[182].

[181] Reçu en 1663 à la place de La Mesnardière, il fut, en 1697, remplacé par l’abbé de Choisy. En qualité de bel esprit de la cour, il protégeoit volontiers ceux de la ville. Molière entre autres s’en étoit bien trouvé. — Son fauteuil étoit le 11e, occupé maintenant par M. Littré.

[182] Il logeoit au pavillon Marsan, près duquel la grande écurie s’étendoit jusqu’aux environs de la rue Saint-Honoré.

1665. Roger de Rabutin, comte de Bussy, Lieutenant General des Armées du Roy[183].

[183] Il avoit en 1665 succédé à Perrot d’Ablancourt, et il eut pour successeur, en 1693, Paul Bignon. Disgracié, comme on sait, pour son Histoire amoureuse des Gaules, il habitoit sa terre de Chaseu en Bourgogne. — Son fauteuil, le 2e, est à présent celui de M. Mignet.

Iacques Testu, abbé de Belval[184], à la Place Royale[185].

[184] Bautru de Serrant l’avoit précédé sur le fauteuil qu’il occupoit, et le marquis de Saint-Aulaire l’y remplaça en 1706. — C’est le 27e, que la mort de M. de Sacy vient de laisser vacant.

[185] La duchesse de Richelieu, qui l’avoit en grande amitié, l’y logeoit dans son hôtel.

1666. Paul Tallemant, Prieur de S. Albin, rüe de Clery[186].

[186] C’est lui dont nous avons cité plus haut, à propos de son parent François Tallemant, une si verte réplique à Boileau. Successeur de Gombaud, en 1666, à vingt-trois ans, il fut remplacé en 1712 par Danchet. — Son fauteuil, le 29e est vacant en ce moment par suite de la mort de M. Saint-René Taillandier.

Claude Boyer[187], rüe de Clery[188].

[187] Autre victime de Boileau et de Racine. Il avoit eu pour prédécesseur Giry, en 1665, et il eut pour successeur l’abbé Genest, en 1698. Il étoit du Languedoc comme Leclerc, avec lequel il collaboroit non-seulement pour des tragédies, mais aussi pour des lettres politiques sur les affaires du temps, qui les firent plus d’une fois inquiéter (Corresp. administ. de Louis XIV, t. II, p. 555). — Le fauteuil de Claude Boyer, le 28e, est occupé par M. D. Nisard.

[188] Paul Tallemant, qui l’avoit défendu, en même temps que son parent, dans la lettre que nous rappelions tout à l’heure, l’avoit en grande estime et le logeoit chez lui, rue de Cléry : « Vous sçavez, dit-il à Boileau, qu’il a toujours demeuré et est mort dans notre maison, maison assez aimée des gens de lettres. »

Iean-Baptiste Colbert, conseiller du Roy en tous ses Conseils, secretaire d’Estat, Grand Tresorier des Ordres du Roy, Controlleur General des Finances, Surintendant et Ordonnateur General des Bastiments du Roy, Arts et Manufactures de France[189], rüe neuve des Petits Champs[190].

[189] C’est le grand ministre qui, par conséquent, n’aura pas beaucoup à nous occuper ici. L’Académie l’avoit reçu, en 1660, à la place de Silhon. Il n’y vint guère, aimant mieux, à l’occasion, faire venir les académiciens chez lui, à Sceaux (Mercure, oct. 1677). Il eut, en 1684, La Fontaine pour successeur. — Son fauteuil, le 30e, est aujourd’hui celui de M. Duvergier de Hauranne.

[190] Son hôtel y est remplacé par deux passages, dont l’un en a pris le nom de « passage Colbert ».

1667. Philippes de Courcillon marquis de Dangeav, Gouverneur de Touraine, et Colonel du Regiment d’Infanterie du Roy[191], rüe S. Honoré[192].

[191] L’auteur du fameux Journal du grand règne. Il était de l’Académie depuis longtemps lorsqu’il le commença. Sa réception, comme successeur de Scudéry, date, comme on le voit ici, de 1667 ; lorsqu’il mourut, en 1720, cédant la place au duc de Richelieu, il étoit doyen. — Son fauteuil, le 14e, est aujourd’hui celui de M. Camille Doucet.

[192] Il y logeoit dans la partie qui dépendoit de Saint-Eustache. C’est en effet à cette église qu’il s’étoit marié le 7 mai 1670. Il eut plus tard son hôtel à la place Royale.

1670. François Seraphin Regnier des Marais[193], Prieur commendataire de Grandmont[194], Académicien de la Crusca[195], à l’Hostel de Crequy[196].

[193] Il étoit académicien depuis six ans, ayant été élu en 1670 pour le fauteuil laissé vacant par Cureau de la Chambre. Il fut nommé en 1684 secrétaire perpétuel, à la place de Mézeray, et mourut en 1713. La Monnoie lui succéda. V. plus bas, p. 301. — Son fauteuil, le 31e, est occupé par M. Ernest Legouvé.

[194] Le roi lui avoit donné ce riche prieuré, lorsqu’il ne demandoit qu’une pension, et c’est ainsi qu’il fut abbé sans l’avoir voulu, mais sans le regretter.

[195] Il avoit, dit-on, plus de talent en italien qu’en françois : « S’il réussit, écrit d’Alembert, à faire passer un de ses sonnets pour être de Pétrarque, il n’eût pas fait passer ses vers françois sous le nom d’un grand poète. » Éloges des Académiciens, t. III, p. 205.

[196] Le duc de Créqui, dont il avoit été le secrétaire pendant son ambassade à Rome, le logeoit chez lui. Son hôtel, auparavant hôtel Mazarin, se trouvoit, quai Malaquais, sur l’emplacement occupé aujourd’hui par une partie de l’école des Beaux-Arts. Il a été démoli en avril 1845.

Pierre Cureau de la Chambre, Docteur en Theologie[197], Curé de S. Barthelemy[198].

[197] Son père, médecin célèbre, avoit été de l’Académie. C’est ce qui lui en ouvrit les portes en 1669, à la mort de Racan. La Bruyère lui succéda en 1693. — Il occupoit le 14e fauteuil, celui de M. Auguste Barbier aujourd’hui.

[198] Il y fut d’un zèle de charité admirable. Pendant le rude hiver de 1693, il vendit tout pour secourir ses paroissiens décimés par le froid et la contagion : « il ne lui restoit plus, dit l’abbé d’Olivet, qu’à donner sa vie. » La contagion la lui prit. Il mourut le 15 avril suivant.

Philippes Qvinavlt, auditeur des Comptes[199], rüe neuve S. Médéric[200].

[199] L’auteur bien connu des opéras que la dévotion lui fit renier à la fin de sa vie. Son mariage avec la riche veuve Mme Bonnet, qui lui apporta cent mille écus, lui avoit permis d’acheter une charge d’auditeur des comptes.

[200] Il étoit né rue Grenelle-St-Honoré où, comme on sait, son père étoit boulanger. Il se maria rue de la Grande-Truanderie, logea quelque temps où nous le voyons ici, rue Neuve-Saint-Merry, et s’établit enfin à l’île Saint-Louis où il mourut en 1688. Fr. de Caillières lui succéda à l’Académie, où il avoit lui-même remplacé Salomon en 1670. — Son fauteuil, qui porte le no 1, est aujourd’hui occupé par M. Ernest Renan.

1671. François de Harlay de Chanvallon, archevesque de Paris, duc et Pair de France, etc.[201].

[201] Fait académicien en 1671, il avoit eu pour prédécesseur Hardouin de Péréfixe, comme lui archevêque de Paris. Son successeur fut le savant Dacier, en 1691. — Il occupoit le 19e fauteuil, celui de M. John Lemoine aujourd’hui.

1672. I. Benigne Bossvet, Evesque de Condom, Precepteur de Monseigneur le Dauphin[202].

[202] Il ne fut de l’Académie, à quarante-cinq ans, que lorsque sa nomination comme précepteur du Dauphin lui permit de quitter Condom, et d’habiter Versailles. Successeur de Hay de Chambon, en 1672, il fut remplacé en 1704 par le cardinal de Polignac. — Son fauteuil, le 33e, est occupé par M. Camille Rousset.

Charles Perravlt, Controlleur General des Bastiments du Roy[203], rüe Neuve des bons Enfans[204].

[203] C’est l’auteur des Contes des fées. La protection de Colbert le fit entrer en 1671 à l’Académie où il avoit eu Fr. de Montigny pour prédécesseur. Le cardinal de Rohan lui succéda en 1704. Il occupoit le 24e fauteuil, celui de M. Mézières en ce moment.

[204] Il y logeoit dans les dépendances du Palais-Royal, qu’il quitta, lorsque Colbert l’eut disgracié, pour aller habiter une maison à lui dans le faubourg Saint-Jacques.

1673. Esprit Flechier, abbé de Severin[205], rüe S. Thomas à l’hostel de Rambouillet[206].

[205] Il eut pour prédécesseur Godeau, qu’il remplaça en 1673 ; et pour successeur H. de Nesmond, en 1710. L’abbaye de Séverin n’étoit pas son seul bénéfice, il eut aussi celle de Baignes, et le prieuré de Peyrat. — Son fauteuil, le 34e, est occupé par M. V. de Laprade.

[206] Il y logeoit chez Montausier, qui se l’étoit attaché comme « homme de lettres ». Il y étoit déjà venu auparavant du temps de Mme de Rambouillet, la célèbre Arthénice ; et c’est comme hôte du Salon bleu, où il étoit connu sous le nom de Damon, qu’il avoit pu si bien dire, en 1671, dans l’oraison funèbre de Julie d’Angennes, duchesse de Montausier : « Souvenez-vous de ces cabinets que l’on regarde encore avec tant de vénération, où l’esprit se purifioit… où se rendoient tant de personnes de qualité et de mérite. »

Iean Racine[207], Trésorier de France à Moulins[208], à l’Hostel des Ursins[209].

[207] Lorsqu’il fut nommé en 1673 à la place de La Mothe Le Vayer, il étoit au plus fort de ses succès de théâtre. Valincourt, qui avoit été de ses meilleurs amis, lui succéda en 1699. — Son fauteuil est le 4e, le même qui est occupé maintenant par M. Octave Feuillet.

[208] On ne sait pas au juste à quelle date Racine eut cette charge, qui fut pour lui la plus absolue des sinécures. On le dispensa même, comme académicien et historiographe du roi, d’en aller prendre possession. (Lettres de Colbert, t. V, p. 524.)

[209] Il y logeoit déjà en 1668, quand furent joués les Plaideurs. V. plus haut, t. I, p, 95, note, et Hist. de l’Académie, édit. Ch. Livet, t. II, p. 333. Quand il se maria, le 1er juin 1677, il y logeoit encore, car il est donné sur l’acte comme habitant la paroisse Saint-Landry, qui étoit celle de l’hôtel des Ursins. Il alla demeurer peu après rue Saint-André-des-Arts, au coin de la rue de l’Éperon.

Iean Gallois, abbé de S. Martin de Cores[210], rüe Vivien[211].

[210] Académicien, comme Perrault, de la façon de Colbert, il fut élu, en 1673, à la place de Bourzeis ; l’abbé Mongin lui succéda en 1708. L’abbaye de Saint-Martin des Cores, dont il étoit pourvu, se trouvoit au diocèse d’Autun. On a vu plus haut, t. I, p. 142, note, qu’il avoit travaillé au Journal des savants. Ajoutons qu’il aida au rétablissement de l’Académie des sciences, dont il fut dès lors le secrétaire. — Son fauteuil à l’Académie françoise étoit le 35e, occupé aujourd’hui par M. Gaston Boissier.

[211] Premier nom de la rue Vivienne, qui le devoit à Louis Vivien, seigneur de la Grange-Batelière, dont la censive s’étendoit jusque-là. L’abbé Gallois y logeoit dans une dépendance de l’hôtel Colbert, pour laquelle la rue qui mit en communication les rues Vivien et de Richelieu fut percée peu après, derrière l’hôtel Mazarin, devenu hôtel de Nevers : « On va faire, lisons-nous sous la date du 13 avril 1682, dans les Lettres hist. et anecd. ms. de la Biblioth. nat., une nouvelle rue auprès de la maison de M. Colbert et derrière l’hôtel de Nevers, qui portera le nom de : La rue Colbert. »

1674. Isaac de Benserade[212], au Palais Royal[213].

[212] Il avoit succédé à Chapelain, en 1674, et eut pour successeur Pavillon, en 1691. Il occupoit le 37e fauteuil, qui est à présent celui de M. Émile Ollivier.

[213] Il y mourut le 20 oct. 1691. Il avoit d’abord habité au quartier des Écoles, dans la rue Fromentelle ; puis, vers 1651, rue des Bons-Enfants, chez Mme de La Roche-Guyon qui l’aimoit fort ; ensuite aux Tuileries, comme le prouvent ses vers : Plaintes du cheval Pégase aux chevaux de la petite écurie qui le veulent desloger de son galetas des Tuileries ; et enfin au Palais-Royal, qu’il ne quittoit, l’été, que pour sa maison d’Arcueil, dont Adam Parelle a dessiné et gravé « le berceau de feuillage ».

Pierre Daniel Hvet, Sous-Precepteur de Monseigneur le Dauphin[214], rüe neuve des Petits Champs[215].

[214] Il avoit remplacé Gomberville en 1674, et le fut lui-même par Boivin en 1721. Nous le retrouverons sur la liste suivante. — Son fauteuil, le 36e, est aujourd’hui celui de Mgr le duc d’Aumale.

[215] Il y logeoit chez un charpentier, vis-à-vis le marché aux chevaux. (V. notre Hist. de la butte des Moulins, p. 104.)

1675. Toussaints Rose, secretaire du Cabinet, à l’Hostel de Fleury, rue des Bourdonnois[216].

[216] C’est lui qui avoit « la plume », et qui devoit imiter, comme tel, l’écriture du roi à s’y méprendre. Ses fonctions consistoient ainsi à faire légalement des faux. Il avoit succédé à Conrart en 1675, et il fut remplacé par Sacy en 1701. — Il occupoit le 38e fauteuil, occupé maintenant par M. A. Dumas fils.

Geraud de Cordemoy, lecteur de Monseigneur le Dauphin, rüe Beaubourg[217].

[217] Il avoit remplacé Ballesdens en 1675, et il le fut en 1685 par Bergeret. V. sur ses ouvrages, t. I, p. 189, 203. — Son fauteuil, le 10e, est occupé par M. Jules Simon.

[Chez Pierre Le Petit, imprimeur ordinaire du Roy et de l’Académie, rue Saint Jacques, à la Croix d’or[218].]

[218] Dans la parodie paraphrasée en vers, que fit Benserade, en 1684, de la Liste de messieurs de l’Académie pour cette année-là, pièce des plus curieuses, citée par d’Olivet, mais publiée seulement de nos jours par le journal l’Intermédiaire, 15 juin 1864, p. 110, on trouve à la fin cette mention sur l’Imprimeur des Quarante :

Le Petit, leur imprimeur,

Triste, est de mauvaise humeur

Contre le Dictionnaire,

Qui, ne s’en émouvant pas,

Suit toujours du même pas,

Et va son train ordinaire.

Le Petit mourut en 1687, Coignard le remplaça. V. plus haut, t. I, p. 189.

LISTE[219]
DE L’ACADÉMIE FRANÇOISE.

[219] Cette liste est imprimée sur un placard in-fol. à deux colonnes. V. plus haut, p. [275].

Le Roy, protecteur.
(1705.)

Messieurs

1656. Cesar, cardinal d’Estrées[220], commandeur de l’ordre du St Esprit, doyen de l’Académie françoise[221], à l’abbaye de S. Germain des Prez[222].

[220] V. la liste précédente, p. [280]-281.

[221] D’Alembert dit de l’Académie, à propos du cardinal d’Estrées : « Elle eut le bonheur de le posséder près de soixante ans, et de le voir longtemps à sa tête en qualité de doyen ; et quand elle le perdit, elle le pleura comme si elle venoit à peine de l’acquérir. » Hist. des membres de l’Acad. franç. morts depuis 1700, etc., t. III, p. 316.

[222] Louis XIV lui avoit donné ce magnifique bénéfice lorsque les intrigues de la princesse des Ursins l’eurent forcé de quitter l’ambassade d’Espagne. Il mourut à l’abbaye. C’est à sa tolérance que les petits théâtres et les bateleurs avoient dû de pouvoir s’établir sur le préau de la foire Saint-Germain, tant qu’elle duroit. Il les avoit même soutenus contre les comédiens qui, s’autorisant de leur privilège, vouloient les faire déguerpir. (L’abbé de la Tour, Réflexions morales… sur le théâtre, 1762, in-12, t. I, p. 35-36.)

1665. Jacques Testu, abbé de Belval, et prieur de St Denys de la Chartre, rue des Lions[223].

[223] V. la liste précédente, p. [282].

1666. Paul Tallemant, intendant des devises et inscriptions des Edifices royaux[224], prieur d’Ambierle et de Saint Albin[225], rue Ste Anne.

[224] Il étoit, sous ce titre, qu’il devoit à Colbert, secrétaire de l’Académie des inscriptions.

[225] C’est encore à Colbert qu’il devoit ces bénéfices « assez considérables », dit d’Alembert.

1667. Philippe de Courcillon, marquis de Dangeau, gouverneur de Touraine, conseiller d’Estat ordinaire, et grand maistre des Ordres royaux et militaires de Nostre-Dame du Mont Carmel et de St Lazarre de Jérusalem, chevalier des Ordres du Roy, chevalier d’honneur de Madame la duchesse de Bourgogne[226], place Royale[227].

[226] V. la liste précédente, p. [284].

[227] Il y avoit acheté le pavillon que l’intendant général des postes, M. de Nouveau, avoit fait décorer par Le Brun et Le Sueur. Celui-ci avoit peint deux tableaux et deux plafonds, l’autre un plafond. (Mém. inéd. sur l’Acad. de peinture, t. I, p. 12 et 158.) La perspective peinte sur un des murs du jardin étoit de Jacques Rousseau, à qui l’on ne l’avoit pas payée moins de 4000 liv. en 1679. (Manette, Abecedario, t. V, p. 53.) Lorsque Monseigneur venoit à Paris, il descendoit volontiers à la place Royale, chez Dangeau. V. le Journal de celui-ci, t. II, p. 308.

1670. François Séraphin Régnier Desmarets, abbé de Saint Laon de Thouars, prieur de Grand-Mont près Chinon, académicien de la Crusca, et Secrétaire perpétuel de l’Académie françoise. A l’Hostel de Créquy sur le quay Malaquest[228].

[228] V. la liste précédente, p. [284], et plus bas, p. [301].

1673. Esprit Fléchier[229], Evesque de Nismes[230].

[229] V. la liste précédente, p. [286].

[230] Après avoir été pendant deux ans évêque de Lavaur, le roi l’avoit nommé à l’évêché de Nîmes, poste difficile depuis la révocation de l’Édit, mais qui le fut moins lorsque Fléchier eut consenti au démembrement qui permit la création d’un évêché dans les Cévennes, celui d’Alais.

Jean Galloys, ancien abbé de St Martin de Cores[231], rue Fromentelle derrière le Collège Royal[232].

[231] V. la liste précédente, p. [287].

[232] C’étoit bien loin de la rue Vivien, où nous l’avons vu en 1676 ; mais après la mort de Colbert, devenu professeur de grec, puis inspecteur au collège Royal, il avoit dû déménager jusque là. Il y mourut le 19 avril 1707, à soixante-quinze ans.

1674. Pierre Daniel Huet[233], ancien Evesque d’Avranches[234], à la Maison professe des Jésuites, rue St Antoine[235].

[233] V. la liste précédente, p. [287].

[234] Nommé à l’évêché de Soissons, en 1685, il l’échangea avec M. de Sillery pour celui d’Avranches, dont il se démit après l’avoir occupé dix ans.

[235] En 1691, il leur avoit légué sa bibliothèque et s’étoit ainsi créé des droits à devenir leur hôte. Malheureusement, le don qu’il leur avoit fait fut détruit en grande partie deux ans après, lorsqu’il étoit encore à Avranches, par l’écroulement de la maison qu’il louoit à Paris depuis douze ans, pour que sa bibliothèque y fût en dépôt : « la maison qui la renfermoit, écrit d’Alembert, t. III, p. 475, étoit placée au faubourg Saint-Jacques sur des carrières qui s’entrouvrirent. » V. à ce sujet une pièce de Santeul dans ses Poemata.

1678. Pierre Nicolas Colbert, archevesque de Rouen[236], à l’hostel Colbert, rue Neuve des Petits Champs[237].

[236] Fils du grand ministre, il avoit dû à l’influence de son père d’être nommé de l’Académie en 1678, à la place de Jacques Esprit, lorsqu’il n’avoit encore que vingt-quatre ans. C’est Racine qui le reçut, et d’Alembert pense, avec raison, je crois, qu’il fit les deux discours.

[237] C’est l’hôtel de son père. Il y possédoit une bibliothèque du meilleur choix, quoique très nombreuse. Santeul en a fait l’éloge dans ses Poemata. Nicolas Colbert eut l’abbé Fraguier pour successeur à l’Académie, en 1708.

1679. Louis Verjus, comte de Crécy, conseiller du Roy en ses conseils, rue de Richelieu[238].

[238] Il fut reçu de l’Académie en 1679, n’ayant de titres que ses ambassades. En 1710, Ant. de Mesmes lui succéda.

1682. Louis de Courcillon de Dangeau[239], abbé de Fontaine Daniel[240], place Royale[241].

[239] Frère du marquis, nommé plus haut, p. 284, 290. Il remplaça l’abbé Cotin, en 1682, et fut remplacé lui-même par le comte Fleuriau de Morville, en 1723.

[240] C’étoit un bénéfice simple, l’abbé n’en ayant pas voulu d’autre, afin de pouvoir mieux s’occuper des lettres.

[241] Il y logeoit dans l’hôtel de son frère, où il tenoit tous les mardis des conférences littéraires et grammaticales, dont il a été parlé plus haut, t. I, p. 128, note 2.

1684. Nicolas Boyleau Despréaux[242], cloistre Notre Dame[243].

[242] Le satirique s’étoit fait trop d’ennemis pour arriver de bonne heure à l’Académie. Lorsque tant d’autres étoient reçus de vingt-cinq à trente ans, il ne le fut, lui, qu’à plus de quarante-huit ; encore fallut-il presque un ordre du Roi. Il remplaça Bazin de Bezons, en 1684, et eut pour successeur, en 1711, le maréchal d’Estrées.

[243] Il y habitoit depuis longtemps, mais en 1699 il y avoit pris, derrière Notre-Dame, à la pointe de l’Ile, un autre logement que celui qu’il avoit occupé d’abord : « il est, écrit son ami Vuillart, le 9 juillet, occupé d’un déménagement. Il quitte le logis du cloître Notre-Dame, où il étoit près du puits, pour un autre qui a vue sur le jardin du Terrain. » C’est là qu’il mourut.

1685. Thomas Corneille[244], rue St Hyacinthe, près les Jacobins de la rue St Honoré[245].

[244] On sait qu’il avoit succédé à son illustre frère au commencement de 1685. La Mothe le remplaça en 1710.

[245] C’est bien l’adresse que lui donne le président Hénault, Mémoires, p. 181. Parlant de Fontenelle, son neveu, il dit : « Il vint à Paris pour la première fois en 1687. Il demeura d’abord chez Thomas Corneille, son oncle et son parrain, cul de sac des Jacobins. »

1686. François Timoléon de Choisy, prieur de St Lo de Rouen[246], au Luxembourg[247].

[246] Il avoit en 1687 été reçu à la place du duc de Saint-Aignan. Il mourut en 1724, doyen de l’Académie où Portail le remplaça.

[247] Il y avoit été élevé chez son père, chancelier de Gaston d’Orléans, et il y revint passer ses dernières années dans un appartement voisin de celui qu’habitoit, dans ce grand palais alors sans maître, madame de Caylus. V. G. Desnoiresterres, Épicuriens et lettrés, 1879, in-18, p. 171.

1688. Jean Testu de Mauroy, abbé de Fontaine Jean et de St Chéron, prieur de Dampmartin, ancien aumosnier ordinaire de Madame, au Palais-Royal[248].

[248] Instituteur des filles de Monsieur, qui le logeoit au Palais-Royal. Il ne fut académicien, en 1688, que par la protection du prince qui, lorsque sa recommandation, d’ailleurs fort peu pressante, l’eut fait nommer, fut le premier à en être surpris. Il remplaça Jacques de Mesmes et eut pour successeur, en 1706, l’abbé de Louvois.

Jean de la Chappelle, conseiller du Roy, receveur général des finances de la Généralité de la Rochelle, rue du Grand Chantier au Marais[249].

[249] Quelques tragédies et une farce, les Carrosses d’Orléans, firent beaucoup moins pour sa réception, en 1688, à la place de Furetière, que son titre de secrétaire des commandements du prince de Conti. Il fit aussi une sorte de roman, les Amours de Catulle, dont se souvenoit La Bruyère lorsque, parlant de lui et du jeune prince, il dit : « Catulle et son élève… » Caractères, édit. Walckn., t. I, p. 504. — La Chapelle eut pour successeur, en 1723, l’abbé d’Olivet.

1689. François de Callières, seigneur de la Rochechellay et de Gigny, conseiller ordinaire du Roy en ses conseils, secrétaire du Cabinet de Sa Majesté[250], rue de Cléry[251].

[250] Comme le comte de Crecy qu’on a trouvé plus haut, p. 292, il étoit arrivé à l’Académie, en 1689, à la place de Quinault, par ses services d’ambassadeur. Le cardinal de Fleury le remplaça en 1717.

[251] Il y occupoit, comme l’abbé Tallemant, Pavillon, et plusieurs autres, un de ces nouveaux hôtels qu’on appeloit des « Cléry », et qui mirent, à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe ce quartier à la mode. Il acheta, en 1709, à Jacques Paget, moyennant 60,000 livres, une maison de la rue Neuve-Saint-Augustin, dont il disposa, en faveur de l’Hôtel-Dieu de Paris, par un legs, déjà mentionné plus haut, t. I, p. 113, note 1. — V. aussi Inventaire des archives hospitalières, Hôtel-Dieu, t. I, p. 79.

Eusèbe Renaudot, prieur de Fossey[252], rue de Richelieu[253].

[252] Il étoit l’aîné des quatorze enfants de Théophraste Renaudot, créateur de la Gazette. Ses écrits ecclésiastiques le firent admettre en 1689, à la place de Doujat. L’abbé Roquette fut son successeur en 1720.

[253] Au coin de la rue Neuve-Saint-Augustin. On voit en effet par le testament de Callières, rappelé tout à l’heure, que sa maison située dans cette rue touchoit à celle de l’abbé Renaudot.

1691. Bernard de Fontenelle, secrétaire de l’Académie des sciences[254], au Palais-Royal[255].

[254] Reçu en 1691, à la place de Villayer, il mourut doyen de l’Académie en 1757, et eut A. L. Séguier pour successeur.

[255] Il avoit d’abord, comme on l’a vu plus haut, p. [293], habité chez son oncle Th. Corneille, puis chez son ami M. des Haguais. Le duc de Chartres, devenu duc d’Orléans en 1701, le logea au Palais-Royal, « dans un galetas », comme il disoit lui-même, pour le dispenser de lui en avoir de la reconnaissance. En 1730, il dut en partir, la dévotion du nouveau duc d’Orléans ne s’accommodant pas de sa philosophie, ce qui fit dire dans une épigramme :

Puis le vieux normand parasite,

D’athéisme monstre infernal,

Délogé du Palais-Royal

Depuis que la vertu l’habite.

Fontenelle prit alors un appartement, rue du Faubourg-St-Honoré, près de l’Assomption, où il mourut le 9 janvier 1757, et dont on peut voir la description dans les Annonces affiches de 1758, p. 41-42.

Estienne Pavillon[256], ci-devant avocat général au parlement de Metz[257], rue de Cléry[258].

[256] Il eut pour prédécesseur Benserade, qu’il remplaça en 1691, et pour successeur, en 1705, Brulard de Sillery.

[257] Il s’étoit de bonne heure démis de cette charge et ne s’étoit plus donné qu’au monde et aux lettres.

[258] Il y étoit voisin de son ami Callières, et du trésorier Damon (V. t. I, p. 38) dont la femme reçut souvent l’hommage de ses vers. Lorsque la goutte, qui le cloua chez lui si longtemps, l’eut tout à fait empêché de sortir, il reçut nombreuse compagnie. Le monde, où il n’alloit plus, venoit à lui. V. à ce sujet son Éloge, par un autre de ses voisins, l’abbé Tallemant, dans l’Histoire de l’Académie des inscriptions.

1692. Jacques de Tourreil[259], rue des Douze Portes, près la rue St Louis au Marais[260].

[259] Il avoit succédé à Michel Le Clerc en 1692, et il fut remplacé en 1714 par Rolland-Mallet. Pontchartrain, dont il élevoit le fils, contribua beaucoup à son élection, comme il avoit aidé à celle de Pavillon, son parent.

[260] C’étoit sans doute la maison où Scarron étoit mort, et que Crébillon devoit un peu plus tard habiter si longtemps.

1693. François de Salignac de Fenelon, archevesque de Cambray[261].

[261] L’auteur de Télémaque avoit succédé à Pélisson en 1693 ; De Boze lui succéda en 1715.

Jean Paul Bignon, abbé de Saint Quentin[262], conseiller d’Estat ordinaire[263], rue des Bernardins[264].

[262] Il succéda le 15 juin 1693 à Bussy, et eut pour successeur, en 1743, un de ses parents, Jérôme Bignon. Il étoit aussi de l’Académie des sciences et de celle des Inscriptions.

[263] Il devint un peu plus tard doyen de Saint-Germain l’Auxerrois, puis bibliothécaire du cabinet du roi, charge que Dacier lui vendit 30,000 liv., tout en gardant les appointements de 1,200 liv., et le logement au Louvre (Mercure, fév. 1720, p. 180).

[264] V. sur l’hôtel des Bignon dans cette rue, t. I, p. 48, note 4. Le czar Pierre le visita peu de temps après que M. de Torpane le leur eut acheté (Mercure, juin 1717, p. 193).

Simon de la Loubère[265].

[265] Encore une créature académique de Pontchartrain. Son seul titre sérieux étoit d’avoir fait partie de l’ambassade à Siam. Il avoit succédé en 1693 à François Tallemant, et l’abbé Sallier le remplaça en 1729. Si son adresse manque ici, c’est qu’il s’étoit retiré de bonne heure à Toulouse, sa ville natale, où on lui dut le rétablissement des Jeux floraux.

1694. Jean François Paul Lefevre de Caumartin, abbé de Nostre Dame de Buzay[266], rue Neuve St Estienne au faubourg St Victor.

[266] Reçu en 1694, à la place de l’abbé de Lavau, n’ayant guère que vingt-six ans, il eut Moncrif pour successeur en 1733. Pontchartrain, qui avoit contribué à le faire élire, aida aussi à le tirer de l’assez fâcheuse affaire où il s’étoit jeté en persiflant l’évêque de Noyon, Clermont-Tonnerre, que peu de mois après sa propre élection il avoit dû, comme directeur, recevoir académicien. Le roi, qui s’étoit prêté d’abord à la plaisanterie, la trouva trop forte une fois faite ; il ne parloit pas moins que d’exiler Caumartin dans son abbaye de Buzay en Bretagne, lorsque l’intervention de Pontchartrain le sauva. (V. Saint-Simon, t. I, p. 134, et Lettres de Sévigné, édit. Hachette, t. X, p. 218.) L’abbé de Caumartin devint plus tard évêque de Vannes, puis de Blois.

1695. Charles Castel de S. Pierre[267], premier Aumosnier de Madame, au Palais-Royal[268].

[267] Élu en 1695 à la place de Bergeret, il fut exclu des séances en 1718, à la suite d’une dénonciation du cardinal de Polignac contre son Discours sur la Polysydonie, dans lequel il attaquoit vivement le gouvernement personnel du feu roi, et demandoit qu’on y substituât l’autorité de plusieurs conseils ou Synodes. On ne lui donna toutefois un successeur qu’à sa mort, en 1743 ; ce fut Maupertuis.

[268] Ce logement au Palais-Royal, qu’il avoit comme aumônier de Madame, mère du Régent, lui fut conservé même après son exclusion de l’Académie.

Jules de Clérambault, abbé de Saint-Taurin, d’Evreux, de Nostre Dame du Lieu-Dieu en Jard, et de St Savin, rue des Bons Enfants, près le palais Royal[269].

[269] Fils du maréchal de Clérambault. Le fauteuil de La Fontaine lui échut en 1695, et « comme il étoit contrefait, dit d’Alembert, les mauvais plaisants prétendirent que c’étoit Ésope qui succédoit à La Fontaine ». L’abbé Massieu le remplaça en 1714.

André Dacier, garde des livres du Cabinet du Roy, au Louvre[270].

[270] Il fut célèbre pour son érudition dans les lettres grecques, mais moins que sa femme, dont La Bruyère demandoit l’admission à l’Académie. Dacier y fut élu, en 1695, pour le fauteuil de l’archevêque de Paris, M. de Harlay. Il étoit déjà garde des livres du cabinet du Louvre, charge que le roi avoit rétablie en sa faveur pour le récompenser de son Recueil sur les Pythagoriciens (V. à la p. préc. l’art. sur l’abbé Bignon). Dacier mourut en 1722. Le cardinal Dubois le remplaça.

1696. Claude Fleury[271], abbé du Loc-Dieu, sous-précepteur de Messeigneurs les Enfants de France, rue St Louis au Marais[272].

[271] Auteur de l’Histoire ecclésiastique. Il fut, en 1696, le successeur de La Bruyère, son ami, et fut remplacé lui-même, en 1722, par le diplomate Adam.

[272] Le roi lui avoit donné l’abbaye de Loc-Dieu, après l’éducation du duc de Vermandois, il lui accorda le prieuré d’Argenteuil après celle du duc de Bourgogne. Dès lors il résida dans ce prieuré, beaucoup plus qu’il ne logea rue Saint-Louis.

1699. Louis Cousin[273], président en la Cour des Monnoyes[274], rue Guenegaud.

[273] Il avoit en 1697 succédé à l’évêque d’Acqs, M. de Chaumont. Le marquis de Mimeure lui succéda en 1707.

[274] V. plus haut, t. I, p. 69. Le président Cousin avoit d’abord été directeur du Journal des savants et censeur royal. Il légua ses livres à la bibliothèque de Saint-Victor, avec un fonds de vingt mille francs pour en augmenter le nombre. V. t. I, p. 137.

1698. Charles Claude Genest[275], abbé de Saint-Vilmer[276], aumosnier ordinaire de Madame la duchesse d’Orléans[277], cloistre Saint Honoré.

[275] Il avoit succédé, en 1698, à Claude Boyer, comme académicien, pour des tragédies qui ne valoient guère mieux que les siennes. Son fauteuil échut après lui, en 1720, à l’abbé Dubos.

[276] Ce bénéfice, de 500 écus de rente au plus, fut tout ce qu’il put obtenir du roi.

[277] Mademoiselle de Blois, fille du roi et de madame de Montespan, avoit eu l’abbé Genest pour précepteur. Devenue femme du duc d’Orléans, futur Régent, elle le garda près d’elle comme aumônier, et lui fit avoir, après la mort du roi, 2,000 fr. de pension sur l’archevêché de Sens.

1699. Jean Baptiste Henry du Trousset de Valincour[278], secrétaire général de la Marine et des Commandements de Monseigneur le comte de Toulouze. Cloistre Nostre-Dame[279].

[278] Bel esprit plutôt qu’auteur, il succéda, en 1699, à Racine son ami. Il eut en 1730 La Faye pour successeur.

[279] Il quitta le Cloître un peu plus tard pour venir habiter l’hôtel du comte de Toulouse, dont il étoit, comme il est dit ici, le secrétaire des commandements. On sait que cet hôtel est aujourd’hui celui de la Banque. M. de Toulouse étant amiral, on comprend que Valincourt, qui l’avoit suivi dans quelques expéditions, et même y avoit été blessé, pût être secrétaire général de la marine.

1701. Louis de Sacy, avocat, rue Beaubourg[280].

[280] Il plaida peu, traduisit beaucoup et n’imagina rien. C’est la coterie du salon de madame de Lambert qui le fit recevoir académicien en 1701, à la place du président Rose. Montesquieu lui succéda en 1728.

Nicolas de Malezieu[281], chancelier de Dombes, à l’Arsenal[282].

[281] Le grand amuseur de la cour de la duchesse du Maine à Paris et à Sceaux. Le fauteuil de l’évêque de Noyon, dont il a été parlé plus haut, lui échut en 1701. Il y fut remplacé en 1727 par le président Bouhier.

[282] Le duc et la duchesse du Maine tenoient leur cour à l’Arsenal, le duc étant grand maître de l’artillerie depuis 1694, il étoit donc naturel que Malézieux y logeât aussi. Sa charge de chancelier de Dombes s’explique de même par la souveraineté du duc sur cette principauté.

Jean Galbert Campistron[283], secrétaire général des galères, rue de Grenelle, fauxbourg Saint Germain[284].

[283] Le singe de Racine, comme on avoit dit de Silius Italicus qu’il étoit celui de Virgile. Il avoit remplacé Segrais en 1701, et il eut Destouches pour successeur en 1723.

[284] La charge de secrétaire général des galères, qu’il avoit eue en 1694 après la mort de Duché, et qui lui fut confirmée par le roi en 1699, lui valoit 3,000 livres. Il la devoit au duc de Vendôme, qui étoit lui-même général des galères, et auquel, après lui avoir été présenté par Racine, il resta toujours attaché.

1702. Jean François de Chamillart[285], Evesque de Senlis[286], et premier aumosnier de Madame la Duchesse de Bourgogne, rue de Richelieu.

[285] C’est sa parenté très proche avec le ministre Chamillart qui l’avoit fait arriver au fauteuil laissé vacant en 1702 par la mort de Charpentier ; il l’occupa jusqu’en 1714. Le maréchal de Villars l’y remplaça.

[286] Il avoit eu d’abord l’évêché de Dol.

Pierre de Cambout, duc de Coislin, pair de France[287], à l’Hostel de Coislin, rue de Richelieu[288].

[287] Il avoit succédé, en 1702, à son père que nous avons vu sur la liste précédente, p. [279] ; il eut en 1710 son fils pour successeur.

[288] C’est l’hôtel qu’avoit fait construire le commandeur de Jars, et qui fut un des premiers de la rue de Richelieu. Il touchoit à l’hôtel Louvois, dont la place du même nom occupe le terrain aujourd’hui. Le jardin de l’hôtel de Coislin avoit une porte sur la rue Sainte-Anne, où logeoit Bossuet, ce qui lui permettoit, avec l’agrément du duc son confrère, de venir s’y promener et même d’y recevoir des visites. (Journal de l’abbé Le Dieu, t. III, p. 14.)

1704. Armand Gaston de Rohan, Evesque et prince de Strasbourg[289], à l’Hostel de Soubize au Marais[290].

[289] Reçu à la place de Claude Perrault en 1704, il eut pour successeur, en 1749, l’évêque de Rennes, Vauréal, qui avoit encore moins de titres que lui.

[290] C’est aujourd’hui, comme on sait, le palais des Archives.

Melchior de Polignac[291], abbé de Bonport[292], rue St Dominique, fauxbourg St Germain.

[291] Auteur de l’Anti-Lucrèce, il fut élu en 1704 à la place de Bossuet, et eut Giry pour successeur en 1741.

[292] Il fut plus tard archevêque d’Auch et cardinal.

Gaspar Abeille, prieur de Nostre Dame de la Mercy[293], près la Porte St Honoré, à l’Hostel de Luxembourg[294].

[293] Quelques tragédies oubliées furent ses seuls titres à l’Académie, où il arriva en 1704, à la place de l’abbé Boileau, et où l’abbé Mongault lui succéda en 1718.

[294] La rue Neuve-de-Luxembourg remplace cet hôtel. Abeille y logeoit comme secrétaire des commandements du maréchal de Luxembourg.

Jean Baptiste Coignard, imprimeur et libraire ordinaire du Roy, rue St Jacques, près St Yves[295].

[295] V. plus haut, t. I, p. 189, et II, 288. — Quand le Dictionnaire eut été publié, le travail de Coignard pour l’Académie fut assez restreint. Il se réduisit presque à l’impression de quelques Avis sur de petits morceaux de papier grands comme la main, dans le genre de celui-ci, que nous copions textuellement sur l’original :

« M.

« Vous estes adverty de la part de Monsieur le Directeur de l’Académie françoise, de vous trouver Samedy prochain deuxième jour de Décembre mil sept cent treize, à l’assemblée qui se tiendra au Louvre à trois heures précises après midy, pour le second scrutin de l’élection d’un Académicien à la place de feu M. l’abbé Regnier des Marais. »

LISTE
DES
AVIS DU BUREAU D’ADRESSE

Pour servir depuis le premier jour
de l’an 1670[296].

[296] V. pour cette liste notre Introduction, t. I, p. xxxiv.

On continuera à recevoir les avis tous les jours, jusqu’au 12 de ce mois inclusivement, et aux heures ordinaires, pour le Livre suivant, qui se trouvera aux Bureaux, le 16 à midy, jusqu’à la fin du mois.

On enseigne gratis à l’ordinaire les adresses qui sont faites au Bureau.

On ne se mettroit pas en peine de faire des avertissements sur l’utilité du Bureau d’adr. si on n’avoit à faire qu’à ceux qui s’en sont servis : mais comme le débit des Livres a fait remarquer que quantité de gens ne font que commencer à en prendre connoissance, et qu’il les faut aussi instruire des avantages qu’ils en peuvent tirer, il est du moins bon d’apprendre aux derniers venus qu’il n’y a pas une voie au monde plus seure, plus abrégée et plus comode que celle là pour trouver ce qu’on souhaite, pour se défaire de ce qu’on ne veut point garder, et pour sçavoir et faire sçavoir aux autres tout ce qu’il est besoin qu’on sçache[297]. L’exemple de cette Liste fait assez voir comment elle produit cet effet, pour apprendre à chacun comment il s’en pourra servir.

[297] Lorsqu’en septembre 1717 le Bureau d’adresse, qui prit alors le titre de Bureau général privilégié d’adresse et de rencontre, dut rouvrir rue Saint-Sauveur, « l’avis très utile au Public », qui l’annonça dans le Mercure, reproduisit presque textuellement ce qu’on lit ici. V. le Mercure, sept. 1717, p. 178-183.

Mais il faut à l’occasion satisfaire icy à la plainte de quelques uns contre ces Listes, prétendans qu’elles ne soient toutes que la même chose, sous prétexte seulement qu’ils ont pu voir en chacune, peut-estre 10 ou 12, ou fort peu plus d’avis repétez de l’une en l’autre[298]. Il suffiroit de répondre en un mot, que quand il y auroit quatre fois autant de répétitions, on ne pourroit encore honnestement plaindre ce peu qu’il en couste pour voir les autres avis nouveaux, dont on donneroit souvent dix ou vingt fois autant pour avoir la connoissance d’un seul. Mais de plus, ils doivent, une fois pour toutes, considérer qu’à peine voit-on jamais trois fois de suite cinq ou six avis de choses à vendre ou demandées, si elles ne sont d’une grande conséquence ; et qu’à l’égard de ceux qui font sçavoir leur demeure et les choses qu’ils débitent, et de ceux qui ont coutume d’afficher, ils doivent nécessairement estre repetez non seulement trois ou quatre fois, mais toujours, puisqu’il y a continuellement des gens nouveaux qui ont besoin de les connoistre. Et ainsi ce petit nombre d’avis renouvellez, outre qu’il n’est pas considérable à proportion des nouveaux, pour faire qu’on songe à espergner 15 deniers pour les voir[299], est même une chose nécessaire à tout le monde, pour trouver toujours à point nommé de certaines gens et de certaines choses dont on peut avoir affaire.

[298] Nous aurons plusieurs fois à signaler de ces répétitions dans les listes suivantes.

[299] C’est-à-dire un sou trois liards. C’est ce que coûtoit, comme on le verra plus loin, chaque exemplaire de ces listes.

Immeubles à louer, vendre ou échanger.

9. Maison à porte cochère à louer présentement, rue des Poitevins, près St. André des Arts, ayant court, remise, escurie à 4 chevaux, 3 estages par le devant de chacun 4 pièces de plain pied, et un petit corps de logis à 2 étages sur le derrière, le tout pour 900 livr. Adresse chez M. le Président de Mesgrigny, dans la mesme rue[300].

[300] Cet hôtel de Mesgrigny existe encore au bout de la rue des Poitevins, près du retour en équerre qu’elle fait pour gagner la rue Serpente. Il fut occupé longtemps par le libraire Panckoucke, qui en avoit fait un véritable musée archéologique, décrit, ainsi que l’hôtel, dans sa brochure : Collection d’antiquités égyptiennes, grecques, romaines, etc., etc., 1841, in-8o. — Germain Brice, dans l’édit. de 1684, in-12, de sa Description de Paris, t. II, p. 128, a dit quelques mots de l’hôtel Mesgrigny, que le président, auquel il doit son nom, habitoit encore à cette époque : « Il est bâti avec beaucoup de régularité, et, quoique les appartements n’en soient pas fort spacieux, ils ne laissent pas d’être commodes. »

10. Petite maison à louer presentement 60 escus, ayant cuisine sous terre, cave, chambre et anti-chambre à cheminée de plain-pied, 3 ou 4 cabinets, et une grande terrasse. Adr. et rue comme au précédent.

11. La maison blanche proche la maison rouge[301] à louer présentement à Chaliot, ayant 2 grands corps de logis, quantité de grandes chambres, jardin et court, où il y a savonnerie, et des caves dans les carrières[302]. Adr. chez M. La Mouche, rue de Betisi, à la ville d’Arras.

[301] Guinguette fort à la mode au XVIIe siècle, comme on le voit dans Les Pièces comiques, 1671, pet. in-12, p. 210, 229. Les grandes dames y alloient encore en parties fines du temps de Voltaire. Longchamp, son valet de chambre, nous a dit dans ses Mémoires, t. II, p. 126, tout le débraillé d’un souper qu’y firent Mmes du Chatelet, du Deffand, de Mailly, de Gouvernet et de La Popelinière.

[302] Ce sont les carrières, situées sous l’ancienne butte des Bonshommes, dont on a tant parlé lorsqu’on a dû construire, pour l’exposition dernière, le palais du Trocadéro.

26. Grand Hostel à louer pour Pasques, ayant 2 corps de logis, grande court, basse court, qui sont dans la rue des Maquignons[303], 5 ou 6 remises, 2 escuries pour 30 chevaux, le tout pour 2,700 l. Adr. chez M. le Procureur général de la Chambre des Comptes, rue de Richelieu.

[303] Elle étoit alors nouvelle, comme le marché aux chevaux, auquel elle conduisoit et qui avoit été transporté là quand la Butte Saint-Roch avoit commencé d’être aplanie. On l’appeloit plus communément rue Maquignonne. Au commencement de ce siècle, elle prit le nom de rue de l’Essai. C’est en effet sur tout son parcours, depuis la rue de Poliveau jusqu’au marché, que l’on « essaie » les chevaux à vendre.

27. Grand Hostel à louer ou à vendre présentement propre pour un grand Seigneur, ou pour un grand Bureau ou un grand Magasin ; il y a basse court et des escuries pour 50 chevaux. Adr. audit lieu r. Betisi, proche la rue S. Germain[304].

[304] Lisez : rue des Fossés-St-Germain-l’Auxerrois, qui en étoit le prolongement.

33. Maison à porte cochère à louer ou à vendre presentement, r. du Brac[305], attenant à l’Eglise de la Mercy, ayant escurie, remises et autres appartenances. Adr. chez M. le marquis d’Espinay[306], rue de Richelieu.

[305] Son vrai nom est rue de Braque. Elle le doit à Arnoul de Braque, qui, en 1348, avoit fait bâtir, à l’angle qu’elle forme avec la rue du Chaume, une chapelle devenue plus tard chapelle de la Mercy, reconstruite au XVIIe siècle, démolie à moitié pendant la Révolution, puis enfin remplacée depuis peu par une maison bourgeoise, après avoir été longtemps un magasin de charbons.

[306] François d’Espinay, marquis de Saint-Luc, petit-fils du commandant de Paris sous Richelieu. Il mourut en 1694.

34. Grande maison à louer pour Pasques, rue Neufve Montmartre[307]. Deux corps de logis, un grand et un petit, chacun à trois estages, offices, caves, trois remises, deux escuries pour quinze chevaux, une court à tourner un carrosse à six chevaux, et un grand jardin au bout, le tout de 1,000 livr. Adr. à madame Balduc Orphevresse, rue Bourg Labbé, à la ville de Sedan.

[307] On appeloit ainsi la partie de la rue Montmartre qui, depuis la rue Neuve-Saint-Eustache, à l’extrémité de laquelle la porte Montmartre avoit longtemps existé, s’étendoit jusqu’au rempart.

78. Grande maison à louer presentement, ayant 2 corps de logis separez avec leurs courts de mesme, l’un à porte cochère pour 1,000 l. et l’autre à petite porte pour 550 l. dans le cul de sac de la r. S. Denis, proche la r. aux Ours[308]. Adr. à mad. Ferrand aud. lieu.

[308] C’est l’Impasse des Peintres, séparée par quatre ou cinq maisons seulement du point de jonction de la rue aux Ours et de la rue Saint-Denis.

43. Une chambre à louer presentement, r. S. Honoré, dans la court du Charroy[309], propre pour un homme et son valet, qu’on pourra aussi prendre en pension au mesme estage. Adr. à mad. de S. Robert, r. S. Honoré, chez M. Du Pont, proche les Jacobins.

[309] Nous ignorons où se trouvoit cette cour, qui sans nul doute — son nom l’indique — servoit à remiser « le charroi » des équipages. Peut-être, comme la suite le feroit croire, se trouvoit-elle rue Saint-Honoré près des Jacobins.

86. Maison à louer présentement, r. Geoffroy Lasnier, louée 1,700 l. Adr. à M. de la Barre, dans l’Isle Nostre Dame, sur le Quay Daufin[310].

[310] C’est aujourd’hui le quai de Béthune, qu’on appela aussi quai des Balcons.

99. Grande maison à louer pour Noël, au Marais, r. neuve S. Claude, ayant 2 grandes courts, 3 remises, écuries à 12 chevaux, 3 étages chacun de 5 feux, de plein pied avec un appartement dégagé sur le derrière ; le tout fort propre pour 800 l. Adr. chez M. de La Tour, conseiller au Chastellet, rue des Mauvais Garçons près le cimetière S. Jean.

104. L’Hostel de la Bistrade[311] à louer pour Pasques, rue Pavée, près l’hostel de Bourgogne[312], pour 2,200 l. à 2 appartements aisez à séparer, escurie à 12 chevaux, 4 remises et un jardin. Adr. chez M. Bachelier rue Mauconseil.

[311] Il devoit son nom au conseiller du grand Conseil Jacques de la Bistrade, mort le 30 décembre 1650, et qui avoit possédé, d’après ce que dit Tallemant, t. II, p. 453, plusieurs maisons dans Paris.

[312] La rue Pavée-Saint-Sauveur, qui n’est plus aujourd’hui que la prolongation de celle du Petit-Lion, longeoit par derrière le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne, dont l’entrée étoit rue Mauconseil.

1. Maison à vendre, près le Pont aux Biches[313], au bout de la rue de la Croix, tenant au Rempart[314], à l’image de S. Charles Borromée, où il y a 2 grands corps de logis devant et derrière, des courts au milieu et une place à costé. Adr. à M. Baudry, notaire, rue des Arcis, proche S. Jacques de la Boucherie.

[313] C’étoit un « ponceau » jeté sur l’égout découvert près d’une maison portant l’enseigne des Biches.

[314] Elle commençoit rue Phélipeaux et, arrivée à la rue du Vert-Bois, étoit continuée par celle du Pont-aux-Biches qui, elle-même, alloit aboutir au rempart situé alors un peu plus haut que la rue de Nazareth. Dans un titre des Archives hospitalières, Hôtel-Dieu, t. I, p. 95, il est parlé, à la date de 1627, du « rempart près le Pont-aux-Biches ». Un moulin à vent s’y trouvoit (Registres de l’Hôtel-de-Ville pendant la Fronde, t. I, p. 316).

15. Une belle maison à vendre à Ruël pour 25,000 l. ayant 2 corps de logis, grande escurie, grand jardin, un beau jet d’eau, terres labourables, prez et vignes. Adr. chez M. Bonnelle, rue Plastrière.

17. Une grande maison à vendre à trois corps de logis, deux boutiques, quatorze à quinze feux, quatre escuries pour trente chevaux, deux jardins, trois caves, et une carrière[315], pour 20,000 livres, rue Mouftar au faubourg S. Marcel, près S. Medard[316]. Adr. à mademoiselle Privat, au mesme logis.

[315] On voit que les Catacombes, où l’on ne devoit déposer qu’un siècle après les ossements provenant du cimetière des Innocents, faisoient alors partie des propriétés sous lesquelles elles se trouvoient.

[316] Les maisons de ce quartier se louoient relativement à un aussi bas prix qu’elles se vendoient. On en jugera par cette annonce du Journal de la Ville de Paris de François Colletet : « Du mercredy 26 août 1676. On sçait une fort jolie maison à louer que l’on peut appeler un petit bijou, du prix de quatre cents livres, fort commode pour deux ménages. Elle est située dans la Ville, proche le Fauxbourg Saint-Victor : elle consiste en sale, cuisine, court, cave, et deux beaux estages à plat fonds, carrelez, cabinets, cheminées enjolivées, lieu pour alcôves, et autres commoditez nécessaires. »

19. Une maison neufve r. du Colombier[317], de 1,200 l. de loyer bastie de pierres de taille, sur rue, et décretée[318] sur celuy qui la voudra pour 29 l. ou bien le vendeur se chargera de payer les lots et ventes[319], en luy donnant pour le tout 30,000 l.

[317] C’étoit l’ancien Chemin aux Clercs. Elle alloit de la rue de Seine à la rue des Petits-Augustins, aujourd’hui Bonaparte. On n’avoit commencé d’y bâtir qu’en 1640, ce qui explique que la maison à vendre ici fût neuve. V. p. [312].

[318] Vendue par justice.

[319] Il faut lire « lods et ventes ». Le lod étoit le droit payé au seigneur pour qu’il approuvât l’aliénation d’un bien dépendant de son domaine. Le seigneur ici étoit l’abbé de Saint-Germain-des-Prés.

20. LXXVI arpents et demy de terre à vendre à 100 escus l’arpent, au village d’Ognes à 10 lieues de Paris, à 3 de Dampmartin[320], sans aucun bastiment ; les dites terres louées 918 l. à raison de 12 l. l’arpent. Adr. au Bur.

[320] Ce n’est pas Ognes, mais Longnes qu’il faut lire. Il y a en effet un village de ce nom dans le département de Seine-et-Oise, canton de Houdan, entre Bréval et Dammartin. Le pays est bon : il ne faut donc pas s’étonner d’y voir l’arpent au prix de 100 écus. Dans le Nivernais, à la même époque, d’après des titres que Monteil eut en main, il ne valoit que 100 livres. (Hist. des François des divers états, 1re édit., t. VIII, p. 516.)

21. Maison à porte cochere à vendre au Bourg-la-Reine, à 2 lieues de Paris : ayant grange, écurie, volière à pigeons, jardin, 4 arpens et demy de sain foin, un arpent et demy de vignes et 7 de terres labourables, affermées 4,000 l. Adr. au dit lieu, à l’Image S. Jean, à la veuve de Fourcy, ou à Barbier, ou dans la r. de Gèvre, à M. Trie, au Jésus.

28. Deux charges de commissaire des guerres avec 2 conduites[321] à vendre ou à changer pour des rentes, maisons, ou autres objets. Adr. à M. De Henaut, notaire rue S. Antoine au coin de S. Paul.

[321] C’est-à-dire « directions, intendances ».

29. Deux maisons au quartier S. Benoist sur le devant, et une grande sur le derrière, ayant 30 feux[322], écuries à 10 chevaux, remises, deux courts, jardin, veüe en plain air[323], cheminées fort propres en sculptures et dorures, à vendre, avec toutes les facilitez pour le payement, ou à changer contre rentes constituées. Adr. au bur.

[322] Chambres à feu.

[323] Les maisons bâties dans les quartiers Saint-Germain et Saint-Benoît avoient ainsi et ont même encore de grands espaces, comme on en peut juger par les terrains de l’ancienne rue Taranne, que les démolitions récentes ont mis à découvert pour le percement du boulevard Saint-Germain. Le jardin de Morin, l’un des plus grands « floristes » du XVIIe siècle, occupoit, par exemple, un de ces terrains derrière la Charité. (Sauval, t. III, p. 4.)

31. Maison à porte cochere à vendre pour 20,000 l. à l’entrée de la rue des Tournelles, vis à vis la Bastille, ayant 12 feux, court, boutique et écurie, louée 800 l. Adr. au Suisse de l’hostel de Lesdiguières, rue de la Cerisaye[324].

[324] V. sur cet hôtel, t. I, p. 278.

36. Maison à vendre rue des Petits Augustins, louée 900 l. toute decrétée sur le vendeur[325], qui payera les lots et ventes[326] et donnera le tout pour 24,000 l. Adr. au Bureau.

[325] C’est-à-dire qui sera vendue sans frais pour l’acheteur, « contrat en main », suivant l’expression d’aujourd’hui qui correspondoit, du reste, à celle qu’on lira plus loin et que nous trouvons aussi chez Fr. Colletet, Journal de la ville de Paris, sous la date du 29 août 1676 : « … on donnera toutes les assurances que l’on peut demander, et le décret dans la main de l’acquéreur. »

[326] V. une des notes précédentes, p. [309].

79. Maison à vendre en la vallée de Montmorency, ayant court, basse-court, jardin, colombier, foulerie[327], 10 arpens d’enclos, espaliers, grands fruitiers, 30 arpens de terres tant labourables, que prez, bois, vignes et cerisaye[328] : on en vendra pour 1,200 l. et audessus, selon ce qu’on en voudra prendre. Adr. au bureau.

[327] L’endroit où l’on fouloit les raisins, « le pressoir ».

[328] Verger aux cerises. La rue de ce nom, citée tout à l’heure, s’appelle ainsi parce qu’elle occupe l’emplacement du jardin de l’hôtel Saint-Pol, où se cultivoient les cerisiers.

80. Maison neuve à vendre rue Jacob[329], bastie de pierres de taille sur rue, bien peinte, l’escalier propre à rampe de fer, grande écurie, court à tourner carrosse et louée 1,660 l. On la vendra le décret à la main et quitte de lots et ventes pour 44,000 l. Adr. au bureau.

[329] Elle faisoit suite à la rue du Colombier, et, comme elle, n’avoit encore que des maisons neuves.

81. Terres propres à bastir entre les rues de Clery et Bourbon, et la porte St. Denis, jusques à 2,000 toises ou environ à vendre en tout, ou en partie, à prix raisonnable, soit argent comptant, soit partie argent, partie rente[330]. Adr. à M. Baudrant substitut, r. du Coq, qui en donnera le plant et mémoires nécessaires.

[330] Cette place vague est visible sur les plans du XVIIe siècle antérieurs à 1680, et notamment sur celui de Gomboust. Elle fut vendue par parties six ans après ce qui en est dit ici. Nous trouvons en effet, dans un arrêt du Conseil d’État de 1681, rendu contre Drouet, « chargé de recouvrer les deniers provenant de la vente des places, maisons, etc., dépendantes des fortifications de Paris », mention d’un acte du 30 avril 1676, pour la vente « de terrains entre la rue de Cléry et de Bourbon, derrière le mur du jardin des Filles Dieu » ; et d’un autre, du 7 juillet suivant, pour une place vendue « entre le fossé de la ville et la rue de Cléry, derrière les Filles Dieu ». — C’est sur cet espace qu’un farceur du temps de Molière, Gilles le Niais, dressoit ses tréteaux. Une boucherie de la rue Bourbon-Villeneuve porta longtemps son nom. (Parfaict, Hist. du Théâtre françois, t. VIII, p. 324.)

88. Une terre à vendre en Normandie, près de l’Aigle, appelée Aube[331], où il y a de beaux fiefs, seigneur et patron de la paroisse, affermée, le domaine, 3,000 l. et la forge à fer 1,500 l., le tout en bon estat, hormis le logis seigneurial qui va en ruine. Adr. à M. Menu, procureur au Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne[332].

[331] Ne seroit-ce pas à cette terre, en Normandie, que le neveu de Fontenelle, M. d’Aube, ce Normand aux infatigables contradictions, si bien mis en scène par Rulhière dans son poème des Disputes, auroit dû son nom ?

[332] Laigle étant, comme on sait, la ville de la ferronnerie et de la quincaillerie, nous ne sommes pas surpris de trouver une « forge à fer » dans une terre qui en est voisine.

94. Maison à vendre à S. Maur, ayant un grand corps de logis à 3 estages, grande court à porte cochère, jardin derriere le logis, grande guerite sur la montée[333], pour 5,000 l. Adr. chez M. Pres de Segle, marchand drapier r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or.

[333] C’est-à-dire une grande cage d’escalier, bien dégagée et bien couverte. C’étoit un des points importants des constructions de ce temps-là. V. L’Architecture de Savot, au chap. IX : Des mesures du bâtiment.

95. Maison à vendre à S. Denis devant la grande Eglise, vis à vis la croix de la grande place, ayant par derrière 2 corps de logis et 2 courts, dont l’une à porte cochère sur une rue. Adr. comme au précédent.

96. Autre maison à S. Denis, ayant porte cochere, petite court et écurie à vendre avec la precedente pour 7,000 l. Adr. comme au précédent.

98. Une belle ferme à vendre à 3 lieues de Paris, au village de la Selle[334], pour 36,000 l. Adr. à M. Chastellier, chez M. Gitar, rue de Sêve, à la première maison du costé des Premontrés[335], à la 2 chambre[336].

[334] La Selle-Saint-Cloud.

[335] Les Prémontrés réformés, dont l’église et le couvent n’étoient pas alors bâtis depuis plus de six ans. Le voisinage de la Croix-Rouge, à l’entrée de la rue de Sèvres, les faisoit appeler souvent Prémontrés de la Croix-Rouge.

[336] « A la deuxième chambre », c’est-à-dire au second étage. Scarron, lorsqu’il logeoit rue de la Tixeranderie, donnoit ainsi son adresse :

… Je me nomme Scarron,

Et loge en la deuxième chambre,

Tout vis à vis l’hôpital Saint-Gervais.

Meubles meublans à vendre.

13. Un lit de drap du Sceau[337] gris de 4 à 5 pieds, doublé de taffetas de la Chine à franges mêlées à vendre, avec le bois, tout garny, la courte pointe de taffetas, 6 chaises, 6 ployants, et 2 fauteuils[338] garnis de crain avec les housses, et le tapis de mesme drap et frange. Adr. à M. Henaut de la Monnoye chez M. Barreau.

[337] Lisez « d’Usseau ». C’étoit un drap commun, dont on faisoit les habits des laquais. V. Regnard, Le Joueur, acte I, sc. 1, et Satires de Furetière, p. 8.

[338] L’étiquette étoit d’avoir, comme on le voit ici, un fauteuil pour six chaises ou pour six pliants. Nous lisons, par exemple, dans le Journal de Colletet, à la date du 6 octobre 1676 : « On sçait une Bourgeoise qui a une demy douzaine de Chaises de roses et un fauteuil à vendre des plus belles et des mieux nuancées qu’il y ait à Paris, et qui sortent de dessous l’éguille. Item, six autres de point d’Angleterre avec le fauteuil. » Plus loin, le 19 octobre, il dit encore : « On nous demande demy douzaine de bois de chaises neuves, tournées à la mode, avec le fauteuil. »

45. Tapisserie de Flandres de 25 à 26 aunes de tour sur 3 aunes de haut, ayant quelques animaux parmy la verdure[339]. Adr. au Bureau, ou on en fera voir quelques pièces.

[339] V. plus haut, sur les tapisseries à verdure, t. I, p. 283.

84. Plusieurs feuilles de paravent à vendre. Adr. au bureau.

89. Un carreau, avec le sac[340] de velours rouge cramoisi[341], avec trois rangs de grand gallon or et argent, tout neufs qui ont cousté 700 l. et qu’on donnera pour moins de 400 l. Adr. à M. Menu, procureur au Chastelet au coin de l’hostel de Bourgogne.

[340] C’est-à-dire la couverture.

[341] Comme les femmes portoient avec elles ces sortes de coussins dans les églises pour s’agenouiller, elles les habilloient richement ainsi de velours de couleur et de galons d’or.

93. Une tenture de haute-lice[342], representant les travaux d’Ulisse, presque neuve, de 19 à 20 aunes de tour, sur 3 aunes de haut, pour 3,000 l. Adr. chez M. Predeseigle, marchand drapier, r. du Petit-Pont à l’Estoille d’or.

[342] V., sur les tapisseries de haute lisse, t. I, p. 283.

60. Douze chaises de moquette[343] larges, bien garnies de crain, et les bois à colonnes torses, avec le tapis et le lit de repos[344] tout complet, le tout à vendre 10 pistolles au dernier mot. Adr. au bureau.

[343] C’étoit alors déjà l’étoffe à la mode pour couvrir les chaises, et, selon Richelet, « les formes » ou tabourets. Il est parlé, dans le Ballet des Romans, p. 14, d’une « forme de moquette ». On en faisoit aussi des tapis. V. Tallemant, 1re édit., t. III, p. 69.

[344] « Sorte de petit lit pour reposer après le dîner. » Richelet.

69. Un lit de damas rouge cramoisi à crespine mêlée de cinq pieds et demy de large, avec 12 ou 14 sièges. Adr. au bureau.

102. Un lit de point d’Angleterre ondé de laine et de soye du prix de 900 l. Adr. à M. Curaud, au cloistre St. Médéric à l’hostel de Roanez[345].

[345] Il étoit habité alors par Artus de Gouffier, duc de Roannez, ami de Pascal, qui logea longtemps chez lui et faillit y être poignardé par la concierge de l’hôtel, furieuse de ce qu’il vouloit persuader à mademoiselle de Roannez, sœur du duc, de ne pas se marier et de se retirer dans un couvent. V. les Manuscrits de Marguerite Périer. — C’est le duc de Roannez qui conçut avec Pascal l’idée des carrosses à cinq sous, sorte d’omnibus du XVIIe siècle.

Choses Diverses.

3. Un cachet sur un grand rubis du Temple[346], dont le manche est un chien qui a le devant et derrière d’or émaillé, et le corps d’une grande perle orientale à vendre 20 louis d’or au dernier mot, ou à échanger contre quelque lit de campagne ou un cabinet de mesme prix[347]. Adr. au bureau où l’on le fera voir.

[346] Sur ces fausses pierreries dites « diamants du Temple », voy. t. I, p. 248.

[347] V. sur ce genre de meubles, t. I, p. 286.

5. Un orgue à 4 jeux ; sçavoir un bourdon de 4 pieds, son octave ou flute, un flageollet et une voix humaine de la fabrique de M. Le Prescheur[348]. Adr. à M. Denis ingenieur du Roy au mont St. Hilaire, près l’Eglise au Chef S. Denis.

[348] Ce facteur d’orgues, M. Le Prescheur, que nous n’avons pas vu nommé ailleurs, avoit peut-être appartenu à la fabrique d’orgues de la rue des Ménétriers, indiquée plus haut, t. I, p. 216. V., sur Créteil, dont c’étoit aussi l’industrie, Id. p. 209. — Colletet, dans son Journal, annonce aussi deux orgues à vendre, l’un le 22 août 1676, l’autre, avec plus de détails, le 9 sept, suivant : « On sçait un fort beau Cabinet d’Orgues bien entier et bien conditionné à huit jeux… qui peut estre fort propre pour un monastère de Religieux ou Religieuses, petite paroisse de Paris, ou centre considérable à la campagne, Communauté ou Collège. On le donnera pour cinquante louis, quoiqu’il ait effectivement cousté plus de cent pistoles. »

6. Une basse de viole d’Angleterre[349], enrichie de filets d’ébène, un dessus de viole, et un thuorbe de Bologne à filet et chevilles d’yvoire à vendre. Adr. à M. d’Angebert[350]. R. St Honoré, proche des bastons Royaux[351], chez mad. Ranquet.

[349] V. sur la basse de viole et ceux qui l’enseignoient, t. I, p. 210.

[350] Il faut lire, je crois, Denglebert, dont il a été parlé, t. I, p. 206, comme étant des plus célèbres sur le clavecin.

[351] Cabaret voisin de Saint-Roch. V. notre Histoire de la Butte des Moulins, p. 52.

7. De très beaux chevaux de Flandres à vendre en gros et en détail. Adr. à mad. Bareilles. R. saint Honoré, près le Palais Royal, aux Armes de Condé, proche un tapissier, à la première chambre[352].

[352] Au premier étage. V. plus haut p. [314].

8. De grosses boucles d’oreille de diamants du Temple[353] très beaux, à vendre pour 10 escus. Adr. au Bureau, où l’on les fera voir.

[353] V. ci-dessus la note 2 de la p. précédente.

14. Un corps de chaise roullante à 2 fonds pour 4 personnes, garnie de serge grise neuve à 2 envers, avec les 2 coussins ; il y a dedans 2 coffres, ferrez et garnis de leurs serrures, le tout à vendre pour 100 l. Adr. à M. Hennoyer, sellier de Mademoiselle, proche les Quinze Vingts[354].

[354] La grande Mademoiselle, fille de Gaston d’Orléans, ayant longtemps habité les Tuileries, avoit, comme on le voit, gardé ses fournisseurs dans les environs.

16. On vend de fort bon vin de Tonnerre pour des nopces à 6, 8 et 10 s. la pinte dans la r. S. Martin, près la r. aux Ours, chez un faiseur de Luth[355].

[355] On a vu plus haut, t. I, p. 315, que chacun pouvoit faire débit de son vin. C’est ce qui s’appeloit « vendre à pot ». Fr. Colletet, dans son Journal, à la date du 5 août 1676, nous dit à ce sujet ce que coûtoit alors le vin de Champagne : « Un Bourgeois de Paris vend en détail d’excellent vin de Reims en Champagne, et le donne à 12 s. la bouteille ; il en a aussi à 10 et à 8 s. la pinte. Le dit vin est de son propre crû, et l’on enseignera au Bureau sa demeure. »

18. Les Conciles d’impression du Louvre en 37 volumes[356], bien reliez, à vendre. Adr. au Bureau, où l’on en pourra faire venir quelque volume à voir si on le souhaite.

[356] C’est l’édition de 1644, due en effet à l’imprimerie du Louvre, alors à ses commencements. Elle fut réimprimée, en 1715, avec des additions et une table excellente, par les soins du P. Hardouin.

25. Le sieur Hermier, par privilège vérifié et exclusif à tous autres, continue à faire les planches façon de marbre et des tables de mesme, dont il fera voir tous les dessins qu’il a executez depuis 1643. Il loge r. S. Marc, entre les portes Richelieu et Montmartre[357], chez le sieur Petit Charpentier[358].

[357] La rue Saint-Marc, qui devoit son nom à l’une des seigneuries des Vivien, seigneurs de la Grange-Batelière, sur le terrain de laquelle on venoit alors de la bâtir, servoit en effet de trait d’union entre les portes Richelieu et Montmartre, bâties l’une et l’autre à cette hauteur dans les derniers temps de Louis XIII et démolies ensemble en 1701.

[358] Il est parlé de lui dans un mémoire contre Lulli : Requeste d’inscription de faux en forme de factum présenté au Châtelet, le 16 juillet 1676, par le sr Guichard, in-4o : « Le sieur Antoine Petit, charpentier, y est-il dit, travaillant aux ouvrages de charpenterie des maisons et de l’Opéra de J.-B. Lulli. »

35. La grande Bible polyglotte de Londres et le Lexicon, en 7 langues orientales, en 8 vol.[359] en blanc[360] à vendre pour 400 l. Adr. à mad. Balduc orfévresse, r. Bourlabbé à la ville de Sedan.

[359] C’est la Bible de l’évêque de Chester, Walton, publiée en 1657 à Londres, en 6 vol. in-fol., et que le Lexicon heptaglotton de Castell, qu’on y joignit en 1668, augmenta de deux volumes nouveaux.

[360] C’est-à-dire non reliés.

24. Un habit et manteau de moire noir, le caneçon de chamois, et les bas de soie à vendre pour 20 escus. Adr. chez la Dame de Clermont au coin de la rue des Consuls[361], chez un confiturier à la 3 chambre.

[361] La même que la rue des Juges-Consuls aujourd’hui, dans l’ancien cloître Saint-Merry.

41. Un Collier double de 206 perles baroques de belle eau à vendre, au dernier mot 15 écus. Adr. au Bureau où on les pourra voir.

48. Un autre collier de perles barroques assez grosses et de belle eau à vendre pour 360 l. Adr. au bureau où on les pourra voir.

82. Il est arrivé un marchand de vin de la ville de Condrieux, qui en vend à 16 s. la pinte dans la rue de la Tixéranderie, proche S. Jean en Grêve.

83. Deux chevaux de Carrosse, avec le carrosse à vendre ensemble ou séparément. Adr. au Bur.

50. On continue à débiter au bureau des Chapeaux de la manufacture de l’Hopital Général[362], fort bons et esprouvez contre la pluye, et à très-grand marché, à 30 sols tout garnis.

[362] Des fabriques et manufactures avoient été établies, afin de créer, par les bénéfices qu’elles pourroient faire, des ressources pour l’Hôpital général. Nous verrons tout à l’heure que la fabrique, déjà ancienne, des tapis de la Savonnerie ne travailloit plus elle-même que pour contribuer à cette œuvre charitable.

51. Un homme de Province, qui croit avoir démêlé les obscuritez de la Cassandre de Licophron, mais qui ne se fie pas assez à son jugement, pour hazarder d’en donner son travail au public, sans en avoir l’avis des sçavants de Paris, prie tous ceux qui auront quelques belles conjectures sur cet autheur, d’avoir la bonté de les donner au Bureau, et s’ils y veulent bien adjouster leur nom, il ne manquera pas, en publiant l’ouvrage, d’y marquer la reconnoissance qu’il leur devra de ce secours[363].

[363] Cet appel singulier n’étonne pas, quand on sait ce qu’il y a d’énigmatique dans ce poëme de Cassandre la prophétesse, qui fit donner à Lycophron, sorte de Nostradamus antique, le nom de « poëte ténébreux ». Nous ignorons si la traduction, pour laquelle notre provincial réclamoit les lumières de l’érudition parisienne, a jamais paru.

52. Le Philosophe inconnu, arrivé depuis peu, fait toujours débiter l’eau catholique de Paracelse, remede universel contre toutes les maladies, chez le sieur d’Aiguillon de la Ferté, à 6 liv. l’once, et aux pauvres gratis : Et on y instruit de son usage ceux qui en prennent, dont il dit aussi que 6 goutes prises dans ce qu’on voudra, est un préservatif cordial pour maintenir la santé. Il donne avis de plus, qu’il vend de l’eau[364] des dames vénitiennes pour embellir et entretenir le visage[365], à un écu l’once ; et qu’il donne gratis aux pauvres une excellente emplastre pour les dents. Il loge au Marais rue de Limoges, près la fontaine du Calvaire[366], à la première porte cochère à main droite.

[364] Ce seroit, dit-on, l’eau de melisse, qui se vendoit déjà dans les premiers temps de Louis XIII et dont les Carmes de la rue de Vaugirard finirent par accaparer le monopole. V. Le Vieux-neuf, 2e édition, p. 626.

[365] On trouve les recettes des Dames vénitiennes pour se « blondir les cheveux » et se rajeunir le visage dans un manuscrit des archives de Venise, Recitario della contessa Nani, dont MM. A. Baschet et Feuillet de Conches ont publié une traduction : Les femmes blondes de l’école vénitienne, pet. in-8o.

[366] Appelée aussi alors fontaine de l’Échaudé, et des Comédiens du Marais (V. p. 330). Elle se trouve au carrefour des rues de Limoges, de Poitou et Vieille-du-Temple, vis-à-vis d’un cabaret de cette dernière rue, qui porte encore son enseigne sur sa grille avec cette inscription Av Soleil d’Or. C’est là que fut maintes fois mystifié le petit Poinsinet. (Poésies satyriques du XVIIIe siècle, 1788, in-12, t. I, p. 99.)

53. Vingt cinq pièces de pierres de ruyne[367] très bien assorties et disposées pour faire un grand cabinet ou un grand tabernacle. Adr. au Bureau.

[367] « On donne ce nom à certaines pierres figurées, sur lesquelles on voit des représentations de vieilles ruines aussi naturelles que si elles étoient l’ouvrage du pinceau. » L’abbé Prévost, Manuel lexique, 1755, in-12, t. II, p. 380.

90. Deux chevaux gris avec la chaise roulante à vendre pour 500 l. Adr. chez M. Menu, procureur au Chastelet, au coin de l’hostel de Bourgogne.

57. L’artisan chrestien, ou la Vie du Bon Henry, maistre cordonnier à Paris, instituteur et fondateur des Communautez des frères Cordonniers et Tailleurs[368], se vend à Paris, chez G. Desprez dans la r. S. Jacques à l’Image S. Prosper.

[368] Son vrai nom étoit Henri-Michel Bunch. Simple garçon cordonnier, il avoit, en 1645, établi la communauté des Frères de son métier, à l’imitation de laquelle fut, peu après, créée celle des frères Tailleurs. V. plus haut, sur l’une et sur l’autre, p. 61 et 67.

62. Une montre à boîte d’argent, ovale, sonnerie et réveil, et tous les mouvements excellents à vendre pour 10 pistoles. Adr. au Bur. où on la fera voir.

85. Le sieur Bridaut maistre diamantaire[369] continue à vendre quantité de diamant, excellent à couper le verre, qui luy sont venus depuis peu à prix raisonnable. Adr. aud. sieur Bridaut dans la Monnoye.

[369] On appeloit ainsi l’ouvrier qui taille le diamant.

63. La grande carte généalogique royale de France de M. Thuret[370] se débite au cadran S. Honoré[371], chez une lingère à la 4. chambre, chez M. Roger imager, sur le quay de l’Horloge, et chez M. Jaquinet graveur r. S. Anthoine, vis à vis l’hostel de Sully.

[370] Nous ne connaissons pas cette carte généalogique d’Antoine Thurel et non Thuret, qui prenoit le titre d’ancien prieur de Notre-Dame-de-Homblières. Le plus ancien ouvrage que Guigard, Biblioth. héraldique, p. 153, cite de lui est la Table chronologique et généalogique des rois de France, 1687, gr. in-fol.

[371] Ce cadran se trouvoit rue Saint-Honoré, au-dessus de la porte du cloître. V. Segrais, Œuvres, t. II, p. 152.

72. Un collier de fort belles perles de belle eau et assez grosses, entrenettes, d’environ 1,500 l. Adr. chez M. Bidaux aux Galleries du Louvre.

75. Les pensées de M. Paschal sur la Religion et sur d’autres sujets, trouvées dans son Cabinet après sa mort, sont imprimées, et se vendent à Paris chez G. Després, r. S. Jacques, à l’Image S. Prosper[372].

[372] C’est la première édition des Pensées. L’annonce précédait la mise en vente. L’achevé d’imprimer n’est, en effet, que du 2 janvier, et déjà notre Liste des avis, datée du 1er, dit qu’elles ont paru.

91. Un beau cheval de selle gris pommelé à vendre. Adr. chez M. le Président Tubeuf, rue Vivien[373], derrière le Palais Royal.

[373] Le président Tubeuf, après avoir vendu à Mazarin, pour qu’il agrandît son palais, l’hôtel situé à l’angle des rues de Richelieu et des Petits-Champs, étoit allé habiter, rue Vivienne, celui devant lequel fut percée la rue Colbert.

92. Un carrosse vitré à 2 fonds de moyenne grandeur de velours rouge cramoisi à ramages à 3 glaces[374], et le train neuf à vendre. Adr. chez messieurs Tubeuf[375], r. Montmartre, vis à vis S. Joseph.

[374] « L’usage des glaces aux carrosses nous vient d’Italie. Bassompierre est le premier qui l’ait apporté en France. » Longueruana, t. I, p. 109.

[375] Ce sont les fils du président nommé tout à l’heure. Tallemant, t. VII, p. 313-314, parle de l’un d’eux, Charles, conseiller au Parlement, maître des requêtes.

97. On continue jusqu’à la feste de la Purification[376] à vendre les plus belles curiositez du Cabinet de M. Gosseneau[377], depuis 2 heures après midy jusqu’à 6 heures du soir, r. et proche la Monnoye.

[376] 2 février.

[377] Nous croyons qu’il faut lire Gosseau, comme dans la liste des curieux donnée par Spon en 1673. Il habitoit alors près des Carmélites, et peut-être, lorsqu’il vendit, comme on le voit ici, une partie de ses curiosités rue de la Monnoie, étoit-ce pour s’épargner l’ennui de les déménager.

59. On a perdu dès le mois d’octobre dernier une Eolipile, ou soufflet de cuivre rouge en forme de teste qui souffle[378]. Adr. à M. Audry, r. de la Ferronnerie à la Lampe.

[378] Il a déjà, dans une de nos notes, été question de l’eolypile. Nous n’y reviendrons que pour dire comment elle servoit à Descartes pour expliquer l’origine du vent : « Vous demandez, écrit l’abbé de Fleury (Nouveaux opuscules, p. 370), comment se fait le vent, et vous avez recours aux trésors de Dieu. Descartes dit : je vais vous en faire. Il prend une Eolipyle, qu’il remplit d’eau à demi, et la met devant le feu ; l’eau échauffée et raréfiée chasse l’air avec violence, qui souffle le feu. Voilà le vent. » Mussenbrok en possédoit plusieurs d’une grande curiosité dans son cabinet à Leyde : « Une éolipile, par le moyen de laquelle on change l’eau en air… Une éolipile attachée sur un petit charriot, et courant sur le pavé d’une rapidité extraordinaire, par la vapeur qui en sort, etc. » (Catal. des Instrum. de physique, etc., que l’on trouve chez Jean Van Musschenbroek, 1725, in-8o, de 12 p., p. 7.)

62. Celuy qui a le secret infaillible de guérir le miserere, demeure toujours chez M. Le Maire, Peintre du Roy[379], r. S. Thomas du Louvre devant l’hostel de Longueville.

[379] François Lemaire, reçu de l’Académie de peinture en 1657. Il mourut en 1688.

73. Un moulin à bled portatif et aisé à placer où l’on veut, pour moudre à la main, à une et à 2 manivelles à vendre. Adr. au bureau, où on le fera voir s’il est besoin.

100. On continue à vendre d’excellent vin de Beaune et de Volnay en gros et en détail, r. S. Louis au Marais, au coin de la r. S. Anastase.

101. Une personne de condition va faire vendre d’excellent vin de Volnay et de S. Aubin en gros et en détail dans la r. de Richelieu, joignant le logis de M. Le Roy : La Cave sera ouverte après les Roys.

103. Un carrosse à 2 fonds, doublé de damas et velours cramoisi, avec 2 glaces de Venise, le tout fort bon, et le train neuf à vendre à prix raisonnable. Adr. au sieur de Turny à l’échelle du Temple[380], où il faut demander Dupré, et y aller depuis 8 heures du matin jusqu’à 10 pour le trouver.

[380] Échelle patibulaire de la Justice du Temple, placée au coin de la rue des Vieilles-Haudriettes, qui lui dut un de ses anciens noms, et de la rue du Temple. Il en est parlé dans les registres du Châtelet de 1391, et, jusqu’à l’époque de la Fronde, elle resta intacte. Elle fut brûlée alors par quelques gentilshommes frondeurs. Il ne resta qu’un des montants. V. dans le La Fontaine de la Collect. Elzevirienne, t. III, p. 259, une note communiquée par nous.

105. Le Recueil de tous les Vers mis en chant jusqu’en 1670, en 6 vol.[381] faisant près de 2,000 chansons : se vend ensemble ou séparément chez C. Barbin et G. de Luines au Palais, et chez un Chandelier devant la Croix des Petits Champs[382] ; avec les livres d’airs gravez de M. Lambert[383], in-4o et in-8o, et un traité curieux de la méthode de chanter, le tout en gros ou en détail.

[381] C’est le Recueil des plus beaux vers qui ont été mis en chant, publié d’abord en trois parties par Charles Sercy, 1661, in-12, et repris par Barbin et De Luynes, qui l’augmentèrent de trois parties nouvelles en le continuant de 1661 jusqu’à 1670. Je ne crois pas qu’ainsi complété il se trouve dans aucune bibliothèque. Brunet, du moins, dernière édition, t. IV, col. 1167, n’en signale pas d’exemplaire.

[382] Ou Croix de Bon-Puits. Elle se trouvoit au carrefour des rues du Bouloy et des Petits-Champs, qui, à cause d’elle, s’appela plus tard et s’appelle encore rue Croix-des-Petits-Champs.

[383] V. sur lui, t. I, p. 205.

106. Un grand Théorbe de Gaspar[384], d’autres petits et 3 Luths, portraitz de Nanteuil[385] et autres grandes Thèses à bordure[386] à vendre ou troquer, et toutes sortes de livres à vignettes, reliez en maroquin pour la musique et le luth, à un écu la pièce. Adr. chez M. Quichardet, vis à vis la Croix des Petits Champs.

[384] Antérieur aux Amati, il travailla de 1560 à 1610. Il marquait ses instruments de cette étiquette : Gaspar da Salo in Brescia.

[385] Robert Nanteuil, si célèbre comme graveur de portraits, et qui étoit alors dans toute sa gloire.

[386] Ce sont ses thèses à frontispice et à bordures gravés, « toujours bonnes à garder pour l’image », comme dit la Toinette du Malade imaginaire.

115. Ceux qui voudront faire rentraire des vieilles tapisseries, et les faire remettre en couleur, ou en raccommoder les relais, n’auront qu’à s’adresser à M. Lourdet Tapissier du Roy à la Savonerie qui est une des maisons de l’Hopital général[387].

[387] V. une des notes précédentes, p. [320]. Trois ans après, la Savonnerie était redevenue un établissement royal. Nous lisons, en effet, dans le Récolement des Archives de l’assistance publique par M. Brièle, 1877, in-8o, p. 157 : « Arrêt du Conseil du 22 août 1673, par lequel le Roi reprend la maison de la Savonnerie, dont il avoit fait don à l’Hôpital général, pour lequel cette maison étoit une trop lourde charge. »

118. Biblia Heintenij cum figuris[388], Biblia Benedicti[389] en grand papier, et la bible des 70 en grec, avec les diverses leçons[390] à vendre, ensemble et séparément. Adr. au Bureau.

[388] C’est la Bible, préparée par Jean Henten et publiée à Francfort, en 1566, in-fol., sous ce titre : Biblia ad vetustissima exemplaria nunc recens castigata. Les figures sont au nombre de 127, gravées sur bois.

[389] Voici le titre de la première édition : Biblia sacra latina, juxta Vulgatam, cura Jo. Benedicti, Parisiis, 1549, in-fol.

[390] Ce doit être celle dont voici le titre : Divinæ Scripturæ, nempe Veteris et Novi Testamenti omnia, græce, a viro doctissimo recognita et emendata, variisque lectionibus… aucta et illustrata. Francfort, 1597, in-fol.

120. Deux jeunes chevaux entiers de carrosse, bay brun, à vendre chez M. le Président Tubeuf, r. Vivien, derrière le Palais Royal[391].

[391] V. une des notes précédentes, p. [323].

Demandes.

8. On demande une terre relevant du Roy[392], depuis 10 jusqu’à 30 lieues de Paris, et depuis 100 jusqu’à 150,000 l. ou plus. Adr. au bureau.

[392] C’est-à-dire n’ayant que lui pour seigneur.

12. On demande une maison depuis 4 jusqu’à 8 lieues de Paris, sur le bord des rivières de Marne ou de Seine, en remontant depuis 4 jusqu’à 800 l. de revenu, bien bastie, où il y ait un jardin raisonnable, des bois, prez et terres. Adr. chez M. Guerin prestre de S. Louis, dans l’Isle Nostre Dame, rue Poultière[393].

[393] C’est le nom féminisé de la rue de l’Ile Saint-Louis, dont Le Poulletier, associé de Marie pour les constructions de ce quartier, avoit été le parrain.

22. On demande une terre à 8, 10, 12, ou 15 lieues de Paris, de 30 jusqu’à 40,000 l., où il y ait de l’eau. Adr. au bureau.

23. On demande un carrosse à 2 fonds de velours et vitré, du prix de 4 à 500 l. Adr. à M. de Sêve de Plateau, dans l’Isle Nostre Dame sur le Quay de Bourbon.

30. Si quelqu’un a un cheval gris pommelé entier, à vendre, d’une médiocre taille, ou si on en veut acheter un semblable pour appareiller[394] : on pourra s’adresser chez le sieur Pecou mareschal, rue de la Harpe, proche la rue du Foin.

[394] Dans l’avis publié par le Mercure de septembre 1717, p. 181, le nouveau directeur du Bureau d’adresse rappelle avec une certaine satisfaction que Louis XIII avoit ainsi « appareillé » un de ses équipages : « Ce prince, dit-il, après plusieurs recherches inutiles pour découvrir un cheval de poil Isabelle, qui pût assortir à un de ceux qui traînoient son petit carrosse, eut recours au Bureau d’adresse qui luy en indiqua un. C’est ce qui engagea Louis XIII à lire les listes du Bureau, et cette lecture a souvent mis en place des personnes qui n’étoient redevables de leurs emplois qu’à cet établissement. »

30. On demande une chocolatière d’argent[395] qui n’ait guières servy. On la payera tout ce que vaut le marc, et quelque chose de façon si elle n’est pas mal conditionnée. Adr. au Bureau.

[395] C’étoit un ustensile alors assez nouveau, l’usage du chocolat n’ayant guère commencé à Paris que vers 1658 ou 1660. V. Mém. d’Audiger, limonadier à Paris, nouv. édit., 1869, in-12, p. 367, et Correspond. administ. de Louis XIV, t. III, Introduction, p. LIII.

31. Si quelqu’un a les livres suivants imparfaits, et les veut vendre ; sçavoir le 1 tome d’Horace de M. de Marolles, le 3 tome des leçons de Canisius[396], H. Rosvitæ opera de Sanctis Germaniæ in-fol. Norimbergæ, 1601[397], Metam. Ovidii cum indice Pompeii Pasqualini, 1614, in-8o. Il peut s’adresser au libraire du Grand Conseil dans le Cloistre S. Germain.

[396] Il s’agit des Antiquæ lectiones de H. Canisius, 1601-1608, 7 vol. in-4o.

[397] Nous n’avons vu indiqué nulle part cet ouvrage de Hrosvita.

46. On demande 6 ou 8 feuilles de paravent simples et assez honnestes. Adr. au bureau.

87. On demande un lit de 4 pieds ou environ de largeur, du Camelot de Hollande, doublé de quelque petit satin bien propre, avec des sièges revenans. Adr. chez un bourrelier, qui est au milieu de la rue des Juifs.

66. On demande un fauteuil renversé à cremillière[398], qui soit fort bon et bien garny sans housse. Adr. au bureau.

[398] Lisez cremaillère. Richelet, du reste, admet l’orthographe que nous voyons ici : « chaise à cremilière, dit-il, ou chaise de commodité. » Le Théâtre-François possède encore, parmi ses accessoires, de ces vieux et énormes fauteuils dont le dossier se renverse ou se remonte à l’aide d’une crémaillère. Molière en possédoit un de ce genre. (Eud. Soulié, Recherches, p. 267.)

119. On demande une terre en titre de comté ou de marquisat, ou fort seigneuriale, de 40 à 50 mil écus, à 20 ou 30 lieues de Paris, du costé de Chartres ou le Vexin françois, dans le ressort du Parlement de Paris. Adr. chez M. Rautier épicier, r. Montmartre près la rue Tiquetonne.

Nota, qu’il ne faut point avoir d’égard au num. 69 de la pag. 8[399] parce que, par le moyen de la communication du Registre, cet article a esté expédié comme les autres defaillans, avant qu’on eust achevé d’imprimer.

[399] Ici cet article est à la p. [315].

Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis à quinze deniers la pièce.

Il y aura un escriteau pour les remarquer.

Rue de la Verrerie au coin de la rue de la Poterie, M. Bullot, chandelier.

Vieille rue du Temple, près la fontaine des petits Comédiens[400], M. Cagnard, chandelier.

[400] V. sur cette fontaine, p. 321. On appeloit Comédiens du Marais ceux dont le théâtre, où Corneille fit jouer la plupart de ses pièces, se trouvoit à peu près à l’endroit occupé aujourd’hui par le no 90 de la rue Vieille-du-Temple, derrière l’École centrale, établie, comme on sait, rue de Thorigny, dans l’ancien hôtel d’Aubert, traitant de la gabelle du Sel, auquel il avoit dû son nom d’Hôtel-Salé. V. Tallemant, édit. P. Paris, 391, et IX, 451.

Rue Grenier saint Lazare, près la rue Beaubourg, M. Macé chandelier.

Rue Montmartre, proche la rue du Mail, M. Cazimir chandelier.

Rue saint Honoré aux bastons Royaux[401], au Bureau des carrosses.

[401] V. plus haut.

Rue Taranne au fauxbourg saint Germain, au coin du carrefour saint Benoist, M. Rossy chandelier.

Rue S. Jacques vis à vis S. Yves, à la Toison d’or, M. Le Petit et Michallet libraires.

Sous la porte S. Marcel, M. de S. Denis marchand.

Isle Nostre Dame, au carrefour de la rue des deux ponts, M. Bichebois chandelier.

Rue saint Antoine, près la Place Royale, au Bureau des carrosses.

A la descente du Pont Marie, proche la Barrière, M. Pierre Paul limonadier[402].

[402] Un café existe encore au même endroit. C’est un des plus anciens, sinon le plus ancien de Paris.

Rue de la Vieille draperie, au milieu, à la Vision de Jacob, M. Horait chandelier.

Grande Sale du Palais vis à vis la grand’Chambre, M. de Ligny.

Au bout du pont S. Michel, rue de la Boucherie, M. Moet libraire à S. Alexis.

Au Bureau d’adresse, rue Thibault aux dez.

Dans tous ces bureaux on ne débitera jamais de listes vieilles, mais seulement ceux de la Quinzaine suivante. S’il s’en trouve ailleurs, on n’y doit point avoir d’égard.

Avec privilège et permission.

LISTE GÉNÉRALE
DU
BUREAU D’ADRESSE ET D’AVIS

PAR PRIVILÈGE DU ROY.
Du 7 Aoust 1688[403].

[403] V. Introduction, p. xlj.

L’on continüera à l’avenir de faire imprimer notre Liste d’avis tous les quinze jours, afin que le public puisse avoir le temps de se reconnoistre.

On ne remet sur cette liste que quelques uns des articles qui estoient sur la précédente, et dont le droit a esté payé.

Les domestiques de l’un et l’autre sexe viennent continuellement au Bureau, où l’on les examine avec beaucoup d’exactitude, aussi bien que leurs repondans, pour les pouvoir produire en seureté à ceux qui en viennent demander.

A vendre.

1. Une tres belle maison scize rue de la Verrerie, proche S. Mery, louée à présent à une seule personne 1800 liv.

2. Une maison à porte cochère très bien bastie, scize à Soisy sous Etiole[404], six lieues de Paris, proche la rivière de Seine, grand Jardin clos de murs[405], vignes, et autres choses dont on fournira un estat au Bureau, du prix de 10,000 liv.

[404] C’est aujourd’hui une commune d’un millier d’habitants dans le canton de Corbeil.

[405] C’étoit un point très important alors, car ne faisoit pas qui vouloit enclore de murs parc ou jardin ; on en a la preuve par les registres du Parlement, où l’on trouve par exemple, à la date du 30 mai 1663, confirmation des lettres portant permission à Le Tellier de faire enclore six cents arpents de terre en son parc de Chaville.

3. Un cheval entier avec tous ses crains, poil bay, de bonne taille, âgé de six ans, fort vigoureux, propre pour la selle et pour le manege, du prix de quarante loüis d’or[406], avec douze jeunes chiens courants blanc et noir entre deux tailles, bons pour le chevreuil et lièvre, du prix de vingt quatre loüis d’or.

[406] Ces chevaux de selle et de manège, toujours bien supérieurs comme prix aux chevaux de labour, se vendoient quelquefois jusqu’à quinze cents livres. V., dans les Mémoires des Intendants, celui de la Généralité de Limoges, au chapitre des Haras.

4. Une chaise roulante à ressorts à deux places pour un cheval, garnie de drap gris, et d’une campanne soye[407], l’imperialle ronde[408], avec les harnois de deux chevaux, du prix de 120 liv.

[407] La campane étoit un ornement à franges, dont la forme étoit celle d’une cloche (campana).

[408] L’impériale, lorsqu’elle étoit ronde comme ici, faisoit sur le dessus des carrosses et chaises l’effet d’une couronne d’empereur. De là son nom, encore aujourd’hui en usage.

5. Pour 60,000 liv. de rente sur l’Hôtel de Ville, en plusieurs contracts créés au denier dix huit[409], et qu’on veut vendre au denier vingt ; l’argent sera employé en acquisition de fonds, dont on fournira un estat à la charge du decret.

[409] C’est-à-dire un denier d’intérêt pour dix-huit prêtés, ce qui équivaut à un peu moins de six pour cent, comme le denier vingt à cinq pour cent environ.

6. Une maison à porte cochère scize à Gentilly, très belle et bien bastie, où il y a toutes sortes de commoditez, avec un grand jardin clos de murs, garny d’arbres fruitiers, du prix d’environ 7,000 liv. Il y a seureté pour l’acquisition ; on s’accommodera du prix pourvu qu’il y en ait la moitié ou le tiers comptant : on aura au Bureau un estat plus au long de la dite maison.

7. Un lit de bois noyer de six pieds de large, garny d’un somier de paille, matelat, lit de plume et courte pointe serge de S. Lau[410], couleur d’ecarlatte, avec sa housse mesme serge et couleur, du prix de 120 liv. Quinze petites chaises pour la table couvertes de mocades[411] à fleurs de plusieurs couleurs à fond vert de 3 liv. pièce. Une grande aumoire[412] bois sapin à deux portes fermant à clef, servant de garde-meuble, du prix de 40 liv. et une chaise bourgeoise à porteur, garnie d’une étoffe de soye de 30 liv. Le tout bon et de hasard, et qu’on vendra ensemble ou séparément.

[410] Lisez Saint-Lô, dont la fabrication de la serge est encore une des industries.

[411] C’est une forme du mot « moquette », qui se rapprochoit davantage de camocas, nom de l’étoffe bien connue au moyen âge, dont la moquette ou mocade étoit une imitation plus moderne. V. plus haut, p. 315.

[412] Le peuple, qui dit « ormoire » pour armoire, se rapproche par sa prononciation de la forme du mot, telle qu’elle est ici, et en même temps de la racine latine, aumarium, lieu secret, cachette, suivant le sens que ce mot a dans Pétrone (édit. Burmann, p. 868). Aumoire ne fut remplacé que fort tard par armoire. Il se trouve dans le Roman du Renard, vers 3 et 259, et, comme on le voit ici, il étoit encore usuel au XVIIe siècle. L’annotateur du Catalogue Soleinne, t. I, p. 227, le rencontrant dans une pièce du même temps, Le Murmure des femmes, croit par erreur qu’il vient d’aumusse. — Ajoutons qu’« armoire » toutefois s’employoit déjà. On le trouve dans le Journal de Fr. Colletet, 3 sept. 1676, avec des détails sur ce genre de meuble, tel qu’on le travailloit de son temps : « On sçait, dit-il, une belle paire d’armoires à vendre, toute neuve, et fort bien travaillée à deux grands guichets brisez, pour serrer des habits, du linge ou d’autres hardes : Elle est de ces beaux bois ondoyez, et faite par un bon ouvrier : et elle pourroit estre commode même pour serrer des livres curieux et particuliers dans une Bibliothèque. »

8. Une très belle maison à porte cochere bien bastie, située au Plessis-Chenet, paroisse du Coudray[413], sept lieues de Paris, proche la rivière de Seine, avec jardin, clos de vingt quatre arpens, où il y a pré, terre, vigne, bois taillis et d’haute fustaye, et plusieurs autres belles commoditez, du prix de 12,000 liv. On aura au Bureau un estat au long de la dite maison.

[413] Le Plessis-Chenet est aujourd’hui un écart de la petite commune du Coudray-Monceaux, dans le canton de Corbeil.

9. Une charge de somier de vaicelle[414] ordinaire de chanssonnerie[415] chez Madame la Dauphine à franc estrillé[416], qui jouit de tous les privilèges aux gages fixes de 300 liv. par an[417], payez par quartier, avec logement et bouche à cour[418] du prix de 4,000 livres.

[414] Le sommier de vaisselle avoit pour office le transport sur un cheval de somme ou sommier de la vaisselle dont avoit besoin la maison du roi, ou celles des princes et princesses quand elles se déplaçoient.

[415] Lisez « échançonnerie ».

[416] C’est-à-dire, affranchi de la nécessité de fournir le cheval, le sommier.

[417] C’était le double chez le roi. Le sommier de vaisselle touchoit 600 l. Il en avoit même eu longtemps 660, comme le sommier de bouteilles.

[418] C’est-à-dire, nourri à la Cour.

10. Deux grands chevaux de carrosse poil noir, du prix de 300 liv.

11. Une charge de peintre à la garde robbe du Roy[419], qui jouit de tous les privilèges, aux gages de 60 liv. par an, du prix de 1,000 liv.

[419] Nous n’avons pas trouvé mention de cette charge, dont l’exiguïté des appointements dit le peu d’importance, dans les États de France de cette époque.

12. Une maison à porte cochere scize à Argenteuil, proche la rivière, en deux corps de logis, avec cour, puis, et jardin d’un arpent clos de murs, du prix de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au long de la dite maison.

13. Une maison à porte cochère en cette ville, au quartier S. André des Arcs, en trois corps de logis, grande basse cour, remise de carrosses, et autres commoditez, du prix d’environ 40,000 liv., louée à présent 1,800 liv.

14. Une tapisserie de verdure de Flandres, en sept pièces, de dix huit aulnes trois quarts de tour, doublée tant plain que vuide, sur deux aulnes deux tiers de haut, avec six soubassemens de fenestre mesme tapisserie ; un lit de six pieds de long, sa housse de tabis[420] vert, garni d’un somier de paille, matelat, lit de plume, couverture d’Angleterre, huit fauteuils, et quatre chaises avec leurs housses, moitié mesme tabit, moitié d’une tapisserie à l’éguille couleur de roze, une fontaine de cuivre, et une garniture de feu fort poly, le tout du prix d’environ 800 liv. A vendre séparément ou ensemble.

[420] C’étoit ce que nous appelons « moire » aujourd’hui. Nous l’avions emprunté aux Orientaux qui le nomment ôtabé et le mélangent de coton.

15. Une tapisserie de verdure de Flandre, neuve en six pièces, de dix-huit aulnes et demy de tour, sur deux aulnes, deux tiers de hault, du prix de 900 liv.

16. La Terre et Seigneurie de la Vallée, située dans la province du Berry, à dix lieues de Bourges et sept de Gien, entre Cosne et Sanserre[421], à deux lieues de la rivière de Loire, le revenu de la dite terre consistant en droits seigneuriaux, terrage, rentes, tuillerie, estangs, garennes, six fermes, et plusieurs autres héritages dépendant de la dite Terre, du prix de 80,000 liv. Le revenu estant de 4,000 liv. à le faire valoir par ses mains, et de 3,000 liv. de bail à ferme. On fournira au Bureau un estat au long d’icelle.

[421] La Vallée est aujourd’hui une petite commune du canton de Lormes dans la Nièvre.

17. Une maison a porte cochere, scize à Cormeil, trois lieues de Paris, en deux corps de logis, cour, puits, et jardin derrière ; attenant lequel il y a une grange à foin ; le tout du prix de 4,000 liv. On donnera au Bureau un estat au long de la dite maison.

18. Cinq cens arpens de bois taillis, d’environ dix ans de coupe, scituez à une lieue du port de Nogent sur Seine, en deux coupes égales ; l’on affermera le tout, ou une seule coupe, à commencer au mois d’octobre prochain ; ou si on veut en achepter le produit tous les ans, on le vendra, et du tout on fera bonne composition.

19. Une charge d’ayde de Panneterie chez le Roy[422], qui jouit de tous les privilèges aux gages fixes de 225 liv.[423] et 150 liv. de profits, le tout payez reglement à la fin du quartier de Juillet pendant lequel on sert[424] et est nourry, pour 5,000 liv.

[422] Il y avoit chez le roi douze de ces aides dans la panneterie-commun.

[423] Ces gages avoient été longtemps de 300 livres.

[424] Il seroit plus clair de dire que celui qui veut ici vendre sa charge servoit pendant le quartier de juillet.

20. Une charge de garde du Roy en la prevosté de l’hostel[425], sous la charge de Monsieur le Marquis de Sourches, grand prevost de France[426], qui jouit de tous les privileges, aux gages de 272 liv. 10 sols[427], à servir pendant le quartier de Janvier, du prix de 3,050 liv.

[425] Ces gardes étoient au nombre de cent, y compris les douze qui portoient le titre d’exempts.

[426] V. sur lui, t. I, p. 74.

[427] « Ils ont, dit l’État de France, 1692, in-12, p. 444, qui leur attribue les mêmes gages, 60 livres d’extraordinaires et quelques gratifications lorsque S. M. touche les malades. » V. sur cette cérémonie t. I, p. 21.

21. La Terre et Seigneurie de Cléry, scize à douze lieues de Paris[428], consistant en chasteau pour le Seigneur, et appartement séparé pour le Fermier, clos fermé de murs, jardins, prez, terres, bois, et autres choses en dépendant, mesmes les droits honorifiques, du prix d’environ 25,000 liv.

[428] Il reste de cette seigneurie un hameau du canton de Marines dans l’arrondissement de Pontoise. Les seigneurs de Cléry, qui avoient leur importance dans cette contrée, possédoient aussi un hôtel à Paris, rue Montmartre. C’est sur son emplacement que fut ouverte, en 1633, la rue qui porte encore leur nom. En 1688, quand « la terre et seigneurie » furent mises en vente, comme nous le voyons ici, Claude de Poissy, chevalier, en étoit seigneur.

22. Une belle maison couverte d’ardoise, à porte cochere, scize sur le bord de la rivière entre Brie et Corbeil, tres bien bastie, et où il y a plusieurs beaux et magnifiques logements, avec une chapelle, grande basse cour, jardin, enclos de huit arpens fermé de murs, prez, terre, bois taillis et haute fustaye, canal, vivier, et generalement toutes les autres commoditez qu’on peut souhaiter, du prix d’environ 30,000 liv. On aura au Bureau un estat au long de la dite maison.

23. Une chaise bourgeoise de porteur[429] presque neuve, garnie de brocatelle[430], avec une crépine de soye, d’environ 70 liv.

[429] La chaise de porteur ou à porteur « bourgeoise » se distinguoit des autres parce qu’elle étoit sans armoiries.

[430] Étoffe de fil et de laine, qui se fabriquoit en Flandre et qu’on appeloit aussi soit mazeline, soit étoffe de l’apport-Paris, à cause du grand commerce qui s’en faisoit dans ce quartier-là.

Demandes à achepter.

24. On demande à achetter une maison logeable en fief ou roture[431], avec clos, jardin, prez, terres labourables d’environ 20,000 liv., mais il ne faut pas qu’elle soit plus éloignée de 4, 5 ou 6 lieues de Paris.

[431] C’est-à-dire, sans aucun titre ni droit seigneurial.

25. Une tapisserie verdure, Flandre ou Auvergne[432], de dix huit jusqu’à vingt quatre aulnes de tour plus ou moins, sur deux aulnes et demy d’hauteur, bonne et de hazard.

[432] Les manufactures des tapisseries d’Auvergne étoient une création de Colbert qui faisoit une rude concurrence à celles de Felletin, comme on le voit par un arrêt du Conseil du 21 août 1691 sur les droits d’entrée. Jabach, qui les avoit visitées pour Colbert, en 1688, lui en avoit rendu le meilleur compte. (Corresp. de Colbert, t. V, p. 520.)

26. On demande à achepter une terre en fief à dix ou douze lieues de Paris, où il y ait maison logeable, clos ou jardin, terres labourables, prez et bois, du prix d’environ 5,000 liv.

27. Une tapisserie verdure de Flandre, ou Auvergne, qui ait depuis seize jusqu’à dix huict aulnes de tour, plus ou moins, de l’hauteur ordinaire, avec un bureau propre et en estat de servir à un marchand, le tout bon et de hazard.

28. Une charge chez le Roy de 15,000 à 16,000 liv., à condition que le vendeur se chargera de l’agréément et reception de l’achepteur, et qu’il luy remettra toutes les pièces nécessaires en main.

29. Une maison en fief ou roture qui soit logeable, et où il y a clos ou jardin, prez, terres, vignes et bois, proche la rivière de Seine en montant, ou sur le chemin de Paris à Orléans, distante de Paris depuis cinq jusqu’à huit lieues, et dans l’élection de Paris, d’environ 10,000 liv.

30. Deux garçons allemands de l’âge de vingt deux ans, qui ont fait toutes leurs estudes, et dont l’un sçait jouer du clavessin et du violon, demandent condition, soit valet de chambre[433], ou précepteur pour enseigner le latin et l’allemand[434].

[433] A cette époque, valets de chambre ou laquais jouoient presque tous du violon. De cette façon, lorsqu’ils avoient fini leur service, on savoit, aux dépens de ses oreilles il est vrai, ce qu’ils faisoient. L’Olive, le valet du Grondeur, joue du violon. V. acte I, sc. 1 ; et aussi Lemontey, Hist. de la Régence, t. II, p. 319.

[434] Nos guerres avec l’Allemagne avoient rendu cette étude assez ordinaire dans les grandes familles. La Bruyère, par exemple, savoit l’allemand et l’avoit enseigné à son élève, petit-fils de Condé.

31. Une tapisserie d’Auvergne depuis quatorze jusqu’à dix sept aulnes de tour, plus ou moins, sur deux aulnes et demie d’hauteur, avec un miroir glace de Venize de 25 à 30 pouces de haut, le tout bon et de hazard.

Advis généraux.

Un particulier donne advis au public qu’il possede un secret admirable et indubitable pour guérir toutes sortes de diarées, dissenteries, et flux epatique, qui ne demande a estre satisfait qu’après parfaite guérison des maladies.

Un autre particulier guérit la goute, paralisie, ydropisie, rumatismes, toutes sortes de fièvres, et les maux vénériens, sans qu’on soit obligé de garder la chambre.

Un particulier enseigne le toisé et l’arpentage, les fractions de fractions, le négoce, et change étranger, et l’arithmétique en toutes ses parties pour toutes sortes de professions étrangères, et autres, en un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles. Plus les rédactions des poids et mesures étrangères, et autres, les évaluations, racine carrée et cube, règles de canonier, de navire et autres vaisseaux, la construction du carré magique[435] par progression géométrique en proportion double, la carte[436], et plusieurs autres sciences, et du tout donne des leçons par écrit.

[435] On appeloit ainsi un carré formé de plusieurs cases, dans lesquelles on plaçoit des nombres dont la somme prise en tous sens étoit la même.

[436] C’est le nom qu’on donnoit à la géographie. Pour dire qu’on l’avoit apprise, on disoit, selon Richelet, qu’on savoit « la carte ». Il est aisé de comprendre, d’après cela, la locution populaire : « perdre la carte ».

Ceux qui auront quelque chose à commercer, vendre, achepter, troquer, ou loüer, prendront la peine s’ils ne veulent pas venir eux mesmes au Bureau, d’envoyer un Laquais avec un Mémoire instructif, et on leur donnera satisfaction.

Ceux qui ont de grandes maisons dans Paris, ou à la campagne, et qui faute de les rendre publiques demeurent à les louer, parce que la pluspart des gens de qualité, et autres, ne lisent pas les affiches qui sont au coing des rues, n’auront qu’à envoyer le mémoire au Bureau, pour estre mis sur la liste.

Les maistres des auberges, des académies, des écoles, des sciences, des messageries, et autres qui souhaitent de rendre leurs establissements publics, n’auront qu’à envoyer au Bureau leurs qualitez, leurs enseignes, lieu et demeure, et l’on les enregistrera, pour estre dans la suite indiquez aux estrangers, et à ceux qui viendront s’en informer au Bureau.

Les Huissiers qui doivent aller en campagne dans les Provinces, viendront le déclarer au Bureau, et l’on leur envoyera les gens qui ont à faire dans les dites provinces pour s’emboucher[437] avec eux[438].

[437] Pour « s’aboucher », mot qui n’avoit encore cours que chez les gens de distinction et dans les livres.

[438] Un passage du Journal de Colletet, à la date du 3 octobre 1676, nous donne l’explication de celui-ci sur les singuliers trafics des Huissiers, qui, lorsque les affaires chômoient à Paris, en achetoient en province pour s’entretenir la main : « Comme il y a, dit Colletet, des gens qui se plaisent dans la sollicitation des affaires, et qui en acheptent mesmes quand les leurs sont finies de peur de languir dans l’oysiveté, et pour y gagner leurs peines : nous leur donnons avis, notamment si ce sont des Huissiers, qui font des courses à la campagne, que nous leur ferons vendre à bon compte divers billets, cédulles et promesses, dont ils pourront faire leur profit, de particuliers encore vivants, deubs pour nourriture, logement et entretien, au payement de quoy plusieurs sont condamnez par sentence des Consuls. »

Ceux qu’ils veulent achepter ou vendre des rentes, emprunter de l’argent et en placer, vendre des maisons et héritages, soit à Paris ou à la campagne, s’adresseront au Bureau.

Ceux qui ont des Bénéfices à permuter et à donner à ferme, des charges à vendre ou à achepter, soit à Paris ou en Province, des bois à couper, des estangs à pescher, et qui font faire des inventaires forcés ou volontaires, prendront la peine de le venir déclarer au Bureau, ou envoyer un Mémoire instructif, et l’on en advertira le public par la liste.

Ceux qui arrivent à Paris, et ceux qui en veulent partir soit pour voyager ou autrement, et qui ont besoin de plusieurs personnes pour faire leur trein, peuvent s’adresser au Bureau, et on leur en envoyera sur le champ de toutes les tailles, qualité et condition qu’ils les demanderont[439].

[439] Sur ces valets de louage, v. plus haut, p. [50].

Ceux qui écriront des lettres au Bureau en acquitteront le port, faute de quoy on ne les recevra point, parce que l’on s’en voit trop chargé jusqu’à présent.

Les Etrangers qui doivent arriver à Paris avec équipage, pourront s’adresser au Bureau, mesme par lettre demander ce qu’ils ont à faire, soit pour logement, domestiques, ou autres choses.

Et généralement tous ceux qui veulent rendre quelque chose publique, chercher ou indiquer, et qui d’ordinaire font mettre des affiches aux coings des rues, qui ne sont veües que de très peu de gens, et d’ailleurs déchirées et recouvertes les unes par les autres en peu de temps, au lieu de faire la depense pour l’affiche, n’auront qu’à envoyer les mémoires au Bureau, et l’on les mettra sur la liste, que l’on imprimera régulièrement tous les quinze jours, et que l’on vendra et distribuera de mesme que les Gazettes[440].

[440] Beaucoup de gens répugnoient à se voir affichés et ne devoient, par suite, recourir qu’avec plus d’empressement aux avantages des feuilles d’adresses. Colletet annonce dans son Journal du 11 sept. 1676 une personne qui étoit dans ce cas. « Honneste homme, dit-il, qui sçait la langue latine et l’italienne de mesme, et qui ne peut se résoudre à voir son nom dans les affiches publiques, s’offre aux honnestes gens qui auront des livres italiens ou manuscrits à traduire fidèlement, d’y travailler quels que difficiles qu’ils soient ; de montrer cette Langue à quiconque désirera l’apprendre… »

On sçaura au Bureau le nom des personnes qui veulent tant vendre qu’achepter.

Le Bureau est dans l’enclos du Palais, Cour de la Moignon, du costé du Quay des Morfondus.

LISTE GÉNÉRALE
DU
BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE

ESTABLI PAR PRIVILÈGE DU ROY
en la Place Dauphine.

Du 1 Mars 1689[441].

[441] V. notre Introduction, p. xlj. C’est par mégarde que nous y avons dit que les Listes du Bureau d’adresse recommencèrent à paroître en février 1689. Ce n’est qu’au mois de mars, dont nous reproduisons ici le numéro, qu’elles reprirent.

Le Bureau d’adresse et de rencontre se rétablit avec tant de succès, et devient d’une si grande utilité au Public que l’expérience fait encore juger favorablement de ceux qui en furent les autheurs.

En effet Paris par son immensité estant regardé comme la patrie commune de tout le royaume, et s’y trouvant des gens de toutes les Nations non-seulement dans le commerce general, mais dans le particulier, tout devint également intéressé à découvrir ce qui tombe dans la nécessité du service, et dans le dessein du commerce.

C’est de là qu’on a pris grands soins de rétablir le Bureau d’adresse et de rencontre, que les guerres et le mauvais usage de ceux qui en ont eu cy-devant l’administration, avoient rendu comme odieux au Public ; mais les réglements qu’on y a faits depuis y ont étably le bon ordre, la fidélité et le secret, de sorte qu’on y peut venir à présent de confiance, soit pour vendre, acheter, échanger, affermer ou autrement, soit pour le choix des gens de quelque nature et qualité qu’on les puisse souhaiter dans le domestique, ou, pour les domestiques, pour le choix des conditions. Les Commis du Bureau n’entrent de leur chef dans aucune affaire, toutes leurs occupations se renferment à recevoir les avis et déclarations de ceux qui se présenteront au Bureau, lequel n’est estably que pour l’indication purement et simplement.

A Vendre.

1. Six chevaux de carrosse gris blanc de six à huit ans avec leur harnois de roussy doré[442], du prix de 3,500 liv.

[442] Cuir de Russie. V. plus haut, p. [37].

2. Une charge de juré aulneur et visiteur de toiles[443] de la Ville, Fauxbourgs et Banlieue de Paris, avec les émoluments et bourse commune[444], du prix de 12,500 liv. y compris la réception.

[443] Son office étoit d’auner les toiles, treillis, canevas, pour voir s’ils étoient bien de la mesure réglementaire. A chaque visite ils touchoient un droit. V. sur ces sortes d’offices jurés, t. I, p. 110.

[444] Elle se formoit de ce que chaque membre de la corporation devoit abandonner sur ce qu’il avoit perçu. Tous avoient ensuite, quel qu’eût été leur apport, droit au partage qui se faisoit à des époques déterminées.

3. Une maison scize en cette Ville, rue Geoffroy-Langevin, du prix d’environ 8,000 liv.

4. Pour 50 à 60,000 liv. de rente en principal sur l’Hôtel de Ville[445], en plusieurs contractz creez au denier dix huit[446] : il y a bonnes seuretez pour l’acquisition.

[445] V. plus haut, sur les rentes de l’Hôtel-de-Ville, t. I, p. 42-46.

[446] Un peu moins de six pour cent. V. une note un peu plus haut, p. [334].

5. Un grand carrosse couppé[447] avec ses glaces, garny de velours cramoisi ; les harnois de deux chevaux de roussi bien dorez, de mesme que le carrosse monté sur un trein, le tout presque neuf, du prix de 1,500 liv.

[447] Moitié du grand carrosse que, pour cela, nous appelons encore aujourd’hui « un coupé ».

6. Un grand carrosse à deux fonds avec ses glaces garny de velours cramoisy fort propre, d’environ 600 liv.

7. Une charge de garde en la connestablie de Messieurs les mareschaux de France[448], qui jouit de tous les privilèges, aux gages fixes de 200 l. avec les émoluments lors qu’on sert, du prix d’environ 1,800 liv.

[448] C’est un de ces gardes qui, venant dire dans le Misanthrope :

Messieurs les Maréchaux dont j’ai commandement,

met le holà dans la dispute entre Alceste et Oronte. La Connétablie avoit ses audiences réglées le mercredi et le samedi dans l’enclos du Palais, à la Table de marbre. V. plus haut, t. I, p. 85.

8. Une terre en fief située près d’Etampes, qui ne releve que du Roy, consistant en maison à porte cochere, jardin, clos, terres labourables, prez, bois taillis, censives, droit de chasse, et autres, du prix d’environ 35,000 liv.

9. Une grande maison à porte cochère, rue de la Verrerie, du prix d’environ 40,000 liv.

10. Deux petites maisons en cette ville, rue neuve du Ponceau[449], louées 200 l. On les vendra sur le pied du denier vingt, argent comptant, et échangera mesme contre quelque rente ou maison de campagne ; et s’il convient donner du retour, on le fera.

[449] On appeloit ainsi la partie la plus récemment ouverte de la rue du Ponceau, qui donnoit sur la rue Saint-Martin. L’autre extrémité, où se trouvoit le petit pont sur l’égout, auquel la rue devoit son nom, s’appeloit déjà « le ponceau Saint-Denis » en 1391.

11. Plusieurs maisons à porte cochere bien bâties, grand jardin et terre scize au lieu du Roulle[450], ayant veue sur la grande ruë, à vendre ensemble ou séparément et en toutes seuretez, avec honneste composition.

[450] Le Roule n’étoit encore qu’un village de banlieue. C’est en 1722 seulement qu’il devint faubourg de Paris. V. Archives hospitalières, Hôtel-Dieu, t. I, p. 253, no 3271.

12. Une fort belle et bonne Pandule sonnante[451], du prix de quinze pistolles.

[451] Richelet écrit « pendule », mais ajoute : « prononcez pandule ». L’invention due à Huyghens et que l’abbé Hautefeuille lui disputoit remontait à 1657. Or Huyghens ayant alors vingt-huit ans, et Hautefeuille dix seulement, la querelle de revendication tomboit d’elle-même.

13. Une charge de lieutenant des Eauës et Forests à Senlis, aux gages et droicts y attribuez, du prix d’environ 5,000 liv.

14. Une maison à porte cochere bâtie à neuf, size au lieu de Clamard près Issy, jardin d’un arpent clos de murs, et autres fort belles commoditez, du prix d’environ 4,000 liv.

15. Plusieurs meubles, tableaux, montres, diamants et autres bijoux, dont on fera bonne composition ensemble ou séparément.

16. Un contract de constitution de rente de 6,000 liv. en principal, fait à Paris, créé au denier vingt, deuë par un particulier Officier au Parlement de Guyenne, et dont on aura bon compte.

17. Une maison au faubourg St. Marcel, rue de l’Oursine, du prix d’environ 6,000 liv.

18. Un coffre fort bon et de hazard dont on fera bonne composition.

19. Une tanture tapisserie de Flandre en sept pièces, tirant 24 aulnes sur 3 aulnes et demie de haut, representant l’histoire de Jules César, du prix d’environ 6,500 liv.

20. Une autre tanture tapisserie de Flandre, tirant 23 aulnes, de la mesme hauteur, representant l’histoire d’Alexandre, du prix d’environ 7,000 liv.[452].

[452] C’étoit une des tapisseries les plus à la mode. Le prix en montoit quelquefois plus haut qu’on ne le voit ici : « J’ai, dit la Tapissière, deux des plus belles garnitures de chambre qui se puissent voir, il y en a pour deux grandes salles ; ce sont les Conquestes d’Alexandre contre Darius, sur le même modèle qu’ont été faites celles dont le Roy a fait présent au duc de Lorraine, mais elles nous coûtent quinze mille livres. » L’art de plumer la poule sans crier, 1710, in-12, p. 82. — Nous trouvons dans le Journal de Colletet une tapisserie dont le prix est encore plus élevé : « Nous savons, dit-il, à la date du 28 octobre 1676, une superbe tenture de tapisserie, à personnages de piété, relevée d’or et de soie : Elle a plus de quarante aunes de tour, et plus de quatre de hauteur ; on ne la fait que vingt-cinq mille livres, quoy qu’elle en vale plus de quarante mille… »

21. Une grande maison à porte cochere size en cette ville, ayant veue sur les rues Jean Lointier[453] et des Deux Boules, du prix d’environ trente mille liv. dont on en constituëra, s’il est convenu, la moitié, et prendra en payement pour l’autre une charge chez le Roy convenable à un gentilhomme ou de l’argent. Plus pour environ 25,000 écus de terre au païs du Perche, près la ville de Belesme, dont il y en a une seigneuriale qui ne releve que du Roy ; on les échangera mesme contre d’autres terres près de Paris, charge comme dessus, ou d’une d’auditeur des Comptes.

[453] C’est le vrai nom de la rue que par corruption on appela plus tard Jean-Lantier ; elle le portoit dès le XIIe siècle.

22. Une maison à porte cochere très belle et bien bâtie, size au lieu de Pacy[454], avec jardin d’un arpent clos de murs, et autres commoditez, du prix de 6,000 liv.

[454] On écrivoit ainsi le plus souvent le nom de Passy près Paris, comme on écrit encore du reste Pacy-sur-Eure, Pacy-sur-Armançon.

23. Une maison à porte cochère size en cette ville, rue de la Champverrerie[455], du prix d’environ dix mil livres. Il y a bonnes seuretez pour l’acquisition.

[455] Lisez « de la Chanvrerie ».

24. Un grand lit bois noyer à colonnes torces, de damas cramoisy à fleurs d’or, ses tringues[456] fer poly, la housse taffetas cramoisy, garni d’un sommier de crain, lit de plume, matelas, couverture et courte-pointe, avec six fauteuils et deux chaises mesme bois, couvertes de leurs housses, mesme taffetas, et dont on fera honneste composition.

[456] Tringles. Le mot est écrit ici comme on le prononçoit et comme on le prononce encore chez le peuple.

25. Une charge d’apotiquaire des Ecuries de Monsieur[457], qui jouit de tous les privilèges, aux gages fixes de 60 liv.[458] et 200 liv. pour les remèdes qu’on est obligé de fournir pendant les six mois qu’on sert, avec privilège de tenir boutique ouverte à Paris ou en campagne. On se chargera mesme du service, hors Paris, du prix de 2,500 liv.

[457] Il y avoit deux de ces charges qui s’exerçoient par semestre, mais qui pouvoient être tenues, l’une et l’autre, par le même apothicaire, comme nous le voyons dans l’État de France de 1692, t. I, p. 744.

[458] L’État de France donne le même chiffre, mais sans ajouter le détail qui suit ici à propos des remèdes.

26. Une maison à porte cochère sise ruë de l’Esperon, du prix d’environ 38,000 liv.

27. Une Terre en Touraine près la rivière de Loire, de l’Election d’Amboise, seigneur de paroisse, du prix d’environ 50,000 liv.

28. Un grand miroir de 29 pouces de haut sur 20 de large, avec sa bordure de glace, du prix de 120 liv.[459].

[459] C’est la bordure de glace, à la façon de Venise, qui avoit fait hausser le prix de ce miroir. On a vu, en effet, plus haut, p. 143, que les miroirs de 30 pouces ne se vendoient pas plus de 80 livres.

29. Un grand Cabinet d’ebeine fort propre garny de quantité de tiroirs, dont on aura bon marché payant comptant[460].

[460] L’ébène étoit un des bois les plus employés pour les meubles à la mode. L’ouvrier qui les fabriquoit s’appeloit, comme on le voit dans le Journal de Colletet, 24 août 1676, « menuisier en ébène », d’où est venu notre mot ébéniste. Il faisoit surtout, comme on le voit ici, des cabinets. Aussi en anglois le fabricant de meubles s’appelle-t-il encore « cabinet-maker ».

30. Une douzaine Chaises bois noyer garnies et bien travaillées à la moderne, couvertes de leurs housses point de Hongrie[461], du prix de 200 liv.[462].

[461] Sorte de point de fil qui n’étoit pas des plus fins ; c’est pourquoi Molière le fait figurer dans le Mémoire des hardes et nippes qu’Harpagon, en bon usurier, donne pour argent comptant à son emprunteur : « Un lit de quatre pieds à bandes de point de Hongrie, appliquées fort proprement sur un drap de couleur olive, avec six chaises et la courtepointe de même. » L’Avare, acte II, sc. 1.

[462] Ces housses se vendoient souvent sans le bois des chaises ou fauteuils. Le Journal de Colletet, 23 octobre 1676, en annonce une douzaine et demie, aussi de point de Hongrie, « toutes frangées, montées et prestes à mettre sur les bois… Les nuances, ajoute-t-il, en sont fort vives et d’une belle mode. »

31. Un cheval entier noir et blanc avec tous ses crains, à longue queuë, de l’âge de 4 à 5 ans, fort vigoureux, du prix de 50 louïs d’or.

Demandes.

32. On demande à achetter une tanture de tapisserie de Flandre de verdure, d’environ 19 à 20 aulnes de tour sur l’hauteur ordinaire, qui soit bonne et de hazard, et point passée, où l’on mettra environ 200 louïs d’or.

33. Une charge soit de ville ou autre, de 4, 5 ou 6,000 liv. qu’on payera comptant.

34. Une tanture tapisserie Damas de Luques, bonne et de hazard, d’environ 22 aulnes de tour, bonne et point passée.

35. Un carrosse couppé propre et de hazard.

36. Une tapisserie d’Auvergne de 18 aulnes de tour, bonne et point passée.

37. Une maison en fief ou roture aux environs de Paris, où il y ait clos ou jardin, prez, terres, bois, du prix de douze à quinze mil livres.

38. Une charge de judicature à Paris, du prix depuis 10 jusqu’à 20,000 liv. et plus.

Le sieur Mouillard, bon Praticien et Arpenteur, logé rue de la Huchette à la Tour d’Argent, donne avis aux Seigneurs et Dames qui voudront faire renouveler leurs papiers terriers, et avoir des plants de leurs Seigneuries pour voir l’étenduë de leurs censives ; comme aussi à ceux qui ont des héritages à la campagne et qui en veulent avoir des cartes avec la contenance d’iceux par figure, pour empescher les usurpations, qu’il le fera, et pour seureté de sa conduite donnera bonne caution à Paris.

Le sieur Rolas, rue Sainte Marguerite, fauxbourg St. Germain, entre un perruquier et un chandelier, première chambre, enseigne le toisé, l’arpentage, les fractions, les changes, l’arithmétique en toutes ses parties en un mois de temps, lorsqu’on saura les quatre règles, et plusieurs autres belles sciences, par une méthode courte et très facile ; et du tout donne des leçons par escrit[463].

[463] Cette annonce est reproduite dans la liste suivante, avec cette différence pour l’adresse : « rue Sainte-Marguerite faubourg Saint-Germain, chez le mercier qui fait le coin de la rue des Cizeaux vis-à-vis la porte de l’Abbaye. »

Le Bureau est à l’entrée de la Place Dauphine du costé du Pont-Neuf entre l’epicier et le cabaretier[464].

[464] Cette adresse est répétée à la fin de la liste qui va suivre, avec ce détail en plus : « à la première chambre, au-dessus du cabaretier. »

LISTE GÉNÉRALE
DU
BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE

estably par privilège du Roy en la place Dauphine.

Du premier Avril 1689.

Paris contenant en soy beaucoup plus de peuple que ville du monde, et son aport y estant si grand, non seulement de tous les naturels François, mais des Etrangers de toutes les nations, que les moyens que tout le monde y trouve de subsister ne sçauroient estre trop connus pour la grandeur de la ville et pour l’avantage des particuliers.

Tous ceux dont on s’est servi jusqu’icy sur les avis qu’on a voulu rendre publics ont esté d’un foible secours, en comparaison du Bureau d’Adresse et de Rencontre, et des Listes qu’on a commencé de distribuer, parce que les Affiches se couvrent par la quantité des Placards[465], outre qu’elles ne contiennent que des avis particuliers, qu’on ne lit pas commodément et sans une espèce de pudeur[466] pour les gens de distinction[467].

[465] Le Placard, s’appliquant d’autorité, pouvoit ainsi, de droit, couvrir les affiches. Elles-mêmes, en s’accumulant, couvroient des Avis qui valoient mieux qu’elles. Colletet s’en plaint dans son Journal du 8 août 1676 : « La quantité d’affiches, dit-il, ont caché un livre d’importance pour les curieux. » — Le placard se distinguoit des affiches par les armes du roi figurées en tête, et qui faisoient qu’on l’appeloit aussi « pannonceau royal ». C’est par placards, et non par affiches simples, qu’étoit annoncé tout immeuble à vendre par décret.

[466] Les affiches annonçant certains remèdes ne pouvoient pas, en effet, être lues « sans une espèce de pudeur ». On en peut avoir un exemple par celle que donne Locke dans la relation de son Voyage à Paris, et qu’a reproduite Le Vieux-neuf, 2e édit., t. II, p. 72.

[467] Le Journal de Colletet indique quelques affiches de livres ; ainsi, le 6 juillet 1676, le Traité des maladies des femmes grosses, par Fr. Mauriceau, dont il a été parlé plus haut, t. I, p. 159 ; et, le 1er août suivant, Le Tailleur sincère, avec plusieurs figures en taille-douce : « il se vend, dit-il, chez A. de Rafflé, rue du Petit-Pont, in-folio en parchemin 40 fr., et in-8 20 fr. » Il oublie d’ajouter que l’auteur s’appeloit Benoist Boulay, dont le portrait sert de frontispice. Son livre, « nécessaire, dit encore Colletet, pour ceux qui veulent pratiquer l’épargne », est aujourd’hui des plus rares.

Ces considérations, celles qui regardent l’utilité publique et l’avantage du commerce, qui depend des Rencontres et des Occasions que les avis font naistre, ont fait les principaux objets du r’establissement du Bureau d’Adresse et de Rencontre, et des précautions qu’on a prises de n’en confier l’administration qu’à des conditions portées par les Règlements, afin d’asseurer dans le Public la confiance des particuliers, et faciliter les ventes, achapts, amodiations, traités et conventions qui se font à l’egard des immeubles, et pour mettre dans un plus grand commerce toutes sortes de meubles, comme Lits, Tapisseries, Bijoux, Tableaux, Chevaux, Carrosses et autres effets, et principalement pour donner aux gens de qualité, et à ceux qui ont besoin de domestiques ; des Aumôniers, Gentilshommes, Ecuyers, Gouverneurs, Intendans, Receveurs, Secretaires, sous Secretaires, Hommes d’affaires, Solliciteurs, Commis, Ecrivains, Precepteurs, Maistres d’Hostel, Vallets de chambre, Suisses, Portiers, Concierges, Gardes-bois, Cochers, Postillons, Pallefreniers, Chasseurs, Fauconniers, Sonneurs de Cor, Jardiniers, Vignerons, Gens de Labour, Charretiers, Muletiers, Valets à tout faire, Laquais à gages et à récompense[468], et généralement toutes sortes d’autres domestiques, pour les recevoir, non seulement à leur choix, mais avec plus de seureté et de connoissance que par le passé, le Bureau n’estant estably que pour l’Indication.

[468] Les « laquais à récompense » se distinguoient des « laquais à gages » en ce qu’ils n’étoient payés pour ainsi dire que par hasard ou fantaisie. Après avoir servi trois ou quatre ans, ils reçevoient de leur maître trois ou quatre cents francs et n’avoient pas le droit d’en demander davantage. La plupart des valets de Regnard et de Dancourt sont des « laquais à récompense ».

A Vendre.

1. Une charge de Substitut de M. le Procureur général à Paris, aux Gages et Droits y attribuez, du prix de 25,000 liv.

2. Un Carrosse couppé avec 6 glaces de Venise garni de velours cramoisi, le tout comme neuf, du prix d’environ 700 livres.

3. Une charge de grand Valet de pied de Madame[469], qui jouit de tous les privileges, aux gages et profits y joints, du prix de 3,000 liv.

[469] Ils étoient au nombre de dix, chacun à 20 sols par jour pour leur nourriture « outre leurs habits d’hiver et d’été ». État de France pour 1692, p. 776.

4. Deux grands chevaux de carrosse grissel[470] à longue queue, de 5 à 6 ans, du prix de 1,000 l.

[470] Il faut lire gris-sale, une des nuances du gris admises dans les haras.

5. Des Tablettes bois noyer avec leurs bordures noires, fermant par un treillis de cuivre à 2 portes[471], une grande Armoire bois chesne fermant de mesme, de 9 à 10 pieds de haut et de 8 à 9 de large, le tout presque neuf, du prix de 160 livres.

[471] Presque tous les corps de bibliothèque étoient disposés ainsi dans les cabinets. Louis Racine en avoit un de ce genre, comme on le voit par son inventaire aux Mss. de la Bibliothèque nationale.

6. Un beau coureur danois, poil bay[472], sans deffaut, propre pour l’armée, de 6 ans, du prix de 50 louis d’or.

[472] C’est le cob bai brun, trapu et à belle tête, encore recherché aujourd’hui. Le vrai cheval danois en usage au XVIIe siècle pour les attelages de luxe étoit, au contraire, grand, haut sur jambes, avec tête busquée et robe isabelle, pie ou tigrée.

7. Un carrosse couppé neuf, doré aux extremités[473], garny de drap gris, du prix d’environ 800 liv.

[473] Cet excès de dorures pour les carrosses fut un peu plus tard prohibé par ordre du roi. V. Correspond. admin. de Louis XIV, t. II, p. 829, et Variétés histor. et litt., Collect. elzévir., t. X, p. 254, note.

8. Une terre seigneuriale en Brie, 9 lieuës de Paris, avec haute, moyenne et basse justice, dont on aura un estat au Bureau, du prix de 120,000 liv.

9. Un coureur à courte queue[474] de 5 à 6 ans, poil noir, du prix de 200 liv.

[474] Richelet définit ainsi le coureur : « cheval déchargé de taille, qui a la queue courte et coupée ».

10. Un grand lit de velours verd, ses campannes[475] et molets de soye[476], doublé d’un satin couleur de serize avec sa courte pointe, ciel et dossier même satin, 7 fauteuils et 6 chaises même velours, le tout comme neuf, du prix de 1,000 livres. Une pippe satin plaint, à fond blanc, chamarrée en rond d’haut en bas d’un point d’Espagne d’or et couleur de feu, avec des galons de velours même couleur, garni de campannes d’or, le tout presque neuf, du prix chacune de 120 livres.

[475] V. une des notes précédentes, p. [333].

[476] C’étoit une sorte d’ornement frangé que Molière, en fils de tapissier, se garde bien de confondre avec la frange même, quand il dit dans le Mémoire de l’Avare : « Plus, un pavillon à queue, d’une bonne serge d’Aumale rose, sèche, avec le mollet et les franges de soie. »

11. Quantité de très beaux patrons, tapisserie de verdure en plusieurs pièces, peints sur du carton et de la toille, dont on aura bon prix.

12. Deux tableaux de chasse originaux de Nicasius[477], de 6 pieds de haut sur 5 de large, l’une de Cerfs et l’autre de Chats sauvages, du prix de 24 louis d’or.

[477] C’est le peintre d’animaux Nicasius Bernaert, d’Anvers, élève de Sneyders et l’un des habitués de la maison de la Chasse, au coin des rues du Sépulcre et du Four, qui étoit, dit Dubois de Saint-Gelais, « le refuge des peintres de son pays ». Sa vie fut assez nomade, si l’on en juge par les registres de l’Académie de peinture. Reçu en 1663, il dut, pour cause d’absence, se faire recevoir une seconde fois deux ans après et se faire réadmettre encore en 1672. Sa vieillesse se noya dans l’ivrognerie. Il en mourut à 70 ans, le 16 septembre 1678. Desportes fut quelque temps son élève.

13. Un lit de garçon de 3 pieds et demy de large, Damas de Lucques aurore et cramoisy, avec sa couverture et 2 teyes d’oreillers de Marseille, le tout presque neuf, du prix de 200 liv. Un Cabinet de Flandre d’écaille de Tortue et d’Ebeine à tiroir, très beau et bien travaillé, du prix de 150 livres.

14. Un Colier de perles rondes de belle eau, très beau et bien choisy, du prix de 200 louïs d’or.

15. Une tenture de tapisserie verdure de Flandre en 6 pièces, de la hauteur et longueur ordinaire, comme neuve, du prix de 800 liv. Une montre en Pendule faite par Martinot[478], à boëtier d’or, sa chaine de même avec son étuit de chagrin garny de cloux d’or, du prix de 15 louïs d’or. Plus 2 Miroirs, l’un tout de glace de Paris, dont la principale est de 27 pouces de haut sur 21 de large, du prix de 150 livres, et l’autre de Venize de 22 pouces de haut sur 17 de large, avec sa bordure d’Ebeine, du prix de 80 livres.

[478] Les Martineau formoient toute une dynastie d’horlogers, dont l’un, Louis-Henry, étoit, en 1692, valet de chambre horloger du roi. En 1700, une descente fut faite chez deux d’entre eux pour avoir contrevenu à l’édit contre le luxe. L’un dut laisser saisir vingt pendules, l’autre dix-huit. Ils logeoient sur le quai des Orfèvres. Un Martineau, qui étoit de la Religion, partit pour Londres après la révocation de l’Édit et s’y rendit célèbre dans son métier. C’est de lui que descendoit miss Harriett Martineau, qui s’est fait un nom dans les romans d’éducation. V. sur les Martineau, Wood, Curiosities of clocks, 1866, in-8, p. 387.

16. Une très belle maison à porte cochere bâtie à neuf, située près Grosbois en Brie, Jardins, Cloz, Prez, Terres, Vignes, Bois, Glacière, Reservoir, Canal garny de Poissons, et autres fort belles et utiles commodités, du prix de 45 mille livres.

17. Deux charges, l’une de Lieutenant du Prevost général de Flandre et Haynault aux gages de 1,250 livres, payez par quartier avec privilege et exemption de tous imposts dans Valancienne où est la résidence, du prix d’environ 18,000 livres ; et l’autre de Garde au même Pays, aux gages fixes de 375 livres, outre quantité de profits, du prix de 2,000 livres.

18. La charge de Lieutenant criminel d’une Ville, sise sur le bord de la rivière de Loire, où il y a Presidial, Bailliage, Prevoté et Gouvernance, du prix d’environ 35,000 liv.[479].

[479] A la suite de cet article 18, nous en supprimons huit qui ne sont que la reproduction d’articles déjà insérés dans la liste précédente. Le 19e de celle-ci, liste d’avril, se trouve le 2e de celle de mars ; le 20e, le 8e ; le 21e, le 10e ; le 22e, le 11e ; le 23e, le 13e ; le 24e, le 21e ; le 26e, le 32e ; et le 28e, le 37e. Nous ne conservons que les nos 25 et 29, qui ne figurent pas dans l’autre liste.

25. Deux grandes Maisons à porte cochere sises en cette Ville à louer presentement moyennant 900 livres chacune, l’une rue S. Martin, près la rue aux Ours, vis à vis le cul de sac de la rue S. Julien[480] ; et l’autre sise rue des Gravilliers, avec un grand et beau jardin, dans lesquelles il y a toutes sortes de commoditez.

[480] C’est la rue ou ruelle Saint-Julien, qui devoit son nom au voisinage de l’église de St-Julien-des-Ménétriers. Elle prit ensuite le nom de rue du Maure.

Demandes.

29. Une Terre en fief, distant depuis 6 jusqu’à 18 lieues de Paris, près, s’il se peut, de quelque petite Ville ou Bourg, où il y ait maison logeable, jardin, cloz, prez, terres et bois, du prix de 50 à 60,000 livres.

Le sieur Macard continue à faire debiter les instruments de Mathématiques du defunt Sr Sevin dans sa boutique sur le Quay des Morfondus, à l’Astrolabe[481].

[481] V. pour les ouvriers en instruments de mathématiques, t. I, p. 148.

Le sieur Legeret, maistre menuisier à Paris, rue Saint Loüis, Isle Notre-Dame, donne avis qu’il fait et vend une machine fort légère et portative, par luy depuis peu inventée, qui coupe la paille aussi menue qu’est l’avoine, ce qui fait que les chevaux la mangent plus facilement, surtout lorsqu’on y mêle un peu d’avoine.

LISTE GÉNÉRALE
DU
BUREAU D’ADRESSE ET DE RENCONTRE

estably par privilège du Roy en la place Dauphine.

Premier May 1689.

Pendant que toute l’Europe armée contre la France travaille à porter la gloire du Roy jusqu’à l’Immortalité[482], pendant que son nom seul fait trembler l’Univers, et qu’il porte la Terreur et la Crainte jusque sur les Trosnes et jusqu’au Cœur des Armées les plus nombreuses, l’amour au dedans arme ses sujets et luy donne chaque jour de nouvelles marques de sa grandeur, on la voit en effet portée à un point où l’espérance même des autres Roys n’estoit jamais parvenuë, non seulement dans ses forces, dans la protection de ses alliés, dans la magnificence de son règne, dans les vertus du Siècle et de la Religion ; mais encore dans ses Estats, Paris n’est pas seullement la Capitale du Royaume ; mais celle du Monde ou pour mieux dire un monde entier où ce qu’il y a de sublime dans la politique, dans les Sciences et les Arts, de libre dans la politesse, de bon dans les mœurs, de grand dans les cœurs, d’heureux et de fidelle dans le commerce, y rassemble les peuples les plus esloignez pour en composer une Ville de tous les Habitans du monde, où l’ordre dans la confusion fournit égallement à tous les moyens de subcister, et où le Bureau d’adresse et de rencontre rétably par les Ordonnances du Roy pour l’indication seulement, donne à ce monde entier les avis, les ouvertures et la facilité pour vendre, achepter, échanger et affermer soit charges, seigneuries, terres, maisons, rentes, meubles, tableaux, chevaux, carrosses et generallement tout ce qui tombe en commerce ; les Maîtres de quelques conditions qu’ils soient y trouveront toutes sortes de domestiques avec les informations toutes faites pour les prendre avec une confiance égalle, et les Domestiques des conditions suivant qu’ils en sont plus ou moins capables.

[482] On étoit alors sous le coup direct des menaces de la Ligue d’Augsbourg, qui réunissoit contre nous l’Empire, l’Espagne, la Suède, la Bavière, la Saxe et, par surcroît, la Hollande et l’Angleterre, depuis que l’expulsion de Jacques II avoit eu pour conséquence l’avènement du prince d’Orange, son gendre, sous le nom de Guillaume III.

A vendre.

1. Une charge de Ville de Cinquantenier[483], qui exempte de tutelle, curatelle, logement de gens de guerre et plusieurs autres[484], d’environ 500 l.

[483] Le cinquantenier étoit, en effet, un officier de ville. Chaque quartenier, ou officier de quartier, en avoit deux sous son commandement, auxquels il transmettoit les ordres de la ville pour qu’ils les fissent savoir aux bourgeois.

[484] Ces espèces de charges n’avoient pour bénéfices que des exemptions. On n’y étoit payé que par ce qu’on ne payoit pas.

2. Deux charges aux Siège présidial et Baillage de Vitry le François en Champagne, l’une de Président aux gages de 330 livres, et l’autre de Conseiller aux gages de 50 livres, dont les émoluments sont de 150 livres, plus un droit de deux sols pour livre sur les émoluments qui se lèvent aux dits sieges, qui est de 60 livres de rente, et du tout on fera bonne composition.

3. Une chaise roulante à ressorts sur deux roues[485], garnie d’un petit velours rouge et blanc, dont on aura bon compte.

[485] Ces sortes de chaises, que traînoit un valet, furent très longtemps en usage. On s’en servoit encore en province au commencement de ce siècle. Il y en avoit d’autres, découvertes, qu’on appeloit « chaises à parasol », qui n’étoient employées que pour promener les dames dans les jardins ou les parcs. Seignelay les avoit mises à la mode, lorsqu’il avoit reçu le roi à Sceaux au mois de juillet 1685 : « Ce fut là, dit l’abbé Le Beuf, qu’on vit les premières chaises tirées par des hommes pour se promener dans les jardins. On les connoissoit à Versailles, mais elles étoient plus simples. Les chaises de Sceaux étoient à quatre personnes et quatre parasols. Les hommes qui les conduisoient ne marchoient pas devant, mais de chaque côté. » Hist. du diocèse de Paris, t. IX, p. 379. A Marly, le roi fit établir dans les grandes allées un système de rainures de fer, pour que le mouvement de ces chaises roulantes y fût plus facile et moins cahoté. Ce sont nos premiers tramways. V. le bel ouvrage de M. Guillaumot, Monographie du château de Marly-le-Roi, gr. in-fol.

4. Un carrosse couppé comme neuf à six glaces, garny de velours rouge avec ses ressorts, harnois et testières garnis de cloux dorez[486] du prix d’environ 1,000 livres.

[486] La Bruyère, lorsqu’il s’est indigné du luxe de ces carrosses, n’a oublié aucun des détails qui sont ici : « les rangs de clous parfaitement dorés, les doubles soupentes, les ressorts, etc. »

5. Deux grands chevaux de carrosse poil noir à longue queue, de 4 à 5 ans, du prix de 1,100 livres.

6. Une maison à porte cochere, size à Vanvre, où il y a toutes sortes de commodités avec un clos de 4 arpens, du prix de 6,000 liv.

7. Une Maison à porte cochere, size au lieu d’Antoni, Clos et Jardin derrière de 6 arpens, avec 6 arpens de pré, du prix de 1,500 liv.

8. Une Maison à porte cochere size à Montreuil, cloz de dix arpens, où il y a parterre, jardin, potager, bois d’haute fustaye et autres choses avec quantité d’eaue, et dans une très belle veue, dont on aura bonne composition.

9. Une terre en Fief et Seigneurie, size près Mauleon en Poictou, affermée 4,200 livres, qu’on aura à bon prix.

10. Une Maison à porte cochere size sur le chemin de Chartres, 10 lieues de Paris, jardins, clos de deux arpens, sept arpens de pré, et 130 arpens de terre, le tout près et attenant la maison et du prix de 13,000 liv.

11. Une Maison à porte cochere, quartier de la Porte S. Michel, rue des Francs Bourgeois, du prix d’environ 30,000 liv.

12. Un grand lit de tapisserie à petit point de toutes sortes de fleurs en broderie sur un drap d’Espagne couleur de musc brun doublé d’un satin de la Chine[487], sa courte-pointe, ciel et dossier même satin, 4 pommes même Drap et tapisserie avec leurs bouquets de plumes et egrettes, un Tapy de Table à 4 pans, trois fauteüils même tapisserie et point, 12 chaises à dossiers et 8 sieges pliants aussi tapisserie, et du tout on fera bon prix.

[487] L’accoutrement de ce lit rappelle un des habits que Molière portoit à la ville : « un juste au corps de drap de Hollande musc, avec une veste de satin de la Chine. » Soulié, Recherches sur Molière, p. 278.

13. Une Maison à porte cochere size au lieu de Maisons, près Charenton, avec Jardin de deux arpens clos de murs et autres commodités, à vendre pour 6,000 livres ou à louër[488].

[488] Les articles qui suivent étant les mêmes que quelques-uns de ceux de la liste précédente, nous nous contenterons de renvoyer à celle-ci, en indiquant à quels numéros ceux que nous supprimons correspondent. Le no 14 de la présente liste reproduit textuellement le no 1 de celle d’avril ; le 15 est le 5 ; le 16, le 8 ; le 17, le 10 ; le 18, le 11 ; le 19, le 12 ; le 20, le 25 ; le 21, le 14 ; le 22, le 15, avec cette simple addition : « et du tout on fera bon prix. » Le 23 est le 16 ; le 24, le 17 ; le 25, le 18 ; le 26, le 19 ; le 27, le 29 ; le 29, le 31.

Demandes.

28. On demande à achetter une tenture tapisserie de Damas cramoisi de Lion ou Gennes.

On indiquera au Bureau un homme de Lettres pour composer Factums, Placets, Lettres, Mémoires, Préambules, Discours publics ou autres ouvrages où l’on voudra un stile net, concis, juste et une diction pure et éloquente[489].

[489] Ces sortes d’écrits, notamment les factums ou mémoires sur procès, étoient quelquefois l’œuvre des écrivains les plus distingués. Racine ne dédaigna pas d’en rédiger pour M. de Luxembourg dans un procès des plus importants : « Le célèbre Racine, dit Saint-Simon, édit. Hachette, in-18, t. I, p. 91, si connu par ses pièces de théâtre…, prêta sa belle plume pour polir les factums de M. de Luxembourg et en réparer la sécheresse de la matière par un style agréable et orné. »

LISTE DES AVIS
DU
JOURNAL GÉNÉRAL
DE FRANCE,

OU BUREAU DE RENCONTRE ;
Pour servir au Public depuis le Mercredy 18 Novembre, jusqu’au Mercredy 2e Décembre 1693.

On recevra les avis tous les jours, et on donnera tous les Mercredys, de quinze jours en quinze jours, des Listes nouvelles.

Par permission du Roy contenuë en ses Brevets, Arrests de son Conseil d’Estat, Déclaration, Privilege, Confirmation, Arrests de la Cour de Parlement, Sentences et Jugements donnez en consequence.

A PARIS,

Au Bureau d’Adresse et de Rencontre étably dans le Marché Neuf, chez un Serrurier, attenant la Barriere des Sergens.

Le Tableau où est le Privilege du Roy sert d’Enseigne.

Avec permission.
M. DC. XCIII.

LISTE DES AVIS
DU JOURNAL GÉNÉRAL
DE FRANCE
OU BUREAU DE RENCONTRE.

Plusieurs personnes viennent au Bureau pour s’informer de quelle maniere il faut dresser leurs Mémoires, et d’autres en envoyent qui ne sont pas assez instructifs ; comme il faudroit bien du temps pour instruire tous ceux qui y viennent les uns après les autres, on a jugé à propos pour satisfaire à ce que plusieurs ont demandé de dresser quelques articles, et de continuer dans les Listes suivantes, jusqu’à ce qu’on aye parlé de tous ceux qui peuvent y estre employez. En voici quelques-uns qui peuvent servir de Modèles.

Si quelqu’un est dans le dessein de vendre une Terre, voicy comme il en doit dresser le Mémoire.

La Terre de … qui est à … lieues de Paris, et située à … est à vendre. Elle consiste en plusieurs pavillons, ou bien en un corps de logis dans le fonds de la cour, avec deux ailes ou non sur les côtez, et contient tant d’appartements, tant de chambres, tant de greniers, offices, cuisines, caves, écuries, celliers, colombiers et granges. Il faut marquer de quoy le tout est couvert, la grandeur de la court, s’il y a des espaliers autour des murs de la dite court, si les murs sont percez par des portes ou balustrades, qui donnent entrée aux jardins. S’il y a des fleurs, des fruits, des legumes, des jets d’eaux, des vignes, des bois, des bleds, du S. foin, et généralement tout ce qui peut faire du revenu ou servir à l’embellissement ; on doit ajouter si la maison est en belle veuë, et si la riviere passe auprès, et à combien de distance ; on ne doit pas oublier s’il y a des fossez, une basse court, s’il y a quantité de terres labourables, s’il y a des terres seigneuriales, si cette terre a droit de haute, basse et moyenne justice, si la Cure ou quelques autres bénéfices en dépendent, et tous les autres droits qu’elle peut avoir, si elle a titre de Baronnie, de Vicomté, ou autre, si l’on est Seigneur entier d’une ou deux paroisses, s’il y a des fiefs, s’il y a des estangs, combien la Terre est affermée, avec ou sans réserve, si on la veut échanger, si l’on veut toute la somme en argent comptant, des rentes, ou quelque autre chose, et quelles seuretez on donnera. On peut faire un détail à proportion pour les grandes et petites Maisons de Campagne, et pour les grandes et petites maisons à vendre ou à loüer à Paris ; On y peut ajouter les commoditez, les dégagements, les cheminées et alcôves, avec leurs ornements, les dorures et peintures, et marquer combien on veut loüer ou vendre les Maisons, combien elles sont louées, et s’il y a des escaliers separez, et plusieurs sorties, afin que celui qui se chargera de toute la Maison puisse connoistre par là s’il en peut facilement reloüer les Appartements. Comme chaque particulier sait mieux l’estat de son bien et de ses affaires que les plus intelligens, ces articles pourront estre encore mieux dressez sur l’idée que l’on en donne. Voicy un Model d’un article pour une charge à vendre.

On veut vendre une Charge, il faut marquer si elle est chez le Roy, ou de judicature, et si elle est unique à la Cour ou dans son siège ; il faut mettre si elle est de Paris, ou à combien de Paris, dans quelle Province, et dans quelle Ville, il faut dire quels en sont les Privilèges, combien elle a de gages, si elle a droit de commissions[490], si elle exempte de Taille et de Tutelle, combien on la veut vendre, et si l’on veut toute la somme en argent comptant.

[490] Privilège très envié, surtout lorsque c’étoit le droit de committimus au grand sceau, parce qu’il donnoit droit à ne plaider que devant certains juges, et ainsi à n’évoquer les causes que là où elles avoient intérêt. Les membres de l’Académie françoise en jouissoient, ce qui donna occasion à l’abbé de Villiers d’écrire ces quelques lignes dans le XXXIe dialogue de ses Vérités satyriques, p. 266 :

« Critas. Je sçai que vous avez des procès…

« Protas. Eh bien ! en faut-il davantage pour être de l’Académie ? Cela me donnera droit de committimus au grand sceau ; n’est-ce rien pour un homme qui a des procès ?

« Critas. Je n’y faisois pas réflexion, et cette raison ne m’étoit pas venue dans l’esprit. Rien n’est mieux pensé, rien n’est mieux imaginé que de se faire de l’Académie pour plaider à son aise, c’est-à-dire tant qu’on voudra, et partout où l’on voudra. »

AVIS.

Comme l’expérience fait voir qu’il y a de l’incommodité à prendre des Domestiques de la main de ses amis, que l’on ne peut lorsqu’ils déplaisent congédier sans les offenser, et qui sont autant d’Espions domestiques qui leur reportent tout ce qui se fait chez vous, et en cas de malversation on ne poursuit pas en justice les Amis qu’on ne fait point obliger devant notaire ; ces considerations devroient engager un chacun d’avoir plus volontiers recours au Bureau, où l’on n’en reçoit aucuns qui n’aient de bonnes cautions, gens solvables et non attitrez.

VOICY LE DÉTAIL
des domestiques que l’on trouve au Bureau.

Sçavoir,

IMMEUBLES.

On veut vendre une maison à huit lieues de Paris, size le long de la rivière d’Oize, entre Beaumont[491] et l’Isle Adam ; Elle consiste en un corps de logis et deux Pavillons, dans les quels il y a plusieurs appartements, salle, chambre, cabinets, cuisine, office, garde-manger, cave, greniers, grange, écurie, remise de carrosse, foulerie, et autres commoditez ; il y a aussi un Coulombier, qui rapporte en pigeonneaux et en fumier 100 livres de rente ; il y a des Jardins et enclos où il y a quantité de bons arbres fruitiers, on vend pour 200 livres de fruits tous les ans, on recueille aussi sept à huit cent de bon foin qui sert dans la maison, on peut aussi faire venir à Paris ce que l’on veut par la Rivière, qui n’est qu’a 200 pas de la dite Maison ; on en donnera une plus ample explication aux personnes qui voudront l’acheter, et on en fera un prix raisonnable. Adresse au Bureau.

[491] Beaumont-sur-Oise, canton de l’Isle-Adam.

On veut vendre une Maison size au faubourg S. Germain, le terrain fait face sur la rue de Grenelle et sur la rue S. Dominique, d’environ huit à neuf toises sur 106 à 107 de longueur, fermé de bons murs dans l’Enclos du Marais ; il y a plusieurs arbres fruitiers, des espaliers le long des murs par un treillage d’echalats de cœur de chesne, avec deux puits, une petite Maison pour le Jardinier et une petite serre à costé[492]. Plus, un corps de logis bati en pavillon de trois estages en carrez ; dans chaque estage il y a plusieurs chambres, cabinets, galletas, cuisine, cave, et autres commoditez, la dite maison est en bon estat ; on en donnera une plus ample explication aux Personnes qui la voudront acheter, et on en fera un prix raisonnable. Adresse au Bureau.

[492] On voit qu’une maison au faubourg Saint-Germain, rue de Grenelle, étoit en 1693 une véritable habitation champêtre. On peut se le figurer encore mieux par la gravure qu’a donnée Israël Sylvestre de la maison du président Le Coigneux, — aujourd’hui Ministère de l’Instruction publique, — avec son entourage de terrains vagues et ses vastes jardins, au milieu desquels le pavillon « de structure solide », dit Brice, se dressoit comme en pleine campagne. C’est du reste, selon Tallemant, ce qu’avoit voulu le président. « Il alla, dit-il, bastir une grande maison au bout du Pré-aux-Clercs, pour avoir un grand jardin où se promener, comme on lui avoit ordonné de respirer l’air tout à son aise. » Auprès, sur l’emplacement occupé aujourd’hui par la mairie du VIIe arrondissement, un ancien premier commis de M. de Lionne, nommé Thoinier, avoit une maison du même genre et des jardins que M. Le Coigneux auroit bien voulu joindre aux siens. Il ne put jamais l’obtenir de son voisin à cause d’une magnifique treille qui lui donnoit le meilleur muscat de Paris : « Il me disoit là-dessus, dit le faux Vigneul-Marville, que M. Le Coigneux étoit le seul qui ne trouvoit pas bon ce muscat. » Mélanges, t. I, p. 265.

On veut vendre une grande Maison size a Boissy S. Leger[493], près Creteil, a trois lieues de Paris, consistant par bas en grandes caves, offices, salle, fournil, plusieurs belles chambres et cabinets, et dans la plus belle veue qu’on puisse voir, de beaux greniers et chambres pour les Domestiques, grande cour verte entourée d’un très beau espalier de Peschers et d’Abricotiers, écurie à mettre quinze chevaux, une petite court basse ; le tout attenant est un logement entier pour un Jardinier et un Vigneron dépendant de la susdite Maison, beau jardin en terrasse, au bas du quel il y a un petit bois de haute-fustaye rempli d’allées couvertes, on entre de plein pied du jardin dans une grande galerie peinte, qui donne en perspective au bois, et de la galerie on entre dans les chambres vis à vis la dite maison. Il y a un Enclos de 25 à 30 arpens de Terre, dont il y en a trois plantez en vignes qui sont en leurs cinquièmes feüilles, des Terres labourables et le reste en foin, le tout garny de beaux Espaliers de fruits à noyaux et poiriers, enclos de murs et de hayes vives ; il y a aussi un fief qui a 60 arpens d’etenduë sur quoy l’on dixme[494], et haute, moyenne et basse justice ; le tout est à vendre, a loüer ou a échanger. Adresse au Bureau.

[493] On sait que c’est aujourd’hui un chef-lieu de canton de l’arrondissement de Corbeil.

[494] On prend la dîme.

On veut vendre une grande Maison size ruë de Vaugirard, elle est composée d’une grande court, deux remises de carrosse, deux écuries dans les quelles il tient beaucoup de chevaux, un grand jardin de six arpens, un appartement bas, deux autres grands appartements et quantité d’autres chambres pour des Domestiques, de grandes caves, des cuisines et offices, et une belle chapelle ; elle est de 2500 livres de loyer. Adresse au Bureau.

On veut vendre une Maison size dans la rue des Prescheurs, où a logé en dernier lieu Monsieur Gelée[495] ; la dite maison est à porte cochere, bien batie de pierres de taille, la court est commune avec une autre Maison qui perce dans la rue de la Champverrerie, salle, cuisine en bas, petite écurie, remise sous la porte cochere, trois estages l’un sur l’autre, et grenier au dessus chaque estage, composé de chambres, antichambres, cabinets, et deux autres petites chambres, le tout de plain pied ; le premier et second estage ayant les principales chambres peintes, dorées et parquetées, belles cheminées, et plusieurs tableaux non communs ; il y a trois cheminées à chaque estage, de belles et grandes caves, et doubles caves. La dite Maison est louée 900 livres par le dernier bail. Ceux qui la voudront voir trouveront des personnes qui montreront les Appartemens. Il faut s’adresser pour le prix à Monsieur de la Ville-Dieu, qui loge rue Traversine, dans la Maison de Madame Francine[496], on en fera un prix raisonnable.

[495] V. sur ce parent du poète Regnard, t. I, p. 295, note 3. Son adresse y est donnée rue de la Chanvrerie, mais on voit que la maison indiquée ici, ayant une cour commune et deux entrées, appartenoit à cette rue aussi bien qu’à celle des Prescheurs.

[496] Veuve de Francine, ou plutôt Francini, car il étoit Italien, « intendant des eaux et fontaines des maisons royales et entrepreneur privilégié des chaises roulantes ». Mêlé à toutes sortes d’affaires, comme le fut plus encore son fils, gendre de Lulli, et, après lui, directeur de l’Opéra, Francine avoit fait bâtir, tout des premiers, sur les terrains de la butte Saint-Roch, lorsqu’on l’eut aplanie. D’après un manuscrit en notre possession, il avoit été propriétaire de quatre maisons dans la rue Traversine ou Traversière, indiquée ici, et appelée rue Molière aujourd’hui. A sa mort, comme on le voit, il en étoit resté une à sa veuve, qui sans doute y logeoit.

On veut vendre une charge d’avocat au Conseil, la Personne qui s’en veut défaire en fera un prix raisonnable, et mesme la donnera a crédit, pourvû qu’on luy donne des seuretez bonnes et solvables. Il prendra en payement des billets sur des officiers et autres personnes pourvu qu’ils soient en estat de payer, et autres accommodements. Adresse au Bureau.

On veut vendre une Maison size au village de Cüeilly près Champigny sur Marne, à trois lieües de Paris, consistant en un grand Corps de logis, chambres, antichambre, cabinets, court, jardin, un demy arpent de vignes donné à loyer pour la somme de quarante escus par an. Adresse au Bureau.

On veut vendre une grande Maison à petit Champ, paroisse S. Medard, fauxbourg S. Marceau[497], consistant en six boutiques, caves, jardin, deux petites salles, huit chambres à cheminées à chaque Estage, y ayant trois Estages et quatre greniers au dessus, l’Escalier au milieu, y ayant des corridors pour aller aux dites chambres, estant toutes séparées.

[497] Le Petit champ du faubourg Saint-Marcel, qui devint au siècle dernier le Champ d’Albiac, du nom de son propriétaire, se trouvoit à peu de distance de la rue de l’Épée de bois, qui pour cette raison est appelée sur d’anciens plans rue du Petit-Champ.

Plus, une autre petite Maison au coin du dit jardin, consistant aussi à trois Estages, deux chambres et cabinets à chaque Estage, grenier au dessus, avec deux salles basses, et deux caves, le tout à vendre. On les donnera à 18,000 livres, mesme quand on n’auroit pas toute la Somme, on ne laissera pas de s’accommoder. Adresse au Bureau.

On veut vendre un Office de Changeur d’Especes d’or et d’argent de la Ville de Paris, avec faculté d’exercer la Banque à vendre ; Elle est à present d’un Exercice continuel de grand rapport, elle est propre à tous banquiers, caissiers et de finances ; l’on en sçaura le prix et condition qui sont faciles et raisonnables. Adresse au Bureau.

MEUBLES.

2. On veut vendre un petit Cabinet, dans lequel il y a cinq cents médailles d’argent, toutes pièces antiques et fort curieuses[498], on le fait cinq cents Escus. Adresse au Bureau.

[498] Pour le goût des médailles, qui étoit alors un des plus répandus, v. t. I, p. 221, 223, 225, 227, 228, 229, 230.

On veut vendre un carrosse coupé presque tout neuf, garni d’un veloux vert plein, trois belles glaces, une devant, et une à chaque costé, avec un trapontin[499] ; on veut aussi vendre les chevaux, ils sont entiers, noirs, à courte queue, âgez de cinq à six ans, et de bonne taille, avec les harnois, le tout en bon estat n’ayant qu’à monter dedans ; on fait les chevaux et le carrosse 1300 livres. Adresse au Bureau.

[499] Lisez strapontin, mot que l’on croiroit beaucoup plus moderne, mais qui se trouve déjà dans les Caractères avec le sens qu’il a ici. V. La Comédie de La Bruyère, 2e édit., 1872, in-18, t. I, p. 87.

Demandes.

3. On demande une Maison à acheter du prix de dix ou douze mille livres, à deux ou trois lieues de Paris, on n’est point attaché en quel endroit elle soit, pourvu qu’elle soit jolie et en bon estat ; on veut un jardin, des écuries, remise de carrosse, greniers et basse court ; on ne se soucie pas qu’elle soit en fief ou en roture. Adresse au Bureau.

On demande une belle housse avec sa garniture, une douzaine de chaises, et six fauteüils avec des housses, et que les bois soient à la mode ; une autre douzaine de chaises de tapisserie propres à mettre dans une salle, on ne se soucie pas qu’elles soient tout à fait à la mode ; un miroir de glace de moyenne grandeur. Adresse au Bureau.

On demande six chevaux pour labourer et mettre à la charrette, on les veut d’hazard de quelque personne qui vienne de campagne, afin qu’ils soient tous dressez, on y mettra jusqu’à mil ou douze cens livres ; on demande aussi leurs équipages, qu’on paiera comptant. Adresse au Bureau.

On donne avis à ceux qui cherchent une Personne qui sache les Langues pour les accompagner dans leurs voyages aux Païs estrangers, qu’il y en a un qui s’offre en quelque qualité que l’on voudra. C’est un homme de 40 à 42 ans, bien fait de sa personne, honneste homme de Profession, qui en donnera des preuves suffisantes aux personnes qui luy feront l’honneur de le vouloir employer. Adresse au Bureau.

On demande un manteau de camelot gris d’azard, et qu’il y aye un petit galon d’or, et qui soit propre. Adresse au Bureau.

On demande une armoire de bois de noyer propre et faite à la mode, avec une belle ferrure. Adresse au Bureau.

On demande un colier de perles entrenet d’une belle eau ; on le veut du prix de cinquante escus ou deux cents francs. Adresse au Bureau.

On veut vendre une Croix de Diamans, composée de sept diamans avec son coulant, les Diamans sont fort nets et fort beaux, bien mis en œuvre. Elle a coûté trente louis d’or, on la donnera pour un prix raisonnable. Adresse au Bureau.

Il y a un carrosse coupé tenant quatre ou cinq personnes à l’aise, garni de Damas cramoisi, trois glaces, une devant et une à chaque portiere, bien suspendu le train et les roues, le tout en bon estat, sans harnois de chevaux, environ de quatre cents livres. Il y a aussi un cheval pour Mousquetaire, propre à deux mains. Adresse au Bureau.


L’adresse pour ecrire est à Mr du Manuel Me du Bureau d’adresse et de rencontre où l’on recevra tous les jours des Avis. Il faut acquitter le port des Lettres.

On prie qu’on dise le dernier mot des choses dont on se veut défaire. On les vendroit plus aisément, par ce que ceux qui le souhaitent estant souvent étonnez du prix, ne les vont pas voir.

Quoy que la pluspart de ceux qui font des Demandes au Public par les Listes qui se distribuent tous les Mercredys, laissent leur adresse, ils sont avertis de passer souvent au Bureau, pour y estre instruits de ce qui s’y passera, sur les avis qu’ils auront donnez.

Chaque Journal se vendra trois sols.

Le Bureau pour recevoir les avis est au Marché-Neuf, chez un serrurier, attenant la Bariere des Sergents. Le Tableau où est le Privilege du Roy sert d’enseigne.

AVEC PERMISSION.

FIN DES APPENDICES.

TABLE ALPHABÉTIQUE
DES PRINCIPALES
MATIÈRES CONTENUES EN CET OUVRAGE[500].

[500] Afin de continuer à reproduire aussi exactement que possible le livre de Blegny, nous nous sommes conformé pour cette table, comme disposition, texte et orthographe, à celle qu’il a donnée dans sa première édition et qui — nous ignorons pourquoi — ne se retrouve pas dans la seconde. Nous nous sommes contenté d’y faire les additions nécessaires.

A.

Abrégé de la science des temps, II, [205].

Académies, I, 120.

Académie de découvertes, I, xlv, xlix, 9.

Académie Françoise (Listes de 1676 et 1705), II, [275], [289].

Accouchements, I, 159 et II, [69].

Adresses casuelles de la ville de Paris, I, xlij.

Affaires ecclésiastiques, I, 15.

Adresses recouvertes après l’impression, II, [68].

Adresses diverses, II, [73].

Adresses (autres) nouvellement recouvertes, II, [177].

Affiches, I, vj, xxxij, xxxiv ; II, [345], [357].

Affiches (petites), I, 10.

Afficheurs, II, [75].

Agneaux, I, 292.

Aiguilles, II, [24].

Alimens, I, 289.

Almanachs, I, 193 ; II, [190].

Almanach spirituel, I, 26.

Amirauté, I, 70.

Andouilles, I, 293-294.

Anchois, I, 302-303.

Animaux, I, 289. (Chair et poisson.)

Apoticaires, II, [69].

Architecture et Maçonnerie, II, [102].

Arcs de carosses, I, 47, 267.

Ardoises, II, [118].

Argenteurs, I, 287.

Armes et Bagages de guerre et de chasse, I, 261.

Armoires, II, [344].

Asnes, I, 264.

Auberges (tables d’Auberges) et Hostels garnis, I, 316.

Avis du Bureau d’adresse (Liste des), II, [302].

Avis généraux, II, [341].

Avis du journal général de France (Liste des), II, [373].

B.

Bailliage du Palais, I, 77.

— du Temple, I, 86.

— de Saint-Jean de Latran, I, 86.

Bains et Etuves, I, 182.

Balliveaux, II, [122].

Bandages, I, 13.

Banquiers, I, 117.

Banquiers expéditionnaires en cour de Rome, I, 18 et II, [68].

Baromètres, I, 242.

Bas, II, [30].

Bateaux (gardes), I, 111.

Bateurs d’or, II, [46].

Bâtimens du Roy, II, [87].

Bénéfices et Bénéficiers, I, 19.

Bêtes azines, I, 264.

Beurre (Marchandises de), œufs, fromages et légumes, I, 296.

Bible polyglotte, II, [319].

Bibliothèques, I, 129.

Bijouteries, I, 237.

Bijouterie de cire, II, [68].

Billards, I, 274.

Biscuits, I, 301.

Boëtes d’Allemagne, II, [23].

Bœufs, I, 291.

Bois de taillis à vendre, II, [338].

Bonneterie (Ouvrage et Commerce de), II, [28].

Bonnets carrés, II, [75].

Bottes, II, [65].

Bouchons de liège, II, 7.

Boucles d’oreilles, II, [317].

Boulangers, I, 306.

Boules à jouer, I, 274.

Bois à brûler, II, [8].

— à bâtir.

Boudin blanc, I, 294.

Bouquetières, I, 165.

Bouteilles de poche, II, [42].

Brefs et Bréviaires, I, 192.

Bureau d’Adresses (Listes générales du), II, [332]-346, [356], [364].

Bureau des Indes Orientales et Occidentales, I, 108-109.

Bureau d’adresses ou de rencontre, I, xx, xxiv et II, [302].

Bureau des Merciers, II, 18.

Bureaux publics, I, 106.

Buscs et bois d’Evantails, II, [24].

C.

Cabarets. V. [Traiteurs].

Cabinets d’ébeine, II, [353], [382].

Cabinets, I, xxxiv.

Café et cacao, I, 303.

Caffé et chocolat, I, 303.

Caisses de jardin, I, 282.

Calçons et chaussons de chamois, II, [37].

Calendrier, II, [218].

Calottes, II, [75].

Cancers, I, 170.

Canepin, II, [75].

Canifs, II, [48].

Caractères d’imprimerie, I, 194.

Caractères des signes et planètes, II, [200].

Carrafons, I, 303.

Carrières, II, [112], [113].

Carosses de louage, remises, I, 266.

Carosses de route, II, [160].

Carrosses à vendre, II, [323], [325], [348], [359], [367].

Cartes à jouer, I, 274.

Carte généalogique de France, II, [322].

Cartons, II, [27].

Cassolettes philosophiques, I, 243 et II, [35].

Catherinettes, I, x, xij.

Cerisaies à Montmorency, II, [311].

Chair et poisson, I, 289.

Chaircutiers, I, 293.

Chaises de moquette, II, [315], [353].

Chaises de porteur, II, [339].

Chaises roulantes, II, [317], [333], [366].

Chaisnetiers, I, 296.

Chambre des comptes, I, 64.

Chambre souveraine des décimes, I, 85.

Chambre du Trésor, I, 75.

Chancellerie, I, 146 ; II, [348].

Changements, I, 79.

Chapeaux (Commerce de), II, [38], [63].

Chapeaux à vendre, II, [320].

Charbon de terre, charbon de bois, II, 9.

Charges à vendre, II, [310], [338], [347], [348], [350], [352], [359], [362], [366].

Charrettes de routes, I, 263 ; II, [174].

Charité (directrices de), I, 23.

Châtelet, I, 70.

Chaux, II, [105].

Chevaux et équipages, I, 264.

Chevaux à vendre, II, [317], [319], [321], [323], [327], [333], [347], [353], [359], [360], [367].

Cheveux (Ouvrages et Marchandises de), II, [39].

Chiens, I, 273.

Chinoiseries, V. [Lachinage].

Chirurgiens, II, [68].

Choses diverses à vendre, II, [316].

Cicle solaire, II, [211].

Ciment, II, [105].

Cireure (cirage) de cordonniers, II, [67].

Citrons, I, 302.

Clavecins, I, 205 ; II, [72].

Clouds, II, [137].

Coches par terre et par eaux, II, [172].

Cochons, I, 292.

Coffres, I, 239.

Coiffeuses, I, 271 ; II, [41], [73].

Collèges, I, 138.

Colliers de perles à vendre, II, [319], [322], [361].

Commerce des Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, I, 244.

Committimus (droit de), II, [375].

Conférences, I, 127 ; II, [86].

Connétablie, I, 75.

Confiseurs, I, 300.

Confituriers I, xxxiij.

Conseils du Roi et Chancellerie, I, 46.

Conserves balsamiques, I, 170.

Consuls, I, 76.

Consultations chirurgicales, I, 158.

Consultations médicinales, I, 151 ; II, [77].

Contraintes judiciaires, I, 100 ; II, [343].

Coquillages, I, 236.

Cordes à instruments, I, 215.

Cordonnerie (Ouvrages et Marchandises de), II, [65].

Courriers, II, [249].

Cours des Aides, I, 63 ; II, [78].

Cours des Monnoyes, I, 69.

Courtiers, Couratiers, I, xij, 10.

Couteliers, Couteaux, II, [47].

Craquelins, Biscuits, Macarons, etc., I, 301.

Crêpes et Crêpons, II, [13].

Creusets, II, [75].

Cristal minéral, I, 175.

Cuirs et vendeurs de cuirs, II, [86].

Cuivre, II, [46].

Curé d’Evry, empirique, I, 156.

Curieuses (Dames), I, 231.

Curieux (Fameux) des Ouvrages magnifiques, I, 216.

Curiosités (Commerce de) et de bijouterie, I, 236.

D.

Damasquinerie, I, 240.

Danse, I, 124, 126.

Déclarations du Roy, I, 190.

Découpeurs, I, 62.

Demandes pour acheter, II, [327], [340], [354], [368], [382].

Dents malades, I, 170-172 ; II, [178].

Dentelles, Points, Boutons, Galons d’or, II, [16]-17.

Département des courriers, II, [249].

Descentes (Bandages), I, 12, 173 et II, [85].

Diamants du Temple, I, 248 ; II, [316].

Diamants à vendre, II, [322].

Docteurs et Licentiez en droit, I, 87.

Domestiques, I, vj ; II, [49], [344], [358], [376].

Doreurs, Argenteurs, I, 287.

Draperies, II, [11], [314].

Drogueries, I, 165.

Drogueries chimiques, I, 175.

Drogueries étrangères et de Montpellier, I, 175.

Durée des jours et des nuits, II, [242].

E.

Eau catholique de Paracelse, II, [320]-321.

Eau de Cordoue, I, 172 ; II, [34].

Eaux distillées, I, 175.

Eaux et forêts, I, 76.

Eau histerique, I, 172.

Eau rouge de la reine d’Hongrie, I, 172.

Eaux minérales, I, 175.

Eaux de vie, I, 176.

Echets, I, 274.

Ecoles (petites), I, 18.

Ecole médicinale, I, 141.

Ecrans, II, [22].

Eclipses, II, [242].

Ecritoires, II, [27].

Ecrivains jurés, I, 249 ; II, [53].

Edits et déclarations du Roy, I, 190.

Eolipiles, II, [324].

Eguilles et Epingles, II, [24].

Election, I, 77.

Emailleurs, I, 242.

Emplâtre de la manufacture royale, I, 13.

Epacte et Lunaisons, II, [213].

Epiciers, I, xxxiij, 302 ; II, [5]-6.

Epiceries et autres denrées domestiques, II, [5].

Essences de Rome et de Gènes, II, [33].

Essence végétale, I, 14, 172.

Estampes et tableaux, I, 239.

Etoffes à meubler, I, 284.

Etoffes indiennes, II, [13].

Etoffes d’Italie, II, [13].

Etoffes de soie d’or et d’argent, I, 272 et II, [13].

Etoffes de l’Apport-Paris, II, [339].

Etuves ordinaires, I, 182.

Evantails, II, [20].

Exercices (Nobles) pour la belle éducation, I, 253.

Exercices de piété, I, 21.

Experts Ecrivains, II, [53].

— Arithméticiens, II, [54].

— Maçons, Charpentiers, II, [54].

— Couvreurs, II, [54].

— Généalogistes, II, [53].

F.

Fabrique des Monnoyes, II, [245].

Fayences, I, 283 ; II, [43].

Fer (Ouvrages et Marchandises de), II, [129].

Fer blanc, II, [46], [131].

Fermiers généraux, I, 28, 32 ; II, [79].

Ferme à vendre, II, [313].

Ferrailles, II, [129].

Fêtes mobiles, II, [217].

Feux d’artifices, I, 272.

Figures de plâtre bronzées, I, 241.

Fileurs d’or, II, [46].

Finances royales, I, 26, 33.

Flûtes et Flageollets, I, 212.

Foires (Etat des plus considérables), II, [266].

Fontainiers, II, [155].

Fourneaux, II, [75].

Fourrures, II, [35], [38].

Frère Ange, empirique, I, 157.

Frères cordonniers, II, [67], [322].

Frères tailleurs, II, [61].

Friperie, II, [60].

Fromages, I, 297.

Fruiterie (offices de), I, 300.

Fruits secs I, 302.

G.

Gants (marchandises des gantiers et parfumeurs), II, [31].

Garçons de métier, II, [50].

Garçons de cuisine et de cabaret, II, [49].

Garnitures de rubans, II, [24].

Gazettes, I, xvij, xxix, 193.

Généalogies, II, [53].

Gibecières, I, 273.

Gobelins, II, [92]-93.

Glaces de miroirs, II, [141], [142].

Grand Conseil, I, 61.

Grains balsamiques, I, 13, 171.

Grains dépuratifs du sang, I, 172.

Graines de jardins, I, 282.

Graveurs en taille douce, II, [68].

Graveurs de médailles, II, [153].

Graveurs en lettres, II, [152].

Graveurs en pierre, II, [153].

Greffiers du Parlement, I, 94.

Grenailles, I, 248.

Grenier à sels, I, 79.

Guainiers, II, [37], [49], [74].

Guinguettes, II, [305].

Guipures, II, [17].

Guitarre, I, 211.

H.

Habillements (habits d’hommes et de femmes), II, [58].

Habits et manteaux à vendre, II, [319].

Habits faits de théâtre et de mascarade à quatre pistoles par an, I, 271 et II, [62].

Hameçons, I, 296.

Harans, I, 295.

Hautbois, I, 212.

Herbages, I, 165.

Hôtel de Ville, I, 75.

Heures, I, 192.

Horlogers. V. [Orlogeurs].

Hospitaux (Administration des), I, 112.

Hostels garnis et tables d’Auberges, I, 316.

Huile d’amandes et autres tirées sans feu, I, 175.

Huile d’olive, II, [5].

Huissiers, I, 100.

Hydromètres, I, 242.

Hypocras, I, xxxiij.

I.

Immeubles à louer, à vendre, à échanger, II, [304].

Indiction romaine, II, [212].

Instructions (premières) de la jeunesse, I, 248.

Instruments mathématiques et de chirurgie, II, [48].

Instruments à vents, I, 212 ; II, [72].

J.

Jambons, I, 293.

Jardin médicinal, I, 26.

Jardin Royal, II, [87].

Jardinages, I, 275.

Jartières, II, [23].

Jeûnes et solemnitez, II, [215].

Jurés bourgeois, II, [54].

Jouailleries, II, [23].

Juges et Consuls, I, 76.

Journal des avis et affaires de Paris, I, xxxv.

Journal des Savants, I, 191.

Journal du Bureau de rencontre, I, xxxix.

Juridiction des Poudres et Salpêtres, I, 79.

— des Garennes, ibid.

— du Chantre Notre-Dame, I, 17, 20.

L.

Laboratoire du sieur de Blégny, I, 169.

Lachinage, I, 239.

Lait d’anesses, de chèvres ou de vaches, II, [72].

Lancettes, II, [47].

Lapins, I, 273.

Laquais, II, [50], [344], [358], [376].

Lard, I, 293.

Leçons particulières, I, 138.

Leton, II, [46].

Lettre Dominicale, II, [211].

Librairie (impressions et Commerce de), I, 19, 185.

Lieux où se trouveront tous les quinze jours les livres d’avis, II, [330].

Linges, points et dentelles, II, [15].

Lingots d’or et d’argent, I, 248.

Lits, I, 284, 285.

Lits à vendre, II, [314], [315], [334], [352], [360], [361], [368].

Litières, I, 267.

Livres d’avis, II, [330].

Livres de Mathématiques, I, 190.

Livres de Médecine, I, 162, 163, 190.

Livres de piété et d’église, I, 20, 26.

Lods et ventes, II, [309].

Loupes, I, 174.

Lustres et girandoles, II, [143].

Luths, I, 211.

M.

Macarons, I, 301.

Machinistes, II, [121].

Maçonnerie (lieutenant général de la), I, 78 ; II, [102].

Maçons et Manœuvres, II, [102].

Magistrats (principaux), I, 55.

Maisons à louer, II, [305]-308, [333], [362].

Maisons à vendre, II, [308]-313, [334]-337, [349], [351], [367], [368].

Maladies vénériennes, I, 171.

Maladies des yeux et des oreilles, I, 174.

Marchandises d’Outre-Mer, II, [20].

— de Dieppe, II, [22].

— de Saint-Claude, II, [23].

Maréchaussée, I, 75.

Marionnettes et Manequins, I, 272.

Marqueterie, I, 286.

Manufactures des ouvrages du Roy, II, [87].

Maroquins, I, 109 ; II, [38].

Masques, I, 271.

Matériaux à bâtir, II, [105].

Mathématiques, I, 146, 254 et II, [71].

Matières métalliques (Commerce de diverses matières), II, [45].

Matières médicinales, I, 164.

Médailles, I, 130, 221, 223, 225, 227, 230 ; II, [382].

Médecine et Médecins, I, 150.

Médecine ordinaire, I, 150.

Médecine empirique, I, 156.

Médecins jurés, II, [52].

Melons, I, 303.

Menus Plaisirs, I, 269.

Menuiserie, II, [121].

Menuisiers en ébène, II, [353].

Mercerie, Quincaillerie (Commerce de), II, [18].

Mercure galant, I, 193.

Mercure d’or, I, 13.

Messageries, II, [166].

Meubles à vendre, II, [314].

Meubles de la Chine, I, 236, 240.

Meubles ordinaires et Tapisseries, I, 283.

Meubles d’orfévrerie, II, [73].

Meubles vieux, I, 287.

Migniatures, II, [97], [98].

Miroirs, II, [21], [140], [353], [361].

Mirouettiers, II, [21], [140], [353], [361].

Moëllons, II, [107], [113].

Monnoies (Fabrique des nouvelles), II, [244].

Montres à vendre, II, [322], [361].

Morrhues, I, 295.

Mouches, II, [76].

Moulin à blé à vendre, II, [324].

Moutons, I, 291.

Mulets, I, 264.

Musettes, I, 212.

Musique, I, 204.

N.

Nombre d’or, II, [210].

Nomenclateurs, I, vj, 7.

Nourrices, II, [49].

Nourriture, I, 289.

O.

Œufs, I, 296.

Officialité, I, 16, 18, 21.

Officiers nouveaux, Metteurs à bord et gardes bateaux, I, 111.

Olives, I, 303.

Omissions et changements, I, 79.

Opérations chirurgicales, I, 157 et II, [68].

Opérateurs pour la pierre, la cataracte, les dents, I, 160.

Orlogeurs, II, [73], [349], [361].

Oranges, I, 302.

Ordonnances (Nouvelles), I, 186.

Orgues, I, 205, 206 ; II, [316].

Orvietan, I, 169.

Ouvrages exquis de peinture et de sculpture, II, [92].

Ouvrages et bois de Menuiserie, II, [121].

Ouvrages et fournitures de Charpente, II, [115].

Ouvrages et fournitures de Couvreurs, II, [118].

Ouvrages d’or, d’argent, de pierreries, de perles, etc. (Commerce des), I, 244.

P.

Panneterie et Patisserie, I, 304.

Paniers à fruits, I, 301.

Papetiers (Marchandises de), II, [26].

Parfumeurs (Marchandises des), II, [31].

Parlement, I, 86.

Parties casuelles, I, 38, 108.

Pastel, II, [99].

Patissiers, I, 300, 304.

Paveurs (Ouvrage des), II, [157].

Peaux pour les chapeliers, II, [38].

— pour les foureurs, II, [38].

Peaux de mouton en chamois, II, [36].

— de chagrin, II, [37].

Peintures, sculptures, dorures, II, [144].

Peintres, II, [178] ; ouvrages de peinture, II, [92], [144].

Pelleterie et fourrure, II, [35].

Penitencier (grand), I, 17.

Pendules à vendre, II, [349].

Pension pour les malades, I, 178.

Pensions et répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.

Perles, I, 248 ; II, [319], [322], [361].

Perruques, I, xxxiij ; II, [40].

Philosophes, I, 123.

Pieds de porc à la Sainte-Menehould, I, 294.

Pierre (qualité et coupe de la), II, [111], [114], [115].

Pierreries, I, 247.

Pigeons, I, 273.

Pistaches, I, 304.

Placages (meubles de), I, 286.

Plâtre, II, [105].

Plomb en balles et grains, II, [46].

Plomberies (Ouvrages de), II, [155].

Planches de Bateaux, I, 121, 122.

Plumes d’acier, II, [76].

Points, II, [17].

Poissons, I, 294, 295.

Police, I, 186.

Portraits en cire, II, [69].

Porcelaines, I, 239 et II, [42].

Porcs, I, 292.

Poteries, Carrelage, Vuidange, II, [158].

Poulmoniques (Conserve et liqueur pour les), I, 170.

Précisions chronologiques et historiques des temps, II, [209].

Prévôté de l’Hôtel du Roy et de la Ville, I, 74.

Prévôt des Marchands, I, 75.

Prieur médecin, I, lv, 157.

Prisonniers (pauvres), I, 24.

Privilégiez, Privileges à vendre, II, [77].

Prix des Ouvrages de Maçonnerie, II, [105].

— de Charpente, II, [116].

— de Menuiserie, II, [122].

— de Couvreurs, II, [119].

— des marchandises de fer, II, [131].

— des Glaces, II, [143].

— des Pavés, II, [157], [158].

— des Ouvrages de Sculpture, peinture et dorure, II, [146].

— des Plombs, II, [156].

— des Nattes et Frottages, II, [156], [160].

— des Vitres, II, [138], [139], [140].

Proxenêtes (courtiers antiques), I, vij, viij.

Q.

Quincailliers, II, [25].

R.

Rabats, II, [73].

Recommanderesses, I, x ; II, [49].

Recueil de vers, II, [325].

Remarques sur la durée des jours et des nuits, II, [242].

— sur les systèmes du monde, II, [203].

Remèdes pour les chevaux, I, 69.

Remèdes du Roi, I, 170.

Rentes de l’Hôtel de Ville, I, 42.

Répétitions pour les écoliers, I, 138, 249.

Requestes de l’Hôtel du Roy, I, 78.

— du Palais, I, 78.

Rocfort, fromage, I, 299.

Roulliers et charrettes de routes, II, [174].

Rubans, II, [20].

S.

Sable, II, [157].

Sages femmes jurées, II, [69].

Saignée, I, 159.

Savons, II, 7, [33].

Savoyards, II, [21].

Science des Temps, II, [205].

Sculpteurs, II, [92], [145].

Sculpture (Ouvrages de), II, [145].

Séances des Tribunaux, I, 78.

Secret pour guérir le Miserere, II, [324].

Secrétaires du Roy, I, 54.

Secrétaires et Greffiers, I, 93.

Sel policreste, I, 169.

Sergens, I, 100.

Seringues, II, [77].

Sermons, I, 200, 201.

Serrures, II, [136].

Servantes, I, x ; II, [49].

Sirop de vanille, I, 177.

— de thé, febrifuge, I, 177.

Soies, II, [9].

Souliers, II, [67].

Squelettes, II, [77].

Sucres, II, [6].

Suif, II, [8].

Supputation des Epoques, II, [210].

Systêmes du monde, II, [203].

T.

Table de Marbre (juridiction de la), I, 78.

Tableaux, I, 239.

Tableaux à vendre, II, [360].

Tablettes à vendre, II, [359].

Tablettes d’Alary, I, 177.

Tablettes de poche, I, 243.

Taillandiers, II, [47].

Tailleurs, II, [59], [60], [61].

Tambours, I, 263.

Tamis, II, [77].

Tapisseries à vendre, II, [314], [336], [350], [361].

Tapissiers fripiers, I, 287 ; II, [326].

Tapisseries et Meubles ordinaires, I, 283.

Tapisseries de cuir doré, I, 286.

— d’Auvergne, II, [340].

— de la Savonnerie, II, [320], [326].

— de Flandres, I, 283.

— de Beauvais, I, 283.

— d’Aubusson, I, 283.

— de Bergame et de Rouen, I, 284.

Tarif des nouvelles monnoyes, II, [244].

Temporalité, I, 79.

Tentes et pavillons de guerre, I, 262.

Tentures de haute lice, I, 283 ; II, [315].

Terre cizellée, I, 240.

Théorbes, I, 210 ; II, [326].

Terres, fiefs et seigneuries à vendre, II, [337], [338], [349], [360], [363], [367].

Thériaque de Rouvière, I, 167.

Thermomètres, I, 242.

Tireurs d’or, II, [46].

Toiles cirées, II, [76].

Tontine, I, 44.

Tourneurs, II, [51], [103]-104.

Traiteurs, I, 314, 315, 319.

Treillis d’Allemagne, II, [13].

Trésor des Almanachs, II, [193].

Trésor d’Esculape, II, [177].

Trésor Royal (Gardes du), I, 28.

Trésoriers, I, 38, 53.

Tribunaux, I, 78.

Triquetracts, I, 274.

Trompettes et timbales, I, 215 ; II, [73].

Truffles, II, [71].

Tuiles, II, [119].

Tuyaux de tolle de fer à brûler du bois sans fumée, II, [76].

V.

Vacations des Tribunaux, I, 86.

Vaches de Roussy, II, [37], [38].

Volailles, I, 292.

Vapeurs, I, 171 ; II, [79].

Veaux, I, 291.

Verre (Vitriers), II, [44], [138].

Verrerie (Commerce des Verriers), II, [41].

Vérifications et rapports de jurez, II, [52].

Vins de liqueurs, I, 301.

Vins (Marchandises et aprest de), I, 309 et II, [318], [324].

Violle et Viollon, I, 209, 210 et II, [317].

Vieux papiers et parchemins, II, [28].

Vitriers (Ouvrage des), II, [138].

Voyer, I, 109.

Y.

Yeux artificiels, II, [75].