CHANGEMENS.

Les Fermes des Aydes et Domaines de France et droits y joints, ont été réunies en cinq grosses Fermes.

Le Département de Messieurs les Fermiers Généraux des Fermes Unies, pour le service desdites Fermes, pendant l’année 1692, a été réglée comme il s’ensuit par Monseigneur le Controlleur Général.

Paris.

I.

Messieurs[1]

[1] La plupart des noms qui suivent ayant figuré au chapitre des Fermiers généraux, t. I, p. 28 et suiv., nous n’y reviendrons pas. Nous dirons seulement quelques mots de ceux qui sont nouveaux ici et méritent quelque attention.

Berthelot, Turgis, de la Porte, Courchamp, Bigodet[2], Blin et Thomé :

[2] Il devint secrétaire du Roi, et il étoit, en 1702, un des plus considérables des Fermes. Il logeoit dans un magnifique hôtel, rue Coquillière.

La Regie du Bureau Général de la Douane et Droits y joints, et des Greniers à Sel de la Ville et Généralité de Paris.

II.

Pelissier, Laugeois, le Maistre, Arnaud, Dapongny, Rancy[3], Henault :

[3] Paul-Étienne Brunet de Rancy, frère des trois autres, que nous avons vus plus haut : Brunet de Chailly, Brunet de Montferrand et Brunet de Vauxge. Il devint secrétaire du Roi. En 1695, ayant été envoyé en Bretagne dans l’intérêt des Fermes, les États se plaignirent qu’il leur en avoit coûté cent mille francs d’augmentation. (Correspondance des Contrôleurs généraux, no 1478.) C’est lui qui, après la mort de Mme de Sévigné, vint habiter l’hôtel Carnavalet.

La Régie de la Ferme du Tabac et dument demaine d’Occident.

III.

Luillier, du Ruaupallu, Turgis, Menon, de la Porte, Mouchy, Rancy et Blin :

Le Soin et Fournissement des Gabelles de France.

IV.

Laugeois, Remond, Menon, d’Apougny, le Normand, Hénault :

La Regie des Entrées de Paris.

Du Gros[4].

[4] Le « gros » étoit le revenu, le produit fixe des impôts, et, par conséquent, le contraire du « casuel ».

Du Huitieme[5].

[5] Droit payé au Roi par les cabaretiers de Paris, pour chaque muid de vin qu’ils vendoient à pot ou à assiette.

Du Pied-Fourché[6].

[6] Droit d’entrée sur le bétail à pied fourchu : moutons, chèvres, etc. L’Estoille (Édit. du Panthéon, t. II, p. 422) a parlé de cet impôt déjà fort ancien de son temps. Ceux qui l’affermoient en devoient une part à l’Hôtel-Dieu. V. Inventaire des Archives hospitalières, t. I, p. 359 et 391.

Et des Droits de Rivières et leurs Dependances.

V.

Luillier, le Maistre, Courchamp, le Tellier, Delpesche, Montry :

La Régie du Papier et Parchemin Timbré de la Ville et Genéralité de Paris.

Des Aydes du plat Païs[7] et Versailles.

[7] La banlieue.

Et des grandes Entrées de Rouen, Diepe, le Hâvre, et ses dépendances.

VI.

Luillier, Laugeois, du Ruaupallu, le Tellier, le Maistre, Courchamp, Arnaud, Thomé :

Le soin de faire remettre les deniers des Provinces à la Recette générale.

De faire payer tous les Sous Fermiers.

De Vérifier et Controller les Caisses.

De faire les payemens au Trésor Royal.

D’acquiter les Charges des Etats du Roi.

Et des Comptes à rendre au Conseil et à la Chambre.

VII.

Laugeois, l’Huillier, du Ruaupallu, Arnaud, Delpesches, Romanet, Dumas, Henault :

La suite des Etats Alphabétiques[8].

[8] Ce sont les états indiqués dans la série précédente, l’état des pensions notamment.

L’examen des produits.

La Verification des Passe-ports de Sa Majesté.

Et les Arretez des Comptes des Directions et des Comptes de Societé.

VIII.

Pelissier, Rémond, Menon, Mouchy, de la Porte, Cormery, Dumas, Vauxge :

Le Contrôle Général de toute la Depense de la Ferme.

La Garde des Papiers, Registres et Titres de la Ferme.

IX.

Pelissier, Menon, Vallier, Lagny, Henault, Vauxge, Cormery, Douilly, le Jariel :

La suite des affaires du Conseil, au Parlement, à la Cour des Aydes, à la Chambre du Trésor, et en l’Election[9], et l’Assistance à l’Assemblée des Avocats à tenir une fois la semaine au Bureau[10] pour les affaires de la Ferme.

[9] Il a été dit plus haut ce qu’étoit une Élection, et sa juridiction spéciale pour statuer sur les différends survenus à propos des aides et des tailles.

[10] Ce bureau étoit à l’Hôtel des Fermes, ancien hôtel du chancelier Séguier, dont l’imprimerie Paul Dupont occupe aujourd’hui une partie, entre la rue du Bouloi et la rue Jean-Jacques Rousseau, alors rue de Grenelle.

X.

Luillier, Berthelot, de Ruaupallu, Arnaud, Turgis, Henault, Mouchy :

La Correspondance.

Les Achats.

Et les Comptes du Traité des Vivres de la Marine.

Provinces.

I.

Messieurs

Langlois, Vauxgé, de la Porte :

Directions[11] de Rouen, Caën et Allençon.

[11] La direction étoit le bureau spécial des finances pour chaque généralité.

II.

De Belloy, le Tellier, Blin :

Directions d’Amiens, Guises, Soissons[12] et l’Isle.

[12] Les directions de Guise et de Soissons furent remplacées, peu après, par celle de Saint-Quentin.

III.

Baugier, Luillier, de Turgis :

Directions de Dijon, Langres et Franche Comté.

IV.

Romanet, Cormery, Laugeois :

Directions de Chalons, Sedan, Lorraine et Alsace.

V.

Blin, de Lagny, Remond :

Direction de Lyon.

VI.

Saint Amant, Luillier, Mouchy :

Direction de Valence, Avignon et Marseille.

VII.

Le Juge, Delpesche, Berthelot :

Directions de Montpellier et Thoulouze.

VIII.

Grandval, Menon, Menault :

Directions de Bourdeaux et de Dax.

IX.

Germain, du Ruaupallu, Thomé :

Directions de la Rochelle et Charante.

X.

De Blair[13], Vallier, le Jariel :

[13] Melchior de Blair, d’abord simple intéressé dans les fermes. Il étoit arrivé à être fermier général, après deux missions qu’il avoit habilement remplies : l’une, en 1690, en Picardie ; l’autre, en 1691, en Bretagne.

Directions d’Angers, Laval, le Mans et Bretagne.

XI.

Des Espoisses, Rancy, Dumas :

Directions d’Orléans et de Tours.

XII.

Martin, Germery, d’Apougny :

Directions de Bourges et Moulins, avec les Dépôts d’Auvergne, Limosin et la Marche.

La Manufacture Royale des Bandages de nouvelle invention[14], qui a toujours sa principale entrée par la rue de Guénégaud, communique d’ailleurs presentement avec la boutique de M. de Blegny le fils Apoticaire du Roy, sur le quay de Nesle à la Devise Royale[15], où l’on fera bien de s’adresser pour eviter la surprise de quelques imposteurs.

[14] L’industrie des bandages avoit été la première qu’eût exploitée Blegny. Aussi, ne manque-t-il pas d’y revenir sans cesse. V. plus haut.

[15] Il y avoit succédé, avec la même enseigne, à Delaunay, chirurgien herniaire, dont J. Lepaute a gravé l’adresse.

Ces Bandages ont des formes différentes selon les diverses dispositions des Malades et de leurs incommoditez ; on y trouve à ressort, à visse, à charnieres ployantes, à champignons, à ceinture de Buffles, etc., mais telle que soit la conformation particuliere de chacun de ces Bandages, on y trouve cet avantage qu’ils retiennent parfaitement, et dans les plus impetueux mouvemens, les Décentes qui n’ont pû être arrêtées par aucune sorte de Bandages, et qu’ils conduisent à la guerison qu’on a coutume de tenter vainement par l’usage des bandages ordinaires.

On trouve au même lieu un livre et des mémoires curieux sur la guerison des Decentes[16], et sur le prix des Bandages et des Remedes.

[16] Voici le titre du livre de Blegny, donné déjà, d’ailleurs, dans l’Introduction, p. xlv : l’Art de guérir les hernies de toute espèce dans les deux sexes, avec le remède du Roi, in-12. La première édition parut en 1676, la seconde en 1693.

Messieurs l’Abbé de la Roque qui tenoit des Conférences rue de Guénegaud[17], et Legier qui étoit censeur de la Faculté de Medecine, sont décedez[18].

[17] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 128, au chapitre Conférences. L’époque de sa mort, qu’on ne savoit pas, peut être ainsi fixée à la fin de 1691.

[18] V. t. I, p. 151.

M. Frosne qui etoit Inspecteur des Batimens du Roy, a présentement un autre employ en Cour.

Les Droits et Bureaux des Chevaux de renvoy ont été suprimez[19].

[19] Ils étoient, on l’a vu, t. I, p. 108, à l’hôtel de Sens.

Le Sieur Marseilles Marchand rue Saint Denis qui vendoit des Cuirs dorez de Flandres, a manqué[20].

[20] Cette expression, pour dire faire banqueroute, commençoit à être employée. Dancourt s’en est servi dans les Agioteurs (acte III, sc. VII), où un des personnages dit : « Son marchand est un fripon, elle a raison ; il est prêt à manquer. Ses affaires périssent. » — D’autres reprirent le commerce mis en péril par la banqueroute de Marseilles. Liger, en effet, dit en 1715, dans son Voyageur fidèle, p. 366 : « On vend des Tapisseries de cuir doré, rue St-Antoine, proche de la Bastille : celles de cuir doré de Flandres se vendent dans la rue St-Denis, proche de la Sellette. »

BATIMENS DU ROY[1].

[1] Ici encore, nous trouverons beaucoup de noms déjà rencontrés plus haut, au chapitre des Vérifications et Rapports des Jurez et ailleurs. Nous ne nous occuperons que des noms ou des détails nouveaux.

Sur-intendant et ordonnateur general des Batimens et Jardins du Roy, et des Manufactures Royales des Gobelins.

Monsieur le Marquis de Villacerf ruë de l’Egout près la place Royal.

Inspecteur Général, premier Architecte et Intendant des Batimens et Jardins de Sa Majesté.

Monsieur Mansard[2] rue des Tournelles[3], et encore pour Intendans Mrs de la Mothe, Coquart rue des Poulies, et Essein rue neuve des Petits Champs.

[2] Hardouin Mansard, architecte de Versailles, etc.

[3] L’hôtel, qu’il s’y étoit fait bâtir, auprès de celui de Ninon, existe encore en partie.

Controlleurs en Charges.

Messieurs le Nostre aux Tuilleries, le Febvre au vieux Louvre, et Gabriel rue de Cléry.

Intendans et Controlleurs par Commission des Batimens et Maisons Royales de Paris et de Versailles.

Messieurs de la Chapelle, Besse ancienne cour du Palais, et Lambert rue neuve des Petits Champs.

Architectes ordinaires des Batimens de Sa Majesté.

Messieurs Dorbay rue des Poulies, Buland[4] rue saint Louis du Marais, de Coste[5] rue des Tournelles, et Perrault l’ainé place du Chevalier du Guet.

[4] Seroit-ce un arrière-petit-fils de Jean Bullant, architecte des Tuileries et d’Écouen ? Il n’y a rien là d’impossible. Le fils de Bullant, Charles, fut entrepreneur de maçonnerie, et sa descendance dut rester dans le même métier.

[5] Robert de Cotte, qui succéda, en 1708, à Hardouin Mansart, son maître, comme premier architecte du Roi. Il existe à la Biblioth. Nat., cabinet des Estampes, un grand nombre de mémoires, devis, procès-verbaux de travaux faits à Paris ou dans les environs, qui viennent tous de Robert de Cotte. Ils furent acquis en 1821.

Inspecteurs par Commission pour les Batimens des Maisons Royales de Paris.

Messieurs Fossier père et fils rue des Poullies, le Court aux Invalides, et l’Abbé au vieux Louvre.

Trésoriers alternatifs des Batimens de Sa Majesté.

Messieurs de Mageinville rue Traversine qui est en exercice, et Manessier rue de Cléry.

Ceux qui entreprennent d’ailleurs pour les particuliers les plus considérables edifices pour la Maçonnerie, sont Mrs le Maistre, Maziere, Gabriel et Pipault ci devant désignez, Marcoult[6] rue neuve saint Honoré, Bergeron le jeune[7] butte saint Roch rue Royale, etc.

[6] Le Ms. du commis de Mansart, G. Marinier, sur les travaux de Versailles, sous Louis XIV, et les entrepreneurs qui y furent occupés, le nomme Gérard Marcou.

[7] Pierre Bergeron, d’après le même Ms.

Les Entrepreneurs de Sa Majesté pour les autres parties d’Architecture, sont pour la Charpente Messieurs Malet[8] quartier saint Germain, la Porte rue de Seine près la Pitié, Aubert à saint Germain en Laye, et Poisson à la porte saint Antoine.

[8] G. Marinier l’appelle Jean Mallet. Il ne nomme pas les trois autres qui suivent.

Pour la Menuiserie Messieurs Rivet[9] rue du gros Chenet, Remy porte Montmartre, Verdeau cloitre saint Julien le Pauvre, Nivet quartier saint Germain, et la veuve Dionis porte de Richelieu[10].

[9] Antoine Rivet, selon G. Marinier. Il nomme ensuite Louis Rivet, sans doute son frère, dont Blegny pourroit bien avoir altéré le nom, en l’appelant deux lignes plus loin Nivet. En 1733, un Jacques Rivet étoit encore « menuisier ordinaire des bâtiments du Roy ». Sa nièce Geneviève Papillon avoit épousé le célèbre vernisseur Robert Martin, dont le petit-fils fut Martin le chanteur si connu. (Jal, Dict. crit., p. 845 et 846.)

[10] Son mari, dont elle continuoit le métier, avoit fait bâtir un certain nombre de maisons, rue de Richelieu, entre autres celle qui touchoit à la maison du tailleur Bandelet, où mourut Molière. La famille des Dionis ou Dyonis, à laquelle on dut plusieurs savants célèbres du XVIIIe siècle, étoit ancienne à Paris. Plusieurs figurent, de 1472 à 1527, dans l’Épitaphier des Saints Innocents. (Le Beuf, Hist. du diocèse de Paris, édit. Cocheris, t. I, p. 198.)

Pour les Couvertures, M. Yvon, rue Montmartre[11].

[11] Dans le Ms. de Marinier, il est, comme ici, nommé tout seul. C’est donc cet Étienne Yvon qui eut, sous Louis XIV, l’entreprise générale des toitures des Palais Royaux.

Pour la Serrurerie, Messieurs Roger[12] aux Invalides, Boutet rue Frementeau, Haté place de Cambray, Fordrain à la Monnoye, et Lucas rue saint Nicaise.

[12] Pierre Roger, d’après le même Ms.

Pour la Plomberie, M. Lucas[13] place du vieux Louvre.

[13] Il eut, lui aussi, tout seul, l’entreprise de la plomberie de Versailles et des autres palais, suivant G. Marinier, qui l’appelle Jacques Lucas.

Pour la Vitrerie, Messieurs Pougeois vieille rue du Temple, Gombault rue saint Thomas du Louvre, et la veuve Janson rue de l’Arbre sec.

Pour les Ouvrages de marbre, Messieurs Deschamps place du Carrousel, Baudin porte Montmartre, et Ergo porte Gaillon.

Pour les Peintures d’Ornemens, Messieurs Poisson fils à saint Germain en Laye, et le Febvre rue de Richelieu.

Pour la Doreure, M. des Oziers[14] à Versailles.

[14] Guillaume Desauziers.

Pour la Sculpture, Mrs Jouvenet rue des Jeuneurs[15], Mazeline[16] à la Ville neuve, Dieu[17] au Palais Brion[18], Lespingola[19] rue neuve saint Honoré, Maziere[20] place du Carrousel[21], Bonvalet à la Ville neuve, et Carlier rue Montmartre,

[15] Il étoit cousin du peintre célèbre, mais n’arriva pas à l’Académie. Il travailla pour le Roi, à Versailles, avec le Hongre. Son prénom étoit Noël.

[16] Pierre Mazelines. G. Marinier ne l’oublie pas parmi les sculpteurs employés à Versailles. Mazelines y travailla, lui aussi, avec le Hongre. Il étoit de Rouen, fut reçu de l’Académie le 7 juillet 1668, et mourut le 7 février 1708, à soixante-quinze ans.

[17] Antoine de Dieu, né à Paris en 1653, mort en 1727. Il y avoit une statue de lui à Saint-Germain-des-Prés, chapelle de saint Jérôme.

[18] Nous avons dit, t. I, p. 124, ce qu’étoit cette dépendance du Palais-Royal.

[19] Il vint de Rome, où il étoit de l’Académie de Saint-Luc, travailla à Versailles avec Nic. Coustou, fut reçu de l’Académie le 29 février 1676, en fut exclu pour cause d’absence prolongée, en 1694, et mourut le 10 juillet 1705.

[20] Il travailla aux sculptures des Tuileries.

[21] C’est rue des Orties-du-Louvre, derrière l’hôtel de Beringhen, qu’il logeoit, et non sur la place même du Carrousel. (Arch. de l’Art françois, t. III, p. 227.)

Pour le Pavé Messieurs Renoult rue de Grenelle saint Germain, Aubry rue de Seine[22], et Colin rue des Tournelles[23].

[22] Cet Aubry, paveur des bâtiments du Roi, étoit bien probablement de la famille de Léonard Aubry, qui, en 1643, avoit le même titre, et joua, ainsi que plusieurs des siens, un certain rôle dans l’histoire de Molière. C’est lui qui mit en état, sur les fossés de Nesle, les abords du Jeu de paume, où Molière donna ses premières représentations ; et l’un de ses fils, Jean-Baptiste Aubry, qui s’étoit fait auteur de tragédies, Démétrius et autres, qui existent mss. à la Biblioth. Nat., épousa Geneviève Béjard, sœur de Madelaine, dont Molière avoit épousé la fille. Cet Aubry, auteur tragique, qui se faisoit appeler sieur des Carrières, n’étoit pas moins devenu, comme son père, paveur des bâtiments du Roi. Il l’étoit, en 1677, lorsqu’il signa au contrat du second mariage d’Armande Béjard. Peut-être est-ce lui qui figure ici ?

[23] Ici devroit être nommé Villiard, qui eut pendant vingt-six ans l’entreprise du pavage et des aqueducs à Versailles. Ses comptes existent à la Bibliothèque du Ministère de l’Intérieur en 3 vol. in-fol. sous ce titre : Registre des Ouvriers qui ont travaillé pour le Roy suivant les ordres du seigneur surintendant des bastiments de Sa Majesté, sous la conduite du sieur Villiard. Le Ier va de 1679 à 1696 ; le IIe, de 1697 à 1701 ; et le IIIe, de 1702 à 1705.

Les Juges établis pour connoître des matières concernant les Batimens du Roy et les edifices publics, sont Messieurs de l’Epine rue neuve des Petits Champs[24], et Villedo[25] rue saint Louis au Marais, qui sera en exercice pendant les années 1692 et 1693.

[24] De la même famille que ceux que nous avons vus plus haut parmi les experts jurés.

[25] Un des fils de Michel Villedot, qui fut un des entrepreneurs de l’aplanissement de la Butte des Moulins, dont une rue a gardé son nom. V. notre Histoire de cette butte.

OUVRAGES EXQUIS
De Peinture et de Sculpture.

Cet article a dû suivre celuy des Batimens du Roy, parce que presque tous les Peintres et Sculpteurs dont on va voir les noms et les adresses sont employez aux ouvrages de Sa Majesté, et sont membres de l’Academie Royale de Peinture et de Sculpture, dont il a été parlé dans l’article général des Academies.

C’est au Palais Brion où elle se tient qu’on peut recouvrer la liste de ceux qui la composent. Le degré de distinction dans lequel il faut nécessairement parvenir pour y être admis, est une preuve certaine de leur habileté ; c’est pourquoy en quelque occasion que ce fût, il n’y auroit point à balancer sur le choix, si ce n’étoit que plusieurs d’entre eux ont des singuliers dans lesquels ils excellent principalement, par exemple entre les Peintres.

Pour l’Histoire Mrs Mignard[1] premier Peintre du Roy, Chancelier de l’Academie, et Directeur des Atteliers des Gobelins[2] rue de Richelieu[3] ; Jouvenet[4] à l’un des Pavillons du Collége Mazarini[5], Hoüasse[6] au Cabinet du Roy[7] ; Coüapel père et fils[8] aux Galeries du Louvre, Corneille l’aîné[9] rue des Petits Champs, Verdier aux Gobelins[10], Paillet rue neuve saint Eustache[11], Blanchard cul de sac saint Sauveur[12], Montagne rue du Vieux Colombier[13], Vernensal[14] rue saint Honoré, Hallé[15] rue sainte Marguerite, Boulogne l’aîné[16] rue sainte Anne, Boulogne le jeune rue des fossez Montmartre[17], Person place du Palais Royal[18], Vignon[19], rue du Petit Lion, etc.

[1] Pierre Mignard, trop célèbre, pour que nous ayons à dire ici autre chose de lui, que ses noms.

[2] Il avoit eu toutes ces charges, à quatre-vingts ans, en mars 1690, après la mort de Le Brun.

[3] V. sur cette maison, qu’il occupoit depuis longtemps, et où il mourut le 15 mai 1695, notre Histoire de la Butte des Moulins, p. 114-115.

[4] Jean Jouvenet, dont la célébrité nous dispensera aussi de longs détails. Né à Rouen, en 1644, il fut reçu de l’Académie le 27 mars 1675, et mourut le 5 avril 1717. Les douze apôtres de la coupole des Invalides sont de lui.

[5] Il y mourut. Ce pavillon étoit celui qui touche au quai Malaquais. L’adresse de Jouvenet est donnée ainsi sur l’acte de mort de l’une de ses filles, le 5 juin 1680 : « Sur le quai Malaquais, dans le grand pavillon sur l’eau, au collége des Quatre-Nations. »

[6] René-Antoine Houasse, né à Paris en 1644, reçu de l’Académie le 15 avril 1713, mort le 27 mai 1710. Le Brun, dont il fut un des bons élèves, l’avoit marié à une de ses parentes. Il y avoit des tableaux de lui à Notre-Dame, Saint-Eustache, Saint-Côme, etc.

[7] Sa véritable adresse étoit celle-ci : « rue du Coq, au cabinet des tableaux du Roi ». Il étoit garde de cette collection, première idée, au Louvre même, du musée du Louvre.

[8] Noël et Antoine Coypel : Noël, le père, né en 1628, reçu de l’Académie en 1663, et mort en 1707 ; et Antoine le fils, né en 1661, académicien en 1681, mort en 1722. Noël fut directeur de notre école de Rome, en 1692 ; et, à la mort de Mignard, premier peintre du Roi. Il y avoit de ses œuvres aux Invalides, au palais-Royal, à l’Assomption, aux Tuileries, au Louvre, à Versailles, etc. Antoine, qui avoit suivi son père à Rome, s’y perfectionna. Il devint aussi premier peintre du Roi, et directeur de l’Académie. Un de ses travaux les plus considérables à Paris fut la galerie d’Énée au Palais-Royal. On a de lui vingt discours sur la peinture.

[9] Michel Corneille, dont le père, peintre aussi, avoit eu le même prénom. Il fut de l’Académie en 1663, et mourut le 16 août 1708, à soixante-six ans. Il travailla aux Invalides, à Versailles, à Meudon, à Trianon, etc.

[10] François Verdier, qui fut de l’Académie en 1678, et mourut en 1730, à soixante-dix-neuf ans. Le Brun qui se l’étoit attaché en lui faisant épouser une de ses nièces, et le logeant aux Gobelins, le fit beaucoup travailler pour lui.

[11] Il fut de l’Académie, qu’il n’illustra guère, dès 1659, et mourut le 30 juin 1701, à soixante-quinze ans. Séb. Boudon avoit été son maître. On ne connoît guère de lui qu’un tableau, à Notre-Dame.

[12] Gabriel Blanchard, reçu de l’Académie en 1663, mort en 1704, à soixante-quinze ans. Il travailla pour Trianon, et, avec Lafosse et Vignon, au plafond des Tuileries. Il habitoit le cul-de-sac Saint-Sauveur depuis vingt ans. Il le quitta pour le Louvre, où il mourut garde du cabinet des tableaux.

[13] Nicolas de Plate-Montagne, que, par abréviation, l’on appeloit Montagne, fut de l’Académie en 1663, et mourut en 1706, à soixante-quinze ans. Il fit des tableaux pour les Gobelins, d’après des dessins de Jules Romain, travailla aux peintures de la galerie voûtée des Tuileries, et fit surtout beaucoup de portraits. Il habitoit la rue du Vieux-Colombier depuis 1660, et il y mourut.

[14] Guy-Louis Vernansal, qui fut reçu de l’Académie en 1688, et mourut le 9 avril 1729, à quatre-vingt-trois ans. Il y avoit un tableau de lui à Notre-Dame.

[15] Claude-Guy Hallé, élève de son père Daniel Hallé, mort en 1674. Il fut directeur de l’Académie, et mourut en 1736, à quatre-vingt-cinq ans. Ses tableaux étoient nombreux dans les églises de Paris. Il y en avoit à Notre-Dame, à Saint-Jacques-de-la-Boucherie, aux Filles du Saint-Sacrement, à Saint-Paul, à Saint-Sulpice, à Saint-André-des-Arts, etc.

[16] Bon Boulogne, reçu à l’Académie le 27 nov. 1677, mort le 16 mai 1717, à soixante-huit ans. Plusieurs de ses tableaux se trouvoient à Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, à l’Assomption, aux Petits-Pères. Le plafond de la Comédie françoise, rue des Fossés-Saint-Germain, étoit aussi de lui.

[17] Louis de Boulogne, frère cadet du précédent, et moins connu. Il fut toutefois de l’Académie, et même directeur. On travailla aux Gobelins sur des copies de Raphaël, qu’il avoit rapportées d’Italie. Il y avoit de ses ouvrages à la chapelle de Versailles, à Notre-Dame, aux Invalides, aux Chartreux, aux Petits-Pères. Les Boulogne, financiers du dernier siècle, descendoient de lui.

[18] Poerson. Nous avons parlé de lui, au chapitre des Experts jurés.

[19] Claude-François Vignon, reçu de l’Académie, le 6 décembre 1664, mort le 17 février 1703, à soixante-neuf ans. Il marqua moins que son père, Claude, dont il étoit l’élève, et que son frère Philippe, dont nous parlerons tout-à-l’heure.

Pour les Portraits Messieurs de Troyes[20], Rigault[21] et Fouché rue neuve des Petits Champs[22], l’Argilliere rue sainte Avoye[23], le Febvre Isle Notre Dame, le Febvre le jeune[24] rue de Richelieu, Vignon, rue saint André des Arcs[25], etc.

[20] François de Troy, né à Toulouse, en 1645, reçu de l’Académie le 6 octobre 1674, mort le 1er mai 1730. Il fit de beaux portraits, surtout de femmes, mais trop flattées, dit-on. Il n’en fut que mieux en cour.

[21] Hiacynthe Rigaud, le grand portraitiste du grand siècle, et du siècle suivant, car il peignit jusqu’à son dernier jour, et ne mourut qu’en 1743, à quatre-vingt-deux ans.

[22] L’appartement de Rigaud se trouvoit au coin de la rue des Petits-Champs et de la rue Louis-le-Grand. On y pouvoit voir une belle galerie de tableaux, principalement des siens. Il y mourut, ainsi que sa femme un an après lui.

[23] Il a été parlé de lui plus haut, t. I, p. 239, au chapitre Commerce de Curiositez.

[24] Ces deux Lefebvre sont sans doute les fils de Claude Lefebvre, portraitiste distingué, mort en 1675, et qui, l’un et l’autre, quoique ses élèves, furent des peintres médiocres, sur lesquels on ne sait rien. (Jal, Dict. crit., p. 758.)

[25] Philippe Vignon, frère de Claude-François nommé plus haut, et son aîné. Il fut reçu de l’Académie le 30 août 1686, et mourut le 7 sept. 1701, à soixante-sept ans. Il rivalisa presque, en son temps, de réputation avec Rigaud : « Quoique Rigaud, lisons-nous dans les Portraits sérieux, galants et critiques, 1696, in-18, Avertissement, soit reconnu très-habile pour le portrait, on ne méprise pas les peintures qui sortent du cabinet de Vignon. »

Pour les Batailles Messieurs Parrosel[26] rue du Coq, Martin[27] et le Comte aux Gobelins[28], etc.

[26] Joseph Parrocel, de Brignoles en Provence, reçu de l’Académie le 16 nov. 1676, mort à cinquante-six ans, le 1er mars 1704. Il peignit beaucoup de batailles, à grands fracas, et se vantoit d’être le peintre qui savoit le mieux tuer son homme. On voyoit des tableaux de lui aux Invalides, à l’hôtel de Toulouse, à Versailles.

[27] Jean-Baptiste Martin. Élève de La Hire, il dessina pour Vauban, travailla avec Van-Der-Meulen, et lui succéda comme « peintre des conquêtes ». Il mourut aux Gobelins, le 8 oct. 1735, à soixante-dix-sept ans.

[28] Sauveur Le Conte, peintre provençal, qui travailla, comme Martin, avec Van-Der-Meulen. Le Brun l’avoit logé aux Gobelins, où il mourut n’ayant que trente-cinq ans, le 31 décembre 1694. Son acte de mort portoit : « peintre ordinaire des conquestes du Roy, dans l’hôtel des manufactures roy. des Gobelins. »

Pour les Païsages Messieurs Forest[29] et Hérault[30] place Dauphine[31], Allegrain rue Montmartre[32], Beville rue de la Tixeranderie[33], Armand rue Montorgueil[34].

[29] Jean Forest, reçu comme peintre paysagiste, le 26 mai 1674, à l’Académie, et mort le 17 mars 1712, à soixante-seize ans. Il étoit beau-frère de Lafosse, dont il avoit un peu la couleur aux tons roux. Sa fille aînée épousa Largillière.

[30] Nicolas-Antoine Hérault. Il avoit étudié à Rome, dans la manière de Guaspre et de Salvator. Il fut de l’Académie en 1670, et mourut en 1718, à soixante-quatorze ans passés.

[31] Hérault y logea jusqu’à sa mort, à l’enseigne « du Buis », faisant face au cheval de bronze.

[32] Étienne Allegrain, né à Paris, en 1645, reçu académicien le 4 décembre 1677, et mort le 2 avril 1736, à quatre-vingt-douze ans. Il peignit pour le roi, en 1688, « des vues et perspectives des bosquets et parterres du jardin de Versailles ».

[33] Charles Béville, reçu comme paysagiste à l’Académie, le 5 juillet 1681, mourut à soixante-cinq ans, le 2 février 1716.

[34] Charles Armand. Il étoit de Bar-le-Duc. Il fut reçu de l’Académie, comme paysagiste, le 13 mai 1672, et mourut à quatre-vingt-cinq ans, le 18 février 1720.

Pour les Fleurs et les Animaux, Messieurs de Fontenay[35] près le Palais Royal, Huliot[36] rue Bourlabé, etc.

[35] Jean-Baptiste Belin de Fontenay, de Caen : « Il avoit, dit d’Argenville, un vrai talent pour peindre les fleurs. » Aussi est-ce comme peintre-fleuriste qu’il fut reçu à l’Académie, le 30 août 1687. Il mourut le 12 février 1715, à soixante-un ans.

[36] Claude Huilliot, de Reims, fut reçu à l’Académie, comme peintre-fleuriste, le 7 nov. 1664, et mourut le 6 août 1702, à soixante-dix-sept ans.

Pour les ordres d’Architecture, Messieurs Anguerre[37] et Francart[38] aux Gobelins, Simon rue des Petits Champs.

[37] Guillaume Anguier, frère des deux célèbres sculpteurs normands, François et Michel Anguier. Dans l’Éloge qu’il a fait de celui-ci, Guillet de Saint-Georges, d’accord avec Blegny, nous donne Guillaume Anguier, comme étant « fort recherché pour les tableaux d’architecture et les ornements ». Il mourut aux Gobelins, où nous le voyons déjà logé, le 18 juin 1708, à quatre-vingts ans.

[38] Frère cadet de François Francart, qui avoit été le peintre des décorations de Molière au Petit-Bourbon et au théâtre du Palais-Royal. On le trouve lui-même qualifié « peintre des bâtiments du Roy », en 1672. Suivant Jal, dans un de ses Errata, il mourut en 1692, l’année même où Blegny le nommoit ici.

Pour la Mignature M. Deflan[39] rue de Guénegaud, Penel rue neuve des Petits Champs, Compardel[40] quay de la Mégisserie, Bonnet quay des Morfondus[41], Lucet rue du Four fauxbourg S. Germain.

[39] Abraham De Lan, et non Deflan, beau-frère du sculpteur Van-Clève, qu’on trouvera plus bas, p. 101. Jal fait naître De Lan en 1659, et mourir en 1722.

[40] On le connoît par des plans d’une admirable enluminure. De Bure en possédoit un, qu’il avoit fait du bois de Boulogne (V. son Catalogue, p. 11). M. le marquis de Maleyssie en exposa toute une collection : Plans des forêts, bois et buissons du département de la grande Maîtrise des Eaux et Forêts de l’Ile-de-France, Brie, Perche, Picardie et pays reconquis, 1688, à l’exposition archéologique et artistique de Chartres, en 1858. (Rev. des Soc. sav., 1859, t. I, p. 737.) Compardel fit aussi des miniatures de livres. Il passa à la célèbre vente de M. le baron Pichon un petit volume in-16, aux armes de la grande Mademoiselle : Occupations de l’Ame pendant le saint sacrifice de la Messe, avec neuf miniatures, dont cinq étoient signées de lui. Ce Ms. venoit aussi de la vente De Bure, où il avoit été payé 1,530 francs.

[41] Sylvain Bonnet, de Romorantin, suivant l’inscription de son portrait gravé, ou de Blois, suivant le Ms. de la Bibliothèque Nat. : Extrait des noms des plus célèbres peintres, 1679. Le frontispice des Hommes illustres de Perrault est de lui. En 1672, il se qualifioit « peintre de feue Madame, duchesse d’Orléans ». Alors déjà, il logeoit quai de l’Horloge ou des Morfondus. C’est lui qui, appelé par erreur Monet dans le Carpentariana, p. 79, y est qualifié « le premier homme que nous ayons pour exceller dans les portraits en miniature ». Suivant le même livre, il avoit étudié le dessin chez Chauveau.

Mesdemoiselles Bonnard rue saint Jacques, et le Febvre rue de Richelieu peignent aussi en mignature.

Pour la Mignature en Email, Messieurs Petitot[42] rue de l’Université[43], Perrault rue du Chantre, le Brun rue neuve des Petits Champs[44], etc.

[42] Jean Petitot, dont le nom nous dispense de tout détail. Au moment même où Blegny le faisait figurer ici, il mouroit à Genève, sa ville natale. La Révocation de l’Edit de Nantes, qui n’avoit pu le décider à se convertir, l’avoit enfin forcé d’y retourner après quelques années de résistance, où toutes les obsessions, même celles de Bossuet, avoient été inutiles.

[43] Il y logeoit en face de l’hôtel Tambonneau, que remplace aujourd’hui, nous l’avons dit plus haut, la rue du Pré-aux-Clercs. G. Brice, après nous avoir donné son adresse dans sa première édition (1684, in-12, t. II, p. 202), ajoute : « C’est lui qui fait ces beaux portraits en émail, que l’on enchasse dans des bordures de diamants, dont on fait des présents aux ambassadeurs, ou des bracelets qui ne sont pas ordinairement plus grands qu’une pièce de quinze sous, et qui, souvent, sont beaucoup plus petits. » Richelet, dans les Remarques mises en tête de la 1re édition de son Dictionn., parle ainsi, p. 46, de Petitot et de son émule, Bordier, que Blegny n’auroit pas dû oublier ici : « Monsieur Bordier et monsieur Petitot sont les plus fameux peintres en émail de Paris, et les premiers qui ont fait des portraits en émail. On ne faisoit avant eux que des fleurs et autres petites gentillesses. » Il ajoute ensuite ces détails curieux : « Un portrait en émail, grand comme la paume de la main, vaut quarante ou cinquante pistoles, quand il est fait par un habile peintre, et les plus petits quinze et vingt pistoles. »

[44] Son art. dans l’édit. de 1691 est au chap. XI, p. 24. Il y figure seul pour son genre de peinture : « Le sieur Lebrun, qui fait de beaux portraits en émail, demeure rue Neuve-des-Petits-Champs. »

Pour le Pastel, Messieurs Vencelin rue saint Martin[45], Viviers[46] quay de l’Ecole, Desgranges rue Tictonne, etc.

[45] C’est au chap. XI : du Commerce de Curiositez, qu’il figure, et là, sous son vrai nom et avec son père, dans l’édit. de 1691, p. 24 : « M. Vercelin, rue Saint-Martin, au Porcelet d’or, a de très-beaux tableaux, et M. son fils peint très-bien en pastel et en mignature. » — Jacques Versellin fut reçu, comme peintre miniaturiste, le 7 juin 1687, à l’Académie. Il mourut le 18 juin 1718, à soixante-treize ans.

[46] Joseph Vivien, et non Vivier, né à Lyon en 1657. Il fut reçu de l’Académie, comme peintre au pastel, le 30 juillet 1701, et mourut à Bonn, le 5 décembre 1735. Le meilleur portrait que l’on possède de Fénelon est de lui. L’original se trouve à Munich. V. Catal. de la Pinacothèque, p. 76, no 398.

Il en est de même des Sculpteurs qui pour être généralement habiles, ne laissent pas d’avoir de particuliers talens, par exemple.

Pour les Statües, Messieurs Girardon aux Galeries du Louvre[47], des Jardins fauxbourg Montmartre, Coisseveaux et Baptiste aux Gobelins[48], le Comte rue sainte Apoline[49], Renaudin aux Galeries du Louvre[50], Vancleve à la Ville neuve[51], Lespingola[52] à la Butte saint Roch, le Gros[53] porte de Richelieu, Tuby aux Gobelins[54], Flamand au Cabinet du Roy[55], Mazeline à la Ville neuve, Jouvenet rue des Jeusneurs[56], le Grand rue Montmartre, etc.

[47] « M. Girardon, qui demeure aux Galleries du Louvre, où il a un très-curieux cabinet de bronzes et de médailles antiques, est estimé un des plus excellents sculpteurs de l’Europe. » Édit. 1691, p. 113. — François Girardon, de Troyes, « Troyen », comme lui-même se qualifioit souvent en signant ses statues. Nous nous contenterons de dire ici qu’il fut de l’Académie, dès 1657, et qu’il mourut le 1er septembre 1715, à quatre-vingt-huit ans. Ce que Blegny écrit sur son cabinet des galeries du Louvre se trouve confirmé avec détails par Brice, 3e édit., t. I, p. 73-74.

[48] « Messieurs Coisevaux, aux Gobelins, et Des Jardins, faubourg Montmartre, sont encore de très-habiles sculpteurs. » Édit. 1691, p. 113. — Antoine Coysevox, né à Lyon, en 1640, reçu de l’Académie en 1676, mort en 1720. Ce fut un des grands artistes du siècle. Les Victoires sur des chevaux ailés qui se trouvent aux deux côtés de l’entrée des Tuileries, sont de lui. — Martin Desjardins, né à Bréda, dont le vrai nom, avant qu’on l’eût francisé, étoit Van den Bogaert. Il fut de l’Académie, en 1671, et mourut n’ayant que cinquante-quatre ans, le 2 mai 1694. Le groupe de Louis XIV et de la Victoire du monument de la place des Victoires, et le bas-relief le plus en vue de la porte Saint-Martin furent ses principaux ouvrages à Paris.

[49] Louis Le Conte, de Boulogne, près Paris, reçu de l’Académie, le 4 janvier 1676, et mort, encore jeune, le 24 décembre 1694. Il avoit sculpté, d’après les dessins de Le Brun, et sur l’ordre de Colbert, nommé marguillier d’honneur, la chaire à prêcher de Saint-Eustache.

[50] Thomas Regnaudin, de Moulins, fut reçu de l’Académie, le 7 juillet 1657, et mourut à soixante-dix-neuf ans, le 3 juillet 1706. Il travailla pour Versailles, où le groupe, fondu par les Keller, la Loire et le Loiret, est de sa main. On lui doit aussi celui de Saturne enlevant Cybèle, qui se voit, depuis le grand siècle, dans le jardin des Tuileries, et se trouve à présent dans une des salles du Louvre.

[51] Corneille Van-Clève, né à Paris, en 1644, reçu de l’Académie, le 26 avril 1681, mort à quatre-vingt-sept ans, le 31 décembre 1732. Il y avoit beaucoup de ses ouvrages dans les différentes églises de Paris.

[52] « Et Cotton », édit. de 1691, p. 63. L’Espingola, dont nous avons parlé plus haut, p. 90, s’y trouve nommé « Spingola ». Quant à Cotton, il est des moins connus. Nous savons seulement qu’il avoit eu le second prix de sculpture en 1675, qu’il étoit élève d’Anguier, et qu’on lui devoit, sauf le buste, qui étoit de Coysevox, les sculptures du tombeau de Le Nôtre à Saint-Roch. Celles des tombeaux de Lulli et de Lambert aux Petits-Pères étaient aussi de sa main.

[53] Pierre Le Gros, de Chartres, reçu de l’Académie le 15 septembre 1663, mort le 17 mai 1714, à quatre-vingt-six ans. Il étoit élève de Sarrazin. Il travailla au pavillon central des Tuileries, et fit à la porte Saint-Martin un des bas-reliefs qui regardent le faubourg.

[54] Jean-Baptiste Tuby, né à Rome, en 1630, et pour cela surnommé le Romain. Il fut reçu de l’Académie le 7 août 1663, et mourut à soixante-dix ans, le 9 août 1700. Il avoit travaillé à l’arc de triomphe de la porte Saint-Bernard, deux des figures du tombeau de Colbert à St-Eustache étoient de sa main, et on lui devoit le tombeau de Turenne, qui, de Saint-Denis, fut transféré aux Invalides. Il l’avoit exécuté d’après des dessins de Le Brun.

[55] Anselme Flamen, de Saint-Omer, reçu de l’Académie en 1681, mort le 15 mai 1717, à soixante-dix ans. Le groupe de Borée et d’Orythie, du jardin des Tuileries, est de lui en grande partie. Marsy ne l’avoit qu’ébauché.

[56] Pour Mazeline et Jouvenet, voy. plus haut, p. [90].

Pour les Figures et Ornemens, Mrs le Febvre dans l’anclos saint Martin, et Maniere père et fils[57] rue des Gravilliers[58].

[57] Laurent Magnier — dont le nom se prononçoit Manière — et son fils Philippe. Tous deux furent de l’Académie : le père, en 1664, le fils, en 1680. Laurent mourut à quatre-vingt-deux ans, en 1700, le fils, à soixante-huit ans, en 1715. Laurent travailla aux sculptures des boiseries du Louvre, de Fontainebleau et de Chambord ; et il y a quelques bons ouvrages de Philippe à Versailles.

[58] Dans l’édit. précédente, p. 63, cet article est plus détaillé : « Entre les sculpteurs qui ont une particulière réputation pour les ornements, sont Messieurs Deville et Le Grand, rue Montmartre ; Briquet, près les Minimes ; Charmeton, rue Saint-André ; Cottin, rue Saint-Martin ; La Lande, à la Villeneuve ; Ouats, au Pont-aux-Biches ; François, près le Temple ; et Vilaine, rue Neuve-Saint-Médéric. » — De tous ces inconnus, dont pas un ne fut de l’Académie, nous ne relèverons que le nom de Christophe Charmeton, cousin du peintre Georges Charmeton, qui eut quelque réputation ; et celui de François, dont il y avoit aux Invalides une assez bonne statue de sainte Monique.

Messieurs le Comte et Lespingola, sont d’ailleurs distinguez, le premier pour les Modèles, et le second pour le dessein.