OUVRAGES DES PAVEURS.

Les Paveurs des batimens du Roy entreprennent aussi pour le public.

Entre les autres Maîtres Paveurs qui font de grandes entreprises, sont les Sieurs Touchay rue des Noyers, Hierosme rue de la Mortellerie, etc.

Autant en fait la veuve Maçon près la porte saint Antoine.

Le gros Pavé de rue[1] de 7 à 8 pouces en quarré[2] posé sur une forme de sable[3], se paye à 9 livres la toise carrée[4].

[1] On l’appeloit aussi : « pavé du grand échantillon ».

[2] C’étoit encore la mesure à la fin du XVIIIe siècle. Elle avoit été réglée par la coutume de Paris.

[3] « La forme est le lit de sable sur lequel est posé le pavé. » L’abbé Jaubert, Diction. des arts et métiers, t. III, p. 387.

[4] « Le sable de rivière se trouve aux environs de l’Ile Louviers. On en tire pour les paveurs entre Pincourt et la Courtille, où l’on trouve du vieux pavé retaillé. » Édit. de 1691, p. 39.

Le Pavé de la qualité ci dessus fendu en trois, taillé et posé avec mortier de chaux et sable à 8 livres la toise.

Le Pavé de 5 à 6 pouces, fendu en trois[5], et posé avec mortier 7 livres la toise.

[5] C’est dans l’épaisseur qu’on le fendoit, mais en deux seulement plutôt qu’en trois. Ce « pavé fendu », comme on l’appeloit, servoit pour les cours et les écuries.

Le même posé avec mortier de chaux et ciment à 10 livres.

Le vieux Pavé posé avec mortier de chaux et de sable à 2 livres la toise.

La pose du même Pavé avec chaux et ciment à 4 livres, et avec chaux et sable à 30 sols, le seul Pavé fourni par l’Entrepreneur.

Le vieux Pavé tendre qui sert à polir les Glaces se trouve dans les Chantiers des Paveurs du Roy et de la Ville[6], ainsi que toutes autres sortes de vieux Pavez.

[6] Lister, ch. V, après nous avoir dit qu’on passe les glaces brutes au grès pulvérisé, ajoute : « C’est le même dont est fait le pavé de Paris, mais pulvérisé et tamisé très-fin. »

Le sieur Petit à l’entrée de la rue de Nappe[7] fauxbourg saint Antoine, fait battre du vieux Pavé tendre pour la manufacture des glaces.

[7] Lisez de Lappe. V. plus haut, une note.

POTERIE, CARELAGE, VUIDANGES,
NATTES ET FROTAGES DES BATIMENS.

Les Vuidangeurs pour curer les puits et fosses d’aisances, demeurent la plupart au quartier de la porte saint Victor.

Les fouilles, vuidanges et transport des terres des caves et fosses d’aisances se payent depuis 7 jusqu’à 10 livres la toise cube à proportion de l’éloignement du transport.

Les vuidanges de matieres des fosses d’aisances se payent aussi aux Vuidangeurs depuis 30 jusqu’à 40 livres aussi à proportion de l’éloignement du transport.

Les Potiers qui ont de grands ateliers et qui font de grosses entreprises de Carrelage[1], sont les Sieurs du Vivier fauxbourg saint Antoine, Harrivel fauxbourg saint Marcel, etc.

[1] Dans leurs statuts, qui datoient de 1456, et qui avoient été confirmés en 1607 par Henri IV, ils étoient qualifiés « maître potiers de terre et carreleurs ».

Le prix reglé des ouvrages de Carreleurs est pour chacune toise superficielle du petit Carreau à huit pans 3 livres 5 à 3 livres 10 sols, et pour les grands Carreaux aussi à huit pans 4 livres 10 sols à 5 livres la toise.

Les Potiers vendent aux Entrepreneurs les Pots d’aizances 18 deniers le pouce de diamettre.

Le millier de grands Carreaux à 18 livres le millier, et le millier de petits à 10 livres.

Le Sieur Piton à l’entrée de la rue Briboucher[2] du coté de la rue saint Denis met les planchers en couleur[3] et les entretient de frotage au mois et à l’année.

[2] Lisez Aubry le Boucher.

[3] L’usage, qui commençoit alors, de faire mettre les carreaux en couleur par des barbouilleurs amena pour Hiacynthe Rigaud une amusante aventure par quiproquo, dont la conclusion fut son mariage avec la jolie veuve Mme Le Juge. Elle avoit envoyé son laquais chercher un peintre pour mettre sa chambre en couleur. Il alla chez Rigaud, qui, croyant à la commande d’un portrait, ne se fit pas attendre. L’erreur fut bien vite reconnue ; la dame s’excusa avec une grâce charmante. On se quitta fort bons amis, pour se revoir bientôt et enfin se marier. (Encyclopediana, 1791, in-4o, p. 827.)

Il y a encore plusieurs Froteurs de planchers rue sainte Placide près les Incurables, et rue Jean Beausire près la porte saint Antoine.

Les Planchers de parquet et ceux à carreaux mis en couleur, cirez et frotez, se payent à 8 sols la toise carrée.

Les Planchers seulement mis en couleur à cinq sols, et ceux qui sont seulement cirez et frotez à quatre sols.

Les Paillassons[4] de nattes servant à boucher les croisées en hiver se payent à raison de trente sols la toise carrée, et les Paillassons d’été à quatre livres dix sols, lorsqu’ils ne sont garnis de toille que d’un seul côté, à six livres étant doublez dessus et dessous.

[4] Richelet dit dans son Dictionnaire : « Paillasson ou nate à fenêtre. C’est une pièce de nate couverte par dehors d’une grosse toile, qu’on met l’été devant les fenêtres pour empêcher l’ardeur du soleil, et qu’on hausse et baisse avec des cordes autant qu’on veut. »

La Natte ordinaire se paye à quarante cinq sols la toise carrée.

CARROSSES DE ROUTES[1].

[1] C’est le nom qu’on leur donnoit pour les distinguer des carrosses ordinaires. On dit aussi plus tard carrosses de voiture. Marivaux, dans Marianne, appelle ainsi celui qui alloit de Paris à Bordeaux. Il partoit à jour et heures fixes, qu’il y eût ou non des voyageurs. On fit à ce sujet une épigramme sur le Mercure, qui, lui aussi, se mettoit à circuler, qu’il y eût ou non quelque chose dedans :

C’est le carrosse de voiture,

Il faut qu’il parte vide ou plein.

Rue saint Nicaise sont les Carrosses de la suite de la Cour et du Pech saint Germain, qui partent tous les jours et à toutes heures.

Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet, logent les Carrosses d’Orléans[2] qui vont jusqu’à Die, Chambon et Blois[3], et qui partent tous les jours[4] l’été à cinq heures du matin, et l’hiver à neuf[5].

[2] C’est la même qui avoit aussi l’entreprise des carrosses de Rouen. V. Correspondance des contrôleurs généraux, no 235. Elle s’appeloit Anne Boucher, veuve Blavet. Ses carrosses alloient jusqu’en Espagne.

[3] Dans l’édition précédente, au chap. XXIV, qui a le même titre que celui-ci, c’est de « Monsieur Blavet » qu’il est parlé, p. 51 ; et au lieu d’une seule maison rue Contrescarpe, on voit qu’il en avoit une autre « rue Saint-André, à l’Hôtel de Lion ». L’an d’après, sa veuve lui avoit succédé.

[4] Le messager de la poste partoit aussi tous les jours. C’est ce qu’on appeloit la Malle du Courrier. La nuit du 19 décembre 1700, celle de Tours fut dévalisée au bout du Pont-Neuf, près de la Samaritaine, par des filous. (Corresp. admin. de Louis XIV, t. II, p. 735.)

[5] Les « carrosses d’Orléans », qui avoient fourni à La Chapelle, en 1680, le sujet d’une amusante comédie restée longtemps au répertoire du Théâtre François, descendoient encore, sous la Restauration, dans la rue Contrescarpe, aujourd’hui rue Mazet. L’auberge du Cheval blanc d’où ils partoient existe toujours et n’a presque pas changé de physionomie. — On lit dans l’un des 9 numéros des Affiches de Dugone pour 1716 un avis sur ces carrosses qui partoient régulièrement tous les jours, à 5 heures 1/2 du matin, de la rue Contrescarpe, pour aller à Orléans en deux jours et revenir de même, « lesquels, y est-il dit, conduisent toutes sortes de personnes, hardes et bagages, or et argent. »

Au même lieu sont les Carrosses d’Auvergne qui partent le Mercredi et qui passent par Chenerailles, Chasteauneuf, Ligniere, la Chatre, la Bourance, Jarnage, le Busson Feuillentin, Guéret, Chambon, saint Amant, Mont-Luçon, Isset, Neuvy, Rillac, Moriac, Nivdan, Aurillac, etc.

On fait partir du même endroit et le même jour le Carrosse du Berry, passant par Orléans, Gien, Aubigny, Bourges, etc.

Tous les jours celuy de Normandie, passant par Rouen, Diepe, le Hâvre, etc.

Les Mardis celuy de Bourdeaux qui communique avec toute l’Espagne.

Les Mercredis ceux de Chartres, de Chasteaudun, de Vendosme, etc.

Et les Vendredis et Samedis ceux de Maintenon.

Les Carosses de Caen qui étoient ci devant à l’Hôtel de Monbason[6] et qui logent présentement rue du Jour près S. Eustache, partent tous les Dimanches à dix heures du matin.

[6] Dans l’édit. précédente, p. 52, c’est à cette adresse qu’ils sont indiqués. « L’hôtel des ducs de Montbazon, dit Sauval, t. II, p. 124, est à la rue de Bétizy… Ce n’est plus qu’une auberge et une maison garnie, et pourtant toujours au dessus de la porte se lit sur du marbre en lettres d’or, l’Hôtel de Montbazon. »

Au même lieu sont les Carrosses d’Alençon pour le Maine, qui partent le Mercredi, de Séez, d’Argentan et de Falaise, qui partent le Lundi, de Houdan, de Dreux et de Mortagne, qui partent le Samedi, etc.

Rue Bourlabé à l’Ecu dauphin sont les Carrosses de Boulogne, Montreuil, Calais, saint Omer et Dunkerque qui partent le Dimanche.

A l’entrée du quay de la Tournelle est le Bureau des Carrosses de Montargis et de Nemours qui partent les Mardis et les Vendredis.

Rue saint Victor[7] logent les Carrosses qui partent le Dimanche, pour l’Auvergne, et qui passent par le Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, Brioude, Saintpoursaint, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc.

[7] « A l’entrée de la rue Saint-Victor. » Édit. de 1691, p. 52.

Au même lieu sont les Carrosses de Languedoc qui partent le même jour, et qui vont à Montpellier, Nimes, Beaucaire, Milhaud, Lodève, Besiers, Narbonne, Perpignan, etc.

Et encore ceux de Bourbonnois qui partent aussi le même jour, et qui passent par Boni, Briard, Cosne, la Charité, saint Pierre le Moutier, Nevers, Bourbon-les-Bains, Moulins, etc.

Rue Jean Robert est le Bureau des Carrosses d’Allemagne[8] qui partent les Lundis et Vendredis, qui vont à Clermont, Thionville, d’Auvilliers, Arlon, Vuirton, Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrike, Hombourgt et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, et encore à Barleduc, Ligny, Commercy, Thoul, Nancy, Pont-à-Mousson, Lunéville, Sarbourg, Philisbourg, Saverne, Strasbourg, Benfelt, Scelestadt, Colmart, Brissac, Fribourg, etc.

[8] Pour ce qu’on appeloit l’Allemagne haute, il y avoit un autre carrosse par la voie de Strasbourg, qui partoit de l’Hôtel de Pomponne, rue de la Verrerie, en été, tous les lundis, en hiver, tous les samedis. L’hôtel de Pomponne existe encore.

Rue saint Antoine à l’Ours logent les Carrosses de Troyes en Champagne qui part les Mercredis et les Samedis.

Rue de la Verrerie[9] est le Carrosse de Sézanne en Brie qui part les Mercredis et Vendredis.

[9] « A la Trinité. » Édit. 1691, p. 53.

Au même lieu sont les Carrosses de Châlons en Champagne, Vitry le François, saint Dizier, sainte Menehout, et Joinville qui partent le Mercredi.

A l’Hôtel de Sens[10] près l’Ave Maria, logent les Carrosses de Lyon qui part de deux en deux jours, et qui passent en été par la Bourgogne et en hiver par Nevers, Moulins et Auvergne.

[10] Il en sera parlé un peu plus loin.

Au même lieu sont les Carrosses de Dijon et Chalons sur Saone qui partent les Jeudis pour passer par la route de Troyes et de Chatillon, et les Lundis pour passer par Melun, Montreau, Sens, sainte Reyne, etc.

Et encore ceux de Chaumont, Langres et Bar sur Aube, qui partent le Dimanche.

Rue de la Tixeranderie[11] à la Maque[12], logent les Carosses d’Amiens, de Clermont en Beauvoisis qui partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis.

[11] « Au Heaume. » Édit. 1691, p. 53. Le Heaume servoit d’enseigne à plusieurs hôtelleries. La plus célèbre, qui n’a disparu que dans ces derniers temps, se trouvoit aux Halles, rue Pirouette. Cl. Fauchet la cite dans ses Origines des chevaliers, 1608, in-8o.

[12] La Maque étoit une grande maison de la rue de la Tixéranderie, près de la Grève. Elle devoit son nom à Thomas Lamaque, qui, en 1527, y avoit établi une fabrique de tissus de soie. Elle étoit ensuite devenue une auberge. On la voit figurée sur le plan Gomboust.

Rue Jean pain molet à la Teste noire, loge le Carrosse d’Abbeville qui part le Mercredi.

Rue saint Martin au Cardinal le Moine, loge le Carrosse de Reims qui part le Vendredi.

Au même lieu sont les Carrosses de Soissons, Laon et Notre Dame de Liesse[13] qui partent le Jeudi.

[13] Dans un très curieux volume publié en 1647 : Le vray thrésor de l’histoire sainte sur le transport miraculeux de l’image de Notre Dame de Liesse, se trouve l’itinéraire détaillé de Paris à Laon : il falloit trois jours pour s’y rendre « en coche ».

Rue saint Denis au grand Cerf[14], loge le Carrosse de Bruxelle, qui part les Mercredis et Samedis, et qui passe par Senlis[15], la Ferté, Guise, l’Isle, Tournay, Douay[16], etc.[17]

[14] Vaste auberge, dont la cour faisoit communiquer la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur avec la rue Saint-Denis. Un passage du même nom la remplace. Il fut question, en 1763, d’y mettre la Comédie Italienne.

[15] Senlis avoit son coche particulier. Il fut pillé en 1652, et sept de ses voyageurs tués. (Mém. de Conrart, p. 35.)

[16] Un autre carrosse alloit par Péronne, Cambray, Valenciennes, Mons, etc. C’est celui que prit Regnard, se rendant à Bruxelles : « Le premier jour, avons-nous dit dans la Vie de Regnard, il ne va pas plus loin que Senlis, où l’attend Fercourt, qui vient de Beauvais, et où ils couchent, les coches ne marchant pas de nuit. Le lendemain, tout ce qu’ils peuvent faire est de pousser jusqu’à Péronne, et le surlendemain jusqu’à Gournay. Le jour suivant, qui est le quatrième, ils couchent à Cambray ; le cinquième à Valenciennes, le sixième à Mons, le septième à Notre-Dame-de-Halle ; le huitième, ce terrible coche de Flandre les dépose où ils doivent s’arrêter, et Regnard peut écrire avec soulagement : « Nous arrivâmes enfin à Bruxelles. »

[17] « On trouve rue Saint Germain de l’Auxerrois des carrosses de renvoi pour Évreux et pour Caen. » Édit. 1691.

On trouve rue saint Germain l’Auxerrois des Carosses de renvoi pour Evreux et pour Caën.

MESSAGERIES[1].

[1] La différence entre le carrosse et la messagerie étoit que l’un ne prenoit que des voyageurs et leurs hardes, tandis que l’autre voituroit voyageurs et marchandises. Les messageries dépendoient de l’État et s’affermoient. Elles étoient régies par un règlement général daté de 1678.

Rue Contrescarpe près la rue saint André, chez Mademoiselle Blavet[2], logent les Messagers de Bourdeaux qui partent tous les jours en été à cinq et en hiver à neuf heures du matin.

[2] V. plus haut, p. 161.

Au même lieu loge le Messager d’Auvergne qui part les Mercredis et Samedis, et qui vont à saint Amant, Aurillac, Chambon, Chasteauneuf, Chenerailles, Paeillentin, Gueret, Jarnage, Isset, la Broutance, la Charité, le Busson, Leguire, Luçon, Monluçon, Moriac, Neuvy, Modan, Rillac, etc.

Et encore les Messagers du Blaisois et du Maine, qui partent le Samedi et qui vont à Blois, au Chasteau du Loir, à saint Calais, à Laval, etc.

Le Messager de sainte Menehoult[3] qui ne vient que de trois en trois semaines, et celuy de Sezanne en Brie qui ne vient que de dix en dix jours, logent rue saint Antoine à la Trinité.

[3] Il étoit indépendant des messageries de la Champagne, affermées comme celles de la Lorraine par Fr. Précy.

Même rue à la Bannière de France, logent les Messagers de Rebay, de Tournant, de Bray sur Seine et Dannemarie, etc., qui arrivent le Mercredy et partent le Jeudy.

Les Messagers de Bretagne qui vont à Nantes, à Rennes, à Vannes et dans toutes les autres Villes de cette Province, logent rue de la Harpe à la Rose rouge[4], et partent les Jeudis et Samedis.

[4] Rue de la Harpe, se trouvoit aussi l’hôtel de l’Arbalête, où étoit longtemps descendu le coche d’Angoulême. Balzac se plaint de ce qu’un paquet qu’on y mit pour lui y resta un mois et demi sans partir. Lettre inédite du 21 août 1645, publiée dans le recueil si curieux et si bien annoté de M. Tamizey de La Roque.

Rue Contrescarpe logent les Messagers d’Estampes et d’Orléans, qui partent tous les jours.

Près l’Ave Maria à l’Hôtel de Sens[5], logent les Messagers de Dijon[6], Bourg en Bresse, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, Dôle, Besançon, Montbéliard, Belfort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Chably, Ravière, Montbart, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reyne, Issoudun, Bar sur Seine, Mussy l’Evêque, la Palisse, saint Geran, Bacaudière, Rouanne, et qui partent presque tous les jours[7].

[5] Rue du Figuier. Il devoit son nom aux archevêques de Sens, qui longtemps y étoient descendus, et dont il n’avoit pas cessé d’être la propriété. On sait qu’il existe encore.

[6] Le carrosse de Lyon y descendoit aussi, ainsi que son messager, qui se chargeoit de toutes les marchandises qu’on lui confioit, affranchies ou non. Voici à ce sujet quelques lignes d’une intéressante lettre de Fléchier : « Je n’avois pas oublié, Madame, que je vous avois promis du miel de Narbonne… Je vous en envoie donc un baril de vingt livres que j’ai fait donner au messager de Lyon, pour être mis à la diligence et porté à l’hôtel de Sens, près le port Saint-Paul. J’ai donné ordre qu’on l’affranchît de toutes sortes de droit de port. Je vous prie de l’envoyer prendre. » Jean Dubray et Louis Langlois, associés à M. De La Bruyère, étoient fermiers des messageries de Paris à Lyon.

[7] Dans l’édit. de 1691, p. 54, l’Hôtel de Sens n’est pas indiqué comme point de départ de ces messageries. On lit seulement : « Près l’Ave Maria, aux diligences de Lyon, logent les messagers de Dijon, Bourg, etc. » Le mot Diligence, alors nouveau dans ce sens, paroît ne s’être employé d’abord que pour la voiture de Lyon. Palaprat s’en est bien moqué dans la préface de sa comédie l’Important, jouée en 1694 : « Me voilà parti, dit-il, me voilà empaqueté et emballé entre deux énormes magasins dans ce char à rouliers qui mène à Lyon, et qu’on appelle fort improprement la Diligence, formidable machine dont les fermiers… n’ont pas laissé de trouver le mouvement perpétuel ; car ni leur corbillard terrible, ni les malheureux condamnés à la roue qu’il renferme, n’ont pas un moment de repos pendant tout le voyage. » Qui pis est, n’y trouvoit pas de place qui vouloit. Il falloit laisser passer d’abord les personnes recommandées par le secrétaire d’État, administrateur de Paris et de l’Ile-de-France. C’étoit une des conditions du privilége accordé à l’entrepreneur de ces voitures. Seignelay écrivoit, par exemple, le 7 septembre 1688 : « De par le roy, il est ordonné au maître de la diligence de Lion, de donner au sieur coadjuteur d’Arles cinq places dans le carrosse qui partira le samedi xje du présent mois, et ce préférablement à toutes autres personnes. »

Rue de la Huchette aux Bœufs, loge le Messager de la Ferté Alais qui part le Lundy.

Celuy de Chatillon sur Inde, loge rue de la Harpe à la Croix de fer[8].

[8] Cette auberge, à l’enseigne de la Croix de Fer, rue de la Harpe, tenoit aux ruines du Palais des Thermes.

Rue d’Enfer fauxbourg saint Michel[9] loge le Messager de Chatre[10] sous Montléhery, qui part les Lundis, Jeudis et Samedis.

[9] « A la Couronne d’or. » Édit. 1691, p. 54.

[10] On sait que c’est aujourd’hui Arpajon. Châtre n’est plus connu sous son premier nom que par un noël très populaire.

Rue du Four S. Germain, loge le Messager d’Espernon.

Rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, logent les Messagers de Bourbonnois passant par Bonybriart, Cône, la Charité, saint Pierre le Moustier, Bourbon les Bains, Vichy et Moulins, qui part le Samedi.

Au même endroit sont les Messagers du Puy, Mandre, saint Flour, Brioude, Sainpoursain, Gannat, Aigueperche, Riom, Clermont, etc., qui partent aussi le Samedi.

Et encore les Messagers de Languedoc qui vont à Montpellier, Nismes, Beaucaire, Frontignan, etc., qui partent les Dimanches, Mercredis et Samedis.

Rue saint Germain de l’Auxerrois au Gaillard Bois, loge le Messager de l’Aigle qui part le Vendredi.

Même rue à la Rose blanche, loge le Messager de Dreux et Nogent le Roy qui part le Vendredi à midi.

Rue Git le Cœur, loge le Messager de Tours qui part les Dimanches et les Jeudis.

Rue Betizy à l’Image saint Pierre, logent les Messagers de Coutance, Breiza, Perriere, saint Sauveur, Landilin, Marigny et Basse Normandie, qui arrivent le Jeudi au soir et partent le Samedi à midi.

Rue Montorgeuil à l’Image saint Claude loge le Messager de Forge qui part le Vendredi[11].

[11] « Au même endroit logent les messagers d’Oizemont, Honfleur, Pont-eau-de-mer, et Pont-l’Evêque, qui partent le vendredi. » Édit. 1691, p. 54. — A la fin du siècle suivant, c’est à l’Image St-Claude que descendoient les marchands de beurre de Pontoise.

Même rue logent les Messagers de Diepe et de Gisors qui partent le Mercredi.

Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Messager de Fontainebleau qui part le Vendredi[12].

[12] « Rue d’Arnetal, au Mouton couronné, loge le messager de Dan-Marie et de Bray-sur-Seine. » Édit. 1691, p. 14.

Rue d’Arnetal à la Couronne d’or, loge le Messager de Condé qui part le Samedi[13].

[13] « Rue Saint-Antoine, à la Bannière, logent les messagers de Languedoc et de Chaumont. » Id., p. 55.

Rue de la Mortellerie à la Clef d’argent, loge le Messager de Tonnerre qui part le Lundi, et celuy de Champeau qui part le Samedi[14].

[14] « Rue Saint-Denis, au Grand-Cerf, logent les messagers de Soissons, Laon et Notre-Dame de Liesse, qui partent le samedi. » Id., ibid.

Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager de Rouen et ceux d’Arras, de Tournay et de l’Isle en Flandres.

Même rue à la Croix blanche, loge le Messager de la Ville d’Eu.

Au bas de la rue de la Harpe à l’Image saint Eustache, logent les Messagers d’Angers[15], de Nantes, de la Flèche, de Beaufort, de Saumur, de Bourgeuil, etc., qui partent les Mercredis et Samedis.

[15] Par un procès, qui avoit eu lieu trois ans auparavant, on sait ce qu’il en coûtoit de Paris à Angers pour un voyageur et son bagage. En vertu d’une sentence du Châtelet en date du 9 nov. 1689, le sieur Bernard, bourgeois de Paris, fut condamné à payer au messager 36 livres au lieu de 33 qu’il offroit, et en sus 3 sous de la livre pesant de ses hardes, au lieu de 2 sous 6 deniers.

Rue saint Jacques au Lion ferré, logent les Messagers de toutes les Villes de Bretagne qui partent les Mercredis et Samedis.

Rue Serpente logent les Messagers de Carcassonne, Castelnaudary, Castres, Alby, Gaillard, Montauban, Cahors, Rhodez, Villefranche, Perat, Sarlat, Limoges, Brives, Thul, Thoulouse, Userche, Souliac, etc., qui partent le Mardi[16].

[16] C’est à l’Hôtel d’Anjou, rue Serpente, que ces messagers logeoient. D’autres y vinrent un peu plus tard, notamment celui de Château-du-Loir.

Rue Jean Pain molet à la Teste noire, logent les Messagers d’Abbeville.

Au Colombier près saint Martin des Champs, logent les Messagers de Crespy et de Villers Cotterets, qui partent le Vendredi.

Ceux d’Allençon, de Petiviers, de Caen, etc., qui partent le Dimanche et qui logeoient ci-devant à l’Hôtel de Montbason, sont à présent rue du Jour près saint Eustache.

Ceux d’Amiens et de Mondidier logent rue de la Tixeranderie à la Maque[17] et partent les Dimanches, Lundis, Mercredis et Vendredis.

[17] Nous avons parlé plus haut, p. 164, de cette auberge et de l’origine de son nom.

Rue du Cimetière saint André logent les Messagers de Mommirel, de Perigueux et de Rochoir qui n’ont pas de jours reglez, et ceux de Chinon, de Loudun, de Poitiers, de Thouars, de la Rochelle, etc., qui partent le Dimanche[18].

[18] Blegny oublie le messager de « Bonnétable et route », qui logeoit quai des Augustins, à l’enseigne si curieuse de la Reine des Reines.

Rue Montorgueil à l’Image saint Christophe, loge le Messager de Beaumont en Picardie qui arrive le Mardi et part le Mercredi.

Rue des Precheurs à la Pomme de pin, loge le Messager de Boine en Gatinois qui arrive le Jeudi et part le Vendredi.

A l’entrée du quay de la Tournelle[19] à la Corne[20], logent les Messagers de Montargis, de Giens et autres lieux circonvoisins.

[19] « Rue de la Tournelle, devant la rue de Bièvre. » Édit. de 1691, p. 55.

[20] C’étoit une très ancienne auberge, qui, de la rue des Sept-Voies, où Érasme y avoit logé en arrivant à Paris, avoit été transférée tout près, quai de la Tournelle.

Rue Jean Robert aux Carrosses d’Allemagne, logent les Messagers de Strasbourg, Fribourg, Scelestat, Colmar, Brissac, etc.

Rue saint Denis au grand Cerf, loge le Messager du Quesnoy.

COCHES PAR TERRE ET PAR EAU[1].

[1] Comme les messageries et les carrosses de voiture, auxquels ils étoient inférieurs en vitesse, et qui coûtoient plus cher, les coches voituroient voyageurs et marchandises. Ils n’en différoient que par le prix moins élevé, et parce qu’ils étoient des entreprises particulières, tandis que les messageries étoient un établissement royal, et les carrosses de voiture des établissements privilégiés. Les coches, comme le prouvoit leur nom, qui sentoit son vieux temps, les avoient précédés les uns et les autres. Ils datoient de l’époque des premières voitures de ville, qui s’appeloient comme eux et qui peu à peu perdirent cet ancien nom pour en prendre d’autres. Ils le gardèrent seuls : « Les coches, écrivoit Sauval, t. I, p. 191, en 1670, sont encore en usage pour aller d’une ville à l’autre. »

Rue Jean Robert aux Carosses d’Allemagne[2], logent aussi les Coches de Metz, Verdun, Clermont, Thionville, Danvilliers, Arlon, Wirton, Sarloüis, Vandrevanche, Sarbrik, Hambourg, Bik, la petite Pierre, Litemberg, Marsal, et autres Villes des trois Evechez, Comté de Chiny et places de la Sarre, Lorraine haute et basse, Barleduc, Ligny, Commercy, Pont Amousson, Luneville, Sarbourg, Philisbourg, Benfeld, Scelestat, Colmar, Brisac, Fribourg, etc., qui partent les Lundis et Vendredis[3].

[2] V. plus haut.

[3] Dans la première édition, Blegny n’avoit pas oublié moins que le nom de la rue et celui de l’auberge où tous ces coches descendoient. V. p. [56].

Rue saint Antoine à l’Ours, logent les Coches de Troyes en Champagne, qui partent les Mardis et Vendredis.

Celuy d’Amiens qui part de deux en deux jours, rue de la Tixeranderie à la Maque[4].

[4] V. plus haut.

Celuy de Chalons en Champagne, rue de la Verrerie, qui part les Mardis et Vendredis.

Rue Montorgueil à l’image saint Christophle, loge le Coche de Beaumont qui part le Samedi.

Rue Bourlabé à l’Ecu Dauphin, logent les Coches de Montreuil, Boulogne, Calais, Dunkerque, etc., qui partent le Lundi.

Rue Bourtibourg au Comte Robert, loge le Coche de Lagny qui part les Mardis, Jeudis et Vendredis.

Celuy de Monfort Lamaury rue du Four saint Germain, à l’enseigne de la Ville d’Espernon, qui part les Mercredis et Samedis.

Celuy d’Abbeville qui part le Dimanche, rue Jean Pain Molet.

Rue saint Martin au Cardinal le Moine, logent les Coches de Rheims, qui partent les Lundis et Vendredis et ceux de Soissons, Laon, Notre Dame de Liesse, etc., les Lundis, Jeudis et Samedis.

Rue saint Paul à la ville de Joigny, est le Bureau des Coches par eau d’Auxerre[5], qui partent les Mercredis et Samedis, et qui passent par Corbeil, Melun, Valvin, Montreau, Villeneuve le Roy, Joigny, etc.

[5] Béranger, qui l’avoit encore pu voir dans son enfance, en a parlé dans une de ses chansons :

Six francs et ma layette en poche,

Belle nourrice de vingt ans

D’Auxerre avec moi prit le coche.

Le Bureau des Coches d’eau servant pour la diligence de Lion[6], est à l’Hôtel de Sens près l’Ave Maria.

[6] C’est-à-dire amenant de la haute et basse Seine les voyageurs pour Lyon. A propos d’un autre coche qui, moitié par terre, moitié par eau, vous amenoit de Lyon à Paris, v. Gui Patin, Lettre du 17 nov. 1662.

Le Bureau des Coches par eau de Montreau, Bray et Nogent-sur-Seine, est sur le port saint Paul d’où ils partent le Lundi seulement deux fois le mois.

Le Bureau des Coches par eau de Fontainebleau qui partent les Lundis à l’ordinaire et tous les jours à l’extraordinaire pendant le séjour de la Cour audit lieu, est sur le quay de la Tournelle à la Croix blanche[7].

[7] Ce chapitre, dans l’édition précédente, p. 56-57, diffère de celui-ci par quelques détails que nous n’avons pas cru devoir signaler. S’ils n’ont pas été reproduits par Blegny, c’est sans nul doute que, vérification faite, il y avoit reconnu des erreurs. Pour la même raison, nous n’en avons pas parlé.

ROULLIERS ET CHARETTES
DE ROUTES.

Rue de la Harpe à la Croix de fer, logent les Charettes pour Laval, Mayenne et Vitré en Bretagne[1].

[1] Ce chapitre commence autrement dans l’édit. précédente, où il est le XXXVIIe, p. 57. On y trouve cet article qui manque ici : « Rue de la Huchette aux Bœufs, logent les charettes pour la Ferté Alais, qui partent le mercredi. »

Celles de Chartres rue Contrescarpe aux Carosses d’Orléans.

Celles de Chevreuse qui partent les Mardis et Vendredis, rue saint Dominique du Fauxbourg saint Michel[2], à l’Ecu d’Orléans.

[2] C’est l’ancienne rue Saint-Dominique-d’Enfer, qui alloit de la rue d’Enfer à la rue Saint-Jacques.

Celles de Montargis et de Nemours qui partent le Dimanche, rue du quay de la Tournelle.

Celles de Beny-Briard, Cone, la Charité, saint Pierre le Moutier, Nevers, Bourbon les Bains, Vichy, Moulins, etc., qui partent le Mercredi, rue saint Victor aux Carosses d’Auvergne, et encore celles du Puy, Mandre, saint Flour, Issoire, Brioude, saint Poursaint, Gagnac Aigueperche, Riom et Clermont, qui partent le Mercredi. Enfin celles de Montpellier, Nismes, Frontignan, Baucaire, Milhaud, Lodève, Beziers, Narbonne et Perpignan qui partent le Mercredi.

Celles de Gournay qui partent le Vendredi, rue Montorgeuil à l’image saint Christophle.

Celles de Senlis, Compiègne, Noyon, Chaunis, la Fère, Ham, saint Quentin, le Quesnoy, Maubeuge, Roye, Peronne, Cambray, Douay, Valencienne, Tournay, Bapaume, Arras, l’Isle, Rouen, Diepe et le Havre qui partent tous les jours, rue saint Denis au grand Cerf.

Celles de Beaumont-Roger en Normandie qui partent le Mercredi, rue Montmartre à la grosse Tête.

Celles de Dijon, Bourg en Bresse, Nuis, Baune, Chalons sur Saône, Macon, Auxonne, Salins, Grey, Bezançon, Monbelliard, Befort, Pontarlier, Neufchastel, Sens, Joigny, Auxerre, Noyers, saint Florentin, Ancy le Franc, Tonnerre, Chably, Bavière, Mon-bar, Autun, Semeur, Avalon, sainte Reine, Bar sur Seine et Mussy l’Evesque, qui partent tous les jours près l’Ave Maria à la Diligence de Lion.

Les Roüilliers[3] de Troyes et autres Villes de Champagne et de Bourgogne, logent rue de la Verrerie à l’Image Notre Dame[4].

[3] Blegny écrit comme on prononçoit, et comme on prononce encore dans quelques provinces. L’orthographe étoit déjà « roulier ». Richelet écrit ainsi, et l’exemple qu’il donne : « Il s’en va à Orléans avec les rouliers », indique que les rouliers ne prenoient pas seulement des marchandises dans leurs charrettes, mais des voyageurs à qui manquoit l’argent nécessaire pour aller par le carrosse de voiture, les messageries ou le coche.

[4] Cette auberge existoit encore avec la même enseigne et la même destination à la fin du XVIIIe siècle. C’est là que descendit la fameuse Mme de La Mothe lorsqu’elle vint de Troyes à Paris pour commencer ses intrigues, dont l’affaire du Collier fut la plus scandaleuse.

Ceux d’Anvers, de Lorraine et d’Allemagne, rue d’Arnétal au Chariot d’or, qui partent le Mardi et quelquefois le Mercredi.

Ceux de l’Isle, Tournay, Douay, Arras, Maubeuge et Guise en Picardie, même rue au Mouton, qui partent le Jeudi.

Et ceux de Compiègne, Peronne, la Ferre, etc., même rue à la Croix de Lorraine, qui partent le Samedi.

Rue saint Denis aux deux Anges, logent les Charrettes de Montmirel, de la Ferté Gauché et du Bois Commun, qui partent le Vendredi.