AQUILLIN.

Ta puissance, Cesar, est en fin sans seconde.
Rome en te couronnant te soubsmet tout le monde,
Et rend en mesme temps ton sort si glorieux,
Que tu ne connois plus de Rivaux que les Dieux:
Comme eux tu peux tout perdre, & comme eux tout absoudre,
Tes aigles icy bas sont armez d'une foudre,
Qu'au gré de tes desirs tu peux mettre en tes mains,
Et comme Jupiter en punit les humains:
Vous commandez tous deux avec mesme advantage,
S'il regne dans le Ciel, la terre est ton partage,
Et si cent deitez en reverent les loix,
Tu voids quand il te plaist à tes pieds mille Roys,
Dont le pouvoir defere à ta grandeur supréme,
Et se change en respect devant ton diadesme,
Les perses sont deffaits, Carinus est soubsmis,
Horsmis quelques Chrestiens tu n'as plus d'ennemis,
Et cette secte impie alors qu'elle conspire,
Ne s'attaque qu'aux Dieux & non à ton Empire.