PHILOXENE.
Nos debas sont finis, s'en est fait Polidarque,
Nostre valeur en vain oblige un grand Monarque;
En vain nous terrassons ses plus faux ennemis,
Alexis a le prix qu'il nous avoit promis;
Il a tout nostre espoir, il a nos recompences,
Et voylà, cher amy, le fruict de nos absences.
Cependant qu'un Mignon par un destin plus doux
Triomphe insolemment d'Olympie & de nous.
Ah le lâche! il ne mit jamais la main aux armes,
Et nous tirions du sang quand il versoit des larmes;
Toutesfois son bon-heur le va mettre en un rang
Qui nous fera verser & des pleurs, & du sang.
POLIDARQUE.
Sans faire l'esprit fort, j'advoueray, Philoxene,
Que cet évenement m'a fait beaucoup de peine,
Et que le souvenir d'un si sensible affront
M'a mis la rage au coeur comme la honte au front:
Mais puisque s'en est fait, le mal est sans remede,
Nous perdons Olympie, Alexis la possede,
Et cet effeminé l'ayant en son pouvoir,
Se mocque maintenant de nostre desespoir:
Dissimulons Amy, quittons cette humeur noire,
Songeons doresnavant à sauver nostre gloire,
Et pour nous retirer d'une indigne prison,
Mettons au front d'amour les yeux de la raison.