SCENE III.

EUPHEMIEN, ALEXIS, ARASPE.

ALEXIS.

Qu'il demeure à propos,
Et qu'icy le destin me rend un bon office,
Advançons.

EUPHEMIEN.

Que veux-tu?

ALEXIS.

Le Ciel vous soit propice.
Seigneur, au nom d'un fils que vous croyez perdu,
Et qui dans peu de temps vous doit estre rendu,
Je vous veux conjurer d'une chose assez grande,
Mais legere pour vous.

EUPHEMIEN.

Quelle est donc ta demande,
Parle, mais si tu veux appaiser mes soucis,
Dis moy ce que tu sçais de mon cher Alexis.

ALEXIS.

C'est du Ciel, non de moy que vous devez attendre
Les effects d'un desir si charmant & si tendre.
Cependant en son nom j'implore à vos genoux
La grace & la faveur que j'espere de vous.
Vostre maison, Seigneur, fut tousjours opportune
À tous les malheureux qu'outrage la fortune,
Et je dévray beaucoup à vos rares bontez
Si sensible à l'excez de mes calamitez,
Vous daignez m'accorder quelque demeure obscure
Où je puisse obeïr aux loix de la nature
Soulager mes ennuis & par vostre secours
Attendre que le Ciel dispose de mes jours.

EUPHEMIEN.

Ouy, va, ma volonté s'accorde à ta demande,
Araspe ayez en soing, je vous le recommande.