HUITIÈME DEVOIR

AVE MARIA

Il est une fleur bien aimée de Marie, originaire des Cieux, mais cependant acclimatée sur la terre. Ce fut un ange qui le premier l'offrit à la Vierge de Nazareth, Ave Maria, fleur mystérieuse, nul soleil de la terre ne pouvait t'épanouir, et nul aquilon ne pourra te faner. Je t'ai cueillie lorsque je bégayais à peine, Ave Maria, et chaque jour encore je t'effeuille; Ave Maria c'est le salut de bienvenue, le cantique des Anges et des hommes. Ave Maria, fleur durable des divins jardins, les chœurs angéliques en tressent à jamais d'éternelles couronnes, et lorsque Gabriel, l'offrit à Marie, il lui annonçait l'Enfant-Dieu, cette rose mystique de grâce et de bénédiction qui devait fleurir d'abord et mourir ensuite pour nous. Ave Maria.

Ah! quand viendra-t-il ce jour, où dépouillant son enveloppe mortelle, notre âme s'ouvrira à l'éternelle lumière? Quand viendra-t-il ce jour, où, délivrés des tentations, des inquiétudes, des misères de cette vie, nous pourrons franchir ton enceinte, ô Jérusalem céleste! Quand nous mêlerons-nous à la foule bienheureuse des élus? Nous croyons et elle voit, nous espérons et elle possède, nous sommes dans la tristesse, elle est dans la joie, nous souffrons, elle jouit, nous craignons, elle est dans l'assurance, nous combattons, elle triomphe.

Ah! quand viendra-t-il ce jour de l'éternel repos! Ave Maria.