V

L'AMOUR DE SIBYLLE

Pendant qu'elle retournait au château, Sibylle était agitée d'une sorte d'ivresse: elle ne pouvait se dissimuler que la convention par laquelle s'était terminée son entrevue avec Raoul était un de ces compromis équivoques et suspects que la passion suggère; elle était donc allée elle-même au-devant de cette défaillance qu'elle avait tant redoutée. Cependant elle ne se reprochait rien. Elle se disait, et nous sommes loin de l'en blâmer, que trop de sagesse et de force touche à la dureté de l'égoïsme, et qu'un élan de l'âme, une faiblesse du coeur conseillent plus noblement, à certaines heures de la vie, que les règles de la plus haute raison. Elle concevait sans illusions toutes les délicatesses, tous les écueils, toutes les angoisses de l'épreuve qu'elle venait d'accepter; mais elle les affrontait désormais avec une joie secrète: sa tendresse s'était réveillée tout entière et même exaltée au contact de la passion de Raoul; elle avait appris en même temps à lui rendre plus de justice, à l'estimer plus haut, et dès ce moment il lui avait semblé qu'à la place des principes rigides auxquels elle avait obéi jusque-là se posait devant elle un devoir à la fois plus élevé et plus doux, celui de se vouer au salut moral de cette âme qu'elle adorait, et de hasarder dans cette tentative généreuse son repos, sa réputation même, et, s'il le fallait, sa vie.

La conséquence strictement logique d'une telle résolution eût été sans doute d'agréer sans conditions les voeux et la main du comte; mais si mademoiselle de Férias eut cette pensée, elle la repoussa, soit qu'elle ne pût vaincre si complétement la fière obstination de son naturel et les principes réfléchis de son esprit, soit qu'elle éprouvât la crainte vague que le coeur de Raoul ne se prêtât plus avec la même ardeur au miracle qu'elle implorait pour lui, si elle cessait d'en être le prix.

Quelques instants plus tard, le marquis et la marquise entendaient de la bouche même de Sibylle le récit de sa campagne, laquelle, comme elle le dit en riant, n'avait pas tourné à sa gloire. Elle termina en soumettant à leur approbation le traité de paix et d'amitié qu'elle avait cru devoir conclure avec M. de Chalys sous la restriction expresse qu'il abandonnerait toutes prétentions à sa main. Cette restriction expresse ne trompa pas plus M. et madame de Férias qu'elle ne trompait au fond Sibylle elle-même. Ils ne doutèrent même pas que dès cet instant leur petite-fille n'eût arrêté formellement dans sa pensée le projet de son union avec le comte, et que le temps d'épreuve qu'elle lui imposait ne fût simplement, suivant l'expression du vieux marquis, un moyen de sauver l'honneur des armes. Leur conférence avec miss O'Neil et avec l'abbé Renaud les avait d'ailleurs disposés de plus en plus en faveur du comte, pour lequel le curé en particulier avait témoigné une prédilection tendre, disant que c'était une âme bien troublée sans doute, mais non perverse, qui offrait encore de la prise pour le ciel, et qu'il y aurait conscience à désespérer. Malgré tout, M. et madame de Férias furent tentés de croire que Sibylle entrait un peu trop vivement dans la voie où ils semblaient l'avoir eux-mêmes engagée. Le marquis la gronda doucement de son équipée: il ne refusa pas de ratifier les préliminaires qu'elle avait signés avec Raoul, et de le traiter comme un homme distingué, un artiste éminent qui se trouvait par hasard dans le pays, et avec lequel on serait heureux d'entretenir quelques relations de temps à autre.

— Mais vous comprendrez, ma fille, ajouta le vieillard avec un sourire un peu ironique, quelle réserve doit présider à des relations dont le but en définitive reste si mystérieux!

M. de Férias, apparemment pour donner lui-même le ton de cette réserve désirable, accompagna dès le lundi suivant sa petite-fille et miss O'Neil dans une excursion au village, et tous trois vinrent surprendre M. de Chalys sur son échafaudage. Raoul avait passé la journée du dimanche, penché sur sa fenêtre, à recueillir d'une oreille émue les soins lointains de l'orgue, que la brise lui apportait avec les sourds murmures de l'Océan. L'apparition du marquis et de Sibylle lui parut d'un augure si excellent que ses beaux traits s'éclairèrent d'une splendeur de joie. M. de Férias, après avoir prodigué les éloges, informa M. de Chalys que, si jamais il prenait une heure de repos dans l'après-midi et que le hasard de sa promenade le dirigeât du côté du château de Férias, madame de Férias en serait reconnaissante.

On peut croire que ce hasard ne se fit pas attendre. Raoul toutefois ne profita qu'avec beaucoup de discrétion des politesses du vieux marquis, dont il avait senti la mesure. Il trouvait d'ailleurs un charme si étrange dans l'espèce de noviciat romanesque auquel il était soumis, qu'il semblait craindre de l'abréger. Il osait à peine toucher à ce bonheur, qui pouvait n'être qu'une illusion. La saison était admirable. Pendant que le soleil incendiait de ses feux l'aride sommet des falaises et réjouissait dans l'herbe desséchée les petites sauterelles bleues qu'on voit sur ces côtes, il se cloîtrait dans l'ombre et dans la fraîcheur de l'église, et il y goûtait entre son art et sa rêverie les heures les plus douces qu'il eût connues. Le curé ne manquait pas de venir chaque jour s'attendrir devant son oeuvre. Il lui apportait des fruits de son jardin, que le comte dévorait comme un écolier, à la vive satisfaction du vieillard. Quand il arrivait à Raoul de se reposer quelques minutes en fumant à l'ombre des murs de l'église, le curé venait s'asseoir près de lui sur le gazon ou sur la pierre d'une tombe, et ils devisaient tous deux amicalement au bruit des flots tranquilles, qui mouraient au pied de la falaise.

Le comte avait un compagnon encore plus assidu et qui ne lui était pas moins cher, parce qu'il portait, comme le vieux curé, la marque de Sibylle, et que, s'il n'était pas la rose, il avait vécu près d'elle. C'était Jacques Féray. Jacques Féray, dans sa flânerie perpétuelle, n'avait pas tardé à découvrir la chose merveilleuse qui se passait dans l'église de Férias. Il avait commencé par rôder timidement aux environs du porche, puis il s'était hasardé sur l'échafaudage, où il était demeuré en extase devant le monde radieux qui sortait peu à peu des murailles et de la voûte. Raoul connaissait par Sibylle elle-même une partie de l'histoire de ce pauvre homme, sur laquelle le curé avait achevé de l'édifier. Par bonté naturelle et par une sorte de diplomatie innocente, il fit à Jacques un accueil encourageant, et il n'eut pas de peine à l'apprivoiser en lui parlant de Sibylle avec un accent de sympathie dont l'instinct du fou comprit la sincérité. Jacques, à dater de ce jour, jugea convenable de venir s'installer chaque matin sur le plancher de l'échafaudage, d'où il surveillait le travail de Raoul avec un intérêt le plus ordinairement silencieux. Il ne tarda pas cependant à répondre de bonne grâce aux questions que le comte lui adressait par intervalles sur le ton de bonhomie qui est particulier aux artistes. Sibylle était le thème habituel de ces dialogues bizarres.

— Tu l'aimes bien, mon garçon, n'est-ce pas? lui dit un jour
Raoul.

— Et vous aussi! répondit Jacques Féray en souriant avec un air de ruse et de finesse. — Ne lui faites pas de mal! ajouta-t-il aussitôt d'un ton sévère.

La confiance croissante de Jacques dans son nouvel ami alla jusqu'à lui communiquer un secret chagrin dont il était cruellement obsédé. La femme et la petite-fille de ce malheureux reposaient dans le cimetière de Férias sous deux tombes de gazon, dont le relief, bien qu'affaissé par les années, était encore apparent. Depuis que l'intérêt pieux de Sibylle avait rendu un peu de paix et de lucidité à cette intelligence foudroyée, Jacques avait pris l'habitude de planter sur ces deux tombes des tiges de fleurs sauvages qu'il renouvelait avec soin lorsqu'elles étaient fanées. D'après les usages du pays, le moment était venu où cette partie du terrain consacré devait rentrer dans le domaine commun, et Jacques avait été instruit par on ne sait quel féroce plaisant de village de cette expropriation imminente: il savait que d'un jour à l'autre la pioche allait bouleverser ces deux tertres et tout ce qu'ils contenaient. Cette idée se présentait à l'esprit effaré de l'idiot avec un cortège d'images douloureuses et sinistres. Il parlait d'ailleurs de ses alarmes à ce sujet avec tant de mystère et de circonlocutions que la véritable nature de son tourment avait échappé même à la pénétration de Sibylle. Raoul ne la devina qu'à force de patience, et grâce à l'intimité quotidienne et prolongée de ses relations avec le fou. Comme il venait de faire cette découverte, l'abbé Renaud entra dans l'église; il le mit au courant en deux mots:

— Monsieur le curé, ajouta-t-il à demi-voix en terminant, je désire acheter ce terrain. Chargez-vous de cela et gardez-moi le secret, je vous prie.

Puis s'adressant à Jacques Féray:

— Ne te tourmente plus, lui dit-il, on ne touchera pas à tes tombes; elles t'appartiennent, c'est arrangé.

Et il se remit à son travail. L'instant d'après, il sentit un froissement qui le fit retourner: c'était le fou qui avait saisi le bas de sa blouse et qui y collait ses lèvres. Une larme se détacha brusquement de l'oeil de Raoul; puis, apercevant à deux pas le curé immobile et attentif, il rougit, frappa du pied, et repoussant Jacques Féray avec une sorte de violence:

— Laisse-moi donc, bête! dit-il.

L'abbé Renaud s'était fait un devoir d'épier et de recueillir dans le caractère et dans la conduite de Raoul tous les traits qui pouvaient justifier les espérances auxquelles il s'était associé. Il ne manqua pas, malgré les recommandations du comte, de porter le soir même le récit de cet incident aux châtelains de Férias. Ces excellents coeurs en furent touchés au point de perdre ce qu'il leur restait de prudence formaliste, et le lendemain, dans la matinée, Raoul recevait une invitation à dîner au château. — M. et madame de Férias dînaient alors à six heures par une concession aux habitudes parisiennes de leur petite-fille. — C'était la première fois que Raoul pénétrait si particulièrement dans leur intimité: il fut surpris de l'expansion et de la gaieté dont Sibylle l'animait; cette disposition rieuse, qu'il avait difficilement entrevue sous la contrainte de l'étiquette mondaine, ajoutait aux grâces sévères de la jeune fille une nuance charmante, et qui le ravit profondément. Il y eut toutefois dans le cours de cette heureuse soirée un moment délicat: ce fut celui où les domestiques du château envahirent le salon, suivant l'usage, pour faire la prière du soir en commun avec leurs maîtres. Quelques minutes auparavant, Sibylle avait prévenu le comte en souriant de la cérémonie qui se préparait:

— Allez faire une promenade dans le jardin pendant ce temps-là, ajouta-t-elle, je vous le permets.

— Mon Dieu, non! répondit-il du même ton, je ne veux pas être un objet de scandale dans votre maison.

Il prit sa place un peu à l'écart, les deux mains appuyées sur le dossier d'une chaise dans une attitude de recueillement suffisant, et il se trouva payé outre mesure d'un acte de bon goût aussi simple par le coup d'oeil de reconnaissance que Sibylle lui adressa à travers son dernier signe de croix.

Dès ce moment, les rapports de Raoul avec le château devinrent plus familiers, et cette scène de piété se renouvela plus d'une fois en sa présence. Elle lui causait une sorte d'émotion indéfinie qu'il éprouvait encore en assistant heure par heure à l'existence monastique du curé, et en respirant continuellement l'atmosphère de l'église et les vagues parfums du sanctuaire. Ce cadre singulier où sa vie se trouvait enfermée le faisait sourire quelquefois avec une sorte d'amertume dédaigneuse. Au fond, il ne s'y déplaisait pas. Les pratiques pieuses, lorsqu'elles sont entachées d'une superstition puérile et d'une basse dévotion, ont pour effet ordinaire d'inquiéter et d'effaroucher les esprits qu'elles prétendent édifier; mais la vraie piété, les observances d'un culte pur, la discipline religieuse de la vie, sans doute parce qu'elles répondent à l'instinct le plus puissant et le plus élevé de notre nature, ont un charme sans égal, et qui semble être contagieux. Quel est celui de nous, parmi les plus tièdes, qui, pénétrant à l'heure la plus troublée de sa vie morale dans un de ces intérieurs d'aïeul où une piété souriante et calme règle et sanctifie les habitudes de chaque jour, n'y ait pas senti des élans d'attendrissement, de regret et de désir? Ce n'était donc point sans raison que les parents de Sibylle et Sibylle elle-même avaient espéré que Raoul n'échapperait pas à l'influence du milieu salubre qui l'enveloppait. Dans ce milieu en effet, entre la simplicité évangélique du presbytère et la noblesse patriarcale du château, rien ne choquait son esprit, tout plaisait à son imagination, et tout apaisait son coeur. Il est peut-être vrai de dire que la vie factice et tumultueuse du monde, le contact d'une société dépravée, les jeux effrayants de la force et du mal sur la surface de la terre, contribuent plus encore que les arguments et l'orgueil de la raison moderne à jeter une intelligence dans les abîmes du doute. S'il y avait un lieu dans l'univers où un homme pût n'avoir sous les yeux que l'aspect des grandes scènes de la nature et le spectacle d'honnêtes gens, il serait difficile que son âme, si bouleversée qu'on la suppose, n'y recouvrât pas un peu de paix et de confiance. C'était en quelque sorte dans ce coin idéal de l'univers que Raoul était transporté, et lui-même s'étonnait des couleurs nouvelles dont sa pensée s'imprégnait quelquefois sous ces cieux inconnus.

Il y avait encore bien loin sans doute de ces dispositions émues et de ces aspirations poétiques à une sérieuse renaissance morale et à une foi positive. L'esprit droit de Sibylle ne s'y trompait pas. Sans bien connaître les objections si multiples et si complexes dont s'alimente le scepticisme moderne, et qu'il est trop superflu d'indiquer à un lecteur de ce temps, elle comprenait qu'elles ne pouvaient céder en un jour à de vagues attendrissements. L'abbé Renaud la rassurait.

— Dieu se sent, lui disait-il, et ne se prouve pas… Laissons ce coeur s'ouvrir encore plus largement, et les objections radicales de l'esprit viendront s'y perdre et s'y noyer d'elles-mêmes. S'il croit une fois en Dieu, je me charge du reste.

Sibylle d'ailleurs semblait s'être fait une loi d'éviter avec tous, et surtout avec Raoul, ce texte d'entretien. Elle lui laissait même voir, dans le cours de leurs relations familières, une sérénité paisible dont il s'inquiétait, la prenant pour de l'indifférence: il craignait qu'elle n'eût vraiment accepté au pied de la lettre, et sans en attendre rien de plus, l'amitié passagère qu'elle lui avait permise; quant à l'épreuve mystérieuse dont l'avenir de leur amour avait paru dépendre, elle n'y faisait aucune allusion, et il pouvait croire qu'elle n'y pensait jamais. — Elle y pensait toujours; elle y pensait quelquefois avec de mortels découragements, quelquefois avec des ravissements où son coeur se fondait.

— Hélas! dit-elle un jour au curé, n'y a-t-il pas de la folie à espérer qu'une âme si endurcie puisse être touchée en si peu de temps et par de si faibles moyens?… Il faudrait qu'elle fût saisie!

Et après une pause elle ajouta avec un triste sourire:

— Il me semble quelquefois, mon père, que si je mourais,… il croirait!

Le vieillard ne put que lui faire signe de la main de chasser ces pensées, et ses yeux s'emplirent de larmes.

Un autre jour, ayant cru surprendre sur le visage ou dans les paroles du comte quelque symptôme heureux:

— Ah! mon père, dit-elle au vieux prêtre, quel rêve je fais! N'est-il point trop beau pour la terre? Sauver du mal et ramener à Dieu celui qu'on aime,… qu'on aime éperdument!

Et elle mit dans ce mot un accent de passion inexprimable.

— Ah! quel rêve je fais! répéta-t-elle.

Elle fondit en larmes à son tour, et cacha son front dans ses mains charmantes.

Cette étrange vie durait depuis deux moins environ, quand un soir, à la nuit tombante, M. de Chalys, qui avait dîné au château, prit le bras de mademoiselle de Férias et l'entraîna doucement dans l'avenue de châtaigniers qui s'étendait devant la grille.

— Mademoiselle, lui dit-il, est-ce que je me trompe? Je me figure que vous ne tenez plus à me convertir…

— Pourquoi, monsieur? Parce que je ne vous catéchise pas?… Outre que je suis une pauvre théologienne, je crains les rôles malséants… J'ai grande envie de vous convertir, ajouta-t-elle en souriant; mais j'ai grande envie aussi de ne pas vous déplaire.

— Je ne sais pas trop dans quel rôle vous pourriez me déplaire, dit Raoul du même ton;… mais enfin voulez-vous connaître l'état de mon âme, mademoiselle Sibylle?

— Oui, s'il est meilleur qu'autrefois.

— Il est meilleur.

— C'est vrai? dit-elle vivement.

Et il sentit le bras de la jeune fille trembler contre le sien.

— Il faut que ce soit bien vrai pour que je vous le dise, car rien ne me paraîtrait plus cruel que de m'abuser, et plus coupable que de vous abuser vous-même sur un tel sujet… Oui, vous et tous ceux qui vous entourent, vous me faites douter… de tous mes doutes. Il est si difficile, il est si révoltant de croire que des coeurs comme les vôtres soient sortis tout entiers de la matière, et qu'ils y rentrent tout entiers! Chaque jour je me fortifie dans la pensée qu'il y a vraiment une source plus pure d'où les âmes descendent et où elles remontent, — comme les anges de la vision biblique… Oui, j'entrevois Dieu par éclairs depuis quelque temps avec une certitude qui m'éblouit… Ce Dieu n'est pas encore le vôtre sans doute;… mais enfin dites-moi, mademoiselle Sibylle, que vous êtes contente!

— Contente! dit-elle d'une voix basse et pénétrée, non, je ne suis pas contente,… mais j'ai le ciel dans le coeur!

Ils continuèrent à marcher quelque temps en silence sous les sombres arcades de l'avenue. Sibylle tout à coup lui tendit la main:

— Mon ami! murmura-t-elle.

Il prit cette main et la serra sans parler… Elle s'éloigna aussitôt, et il vit son ombre se perdre dans les jardins.

Après la plus heureuse nuit de sa vie, mademoiselle de Férias eut le lendemain un triste réveil. L'abbé Renaud vint lui annoncer que M. de Chalys avait reçu dans la matinée une dépêche qui le forçait de partir immédiatement pour Paris. Raoul comptait d'ailleurs revenir sous peu de jours. Il avait prié le curé de remettre à mademoiselle de Férias la dépêche qui motivait son départ. Elle contenait ces trois mots:

"Viens vite!

"GANDRAX."

En lisant cette signature, Sibylle pâlit.