MADEMOISELLE HELOUIN.

Monsieur Maxime! de grâce!… Ah! pardonnez-moi! ayez pitié de moi! Figurez-vous donc ce que peut être la pensée d'une pauvre créature comme moi, à qui on a eu la cruauté de donner un coeur, une âme, une intelligence… et qui ne peut se servir de tout cela que pour souffrir… et pour haïr! " Vous parliez de mes talents! Eh bien, ces talents, si péniblement acquis, ils ne sont pas à moi!… J'aurai passé toute ma jeunesse à en parer une autre femme, pour qu'elle soit plus belle, plus adorée… et plus insolente encore! et quand elle s'en ira, elle, au bras d'un heureux époux, prendre sa part des plus belles fêtes de la vie, je l'en irai, moi, seule, abandonnée, vieillir dans quelque coin avec une pension de femme de chambre!… " Eh bien, qu'est-ce que j'avais fait au ciel pour mériter cette destinée-là? Pourquoi moi plutôt que ces femmes? Certes, j'étais née aussi bien qu'elles pour être bonne, aimante, charitable. Eh! mon Dieu! les bienfaits coûtent peu quand on est riche, et la bonté est facile aux heureux! Si j'étais à leur place, et elles à la mienne, elles ne m'aimeraient pas plus que je ne les aime… on n'aime pas ses maîtres!