MAXIME.

C'est bien, Monsieur. Comptez sur moi.

BEVALLAN, avec une bonhomie enjouée.

J'y compte, monsieur Maxime… et permettez-moi d'espérer que toute glace est rompue entre nous… n'est-ce pas? Mon Dieu! nous nous sommes assez mal connus, jusqu'ici… Moi, je l'avoue, j'avais conçu contre vous quelques préventions, qui, Dieu merci, n'existent plus… Vous, de votre côté, vous avez pu me juger un peu témérairement… mais maintenant vous me connaîtrez mieux, et vous verrez là franchement… je ne suis pas un méchant diable… je suis un bon garçon… Ah! certainement, j'ai des défauts… j'en ai eu surtout: j'ai aimé les jolies femmes… Mais quoi! c'est preuve qu'on a un bon coeur, n'est-ce pas? Et puis, d'ailleurs, me voilà au port… et même, entre nous, j'en suis ravi… parce que je commençais à me… roussir un peu… mais je ne veux plus penser qu'à ma femme et à mes enfants…, et vous pouvez en être sûr, cher Monsieur, ma femme sera parfaitement heureuse… c'est-à-dire autant qu'elle peut l'être avec une tête comme la sienne… car enfin je serai charmant pour elle… j'irai au-devant de ses moindres fantaisies… Mais si elle me demande d'aller décrocher la lune et les étoiles pour lui être agréable, dame! je n'irai pas… ça c'est impossible! Ah çà, votre main encore une fois. (Maxime lui donne la main.)