LE PANNEAU

Sous l'ombre dansante du rosier se voit une fillette d'ivoire, arrachant les pétales soit d'incarnat soit de nacre avec des ongles vert pâle de jade poli.

Les pétales rouges tombent sur les mottes, les pétales blancs voltigent un à un, pour tomber dans une tasse bleue où le soleil, tel un grand dragon, se tord en replis d'or.

Les pétales blancs flottent dans l'air, les pétales rouges tombent lentement; il en est qui tombent sur sa robe jaune, et d'autres qui tombent sur sa chevelure d'un noir de corbeau.

Elle prend un luth d'ambre et chante, et pendant qu'elle chante, une grue d'argent commence à allonger son cou écarlate, et à battre de ses ailes aux reflets de métal.

Elle prend un luth d'ambre brillant, et du dense bosquet, où il se cachait, son amoureux aux yeux en amande, la suit d'un regard charmé dans ses mouvements.

Et maintenant elle jette un cri de frayeur, et déjà se font jour de mignonnes larmes. Une épine a blessé de sa pointe la conque marine aux veines incarnat de son oreille.

Puis elle lance un joyeux rire: c'est qu'un pétale de rose est tombé juste à l'endroit où le satin jaune laisse voir la fleur de sa gorge aux veines bleues.

De ses ongles vert pâle en jade poli, elle arrache un à un les pétales d'incarnat et de nacre. Voici là debout une fillette d'ivoire, sous l'ombre dansante du rosier.