LE RÈVE DE L'ARTISTE

Traduit du polonais de Madame Helena Modjeska Moi aussi j'ai eu mes rêves, oui, vraiment j'ai connu les visions qu'amène en foule une ardente jeunesse, et qui me hantent encore....

Il me sembla une fois que j'étais étendu dans un jardin bien clos, au temps où le Printemps s'échappe de l'Hiver comme un oiseau, ou le ciel a une voûte de saphir. L'air pur était doux, et le gazon épais qui me servait de couche était doux comme l'air. L'étrange et secrète vie des jeunes arbres enflait la verte et tendre écorce, ou éclatait en bourgeons pareils à des émeraudes serties. Des violettes jetaient des regards furtifs du fond de leurs cachettes; quelque peu effarouchées de leur propre beauté. La rose vermeille ouvrait son coeur, et la brillante stellaire scintillait comme une étoile du matin. Des papillons en costumes de brun et d'or prenaient les craintives campanules comme pavillons et comme séjours d'agrément. Là haut un oiseau faisait tomber en neige toutes les fleurs dans son vol et allait charmer les bois de son chant. L'univers entier semblait s'éveiller au plaisir. Et pourtant,... et pourtant ... mon âme était emplie d'une lourdeur de plomb. Je ne trouvais point de joie dans la Nature. Pour moi, l'esclave de l'ambition, qu'était ce que la rose aux taches cramoisies, ou le crocus aux sceptres d'or? Le bel oiseau chantait faux pour moi, et les charmantes fleurs me faisaient l'effet d'un défilé de gens travestis, car, ainsi que le serpent de la fable se pique de son aiguillon pour se faire souffrir, aussi je gisais, me torturant moi-même. Le jour s'avançait inaperçu sur le cadran solaire, jusqu'à ce qu'enfin le soleil se plongea, drapé de pourpre dans les splendeurs de l'est. Alors du coeur ardent de ce grand orbe, sortit une créature en qui la beauté des formes effaçait par son éclat la plus brillante vision de cette terre triviale. Elle était ceinte d'une robe plus blanche que la flamme ou que l'airain chauffé dans la fournaise. Sur sa tête elle portait une couronne de laurier, et pareille à une étoile qui tombe tout à coup des hauteurs du ciel, elle passa près de moi.

Alors m'agenouillant bien bas, je m'écriai:

«O toi que je désire tant! ô toi que j'ai longtemps attendue, gloire immortelle! grande conquérante du monde, oh! fais que je ne meure pas sans couronne, une fois du moins que ton laurier impérial ceigne mon front, sans cela méprisable. Une fois fais sonner le clairon, et que la trompette de l'ambition bruyante répande mon nom. Quant au reste, je n'en ai point souci.»

Alors, d'une voix douce, l'ange me répondit: «Enfant, qui ignores le véritable bonheur, qui ne sais en quoi consiste la plus haute sagesse de la vie, tu as été créé pour la lumière, et l'amour, et le rire, et non point pour gaspiller ton jeune âge à lancer des flèches contre le soleil, ou à nourrir en ton âme cette ambition dont le poison mortel infectera ton coeur, et salira toute joie, tout contentement. Reste ici, dans la douce prison de ce jardin bien clos, dont les prairies au sol égal et les bosquets charmants invitent au plaisir. L'oiseau sauvage qui, d'un chant soudain, éveille ces vallons silencieux, sera ton compagnon de jeux. Chaque fleur qui s'épanouit viendra d'elle-même s'entrelacer dans tes cheveux, guirlande mieux faite pour toi que le poids redoutable de la couronne de laurier que donne la Gloire.

—Ah! stériles présents, m'écriai-je, indocile à son langage de prudence. N'est-il que ces fleurs périssables, dont les courtes existences sont limitées entre l'aurore et l'heure du couchant. La colère de midi peut blesser la rose, et la pluie dépouiller le crocus de son or. Mais ton immortelle couronne de Renommée, ta couronne de laurier qui ne connaît point la mort, elle est la seule que le temps ne saurait flétrir. La dent glacée de l'hiver ne saurait l'entamer et lui nuire. Les choses triviales ne la profaneront pas.»

L'ange ne répondit point, mais sa figure s'obscurcit d'un brouillard de pitié.

Alors il me sembla que de mes yeux, où la torche de l'ambition lançait ses dernières et ses plus violentes flammes, jaillissaient deux rayons horizontaux de lumière bien droite, et qu'entre leur feu brillant la couronne de laurier se tordait, se contournait, ainsi que quand l'étoile de Sirius dessèche le blé mûrissant, et une feuille pâle tomba sur mon front; et je me levai d'un bond, et je sentis le pouls puissant de la Renommée, et j'entendis au loin le bruit de nations nombreuses qui me louaient!


Moment unique de grande vie aux ardentes couleurs, et puis... qu'elle est vaine, la louange des nations! qu'elle est futile, la trompette de la gloire. Il y avait d'âpres épines dans cette feuille de laurier, et leurs crochets dentelés entraient comme une brûlure, comme une morsure, jusqu'à ce que du feu et de la rouge flamme semblèrent se repaître de mon cerveau, et changèrent le jardin en un désert nu.

Les mains tendues avec force, je luttai pour l'arracher de mon front saignant, mais ce fut en vain, et avec un cri de douleur, auquel les étoiles pâlirent avant l'instant qui leur était assigné, je m'éveillai enfin, et vis l'aube craintive, avancer sa face grise pour regarder dans les ténèbres de ma chambre, et j'aurais cru que ce n'était là qu'un vain rêve, sans cette douleur qui sans trêve me ronge le coeur, et sans les blessures rouges que les épines ont faites à mon front.


FRAGMENTS EN PROSE

LETTRES AU DAILY CHRONICLE SUR LA VIE DE PRISON

Le cas du gardien Martin. Quelques cruautés de la vie de prison. (28 mai 1897)

À l'Éditeur du "Daily Chronicle".

Monsieur,

J'apprends avec un grand regret, par la lecture de votre journal, que le gardien Martin, de la prison de Reading, a été renvoyé par les commissaires de la Prison pour avoir donné quelques biscuits sucrés à un petit enfant affamé.

J'ai vu les trois enfants, le lundi qui a précédé ma mise en liberté,

Ils venaient d'être condamnés.

Ils étaient rangés, en ligne, debout dans le hall central, vêtus du costume de la prison, leurs draps sous le bras, prêts à se rendre dans les cellules qui leur avaient été assignées.

Je passais par hasard par une des galeries qui se trouvaient sur mon chemin pour aller au parloir, où je devais avoir la visite d'un ami.

C'étaient de tout petits enfants.

Le plus jeune,—celui auquel le gardien a donné les biscuits,—était un tout petit garçon, pour lequel il avait été évidemment impossible de trouver des vêtements à sa taille.

Certes, j'ai vu beaucoup d'enfants en prison pendant les deux ans qu'a duré ma détention.

La prison de Wandsworth, en particulier, en contenait toujours un grand nombre.

Mais le petit garçon, que je vis dans l'après-midi du lundi 17 à Reading, était plus petit encore qu'aucun d'eux.

Il est inutile de dire combien je fus douloureusement affecté de voir ces enfants à Reading, car je savais quel traitement les y attendait.

La cruauté avec laquelle on traite les enfants dans les prisons anglaises est incroyable, excepté pour ceux qui en ont été les témoins et qui connaissent la brutalité du système.

De nos jours, on ne comprend pas ce que c'est que la cruauté.

On la regarde comme une sorte de terrible maladie médiévale, et on l'attribue à une espèce d'hommes pareils à Eccelin de Romano, et autres, auxquels infliger volontairement des souffrances donnait une véritable folie de plaisir.

Mais les hommes du type d'Eccelin ne sont que des représentants anormaux d'un individualisme perverti.

La cruauté ordinaire n'est autre chose que de la stupidité.

C'est le défaut absolu d'imagination.

C'est, de nos jours, le résultat de systèmes stéréotypés, de règles conformes au «vite et fort» et de la stupidité.

Partout où il y a centralisation, il y a stupidité.

Ce qui est inhumain dans la vie moderne, c'est l'officialisme.

L'autorité est aussi destructive pour ceux qui l'exercent que pour ceux sur qui elle est exercée.

C'est le Bureau des Prisons, c'est le système qu'il met en pratique, qui sont la source première de la cruauté qu'on exerce sur un enfant en prison.

Les gens, qui soutiennent ce système, ont d'excellentes intentions.

Ceux qui le mettent en pratique sont également humains dans leurs intentions.

La responsabilité est rejetée sur des règlements disciplinaires.

On suppose qu'une chose est juste parce qu'elle est la règle.

Le traitement actuel des enfants est terrible tout d'abord de la part de gens qui n'entendent rien à la psychologie particulière d'une nature d'enfant.

Un enfant est capable de comprendre un châtiment infligé par un individu, tel qu'un parent, un tuteur, et de le supporter avec un certain degré de résignation.

Ce qu'il est incapable de comprendre, c'est un châtiment infligé par la Société.

Il ne saurait se faire une idée de la Société.

Pour les grandes personnes, c'est naturellement le contraire qui est vrai.

Ceux d'entre nous qui sont en prison, peuvent comprendre et comprennent en effet ce que signifie la force collective qu'on appelle société, et quelle que soit notre façon d'en concevoir les méthodes et les prétentions, nous pouvons nous imposer de les accepter.

Le châtiment, qui nous est infligé par un individu, est au contraire, une chose que ne supporte aucune grande personne, et à laquelle on ne s'attend point à la voir se résigner.

En conséquence, l'enfant étant enlevé à ses parents par des gens qu'il n'a jamais vus, qu'il ne connaît en aucune façon, et se trouvant dans une cellule solitaire, qui ne lui est point familière, entouré de figures nouvelles, recevant les ordres et les punitions des représentants d'un système qu'il est incapable de comprendre, devient la proie immédiate de la première et de la plus forte émotion que produise la vie moderne de la prison,—l'émotion de la terreur.

La terreur d'un enfant en prison est absolument sans bornes.

Je me rappelle qu'une fois à Reading, au moment de ma sortie pour l'exercice, je vis dans la cellule faiblement éclairée, en face de la mienne, un petit garçon.

Deux gardiens,—qui ne manquaient pas de bonté, lui parlaient, avec quelque apparence de sévérité, ou peut-être lui donnaient quelques utiles conseils pour sa conduite.

L'un d'eux était dans la cellule avec lui, l'autre se tenait en dehors.

La figure de l'enfant était comme un masque blanc de terreur, d'affolement.

Il y avait dans son regard l'épouvante d'un animal traqué.

Le lendemain, à l'heure du déjeuner, je l'entendis crier, demander qu'on le laissât sortir.

Il appelait ses parents dans ses cris.

De temps à autre j'entendais la voix grave du gardien de service, qui lui disait de rester tranquille.

Et pourtant il n'était pas même condamné pour aucune petite faute dont il eût été accusé.

Il était simplement en prévention.

Cela, je le savais parce qu'il portait ses habits à lui, qui paraissaient assez propres. Mais il avait les chaussettes et les souliers de la prison.

Cela indiquait que c'était un enfant très pauvre, dont les souliers, si même il en avait, étaient en mauvais état.

Les juges de paix et les juges de simple police, classe en générale d'une ignorance absolue, envoient souvent un enfant en prévention pour huit jours, au bout desquels ils peuvent ne point prononcer la sentence qu'ils ont le droit de rendre.

Ils appellent cela «ne point envoyer un enfant en prison».

Certes, c'est de leur part une façon de voir stupide.

Pour un enfant, être en prison préventivement ou après un jugement, c'est une subtilité du système social qu'il ne saurait comprendre.

Ce qu'il y a d'horrible pour lui, c'est d'y être.

Aux yeux de l'humanité, le fait qu'il est là, est une chose horrible.

Cette terreur, qui s'empare de l'enfant et l'accable, qui saisit même l'homme fait, est naturellement portée au delà de toute expression par le système de la cellule solitaire de nos prisons.

Chaque enfant reste enfermé dans sa cellule pendant vingt-trois heures sur vingt-quatre.

Voilà ce qui est effrayant.

Enfermer pendant vingt-trois heures sur vingt-quatre un enfant dans une cellule mal éclairée, c'est un exemple de la cruauté qu'il y a dans la stupidité.

Si un particulier, père ou tuteur, traitait ainsi un enfant, il serait sévèrement puni.

La Société pour répression de la cruauté envers l'enfance devrait s'occuper de cela sans délai.

Il y aurait partout un mouvement de haine contre quiconque se serait rendu coupable d'une telle cruauté.

Certes, une peine sévère doit être appliquée après la faute établie, mais notre société actuelle fait elle-même pis, et pour l'enfant, être traité ainsi par une force abstraite dont les droits sont pour lui chose inintelligible, c'est bien pire que s'il était traité de la même façon par un père, une mère, ou une personne qu'il connaîtrait.

Un traitement inhumain infligé à un enfant, est toujours chose inhumaine, quel qu'en soit l'auteur.

Mais un traitement inhumain par la société est pour l'enfant d'autant plus terrible qu'il n'y a pas d'appel.

Un parent ou un tuteur peuvent être touchés, et faire sortir un enfant de la chambre sombre et solitaire où il a été enfermé.

Un gardien ne le peut pas.

La plupart des gardiens ont une grande affection pour les enfants. Mais le système leur interdit d'en témoigner quoique ce soit à un enfant.

S'ils le font, ainsi que l'a fait le gardien Martin, ils sont révoqués.

La seconde cause de souffrance pour l'enfant en prison, c'est la faim.

La nourriture, qu'on lui donne, consiste en un morceau de pain de prison généralement mal cuit, et un gobelet d'eau pour déjeuner à sept heures et demie.

À midi, il a pour dîner une assiette de bouillie de maïs grossièrement préparée; à cinq heures et demie, un morceau de pain sec et un gobelet d'eau.

Ce régime appliqué à un homme fait, vigoureux, produit toujours une maladie d'un genre ou d'un autre; la diarrhée domine, et la faiblesse qui en est la conséquence.

Aussi dans une grande prison les remèdes astringents sont-ils distribués régulièrement par les gardiens comme une chose qui va de soi.

En ce qui concerne l'enfant prisonnier, il lui est, en général, impossible de manger quoi que ce soit.

Pour peu qu'on connaisse les enfants, on sait combien leur digestion est facilement troublée par un accès de pleurs, un ennui, une souffrance d'esprit de n'importe quelle sorte.

Un enfant, qui a passé toute la journée et peut-être la moitié de la nuit à pleurer tout seul dans une cellule faiblement éclairée, est incapable de manger une bouchée de cette grossière, de cette horrible nourriture.

Quant au petit garçon, auquel le gardien Martin a donné les biscuits, cet enfant pleurait de faim le mardi matin, et il lui était absolument impossible de manger le pain et de boire l'eau qui lui avaient été servis pour son déjeuner.

Martin sortit après que les déjeuners eurent été servis, et acheta quelques petits fours pour l'enfant plutôt que de le voir mourir de faim.

C'est fort beau de sa part, et ce fut l'avis de l'enfant, qui dans son ignorance complète des règlements faits par la commission des prisons, dit à un des gardiens-chefs combien son subalterne avait été bon pour lui.

Le résultat naturel fut un rapport et le renvoi.

Je connais parfaitement Martin, et j'étais sous sa surveillance pendant les sept dernières semaines de mon emprisonnement.

Quand il fut nommé à Reading, on le chargea de la Galerie C, où j'étais détenu.

Je le voyais donc constamment.

Je fus frappé de la bonté et de l'humanité singulières avec laquelle il me parlait, ainsi qu'aux autres prisonniers.

De bonnes paroles, c'est beaucoup, en prison, et un bonjour, un bonsoir, dits d'un ton agréable, vous rendent aussi heureux qu'on peut l'être en prison.

Il était toujours doux et calme.

Le hasard m'a appris une autre circonstance où il se montra d'une grande bonté envers un des prisonniers, et je n'hésite pas à la rapporter.

Une des choses les plus horribles, en prison, c'est la mauvaise disposition des appareils hygiéniques.

Aucun prisonnier n'est autorisé, en quelques circonstances que ce soit, à quitter sa cellule après cinq heures et demie du soir.

Si donc il est atteint de diarrhée, il faut que sa cellule lui serve de latrines, et qu'il passe la nuit dans une atmosphère aussi fétide que malsaine.

Quelques jours avant ma libération, Martin faisait la ronde à sept heures et demie, avec un des gardiens-chefs pour ramasser l'étoupe et les outils des prisonniers.

Un homme, tout récemment condamné et auquel la nourriture avait donné une violente diarrhée, ainsi que cela arrive toujours, demanda au gardien-chef l'autorisation de vider le baquet de sa cellule, à cause de l'horrible odeur qui régnait dans sa cellule, et pour le cas où il serait indisposé pendant la nuit.

Le gardien-chef répondit par un refus formel: c'était contraire aux règlements.

L'homme devait passer la nuit dans ce terrible état de choses.

Mais Martin, plutôt que de voir ce malheureux dans une situation aussi répugnante, dit qu'il viderait lui-même le baquet de cet homme, et il le fit.

Un gardien, qui vide le baquet d'un prisonnier, cela est évidemment contre les règles, mais Martin accomplit cet acte de bonté simplement parce qu'il était d'un naturel humain, et l'homme lui en fut très reconnaissant, ce qui était naturel.

En ce qui concerne les enfants, on a beaucoup parlé, beaucoup écrit en ces derniers temps de l'influence corruptrice qu'exerce la prison sur un jeune enfant.

Ce qui a été dit est très vrai.

Un enfant est profondément contaminé par la vie de prison. Mais l'influence qui contamine n'est point celle des prisonniers.

C'est celle du système de la prison dans son ensemble,—du directeur, de l'aumônier, des gardiens, de l'isolement en cellule, de la nourriture révoltante, des règlements faits par les commissaires des prisons, du genre de «discipline» de la vie, c'est ainsi qu'on l'appelle.

On prend toutes les précautions pour ôter à un enfant la vue de tous les prisonniers au-dessus de seize ans.

Les enfants sont assis à la chapelle derrière un rideau, et on les envoie prendre de l'exercice dans de petites cours sans soleil,—parfois dans une cour pavée, parfois dans une cour derrière les moulins, plutôt que de leur laisser voir les prisonniers majeurs prenant l'air.

Or, la seule influence vraiment humanisante qui s'exerce dans la prison est celle des prisonniers.

Leur bonne humeur dans un milieu terrible, leur sympathie mutuelle, leur humilité, leur douceur, les sourires pleins de bienveillance qu'ils échangent en se rencontrant, leur parfaite résignation à leur peine, tout cela est admirable, et j'ai moi-même appris d'eux bien des choses salutaires.

Je ne vais pas proposer que, les enfants ne soient pas assis derrière un rideau à la chapelle, ni qu'ils prennent de l'exercice dans un coin de la cour commune.

Je veux simplement faire remarquer que la mauvaise influence sur les enfants n'est point et n'a jamais pu être celle des prisonniers, mais qu'elle est et restera toujours celle du système des prisons lui-même.

Il n'y a pas dans la prison de Reading un seul homme qui n'eût consenti à subir lui-même la peine des trois enfants, à leur place.

La dernière fois que je les vis, c'était le mardi après leur condamnation.

Je faisais ma promenade à sept heures et demie avec une douzaine d'autres hommes, quand les enfants passèrent près de nous, accompagnés d'un gardien, revenant de la cour empierrée, humide, morne, où ils avaient pris l'air.

Je vis la plus profonde pitié dans les regards que mes compagnons jetèrent sur eux.

Les prisonniers, pris en masse, sont extrêmement bons et pleins de sympathie l'un envers l'autre.

La souffrance, et la souffrance en commun, donne de la bonté aux hommes, et jour par jour, en allant et venant par la cour, je me rappelais avec plaisir et consolation ce que Carlyle appelle quelque part le «silencieux charme rythmique de la compagnie humaine».

En cela, comme en toute autre chose, les philanthropes et les gens de même sorte font fausse route.

Ce ne sont pas les prisonniers qui ont besoin de réforme; ce sont les prisons.

Certes, on ne devrait jamais envoyer en prison un enfant au-dessous de quatorze ans.

C'est là une absurdité, et comme bien des absurdités, il en résulte des choses absolument tragiques.

Si toutefois il faut les envoyer en prison, on devrait leur faire passer la journée dans un atelier ou une salle d'école avec un gardien.

Il faudrait qu'ils passent la nuit dans un dortoir, avec un gardien de nuit pour les surveiller.

Il faudrait leur faire prendre l'air pendant trois heures par jour au moins.

Les cellules sombres, mal aérées, mal odorantes, sont terribles pour un enfant, et même pour n'importe qui.

On respire toujours un mauvais air en prison.

La nourriture, donnée aux enfants, devrait être du thé et de la soupe faite avec du beurre et du pain.

La soupe de la prison, est très bonne et très salubre.

La Chambre des Communes pourrait régler en une demi-heure le traitement des enfants.

J'espère que vous userez de votre influence pour obtenir ce résultat.

La façon dont les enfants sont traités actuellement est vraiment un outrage à l'humanité et au bon sens.

Cela vient de la stupidité.

Permettez-moi d'attirer votre attention sur une autre chose terrible qui se passe dans les prisons anglaises, et à vrai dire dans toutes les prisons du monde, où le système du silence et de la réclusion cellulaire est pratiqué.

Je fais allusion au grand nombre d'individus qui deviennent fous ou faibles d'esprit en prison.

Dans les prisons de convicts à longue peine, cela est naturellement très fréquent, mais cela se voit aussi dans les prisons ordinaires, comme celle où j'ai été renfermé.

Il y a trois mois, je remarquai parmi les prisonniers qui prenaient de l'exercice avec moi un jeune homme qui avait l'air sot ou faible d'esprit.

Certes, toute prison a ses clients faibles d'esprit, qui viennent et y reviennent, et dont on peut dire qu'ils passent leur vie en prison.

Mais ce qui me frappa chez ce jeune homme, c'était qu'il avait l'air plus faible d'esprit que ce n'est le prisonnier ordinaire, avec son rire niais, les éclats de rire qu'il lançait à tout propos, et l'agitation perpétuelle, la contraction incessante de ses mains.

L'étrangeté de sa conduite fut remarquée par tous les autres prisonniers.

De temps à autre, on ne le voyait pas à l'exercice, ce qui m'indiquait qu'il était puni de réclusion dans sa cellule.

Je finis par découvrir qu'il était mis en observation, que des gardiens veillaient sur lui jour et nuit.

Quand il paraissait à l'exercice, il avait toujours l'air d'être hystérique, et ne faisait que tourner en pleurant, ou riant.

À la chapelle, il était toujours assis sous les yeux de deux gardiens, qui ne le perdaient pas de vue un seul instant.

Parfois, il se cachait la tête dans les mains, ce qui était défendu par le règlement de la chapelle.

Alors un coup donné sur sa tête par le gardien lui rappelait qu'il devait avoir constamment les yeux dirigés vers la table de la communion.

Parfois il se mettait à pleurer,—sans causer de désordre—mais les larmes ruisselaient sur sa figure, avec des secousses hystériques à la gorge.

On bien il se mettait à rire tout seul d'un air idiot, à faire des grimaces.

Plus d'une fois, on le renvoya de la chapelle à sa cellule, et naturellement, il était sans cesse puni.

Comme le banc, sur lequel j'étais ordinairement assis à la chapelle, était juste derrière le banc au bout duquel ce malheureux était placé, j'eus l'occasion de l'observer à loisir.

Je le voyais sans cesse à l'exercice, je le voyais devenir fou, et on le traitait comme un simulateur.

Samedi de la semaine dernière, vers une heure, j'étais dans ma cellule, occupé à nettoyer et polir la vaisselle de fer-blanc qui m'avait servi à dîner.

Je fus tout à coup surpris en entendant le silence de la prison interrompu par les cris les plus horribles, les plus révoltants, ou plutôt par des hurlements.

Ma première pensée fut qu'on était en train d'abattre, d'une main maladroite, un taureau on une vache, en dehors de l'enceinte de la prison.

Mais je ne tardai pas à m'apercevoir que les hurlements venaient des sous-sol de la prison, et je compris qu'on fouettait quelque malheureux.

Je n'ai pas besoin de dire combien ce fut hideux et terrible pour moi, et je me demandai quel était l'homme qu'on châtiait de cette façon révoltante.

Soudain je vis comme dans un éclair que c'était sans doute le malheureux insensé qu'on fouettait.

Il n'est pas nécessaire de dire quels furent mes sentiments à ce sujet, ils n'ont rien à voir dans la question.

Le lendemain, dimanche, je vis le pauvre diable à l'exercice, sa figure banale, laide, souffrante, bouffie par les larmes et l'hystérie au point de le rendre méconnaissable.

Il suivait le cercle central avec les vieux, les mendiants, les boiteux, en sorte que je pus l'observer tout le temps.

Ce fut le dernier dimanche que je passai en prison.

C'était la plus belle journée de toute l'année, et là, sous ce magnifique soleil,—allait ce pauvre être,—jadis fait à l'image de Dieu,—ricanant comme un singe faisant avec ses mains les gestes les plus fantastiques, comme s'il jouait en l'air d'un invisible instrument à cordes, ou s'il arrangeait et comptait des jetons en quelque jeu bizarre.

Pendant tout ce temps, ces larmes hystériques, sans lesquelles aucun de nous ne le vit, faisaient des raies sales sur sa figure blême et enflée.

La grâce hideuse et tranquille de ses gestes lui donnaient l'air d'un clown.

C'était un grotesque vivant.

Tous les autres prisonniers avaient les yeux sur lui, et pas un d'eux ne souriait.

Tous savaient ce qui lui était arrivé, qu'on le menait tout droit à la folie, qu'il était déjà fou.

Au bout d'une demi-heure, le gardien le fit rentrer, et le punit, à ce que je suppose.

Du moins, il n'était pas à l'exercice le lundi, bien que je croie l'avoir vu au coin de la cour empierrée, marchant sous la surveillance d'un gardien.

Le mardi,—mon dernier jour de prison,—je le vis à l'exercice.

Il était plus mal que jamais, et on le fit rentrer.

Depuis lors, je ne sais rien de lui, mais j'appris d'un des prisonniers, qui marchait avec moi à l'exercice, qu'il avait reçu, pendant l'après-midi, vingt-quatre coups de fouet dans la cuisine, par l'ordre des juges visiteurs, sur le rapport du médecin.

Tous ces hurlements, qui nous avaient terrifiés, sortaient de sa bouche.

Il est hors de doute que cet homme devient fou.

Les médecins de prison n'entendent absolument rien aux maladies mentales.

En masse, ce sont des ignorants.

La pathologie de l'esprit leur est inconnue.

Quand un homme commence à devenir fou, ils le traitent comme un simulateur.

Ils le font punir, punir sans trêve.

Naturellement l'état de l'homme empire.

Quand les punitions ordinaires ont échoué, le médecin fait un rapport aux juges de paix.

Le résultat est la flagellation. On ne se sert pas du chat à neuf queues, mais du bouleau: l'instrument est une baguette, mais le résultat produit sur le malheureux affaibli d'esprit peut s'imaginer.

Son matricule est, ou était A. 2. 11.

J'ai trouvé aussi le moyen de connaître son nom: c'est Prince.

Il faudrait faire tout de suite quelque chose pour lui.

Il est soldat et il a été condamné par un conseil de guerre.

Sa peine est de six mois, et il lui en reste à faire trois.

Puis-je vous prier d'employer votre influence à obtenir qu'on examine son cas et que ce prisonnier dément soit convenablement traité?

Il ne faut pas compter sur un rapport des commissaires médicaux: ils ne méritent aucune confiance.

Les médecins inspecteurs semblent ne pas comprendre la différence qui existe entre l'idiotie et la folie, entre l'entière absence d'une fonction ou d'un organe et les maladies d'une fonction ou d'un organe.

L'homme A. 2. 11, sera, je n'en doute pas, en état de dire son nom, la nature de sa faute, le jour du mois, la date où commence et où se termine sa peine, de répondre à une question simple, mais que son esprit soit dérangé, cela ne comporte aucun doute.

Pour le moment, c'est un horrible duel entre lui et le médecin.

Le médecin se bat pour une théorie; l'homme lutte pour sa vie.

Je désire vivement que l'homme l'emporte.

Mais que toute l'affaire soit examinée par des autorités compétentes en matière de maladies cérébrales, et par des gens animés de sentiments humains, qui aient encore quelque bon sens, quelque pitié.

Il n'y a pas de raison pour qu'on demande au sentiment d'intervenir: il est toujours nuisible.

Ce cas est un exemple spécial de la cruauté inséparable d'un système stupide, car le directeur actuel de Reading est un homme de caractère doux et humain, grandement aimé et respecté de tous ses prisonniers.

Il a été nommé en juillet dernier, et bien qu'il ne puisse rien changer aux règlements du système des prisons, il a modifié l'esprit dans lequel ils étaient appliqués par son prédécesseur.

Il est très populaire parmi les prisonniers et parmi les gardiens.

À vrai dire, il a entièrement modifié toute la tendance de la vie de prison.

D'autre part, il est évident qu'il n'a aucune action sur les règlements, en vue de les modifier.

Il voit chaque jour, je n'en doute pas, des choses qu'il sait injustes, stupides, cruelles. Mais il a les mains liées.

Naturellement j'ignore ce qu'il pense réellement de l'affaire du A. 2. 11, et ce qu'il pense de notre système actuel.

Je ne juge de lui que par le changement complet qu'il a opéré dans la prison de Reading.

Sous son prédécesseur, le système était appliqué de la façon la plus brutale et la plus stupide.

Je suis, Monsieur, votre obéissant serviteur.

OSCAR WILDE.

27 mai.


RÉFORME DES PRISONS

À l'Éditeur du "Daily Chronicle" (24 mars 1898).

Monsieur,

J'apprends que le Bill pour la Réforme des Prisons, du secrétaire de l'Intérieur, passera cette semaine en première ou en seconde lecture, et, comme votre journal a été le seul journal anglais qui ait pris un intérêt réel et vital à cette importante question, j'espère que vous me permettrez, comme à un homme qui connaît la vie dans une prison anglaise par une longue expérience personnelle, d'indiquer quelles réformes sont urgentes et nécessaires dans notre système actuel, si barbare et si stupide.

Par un article de fond qui a paru dans vos colonnes, il y a environ une semaine, j'apprends que la principale réforme proposée consiste à augmenter le nombre des inspecteurs et visiteurs officiels qui devront avoir accès dans nos prisons anglaises.

Une réforme de ce genre est absolument inutile.

La raison en est extrêmement simple.

Les inspecteurs et les juges de paix, qui visitent les prisons, y viennent pour s'assurer que les règlements de la prison sont exactement observés.

Ils viennent uniquement pour cela, et ils n'ont aucune autorité, alors même qu'ils en auraient le désir, pour changer un seul article des règlements.

Jamais un seul prisonnier n'a obtenu le moindre soulagement, la moindre attention, le moindre soin, grâce à des visiteurs officiels.

Les inspecteurs ne viennent point pour être utiles aux prisonniers, mais pour s'assurer que les règlements sont appliqués.

Le but de leurs visites est de veiller à ce que soit mis en pratique un code stupide et inhumain.

Et comme il faut bien qu'ils fassent quelque besogne, ils ont grand soin de s'en acquitter.

Un prisonnier, auquel aurait été accordée la plus mince faveur, redoute l'arrivée des inspecteurs.

Et le jour où une prison est inspectée, les fonctionnaires de la prison redoublent de brutalité envers les prisonniers.

Naturellement, ils ont à coeur de montrer la splendide discipline qu'ils maintiennent.

Les réformes nécessaires sont très simples.

Elles ont trait aux besoins de l'esprit de tout malheureux prisonnier.

Au premier point de vue, il y a trois peines permanentes autorisées par la loi dans les prisons anglaises:

1° la faim. 2° l'insomnie. 3° la maladie.

La nourriture donnée aux prisonniers est absolument insuffisante.

Elle est en grande partie de nature répugnante; en totalité, elle est trop faible.

Tout prisonnier souffre de la faim nuit et jour.

Une certaine quantité de nourriture est minutieusement pesée, once par once, pour chaque prisonnier: c'est juste ce qu'il faut pour entretenir, non pas la vie, mais l'existence.

Mais on est constamment torturé par la douleur et la faiblesse de la faim.

Le résultat de cette alimentation,—qui consiste presque toujours en une bouillie très claire, déchet de viande et eau,—c'est la maladie sous la forme de diarrhée continue.

Cette maladie, qui finit par devenir chronique chez la plupart des prisonniers, est une institution reconnue dans toutes les prisons.

Par exemple, à la prison de Wandsworth, où j'ai été enfermé deux mois, jusqu'à ce qu'il devint nécessaire de me transporter à l'hôpital, où je restai deux autres mois, les gardiens font une tournée deux ou trois fois par jour, avec des remèdes astringents, qu'ils donnent aux prisonniers comme une chose toute naturelle.

Après une semaine environ de ce traitement-là, ai-je besoin de dire que le remède ne produit plus aucun effet.

Le misérable prisonnier est alors abandonné en proie à la maladie la plus exténuante, la plus décourageante, la plus humiliante qu'on puisse imaginer, et si, comme cela arrive souvent, la faiblesse physique le met hors d'état d'achever le nombre de tours exigés à la manivelle ou au moulin, il est signalé pour paresse, et puni d'une façon aussi sévère que brutale.

Et ce n'est pas tout.

On ne peut rien imaginer de plus contraire à l'hygiène que l'aménagement d'une prison anglaise.

Au temps jadis, chaque cellule était pourvue de quelque chose comme des latrines.

Ces latrines ont été supprimées maintenant; elles n'existent plus: à leur place on fournit à chaque détenu un petit baquet de fer-blanc.

Le détenu est autorisé à vider son baquet trois fois par jour, mais on ne lui permet pas d'avoir accès aux lavabos de la prison, excepté pendant l'heure unique qu'il passe à l'exercice.

Et après cinq heures du soir, on ne l'autorise à quitter sa cellule pour quelque prétexte, quelque raison que ce soit.

Un homme, atteint de diarrhée, est donc placé dans une situation si répugnante qu'il est superflu d'insister sur ce point, qu'il serait même inconvenant de le faire.

Les souffrances, les tortures qu'endurent les détenus par suite de cette disposition révoltante au point de vue de l'hygiène ne sauraient se décrire.

Et l'impureté de l'air dans les cellules de la prison, accrue par un système de ventilation absolument inefficace, est si écoeurant, si malsain qu'il n'est point rare de voir les gardiens violemment indisposés, quand le matin, venant du grand air, ils ouvrent et inspectent chaque cellule.

J'ai été témoin de ce fait plus de trois fois, et plusieurs gardiens m'en ont parlé comme d'une des corvées les plus écoeurantes que leur impose leur emploi.

La nourriture donnée aux prisonniers devrait être suffisante et saine.

Il faudrait qu'elle ne fût point de nature à produire la diarrhée continuelle qui, de simple indisposition, passe à la maladie chronique.

L'aménagement hygiénique des prisons anglaises devrait être entièrement modifié.

Il faudrait que tout prisonnier put avoir accès aux lavabos en cas de nécessité, et vider son baquet quand c'est nécessaire.

Le système actuel de ventilation de chaque cellule est absolument défectueux.

L'air arrive à travers des grillages serrés, passe par un tout petit ventilateur dans la haute fenêtre garnie de barreaux, ventilateur beaucoup trop petit, trop mal construit pour faire entrer une quantité suffisante d'air frais.

On ne vous accorde qu'une heure sur les vingt-quatre heures de la longue journée.

Ainsi, pendant vingt-trois heures, on respire l'air le plus impur qu'il soit possible.

Quant à ce qui concerne la punition de l'insomnie, elle n'existe que dans les prisons chinoises et anglaises.

En Chine, on l'inflige en mettant le prisonnier dans une petite cage de bambou, en Angleterre, au moyen du lit de planche.

Le but du lit de planche est de produire l'insomnie.

Il n'a pas d'autre objet, et il l'atteint invariablement.

Et même quand on finit par vous accorder un matelas dur, ainsi que cela se fait au cours de la détention, on souffre encore de l'insomnie.

Le sommeil est, en effet, une habitude, comme toutes les choses qui donnent la santé.

Tout détenu, qui a eu pour lit des planches, souffre de l'insomnie.

C'est une punition révoltante, ignorante.

Pour ce qui regarde les besoins de l'esprit, je vous demande de me permettre de dire quelques mots.

Le système actuel des prisons a presque l'air d'être fait exprès pour causer le naufrage et la destruction des facultés intellectuelles.

Si la production de la folie n'en est pas le but, elle en est certainement le résultat.

C'est là un fait bien établi.

Les causes sautent aux yeux.

Privé de livres, de toute relation avec des êtres humains, isolé de toute influence humaine et humanisante, condamné au silence éternel, soustrait à tout contact avec le monde extérieur, traité en animal dépourvu d'intelligence, dégradé au-dessous du niveau de n'importe quelle créature du monde des bêtes, le misérable, qui est enfermé dans une prison anglaise, n'a guère de chance d'échapper à la folie.

Je ne tiens point à m'étendre sur ces horreurs, et moins encore à exciter en ces affaires un intérêt sentimental passager.

Aussi, je me bornerai, avec votre permission, à dire ce qu'on devrait faire.

Tout détenu devrait avoir un assortiment suffisant de bons livres.

Présentement, pendant les trois premiers mois de sa détention, on ne lui accorde aucun livre, à l'exception de la Bible, du livre de prières et du livre de cantiques.

Après ce temps, on lui accorde un livre par semaine.

Non seulement ce n'est pas assez, mais encore les livres, qui composent la bibliothèque ordinaire d'une prison, sont absolument sans valeur.

Ce sont surtout des livres soi-disant religieux, de troisième catégorie, mal écrits, composés évidemment pour des enfants, et qui ne peuvent convenir ni à des enfants ni à d'autres.

Il faudrait encourager les prisonniers à lire, et avoir les livres dont ils ont besoin, et ces livres devraient être bien choisis.

Actuellement le choix des livres est fait par l'aumônier de la prison.

Sous le régime actuel, un détenu n'est autorisé à voir ses amis que quatre fois par an, et pendant vingt minutes chaque fois.

C'est très fâcheux.

On devrait permettre au détenu de voir ses amis une fois par mois, et pendant un temps raisonnable.

La mode actuelle, qui est en vogue, d'exhiber un détenu à ses amis, devrait être changée.

Dans le système d'aujourd'hui, le prisonnier est ou bien enfermé à clef dans une grande cage en fil de fer, ou bien dans une grande caisse de bois, avec une petite ouverture, et couverte d'un grillage en toile métallique.

Ses amis sont placés dans une cage semblable, à trois ou quatre pieds de distance.

Deux gardiens se tiennent dans l'espace intermédiaire pour écouter, et si cela leur plaît, interrompre la conversation, quelle qu'elle puisse être.

Je propose qu'on permette au détenu de voir ses parents ou amis dans une chambre.

Les règlements actuels sont révoltants et exaspérants à un point qu'on ne saurait dire.

Une visite de parents ou d'amis est pour chaque détenu un redoublement d'humiliation et de souffrance mentale.

Beaucoup de prisonniers, plutôt que de subir une pareille épreuve, se refusent entièrement à voir leurs amis.

Et je ne saurais trouver cela surprenant.

Quand on voit son solicitor, on le voit dans une chambre dont la porte est vitrée, et le gardien se tient de l'autre côté.

Quand un homme voit sa femme et ses enfants, ou ses parents ou ses amis, on devrait lui accorder le même privilège.

Etre exhibé comme un singe en cage, à des gens qui ont de l'affection pour vous, et pour qui on en a, c'est une inutile et horrible dégradation.

Il faudrait permettre à tout détenu d'écrire et de recevoir une lettre par mois.

À présent on ne permet d'écrire que quatre fois par an.

C'est absolument insuffisant.

Une des choses tragiques de la vie de prison, c'est de pétrifier le coeur de l'homme.

Les sentiments d'affection naturelle, comme tous les autres sentiments, ont besoin de nourriture.

Ils meurent aisément d'inanition.

Une carte-lettre, quatre fois par an, ce n'est pas assez pour faire vivre les affections plus douces et plus humaines, grâce auxquelles, en définitive la nature est entretenue dans un état qui la rende accessible aux influences du bien et du beau qui peuvent sauver une vie naufragée et ruinée.

Il faudrait supprimer l'habitude de mutiler et d'expurger les lettres.

Présentement, si dans une lettre, un détenu se plaint du système de la prison, cette partie de la lettre est coupée avec une paire de ciseaux.

Si d'autre part il formule quelque plainte quand il s'entretient avec ses amis à travers les barreaux de la cage, ou l'ouverture de la caisse de bois, il est malmené par le gardien, et inscrit au rapport pour une punition chaque semaine jusqu'à l'époque de la visite suivante.

On compte bien que dans l'intervalle il aura appris, non point la sagesse, mais la ruse, et cela s'apprend toujours.

C'est une des rares choses qu'on apprend en prison.

Malheureusement les autres choses sont de plus grande importance en certains cas.

S'il m'est permis de dépasser les bornes, puis-je dire ceci?

Vous avez demandé dans votre article de tête qu'on ne permette à aucun aumônier de prison d'avoir aucune charge, aucun emploi en dehors de la prison même. Mais c'est là une affaire sans aucune importance.

Les aumôniers de prison ne servent absolument à rien.

Considérés en masse, ce sont des gens bien intentionnés, mais d'une sottise qui va jusqu'à la niaiserie.

Ils ne servent à rien au détenu.

Une fois toutes les six semaines, on entend la clef tourner dans la porte de la cellule, et l'aumônier entre.

Naturellement on est tout attention.

Il demande si on a lu la Bible.

On répond oui ou non, selon les circonstances.

Il cite alors quelques textes, sort et referme la porte à clef.

Parfois il laisse des tracts.

Les fonctionnaires, auxquels il devrait être interdit d'exercer quelque emploi hors de l'enceinte de la prison, ou d'avoir une clientèle particulière, ce sont les médecins des prisons.

Actuellement, le médecin de la prison à d'ordinaire, sinon toujours, une nombreuse clientèle privée et occupe des emplois dans d'autres institutions.

Il en résulte que la santé des détenus est entièrement négligée, que l'état sanitaire de la prison n'est pas du tout surveillé.

Je regarde, et dès ma première jeunesse, j'ai toujours regardé le corps médical, comme la profession de beaucoup la plus humaine de la société.

Mais je dois faire une exception pour les médecins des prisons.

Autant que j'ai pu le voir par mes rapports avec eux, par ce que j'ai vu d'eux à l'hôpital et ailleurs, ils sont butors de manières, d'un caractère grossier, et absolument indifférents à la santé ou au bien-être des détenus.

Si l'on interdisait aux médecins de prison la clientèle privée, ils seraient obligés de s'intéresser quelque peu à la santé, aux conditions hygiéniques des gens qui leur sont confiés.

J'ai tâché d'indiquer dans ma lettre quelques-unes des réformes nécessaires dans notre système des prisons anglaises.

Ce sont des choses simples, pratiques et humaines.

Ce n'est là, bien entendu, qu'un commencement.

Mais il est temps de commencer, et l'impulsion ne peut être donnée que par la forte pression de l'opinion publique formulée dans votre puissant journal et entretenue par lui.

Mais il y aura beaucoup à faire pour rendre effectives même ces réformes-là.

Et la première tâche, à entreprendre, et peut-être, la plus difficile, est d'humaniser les directeurs de prison, de civiliser les gardiens et de christianiser les aumôniers.

Votre,... etc.

L'auteur de la Ballade de la Prison de Reading.

23 mars.



[OUVRAGES PARUS]

I.—Au delà des Forces, par BJORNSTEJERNE BJORNSON, premier et deuxième parties. Traduction de MM. Auguste Monnier et Littmanson. Un volume in-18. Prix 3 50

II.—Le Roi, drame en quatre actes; Le Journaliste, drame en quatre actes, par BJORNSTEJERNE BJORNSON. Traduction de M. Auguste Monnier. Un volume in-18. Prix 3 50

III.—Les Prétendants à la Couronne, drame en cinq actes Les Guerriers à Helgeland, drame eu quatre actes, par HENRIK IBSEN. Traduction de M. Jacques Trigant-Geneste. Nouvelle édition. Un volume in-18. Prix 3 50

IV.—Les Soutiens de la Société, pièce en quatre actes; L'Union des Jeunes, pièce en cinq actes, par HENRIK IBSEN. Traduction de MM. Pierre Bertrand et Edmond de Nevers. Deuxième édition. Un volume in-18. Prix 3 50

V.—Empereur et Galitéen, par HENRIK IBSEN. Traduction de M. Charles de Cusanove. Quatrième édition, revue et corrigée. Un volume in-18. Prix 3 50

VI.—Nouveaux Poèmes et Ballades, de A.-C. SWINBURNE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. Prix 3 50

VII.—Oeuvres en Prose, de P.-B. SHELLEY, traduites par Albert Savine. Pamphlets politiques. Réfutation du déisme Fragments de romans. Critique littéraire et critique d'art Philosophie. Un volume in-18. Prix 3 50

VIII.—Souvenirs autobiographiques du Mangeur d'opium, par THOMAS DE QUINCEY. Traduction et préface par Albert Savine Deuxième édition. Un volume in-18. Prix 3 50

IX.—Confessions d'un Mangeur d'opium, par THOMAS DE QUINCEY. Première traduction intégrale par V. Descreux. Nouvelle édition. Un volume in-18. Prix 3 50

X.—Aurora Leigh, par ELISABETH BARRETT BROWNING. Traduit de l'anglais. Troisième édition. Un volume in-18. Prix 3 50

XI.—Un Gant, comédie en trois actes; Le Nouveau Système pièce en cinq actes, par BJORNSTJERNE BJORNSON. Traduit du norvégien par Auguste Monnier. Un vol. in-18. Prix 3 50

XII.—Le Portrait de Dorian Gray, par OSCAR WILDE. Traduit de l'anglais par M. Eugène Tardieu. Cinquième édition. Un volume in-18. Prix 3 50

XIII.—Un Héros de notre Temps, récits; Le Démon, poème oriental, par LERMONTOEF. Traduit du russe par A. de Villamarie. Deuxième édition. Un volume in-18 3 50

XIV.—Intentions, par OSCAR WILDE. Traduction, préface notes de J. Joseph-Renaud. Un volume in-18 3 50

XV.—La Dame de la Mer, pièce en 5 actes; Un Ennemi du Peuple, pièce en 5 actes, par HENRIK IBSEN. Traduction de M.M. Ad. Chennevière et C. Johansen. Un vol. in-18 3 50

XVI.—Enlevé! roman de ROBERT L. STEVENSON. Traduction et préface d'Albert Savine. Un volume in-18 3 50

XVII.—Poèmes et Poésies par ELISABETH BARRETT BROWNING Traduction de l'anglais et étude par Albert Savine, Un volume in-18 3 50

XVIII.—Le Crime de lord Arthur Savile, par OSCAR WILDE Traduit de l'anglais par Albert Savine. Un vol. in-18 3 50

XX.—Derniers Contes, par EDGAR POE. Traduits par F. Habbe Un volume in-18 3 50

XX.—Le Portrait de Monsieur W. H., par OSCAR WILDE. Traduit de l'anglais par Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXI.—Poèmes, d'OSCAR WILDE. Traduction et préface par Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXII.—Simples Contes des Collines, par RUDYARD KIPLING. Traduits de l'anglais par Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXIII.—Le Prêtre et l'Acolyte, nouvelles, par OSCAR WILDE. Traduction et préface par Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

XXIV.—XXV.—XXVI.—Oeuvres poétiques complètes de Shelley, traduites par F. Rabbe. Précédées d'une étude historique et critique sur la vie et les oeuvres de Shelley. Trois volumes in-18, se vendant séparément chacun 3 50

XXVII.—Nouveaux Contes des Collines, par RUDYARD KIPLING. Traduits de l'anglais par Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXVIII.—Mystères et Aventures, par A. CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXIX.—Trois Troupiers, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXX.—Autres Troupiers, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXI.—Le Parasite, par CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine et Georges-Michel. Un volume in-18. 3 50

XXXII.—Au Blanc et Noir, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXIII.—Théâtre. I.—Les Drames, par OSCAR WILDE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXIV.—La Grande Ombre, roman, par A. CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXV.—Poèmes et Ballades, de A. C. SWINBURNE. Traduction de M. Gabriel Mourey et notes de Guy de Maupassant. Un volume in-18, nouvelle édition 3 50

XXXVI.-Un Début en Médecine, roman, par A. CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXVII.—Chants d'avant l'Aube, par A. C. SWINBURNE. Traduction de M. Gabriel Mourey. Un volume in-18. 3 50

XXXVIII.—Sous les Déodars, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXIX.—Nouveaux Mystères et Aventures, par CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXX.—Idylle de Banlieue, par CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXXI.—Théâtre. II.—Les Comédies, I. par OSCAR WILDE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXXII.—La Cité de l'Épouvantable Nuit, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXXIII.—Jim Harrison, boxeur, par CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXXIV.—La Merveilleuse Découverte de Raffles Haw, par CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXXV.—Au Hasard de la Vie, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXXVI—Vice Versa, roman, par F. ANSTEY. Traduit de l'anglais par Ch. Bernard-Derosne. Un volume in-18, nouvelle édition 3 50

XXXXVII.—Lettres de Marque, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18 3 50

XXXXVIII.—Théâtre. III.—Les Comédies, II, par OSCAR WILDE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

XXXXIX.—Une Maison de Grenades, par OSCAR WILDE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

L.—Micah Clarke.—Les Recrues de Monmouth, par A. CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

LI.—Le Capitaine Micah Clarke, par A. CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

LII.—Derniers Mystères et Aventures, par A. CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

LIII.—La Bataille de Sedgemoor, par A. CONAN DOYLE. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18 3 50

LIV.—Terres de Silence, par EDWARD WHITE. Traduit par J. G. Delamain. Un vol. in-18/ 3 50

LV.—Brugglesmith, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine et Georges-Michel. Un vol. in-18. 3 50

LVI.—Un Duo, par A. CONAN DOYLE, seule traduction intégrale par Albert Savine. Un volume in-18 3 50

LVII.—Les Enquêtes du prestigieux Héwitt, par ARTHUR MORRISON. Adaptation française par Albert Savine et Georges Michel. Un volume in-18. 3 50

LVIII.—Nouvelles Enquêtes du prestigieux Héwitt, par ARTHUR MORRISON. Adaptation française par Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

LIX.—Dernières Enquêtes du prestigieux Héwitt, par ARTHUR MORRISON. Adaptation française par Albert Savine. Un volume in-18 3 50

LX.—Essais de Littérature et d'Esthétique, (1877-1885), par OSCAR WILDE. Traduction d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

LXI.—Chez les Américains, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

LXII.—La Mort d'Ivan le Terrible, par le Cte ALEXIS TOLSTOÏ. Traduction de B. Tseytline et E. Jaubert. Un vol. in-18. 3 50

LXIII.—Dorrington détective marron, par ARTHUR MORRISON. Traduction d'Albert Savine. Unh vol. in-18. 3 50

LXIV.—Nouveaux Essais de Littérature et d'Esthétique, 1886-1887, par OSCAR WILDE. Traduction d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

LXV.—Parmi les Cheminots de l'Inde, par RUDYARD KIPLING. Traduction d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

LXVI.—Dick le Galopeur. par H. B. MARRIOTT WATSON. Traduction d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

LXVII.—Le N° 19759. Confessions d'un Condamné, recueillies par JULIEN HAWTHORNE. Traduction d'Albert Savine. Un vol. in-18 3 50

LXVIII.—Derniers Essais de Littérature et d'Esthétique, (1887-1890) par OSCAR WILDE. Trad. d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

LXIX.—Idylles de la Mer, par FRANK Th. BULLEN, préface de R. KIPLING. Texte français d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

LXX.—Anatole, par ARTHUR SCHNITZLER. Traductions de MM. Maurice Rémon et Maurice Vancaire. Un vol. in-18. 3 50

LXXI.—Les Aventuriers, par H. B. MARRIOTT WATSON. Traduction d'Albert Savine. Un volume in-18. 3 50

LXXII.—La Maison de la Courtisane, par OSCAR WILDE. Traduction d'Albert Savine. Un vol. in-18. 3 50

Le traducteur et l'éditeur déclarent réserver leurs droits de traduction et de reproduction pour tous les pays, y compris la Suéde et la Norvège.

Ce volume a été déposé au Ministère de l'Intérieur (Section de la librairie) en avril 1919.


De cet ouvrage il a été tiré à part dix exemplaires sur papier de Hollande, numérotés et paraphés par l'éditeur.


DU MÊME TRADUCTEUR:

JUAN VALERA.—Le Commandeur Mendoza.

NARCIS OLLER.—Le Papillon, préface d'Emile Zola.—Le Rapiat.

JACINTO VERDAGUER.—L'Atlantide.

EMILIA PARDO BAZAN.—Le Naturalisme.

HENRYCK SIENKIEWICZ.—Pages d'Amérique.

ANDREW CARNEGIE.—La Grande-Bretagne jugée par un Américain.

ELISABETH BARRETT BROWNING.—Poèmes et Poésies.

TH. DE QUINCEY.—Souvenirs autobiographiques du Mangeur d'opium.

TH. ROOSEVELT.—La Vie au Ranche.—Chasses et parties de chasse.—La Conquête de l'Ouest.—New-York.

PERCY BYSSHE SHELLEY.—Oeuvres en prose.

ROBERT L. STEVENSON.—Enlevé!

ALGERNON C. SWINBURNE.—Nouveaux Poèmes et Ballades.

ARTHUR CONAN DOYLE.—Mystères et Aventures.—Le Parasite. (En collaboration avec Georges-Michel.)—La Grande Ombre.—Un Début en Médecine.—Idylle de Banlieue.—Nouveaux Mystères et Aventures.—Jim Harrison, boxeur.—La merveilleuse découverte de Raffles Haw.—Derniers Mystères et Aventures.—Le Capitaine Micah Clarke.—Les Recrues de Monmouth.—La bataille de Sedgemoor.—Un Duo.

ARTHUR MORRISON.—Les Enquêtes du prestigieux Héwitt.—Nouvelles Enquêtes du prestigieux Héwitt.—Dernières Enquêtes du prestigieux Héwitt.—Dorrington détective marron.

H.-B. MARRIOTT WATSON.—Dick le Galopeur.

JULIEN HAWTHORNE.—Confessions d'un condamné, par le Nº 19759.

FRANK-TH. BULLEN.—Idylles de la mer.


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