II
Il n’est pas de Correspondances ni de Mémoires contemporains qui n’aient consacré quelques lignes ou quelques pages au Maréchal de Richelieu. Mais il n’en est guère qui l’aient jugé avec impartialité. Les uns se sont érigés en accusateurs implacables jusqu’à l’injustice, par exemple la duchesse d’Orléans, mère du Régent, Duclos, le Marquis d’Argenson, Papillon de la Ferté, les rédacteurs des Mémoires de Bachaumont et de la Correspondance de Métra. Les autres se sont montrés d’une indulgence parfois excessive, presque des apologistes, Voltaire, Sénac de Meilhan, Rulhière, le duc de Lévis, le duc Emm. de Croÿ, etc. Seuls l’annaliste Dangeau et son successeur, le duc de Luynes, se sont contentés d’enregistrer les faits sans les accompagner de grands commentaires. Une partie de ces témoignages prendra place dans notre étude sur le Maréchal de Richelieu.
Il est, en outre, d’autres sources de documentation qui en ont constitué, presque uniquement jusqu’à nos jours, la biographie et sur lesquelles on ne saurait trop retenir l’attention du lecteur. Le vrai et le faux y sont si intimement amalgamés qu’il est parfois difficile, pour ne pas dire impossible, de séparer ces deux éléments, et de savoir où finit l’histoire et où commence le roman. Mais, quelque suspectes que doivent paraître la plupart des pièces entrant dans leur composition, il importe d’indiquer l’origine et de préciser les tendances, très sommairement bien entendu, de ces ouvrages, parus au lendemain de la mort du Maréchal, avec la prétention de fixer définitivement les traits du défunt pour la postérité:
Les Mémoires du Maréchal de Richelieu, par Soulavie;
La Vie privée du Maréchal de Richelieu, par Faur.