I

_Le grand Arbre autrefois fier de sa frondaison, L'Arbre mort maintenant, vert seulement de lierre, Jette d'un geste aigu l'ombre inhospitalière D'un écueil sur la mer de glèbe et de gazon.

O matin! L'Amour darde ses traits de lumière Aux hommes endormis parmi la fenaison Et la voix des enfants enchante la clairière Mais l'Arbre humilié désole l'horizon.

Chant des oiseaux et leur rythmique ondoiement d'ailes! Hymne du moissonneur aux semences fidèles!

Tout est beauté, tout est bonté, tout est clarté; Le ciel rit doucement à la plaine infinie D'où monte comme un vaste arôme d'harmonie—Mais l'Arbre mort se dresse, et tout est dévasté._