VI

_O nouvelle beauté de l'Autrefois vital! O sur ce bord de l'infini marchant sans peine, Simple, vivre la vie ancienne, heureuse, humaine! O libre, sans souci de demain et d'hier, Se donner! Se donner comme l'eau, comme l'air! Mirer le monde en soi, rayonner dans les choses, Avoir pour âme l'âme héroïque des roses!

Ah, source d'Autrefois qui chantes, je t'entends, Source mystérieuse, eau divine des temps, Et maintenant que sur la plaine et sur mon âme L'Arbre maudit ne verse plus son ombre infâme—Remords et désirs, mots et fumée—occident—Je viens à toi, l'esprit calmé, le coeur ardent, Déjà riche de tes bienfaits. Mère, ô Nature, Pour t'offrir fièrement l'âme que tu fis pure.

O Rêve oriental de Vivre! O donne-moi Asile au jardin clair du Nouvel Autrefois, Dans la patrie où j'ai choisi ma destinée. Au bord des flots où cette âme réelle est née, Où, dans la vérité et dans la volupté, Tout est beauté—tout est bonté—tout est clarté._