ACTE III.
SCENE PREMIERE.
NICANOR, CRITON.
Nicanor.
Le Corsaire Orosmane a donc pris terre ainsi?
Criton.
Et renvoyé sa barque & ses Soldats aussi,
Nicanor.
Et mon fils?
Criton.
Et le Prince a de la mesme sorte,
Renvoyé les Soldats qui luy servoient d'escorte.
Ils se sont allé battre au pied d'un grand rocher,
Où sans se faire voir on ne peut approcher:
Mais Seigneur, consentir à ce combat funeste....
Nicanor.
J'ay fait ce que j'ay dû, les Dieux feront le reste.
La victoire en dépend, & non pas nostre coeur,
Qui doit estre invincible en cedant au vainqueur,
Mais la flotte Corsaire à nostre rade ancrée,
S'est à l'aube du jour en deux parts separée.
Criton.
Dont l'une, vent en pouppe a pris la haute mer,
Pendant qu'on a veu l'autre en bonne ordre ramer,
Vers l'Occident de l'Isle où l'abord est facile,
Et qui n'est deffendu ny de Fort ny de Ville.
Nicanor.
Ils ont quelque dessein qui nous est inconnu,
Mais que veut Licas?