PROVERBES
—C'est un boucher.
On appelait boucher un homme qui coupait mal les viandes, ou un barbier qui a la main lourde, qui rase rudement, qui coupe en rasant.
—C'est un rire de boucher, il ne passe pas le noeud de la gorge; c'est un rire qui n'est pas franc, parce que les bouchers, tenant leur couteau entre les dents, font une grimace qui ressemble à un rire, bien qu'ils n'aient pas envie de rire en effet.
—The butcher look'd for his knife, when he had it in the mouth. Le boucher cherche son couteau, alors qu'il l'a à la bouche (Anglais).
—The butcher looked for the candle it was in his hat. Le boucher cherchait sa chandelle et elle était sur son chapeau (Anglais).
—Gwelloc'h eo beza Kiger eget beza leue. Il vaut mieux être le boucher que le veau. (Breton.)
—Le boeuf une fois tombé, les bouchers viennent en
foule. (Proverbe talmudique.)
—Il fait tous les matins le métier d'un boucher, car il
habille un veau.
—Il sont comme les bouchers du Mans, ils se mettent sept
sur une bête. (Normandie.)
—On dit d'un homme qui ne peut rien en une affaire ou en
une assemblée, qu'il a du crédit comme un chien à la
boucherie.
—Il est reçu comme un chien dans une boucherie. (Iles
Feroé.)
—Avoir la conscience d'un chien de boucher. (Prov.
allemand.)
—A cani di vuccieria nun mancanu ossa. Au chien de
boucherie ne manquent pas les os. (Prov. sicilien.)
On trouve, dès le moyen âge, une série de sujets dans lesquels le rôle de l'homme à l'égard des animaux est interverti, de manière que la victime commande à son tour à son persécuteur. Ce changement de position était appelé, dans le vieux français, le Monde bestourné; il forme, dit Wright, le sujet de vers assez anciens, et la peinture l'a exploité à une date reculée. L'imagerie populaire s'en est aussi emparée. Un des compartiments du Monde à rebours, estampe du XVIIe siècle, représente un boeuf dépeçant un boucher (p. 31). Dans un livre populaire anglais, qui était déjà imprimé en 1790, on voit un boeuf qui tue un boucher.
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