JADIS

PROLOGUE

En route, mauvaise troupe!

Partez, mes enfants perdus!

Ces loisirs vous étaient dus!

La Chimère tend sa croupe.

Partez, grimpés sur son dos,

Comme essaime un vol de rêves

D'un malade dans les brèves

Fleurs vagues de ses rideaux.

Ma main tiède qui s'agite

Faible encore, mais enfin

Sans fièvre, et qui ne palpite

Plus que d'un effort divin,

Ma main vous bénit, petites

Mouches de mes soleils noirs

Et de mes nuits blanches. Vites,

Partez, petits désespoirs,

Petits espoirs, douleurs, joies,

Que dès hier renia

Mon coeur quêtant d'autres proies...

Allez, aeigri somnia.

SONNETS ET AUTRES VERS

A la louange de Laure et de Pétrarque.

Chose italienne où Shakspeare a passé

Mais que Ronsard fit superbement française,

Fine basilique au large diocèse,

Saint-Pierre-des-Vers, immense et condensé,

Elle, ta marraine, et Lui qui t'a pensé,

Dogme entier toujours debout sous l'exégèse

Même edmondschéresque ou francisquesarceyse,

Sonnet, force acquise et trésor amassé,

Ceux-là sont très bons et toujours vénérables,

Ayant procuré leur luxe aux misérables

Et l'or fou qui sied aux pauvres glorieux,

Aux poètes fiers comme les gueux d'Espagne,

Aux vierges qu'exalte un rythme exact, aux yeux

Épris d'ordre, aux coeurs qu'un voeu chaste accompagne.

PIERROT

A Léon Valade.

Ce n'est plus le rêveur lunaire du vieil air

Qui riait aux aïeux dans les dessus de portes;

Sa gaîté, comme sa chandelle, hélas! est morte,

Et son spectre aujourd'hui nous hante, mince et clair.

Et voici que parmi l'effroi d'un long éclair

Sa pâle blouse à l'air, au vent froid qui l'emporte,

D'un linceul, et sa bouche est béante, de sorte

Qu'il semble hurler sous les morsures du ver.

Avec le bruit d'un vol d'oiseaux de nuit qui passe,

Ses manches blanches font vaguement par l'espace

Des signes fous auxquels personne ne répond.

Ses yeux sont deux grands trous où rampe du phosphore,

Et la farine rend plus effroyable encore

Sa face exsangue au nez pointu de moribond.

KALÉIDOSCOPE

A Germain Nouveau.

Dans une rue, au coeur d'une ville de rêve,

Ce sera comme quand on a déjà vécu:

Un instant à la fois très vague et très aigu...

O ce soleil parmi la brume qui se lève!

O ce cri sur la mer, celle voix dans les bois!

Ce sera comme quand on ignore des causes:

Un lent réveil après bien des métempsycoses:

Les choses seront plus les mêmes qu'autrefois

Dans cette rue, au coeur de la ville magique

Où des orgues moudront des gigues dans les soirs,

Où les cafés auront des chats sur les dressoirs,

Et que traverseront des bandes de musique.

Ce sera si fatal qu'on en croira mourir:

Des larmes ruisselant douces le long des joues,

Des rires sanglotés dans le fracas des roues,

Des invocations à la mort de venir,

Des mots anciens comme des bouquets de fleurs fanées!

Les bruits aigres des bals publics arriveront,

Et des veuves avec du cuivre après leur front,

Paysannes, fendront la foule des traînées

Qui flânent là, causant avec d'affreux moutards

Et des vieux sans sourcils que la dartre enfarine,

Cependant qu'à deux pas, dans des senteurs d'urine,

Quelque fête publique enverra des pétards.

Ce sera comme quand on rêve et qu'on s'éveille!

Et que l'on se rendort et que l'on rêve encor

De la même féerie et du même décor,

L'été, dans l'herbe, au bruit moiré d'un vol d'abeille.

INTÉRIEUR

A grands plis sombres une ample tapisserie

De haute lice, avec emphase descendrait

Le long des quatre murs immenses d'un retrait

Mystérieux où l'ombre au luxe se marie.

Les meubles vieux, d'étoffe éclatante flétrie,

Le lit entr'aperçu vague comme un regret,

Tout aurait l'attitude et l'âge du secret,

Et l'esprit se perdrait en quelque allégorie.

Ni livres, ni tableaux, ni fleurs, ni clavecins;

Seule, à travers les fonds obscurs, sur des coussins,

Une apparition bleue et blanche de femme

Tristement sourirait—inquiétant témoin—

Au lent écho d'un chant lointain d'épithalame.

Dans une obsession de musc et de benjoin.

DIZAIN MIL HUIT CENT TRENTE

Je suis né romantique et j'eusse été fatal

En un frac très étroit aux boutons de métal,

Avec ma barbe en pointe et mes cheveux en brosse.

Hablant español, très loyal et très féroce,

L'oeil idoine à l'oeillade et chargé de défis.

Beautés mises à mal et bourgeois déconfits

Eussent bondé ma vie et soûlé mon coeur d'homme.

Pâle et jaune, d'ailleurs, et taciturne comme

Un enfant scrofuleux dans un Escurial...

Et puis j'eusse été si féroce et si loyal!

A HORATIO

Ami, le temps n'est plus des guitares, des plumes,

Des créanciers, des duels hilares à propos

De rien, des cabarets, des pipes aux chapeaux

Et de cette gaîté banale où nous nous plûmes.

Voici venir, ami très tendre, qui t'allumes

Au moindre dé pipé, mon doux briseur de pots,

Horatio, terreur et gloire des tripots,

Cher diseur de jurons à remplir cent volumes,

Voici venir parmi les brumes d'Elseneur

Quelque chose de moins plaisant, sur mon honneur,

Qu'Ophélia, l'enfant aimable qui s'étonne.

C'est le spectre, le spectre impérieux! Sa main

Montre un but et son oeil éclaire et son pied tonne,

Hélas! et nul moyen de remettre à demain!

SONNET BOITEUX

A Ernest Delahaye.

Ah! vraiment c'est triste, ah! vraiment ça finit trop mal.

Il n'est point permis d'être à ce point infortuné.

Ah! vraiment c'est trop la mort du naïf animal

Qui voit tout son sang couler sous son regard fané.

Londres fume et crie. O quelle ville de la Bible!

Le gaz flambe et nage et les enseignes sont vermeilles.

Et les maisons dans leur ratatinement terrible

Épouvantent comme un sénat de petites vieilles.

Tout l'affreux passé saute, piaule, miaule et glapit

Dans le brouillard rose et jaune et sale des sohos

Avec des indeeds et des all rights et des hâos.

Non vraiment c'est trop un martyre sans espérance,

Non vraiment cela finit trop mal, vraiment c'est triste:

O le feu du ciel sur cette ville de la Bible!

LE CLOWN

A Laurent Tailhade.

Bobèche, adieu! bonsoir, Paillasse! arrière, Gille!

Place, bouffons vieillis, au parfait plaisantin,

Place! très grave, très discret et très hautain,

Voici venir le maître à tous, le clown agile.

Plus souple qu'Arlequin et plus brave qu'Achille,

C'est bien lui, dans sa blanche armure de satin;

Vides et clairs ainsi que des miroirs sans tain,

Ses yeux ne vivent pas dans son masque d'argile.

Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,

Cependant que la tête et le buste, élégants,

Se balancent par l'arc paradoxal des jambes.

Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,

La canaille puante et sainte des Iambes,

Acclame l'histrion sinistre qui la hait.

Écrit sur l'Album de Mme N. de V.

Des yeux tout autour de la tête

Ainsi qu'il est dit dans Murger.

Point très bonne, un esprit d'enfer

Avec des rires d'alouette.

Sculpteur, musicien, poète

Sont ses hôtes. Dieux, quel hiver

Nous passâmes! Ce fut amer

Et doux. Un sabbat! Une fête!

Ses cheveux, noir tas sauvage où

Scintille un barbare bijou,

La font reine et la font fantoche.

Ayant vu cet ange pervers,

«Oùsqu'est mon sonnet?» dit Arvers

Et Chilpéric dit: «Sapristoche!»

LE SQUELETTE

A Albert Mérat.

Deux reîtres saouls, courant les champs, virent parmi

La fange d'un fossé profond une carcasse

Humaine dont la faim torve d'un loup fugace

Venait de disloquer l'ossature à demi.

La tête, intacte, avait ce rictus ennemi

Qui nous attriste, nous énerve et nous agace.

Or, peu mystiques, nos capitaines Fracasse

Songèrent (John Falstaff lui-même en eût frémi)

Qu'ils avaient bu, que tout vin bu filtre et s'égoutte,

Et qu'en outre ce mort avec son chef béant

Ne serait pas fâché déboire aussi, sans doute.

Mais comme il ne faut pas insulter au Néant,

Le squelette s'étant dressé sur son séant

Fit signe qu'ils pouvaient continuer leur route.

A Albert Mérat.

Et nous voilà très doux à la bêtise humaine,

Lui pardonnant vraiment et même un peu touchés

De sa candeur extrême et des torts très légers

Dans le fond qu'elle assume et du train qu'elle mène.

Pauvres gens que les gens! Mourir pour Célimène,

Épouser Angélique ou venir de nuit chez

Agnès et la briser, et tous les sots péchés,

Tel est l'Amour encor plus faible que la Haine!

L'Ambition, l'Orgueil, des tours dont vous tombez,

Le Vin, qui vous imbibe et vous tord imbibés,

L'Argent, le Jeu, le Crime, un tas de pauvres crimes!

C'est pourquoi, mon très cher Mérat, Mérat et moi,

Nous étant dépouillés de tout banal émoi,

Vivons clans un dandysme épris des seules Rimes!

ART POÉTIQUE

A Charles Morice.

De la musique avant toute chose,

Et pour cela préfère l'Impair

Plus vague et plus soluble dans l'air,

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose.

Il faut aussi que tu n'ailles point

Choisir tes mots sans quelque méprise:

Rien de plus cher que la chanson grise

Où l'Indécis au Précis se joint.

C'est des beaux yeux derrière les voiles,

C'est le grand jour tremblant de midi,

C'est, par un ciel d'automne attiédi,

Le bleu fouillis des claires étoiles!

Car nous voulons la Nuance encor,

Pas la Couleur, rien que la nuance!

Oh! la nuance seule fiance

Le rêve au rêve et la flûte au cor!

Fuis du plus loin la Pointe assassine,

L'Esprit cruel et le rire impur,

Qui font pleurer les yeux de l'Azur,

Et tout cet ail de basse cuisine!

Prends l'éloquence et tords-lui son cou!

Tu feras bien, en train d'énergie,

De rendre un peu la Rime assagie.

Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où?

O qui dira les torts de la Rime!

Quel enfant sourd ou quel nègre fou

Nous a forgé ce bijou d'un sou

Qui sonne creux et faux sous la lime?

De la musique encore et toujours!

Que ton vers soit la chose envolée

Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée

Vers d'autres cieux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure

Éparse au vent crispé du matin

Qui va fleurant la menthe et le thym...

Et tout le reste est littérature.

LE PITRE

Le tréteau qu'un orchestre emphatique secoue

Grince sous les grands pieds du maigre baladin

Qui harangue non sans finesse et sans dédain

Les badauds piétinant devant lui dans la boue.

Le plâtre de son front et le fard de sa joue

Font merveille. Il pérore et se tait tout soudain,

Reçoit des coups de pieds au derrière, badin

Baise au cou sa commère énorme, et fait la roue.

Ses boniments de coeur et d'âme, approuvons-les.

Son court pourpoint de toile à fleurs et ses mollets

Tournants jusqu'à l'abus valent que l'on s'arrête.

Mais ce qui sied à tous d'admirer, c'est surtout

Cette perruque d'où se dresse sur la tête,

Preste, une queue avec un papillon au bout.

ALLÉGORIE

A Jules Valadon.

Despotique, pesant, incolore, l'Été,

Comme un roi fainéant présidant un supplice,

S'étire par l'ardeur blanche du ciel complice

Et bâille. L'homme dort loin du travail quitté.

L'alouette, au matin, lasse n'a pas chanté.

Pas un nuage, pas un souffle, rien qui plisse.

Ou ride cet azur implacablement lisse

Où le silence bout dans l'immobilité.

L'âpre engourdissement a gagné les cigales

Et sur leur lit étroit de pierres inégales

Les ruisseaux à moitié taris ne sautent plus.

Une rotation incessante de moires

Lumineuses étend ses flux et ses reflux...

Des guêpes, ça et là volent, jaunes et noires.

L'AUBERGE

A Jean Moréas.

Murs blancs, toit rouge, c'est l'Auberge fraîche au bord

Du grand chemin poudreux où le pied brûle et saigne,

L'Auberge gaie avec le Bonheur pour enseigne.

Vin bleu, pain tendre, et pas besoin de passeport.

Ici l'on fume, ici l'on chante, ici l'on dort.

L'hôte est un vieux soldat, et l'hôtesse, qui peigne

Et lave dix marmots roses et pleins de teigne,

Parle d'amour, de joie et d'aise, et n'a pas tort!

La salle au noir plafond de poutres, aux images

Violentes, Maleck Adel et les Rois Mages,

Vous accueille d'un bon parfum de soupe aux choux.

Entendez-vous? C'est la marmite qu'accompagne

L'horloge du tic-tac alléger de son pouls.

Et la fenêtre s'ouvre au loin sur la campagne.

CIRCONSPECTION

A Gaston Sénéchal.

Donne ta main, retiens ton souffle, asseyons-nous

Sous cet arbre géant où vient mourir la brise

En soupirs inégaux sous la ramure grise

Que caresse le clair de lune blême et doux.

Immobiles, baissons nos yeux vers nos genoux.

Ne pensons pas, rêvons. Laissons faire à leur guise

Le bonheur qui s'enfuit et l'amour qui s'épuise,

Et nos cheveux frôlés par l'aile des hiboux.

Oublions d'espérer. Discrète et contenue,

Que l'âme de chacun de nous deux continue

Ce calme et cette mort sereine du soleil.

Restons silencieux parmi la paix nocturne:

Il n'est pas bon d'aller troubler dans son sommeil

La nature, ce dieu féroce et taciturne.

VERS POUR ÊTRE CALOMNIÉ

A Charles Vignier.

Ce jour je m'étais penché sur ton sommeil.

Tout ton corps dormait chaste sur l'humble lit,

Et j'ai vu, comme un qui s'applique et qui lit,

Ah! j'ai vu que tout est vain sous le soleil!

Qu'on vive, ô quelle délicate merveille,

Tant notre appareil est une fleur qui plie!

O pensée aboutissant à la folie!

Va, pauvre, dors, moi, l'effroi pour toi m'éveille.

Ah! misère de t'aimer, mon frêle amour

Qui vas respirant comme on respire un jour!

O regard fermé que la mort fera tel!

O bouche qui ris en songe sur ma bouche,

En attendant l'autre rire plus farouche!

Vite, éveille-toi! Dis, l'âme est immortelle?

LUXURES

A Léor Trézenik.

Chair! ô seul fruit mordu des vergers d'ici-bas,

Fruit amer et sucré qui jutes aux dents seules

Des affamés du seul amour, bouches ou gueules,

Et bon dessert des forts, et leurs joyeux repas,

Amour! le seul émoi de ceux que n'émeut pas

L'horreur de vivre, Amour qui presses sous tes meules

Les scrupules des libertins et des bégueules

Pour le pain des damnés qu'élisent les sabbats,

Amour, tu m'apparais aussi comme un beau pâtre

Dont rêve la fileuse assise auprès de l'àtre

Les soirs d'hiver dans la chaleur d'un sarment clair,

Et la fileuse, c'est la Chair et l'heure tinte

Où le rêve éteindra la rêveuse,—heure sainte

Ou non! qu'importe à votre extase, Amour et Chair?

VENDANGES

A Gorges Rall.

Les choses qui chantent dans la tête

Alors que la mémoire est absente,

Écoutez! c'est notre sang qui chante...

O musique lointaine et discrète!

Écoutez! c'est notre sang qui pleure

Alors que notre âme s'est enfuie

D'une voix jusqu'alors inouïe

Et qui va se taire tout à l'heure.

Frère du sang de la vigne rose,

Frère du vin de la veine noire,

O vin, ô sang, c'est l'apothéose!

Chantez, pleurez! Chassez la mémoire

Et chassez l'âme, et jusqu'aux ténèbres

Magnétisez nos pauvres vertèbres.

IMAGES D'UN SOU

A Léon Dierx.

De toutes les douleurs douces

Je compose mes magies!

Paul, les paupières rougies,

Erre seul aux Pamplemousses.

La Folle-par-amour chante

Une ariette touchante.

C'est la mère qui s'alarme

De sa fille fiancée.

C'est l'épouse délaissée

Qui prend un sévère charme

A s'exagérer l'attente

Et demeure palpitante.

C'est l'amitié qu'on néglige

Et qui se croit méconnue.

C'est toute angoisse ingénue,

Cest tout bonheur qui s'afflige:

L'enfant qui s'éveille et pleure,

Le prisonnier qui voit l'heure,

Les sanglots des tourterelles,

La plainte des jeunes filles.

C'est l'appel des Inésilles,

—Que gardent dans des tourelles

De bons vieux oncles avares—

A tous sonneurs de guitares.

Voici Damon qui soupire

La tendresse à Geneviève

De Brabant qui fait ce rêve

D'exercer un chaste empire

Dont elle-même se pâme

Sur la veuve de Pyrame

Tout exprès ressuscitée,

Et la forêt des Ardennes

Sent circuler dans ses veines

La flamme persécutée

De ces princesses errantes

Sous les branches murmurantes,

Et madame Malbrouck monte

A sa tour pour mieux entendre

La viole et la voix tendre

De ce cher trompeur de Comte

Ory qui vient d'Espagne

Sans qu'un doublon l'accompagne.

Mais il s'est couvert de gloire

Aux gorges des Pyrénées

Et combien d'infortunées

Au teint de lis et d'ivoire

Ne fit-il pas à tous risques

Là-bas, parmi les Morisques!...

Toute histoire qui se mouille

De délicieuses larmes,

Fût-ce à travers, des chocs d'armes,

Aussitôt chez moi s'embrouille,

Se mêle à d'autres encore,

Finalement s'évapore

En capricieuses nues,

Laissant à travers des filtres

Subtiles talismans et philtres

Au fin fond de mes cornues

Au feu de l'amour rougies.

Accourez à mes magies!

C'est très beau. Venez d'aucunes

Et d'aucuns. Entrez, bagasse!

Cadet-Roussel est paillasse

Et vous dira vos fortunes.

C'est Crédit qui tient la caisse.

Allons vite qu'on se presse!