XIV

O! j'ai froid d'un froid de glace,

O! je brûle à toute place!

Mes os vont se cariant,

Des blessures vont criant;

Mes ennemis pleins de joie

Ont fait de moi quelle proie!

Mon cœur, ma tête et mes reins

Souffrent de maux souverains.

Tout me fuit, adieu ma gloire!

Est-ce donc le Purgatoire?

Ou si c'est l'enfer ce lieu

Ne me parlant plus de Dieu?

—L'indignité de ton sort

Est le plaisir d'un plus Fort.

Dieu plus juste, et plus Habile

Que ce toi-même débile.

Tu souffres de tel mal profond

Que des volontés te font,

Plus bénignes que la tienne

Si mal et si peu chrétienne,

Tes humiliations

Sont des bénédictions

Et ces mornes sécheresses

Où tu te désintéresses

De purs avertissements

Descendus de cieux aimants

Tes ennemis sont les anges

Moins cruels et moins étranges

Que bons inconsciemment,

D'un Seigneur rude et clément.

Aime tes croix et tes plaies,

Il est saint que tu les aies.

Face aux terribles courroux,

Bénis et tombe à genoux.

Fer qui coupe et voix qui tance,

C'est la bonne Pénitence.

Sous la glace et dans le feu

Tu retrouveras ton Dieu.