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Elle appartient au domaine public.

L’OCCASION PERDUE
RECOUVERTE

TIRÉ A 320 EXEMPLAIRES, TOUS NUMÉROTÉS, ET SUR
PAPIER VERGÉ:
250 FORMAT PETIT IN-12, ET 70 FORMAT IN-8o.


No 28



PARIS.—IMP. SIMON RAÇON ET COMP., RUE D’ERFURTH, 1.

L’OCCASION PERDUE
RECOUVERTE

PAR PIERRE CORNEILLE

NOUVELLE ÉDITION

ACCOMPAGNÉE DE NOTES ET DE COMMENTAIRES
AVEC LES SOURCES ET LES IMITATIONS QUI ONT ÉTÉ FAITES
DE CE POEME CÉLÈBRE
NON RECUEILLI DANS LES ŒUVRES DE L’AUTEUR.


PARIS

CHEZ JULES GAY, ÉDITEUR
QUAI DES AUGUSTINS, 41


1862

L’OCCASION PERDUE
RECOUVERTE


STANCES[1]


I

Un jour, le malheureux Lisandre,

Poussé d’un amour indiscret,

Attaquoit Cloris en secret,

Qui ne pouvoit plus se défendre.

Tout favorisoit son amour:

L’astre qui nous donne le jour

Alloit porter ses feux dans l’onde,

Et cet ennemy de Cypris

Ne laissoit de lumière au monde

Que dans les beaux yeux de Cloris.

II

Avec un amoureux silence,

Dans un secret appartement,

Elle supporte doucement

Son amour et sa violence;

Ses bras qu’elle veut avancer

Ne servent à le repousser,

Que pour l’attirer davantage;

Elle le souffre à ses genoux,

Et n’a pas presque le courage

De luy dire: «Que faites-vous?»

III

Avec un œil doux et sévère

Elle envisage son amant,

Et luy montre confusément

De l’amour et de la colère.

«Lysandre, dit-elle tout bas,

Je crieray, car ne pensez pas

Que je contente vostre envie;

Cessez d’attaquer mon honneur,

Ou commencez d’avoir ma vie,

Comme vous avez eu mon cœur!»

IV

Mais Lisandre, aussi peu timide

Qu’il estoit beaucoup amoureux,

Imprime l’ardeur de ses feux

Sur les bords de sa bouche humide,

Et glisse sa brûlante main

Sur la neige de son blanc sein,

Dont il prétend fondre la glace,

Et, la tenant entre ses bras,

Il ose élever son audace

Sur un lieu plus saint et plus bas.

V

Là, sans respect et sans relâche,

Il cherche l’objet de ses vœux,

Et trouve ce lieu bien-heureux

Sous le cotillon qui le cache;

De ses doigts tremblans et hardis

Il prend le sombre paradis

Qui donne l’enfer à nos âmes,

Ce throsne vivant de l’amour,

Où, parmy les feux et les flammes,

L’on n’a jamais trouvé le jour.

VI

Attachez bouche contre bouche,

L’un et l’autre estroitement pris,

Il esbranla si bien Cloris,

Qu’il la jetta sur une couche,

Lorsqu’avecque des yeux roulans,

Demy-vifs et demy-mourans.

Elle feignit d’estre pasmée,

Et, dans un si prompt changement,

Ne parut plus estre animée

Que par des soûpirs seulement.

VII

A voir sa gorge toute nuë,

Son corps tout du long estendu,

L’on sçait bien qu’elle avoit perdu

Sa pudeur et sa retenuë;

Que sa constance estoit à bout,

Que son Lisandre pouvoit tout,

Qu’elle se fust laissé tout faire;

Mais, par un accident fascheux,

Que je dis et qui se doit taire,

Il ne se passa rien entr’eux.

VIII

Près de gouster mille délices,

Ce triste et mal-heureux amant

Vid changer son contentement

En de très-rigoureux supplices:

Il estoit couché sur Cloris,

Lorsqu’il demeura tout surpris

D’une infortune sans seconde,

Et, pour comble de son ennuy,

Ce qui donne la vie au monde

Demeura mort et froid en luy.

IX

Ce directeur de la nature,

Ce principe du mouvement,

Immobile et sans sentiment,

Perd sa vigueur et sa figure;

Lisandre a beau se tourmenter,

Il a beau le solliciter

Et luy préparer des amorces,

Ce lasche qu’il excite en vain,

Au lieu de reprendre ses forces,

Pleure mollement sur sa main.

X

Dans cette cruelle adventure,

Triste, désespéré, confus,

Le pauvre amant ne songe plus

Qu’à renoncer à sa nature.

Dans sa furie et ses transports,

Craignant que, malgré ses efforts,

On ne l’accuse d’impuissance,

Appelle d’un air languissant

Des témoins de son innocence

Sur le crime auquel il consent.

XI

Cependant Cloris, revenuë

De ce feint assoupissement,

Porte les deux mains promptement

Dessus sa cuisse toute nuë.

Là, par dessein ou par hazard,

Elle empoigna ce dieu camard,

Second Priape de la Fable;

Mais, le sentant froid et rampant,

Elle pense que c’est un diable

Sous la figure d’un serpent.

XII

Jamais une jeune bergère

Ne retira si promptement

Sa main qui trouve innocemment

Un aspic dessous la fougère.

Que fit Cloris sa belle main

De dessus ce membre trop vain

Qu’elle toucha dessous sa robe,

Lorsqu’avec un juste dépit

Elle se lève et se dérobe

Des bras de Lisandre et du lit.

XIII

Dans la colère qui l’emporte

Elle pousse ce pauvre amant.

Et sans l’écouter seulement,

Se dispose à gagner la porte,

Lorsque Lisandre, à ses genoux,

Luy dit: «Cloris, que faites-vous?

Tout du moins escoutez mes plaintes.

Et regardez dans mon malheur

Toutes les plus vives atteintes

De l’amour et de la douleur.

XIV

«Ma chère Cloris, je vous aime

Plus que les délices des cieux,

Plus que les hommes et les dieux,

Et mille fois plus que moy-mesme;

Je brusle d’une vive ardeur,

Et cette nouvelle froideur

Ne vous doit pas sembler estrange:

Je sçay bien comme il faut aimer;

Mais, pour m’oster des bras d’un ange,

Un diable est venu me charmer.

XV

«Quelque ennemy de la Nature

Trouble mes sens et ma raison,

Et de son funeste poison

Souille une flamme toute pure;

Peut-estre sont-ce aussi les dieux

Qui, se voyans moins glorieux,

M’ont voulu rendre misérable:

Mais, que dis-je? ils sont innocens;

Cloris, elle seule, est coupable.

Elle seule a charmé mes sens.

XVI

«C’est sa beauté qui, dans mon âme,

A joint le respect à l’amour;

C’est son œil plus beau que le jour

Qui fait croistre et mourir ma flamme;

Heureux dans ma captivité,

Je n’osois avec liberté

Jouir d’une grâce imprévuë.

Et de tous mes sens transportez

Je n’ay réservé que la veuë

Pour admirer tant de beautez.

XVII

«Quoy qu’il en soit, mon adorable,

Avant que vous quittiez ces lieux

Souffrez que je perce à vos yeux

Un cœur fidèle et misérable,

Afin que j’expie en mourant

Un crime si noir et si grand,

Qu’il choque la Nature mesme,

Et que, pour venger vos appas,

Ma mort vous tesmoigne que j’aime,

Puisque ma vie ne le fait pas.»

XVIII

Il alloit parler davantage

Pour exprimer son désespoir,

Et peut-estre qu’il eût fait voir

Des sanglans effets de sa rage,

Lorsque, l’arrestant par le bras,

Cloris luy dit: «Ne parlez pas!

J’entends quelqu’un qui se promène,

Et je vois avecque grand bruit

Resplendir la chambre prochaine

De la lumière de la nuit!»

XIX

Soudain une voix entenduë

Redoubla son estonnement,

Et luy fit dire promptement:

«Cher Lisandre, je suis perduë!

Ha! cessez de me retenir;

C’est mon mary qui va venir!

Je l’entends, il est à la porte;

Il faut toujours craindre un jaloux.

Et, vous, dont la vigueur est morte,

Comment luy résisterez-vous?»

XX

Lors cette belle, transportée

D’amour, de crainte et de soucy,

Mena nostre amoureux transi

Près d’une fenestre escartée,

Et, sans beaucoup de compliment,

Il se glissa légèrement

Et descendit dedans la ruë,

Où, pressé d’un mortel ennuy,

Il fit longtemps le pied de gruë,

Et puis se retira chez luy.

XXI

Frappé de la funeste envie

Qui fait la honte et le remords.

Il souffrit mille fois la mort

Du dernier malheur de sa vie.

Quoy qu’alors les jours fussent grands,

Cette nuit luy dura mille ans;

Il ne pust fermer la paupière;

Sur le poinct du jour seulement,

Honteux de revoir la lumière,

Il les ferma pour un moment.

XXII

Le Soleil, qui chasse les ombres

Et l’espouvantement des nuits,

Loin de dissiper ses ennuis,

Les rendit plus noirs et plus sombres;

Quand il vit ce père du jour,

Il crut, par un excez d’amour,

Voir de Cloris la vive image;

Mais il connut dans un moment,

Comme Ixion dans un nuage,

Que son amour n’estoit que vent.

XXIII

Après mille secrettes gesnes,

Cet amant, par un digne effort,

Résolut de chercher la mort

Ou bien le remède à ses peines.

«Ha! je ne crains plus mon malheur!

Je mourray, dit-il, de douleur,

Ou je répareray ma gloire;

Et, quoy qu’il en soit, dans ce jour,

Je remporteray la victoire

De la mort ou bien de l’amour.»

XXIV

Le bouillant désir qui le presse

Fait que d’abord après disner

Il sort et se va promener

Près le logis de sa maistresse;

A peine y fut-il un moment,

Qu’il en vit sortir Dorimant,

Le vieil mary de cette belle.

Et, se glissant dans la maison,

Il alla chercher auprès d’elle

Ou sa mort ou sa guérison.

XXV

Par une secrette avenuë,

Il fut dans son appartement,

Et la trouva nonchalamment

Dormant sur son lit estenduë:

Mais, dieux! que devint-il alors?

En approchant de ce beau corps,

Il eut des mouvemens estranges.

Lorsqu’une cuisse à descouvert

Luy fit voir le bon-heur des Anges

Et le ciel de l’Amour ouvert.

XXVI

Dans cette agréable surprise

Où Cloris n’avoit pas songé,

Elle avoit assez mal rangé

Son cotillon et sa chemise;

Lisandre aussi, trop curieux,

Vid lors les délices des dieux,

La peine et le plaisir des hommes,

Nostre tombe et nostre berceau.

Ce qui nous fait ce que nous sommes

Et ce qui nous brusle dans l’eau.

XXVII

Petit thrésor de la Nature,

Estroite et charmante prison,

Doux tyran de nostre raison,

Fixe et mouvante sépulture,

Autel que l’on sert à genoux.

Dont l’offrande est le sang de tous.

Sangsuë avide et libérale,

Roy de la honte et de l’honneur,

Permettez que ma plume estale

Ce que Lisandre eut de bon-heur.

XXVIII

Beau composé, belle partie,

Je sçay bien que, lorsqu’il vous vit,

Il n’observa dessus ce lit

Ny l’honneur ny la modestie;

Mais d’amour et de charité

Il couvrit vostre nudité,

Pour faire évaporer sa flamme.

Et savoura tous les plaisirs

Que le corps fait sentir à l’âme

Dans le transport de nos désirs.

XXIX

Ce beau dédale qu’il contemple

Avec des yeux estincelans

Fait naistre et couler dans ses sens

Une ardeur qui n’a point d’exemple.

Le feu dont il se sent brusler

Le consomme, et, pour se montrer,

Gagne son cœur et son visage,

Et ce lasche de l’autre jour,

Se roidissant d’un fier courage,

Escume le feu de l’amour.

XXX

Plein d’ardeur, d’audace et de joye

De remporter un si beau prix,

Le galand sauta sur Cloris,

Comme un faucon dessus sa proye,

Quand cette belle, ouvrant les yeux,

Vid Lisandre, victorieux,

Forçant ses défences secrettes,

Et, la tenant par les deux bras,

Entrer, bouffi de ses conquestes,

En un lieu qu’on ne nomme pas.

XXXI

Tandis que Cloris se tourmente

Par de doux et puissans efforts,

Et qu’elle agite tout son corps,

Pour sauver sa vertu mourante;

Son heureux Lisandre aux abois

Roule les yeux et perd la voix;

L’amour fait escouler son âme.

Elle est toute preste à partir;

Il s’estend, il dort, il se pasme,

Et ne sent rien, pour trop sentir.

XXXII

D’abord que son âme ravie

De l’excez d’un plaisir si grand

Eut par un soupir tout brûlant

Donné des signes de sa vie,

Cloris avec sa belle main

Osta la bouche de son sein

Où son amant l’avoit collée,

Et se deschargeant peu à peu,

Honteuse de se voir moüillée,

Essuya l’eau qui vient du feu.

XXXIII

Après une colère feinte,

De tout ce qui s’estoit passé,

Un reste d’honneur offensé

Fit ouvrir la bouche à la plainte:

«Ha! dit-elle, c’est fait de moy;

J’ay faussé l’honneur et la foy;

Vous me perdez, cruel Lisandre!

Faut-il que, malgré mon devoir,

J’aye en un moment laissé prendre

Ce qu’on ne peut jamais r’avoir!

XXXIV

«Mais, si pour une faute extrême

On peut trouver quelque couleur,

Je puis dire dans mon malheur

Que j’ay failly parce que j’aime.

Amour, ce maistre impérieux

Force les hommes et les dieux,

Et brusle les poissons dans l’onde;

Nul ne peut éviter ses coups,

Et, puisque tout aime en ce monde,

Je peux brusler d’amour pour vous.

XXXV

«C’est avec raison que mon âme

Reçoit l’amour d’un favory;

Ces noms de vieux et de mary

Font l’horreur d’une jeune femme;

Les maris, ces lasches tyrans,

Ne se sont faits nos conquérans

Que contre le droit de Nature,

Et c’est en pratiquer la loy

D’aller chercher la nourriture

Que l’on ne trouve pas chez soy.

XXXVI

«Mais ces hommes sont infidèles;

Leur plus beau feu s’esteint en peu,

Et de tout l’amour qu’ils ont eu

Ils n’en réservent que les ailes;

Esclaves de la liberté,

Ils font voir leur légèreté

Dans leur geste ou dans leur langage,

Et, pour un plaisir indiscret,

Ces oiseaux, sortans de la cage,

Vont conter tout ce qu’ils ont fait.

XXXVII

«Trop juste et trop aimé Lisandre,

S’il en estoit ainsi de vous,

Je percerois de mille coups

Ce cœur qui s’est laissé surprendre;

J’ay tout perdu pour vous gagner:

Voudriez-vous, pour me ruiner,

Éventer mes secrettes flammes,

Et tireriez-vous vanité

De la foiblesse d’une femme

Et de vostre légèreté?»

XXXVIII

«Ha! que plustost la mort m’advienne!»

Cria Lisandre à ce discours,

Dont, pour interrompre le cours,

Il mit sa bouche sur la sienne;

L’eslevant de terre il la prit

Et la coucha dessus le lit,

Où je ne sçay pas ce qu’ils firent;

Je crois bien qu’ils firent cela,

Puisque les Amours qui les virent

M’ont dit que le lit en bransla.

XXXIX

Ce fut alors qu’ils se pasmèrent

De l’excez des contentemens;

Que cinq ou six fois ces amans

Moururent et ressuscitèrent;

Que bouche à bouche et corps à corps,

Tantost vivans et tantost morts,

Leurs belles âmes se baisèrent,

Et que, par d’agréables coups,

Entr’eux ils se communiquèrent

Tout ce que l’amour a de doux.

XL

Muse, n’eschauffez plus ma veine;

De grâce, arrestez-vous un peu,

Ou m’inspirez un autre feu

Que celuy de vostre fontaine.

Je ne sçay quoy dedans mon cœur

Se glisse avec tant de douceur,

Que je suis forcé de me rendre:

Ha! Cloris, quand je m’en souviens,

Je m’imagine estre Lisandre,

Et me semble que je vous tiens.

VARIANTES
D’APRÈS LES
POÉSIES NOUVELLES ET AUTRES ŒUVRES GALANTES DU SIEUR DE C...

(PARIS, THÉODORE GIRARD, 1662, IN-12).


Strophe III.

Je va crier! Ne pensez pas...

Strophe V.

Dessous la jupe qui le cache...

Il prend ce sombre paradis...

L’on n’a jamais trouvé de jour.

Strophe VII.

Et qu’elle l’eût laissé tout faire.

Strophe VIII.

Et que pour le combler d’ennui.

Strophe IX.

Pleure mollement dans sa main.

La strophe X manque.

Strophe XI.

Ce chaud Priape de la Fable;

Mais, le trouvant froid et rampant,

Elle crut que c’étoit un diable...

Strophe XII.

De sur ce membre lâche et vain

Qu’elle sentit dessous sa robe...

Strophe XIII.

Elle repousse son amant.

Strophe XIV.

Parmi tant d’amour et d’ardeur,

Cette apparence de froideur...

Strophe XV.

Cloris toute seule est coupable.

Strophe XVII.

Si ma vie ne le fait pas.

Strophe XVIII.

Et quelle vit avec grand bruit

Porter dans la chambre prochaine

Les sombres flambeaux de la nuit.

Strophe XIX.

Comment lui résisteriez-vous?

Strophe XX.

Il se guinda légèrement

Et se laissa choir dans la rue,

D’où, pressé d’un mortel ennui

Et de la honte qui le tue,

Enfin il s’en alla chez lui.

Strophe XXI.

Poussé de la funeste envie

Que fait la honte et le remords,

Il souffrit plus de mille morts...

Il la ferma languissamment.

Strophe XXII.

Comme Ixion sur le nuage.

Strophe XXIII.

De la mort ou bien de l’amour.

Strophe XXIV.

Le brûlant désir qui le presse

Fait qu’après un léger repas

Il sort, il adresse ses pas

Vers le logis de sa maîtresse...

Et se glissant dans sa maison...

Strophe XXV.

Qu’en approchant de ce beau corps

Il eut de mouvemens étranges!

Strophe XXVI.

Et ses jupes et sa chemise.

Les deux strophes suivantes ne se trouvent pas dans le texte que nous avons choisi comme l’original.

Aimant de la Nature humaine,

Bijou chatouilleux et cuisant,

Précipice affreux et plaisant,

Cruel repos, aimable peine.

Remède et poison de l’amour,

Bûcher ardent, humide four

Où les hommes se doivent cuire,

Jardin d’épines et de fleurs,

Sombre fanal qui fait reluire

Nos fortunes et nos malheurs;

Nid branlant qui nous sers de mue,

Asile où l’on est en danger,

Raccoursi qui fais allonger

La chose la moins étendue.

Fort qui se donne et qui se prend.

Œil couvert qui ris en pleurant,

Bel or, beau corail, belle ivoire.

Doux canal de vie et de mort

Où, pour acquérir de la gloire.

L’on fait naufrage dans le port.

Strophe XXVII.

Vivifiante sépulture.

Strophe XXVIII.

Mû d’amour et de charité.

Strophe XXIX.

Ce feu qui consume son cœur

Porte partout sa vive ardeur,

Éclate enfin sur son visage.

Strophe XXX.

Forcer les défenses secrètes...

Entrer, tout fier de ses conquêtes...

La strophe XXXII manque tout entière.

Strophe XXXIII.

Porta Cloris à cette plainte.

Strophe XXXIV.

Brûle jusqu’aux poissons dans l’onde...

Je ne veux rien aimer que vous.

Strophe XXXVI.

Mais les hommes sont infidèles,

Ils n’aiment jamais plus d’un jour,

Et souvent de tout leur amour

Ils ne retiennent que les ailes...

Strophe XXXVIII.

Mais secrètement l’on m’a dit

Que tous les Amours qui les virent

Sourioient de ce qui s’y fit.

Strophe XXXIX.

Et que plusieurs fois ces amants...

Leurs beaux corps se communiquèrent...

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