ACTE V.

SCÈNE 1.

Et n'y voyant qu'un tronc dont la tête est coupée,
A cette triste marque il reconnoît Pompée.

On donne comme variante du premier de ces vers pour les éditions de 1644-48:

Et n'y voyant qu'un tronc dont la tête coupée,

qui n'a point de sens dans ce passage et ne se trouve d'ailleurs dans aucune des éditions citées.

Ces restes d'un héros par le feu consumé.

Les premières éditions portent: consommé, qui aurait dû être recueilli comme variante.

Ajoutons que dans tout le théâtre les variantes, pourtant si curieuses, des jeux de scène, ont été recueillies avec la plus grande négligence, et que les Discours, avis Au lecteur, Examens n'ont pas même été collationnés.

[6] Voyez tome I, p. 13, [210], et p. 137, [448].

[7] Voici une liste complète des impressions auxquelles nous renvoyons pour les variantes dans les deux premiers volumes de cette édition:

Édition originale de chaque pièce à part, présentant parfois deux états différents, comme par exemple pour Mélite (voyez tome I, p. 183 [612], et p. 217 [note [726]).

1644. Œuvres.... Paris, Antoine de Sommaville, et Augustin Courbé, in-12.>

1648. Œuvres.... Rouen et Paris, Toussaint Quinet, in-12.

1652. Œuvres.... Rouen et Paris, Antoine de Sommaville, in-12.

1654. Œuvres.... Rouen et Paris, Augustin Courbé, in-12.

1657. Œuvres.... Paris, Augustin Courbé, in-12.

1660. Le Théâtre.... Rouen et Paris, Augustin Courbé, et Guillaume de Luyne, in-8o.

1663. Le Théâtre.... Rouen et Paris, Thomas Jolly, in-fol.

1664. Le Théâtre.... Rouen et Paris, Guillaume de Luyne, in-8o.

1668. Le Théâtre.... Rouen et Paris, Louis Billaine, in-12.

1682. Le Théâtre.... Paris, Guillaume de Luyne, in-12.

C'est dans la première partie de ces recueils (celui de 1644 n'en a qu'une) que sont contenues les pièces de nos deux premiers volumes.

A partir du tome III, qui commencera par le Cid, nous indiquerons à la fin des diverses notices les éditions collationnées pour chaque pièce.

[8] Pour mener à bien ce difficile travail des variantes, nous avons eu grand besoin de communications et de secours, qui du reste ne nous ont jamais fait défaut. Les bibliothèques publiques et les bibliothèques privées nous ont prodigué leurs trésors avec une égale libéralité, et nous ne savons réellement qu'admirer le plus, des richesses bibliographiques de M. Cousin, de M. le comte de Lignerolles, de M. le comte de Lurde, de MM. Potier, Rochebilière et Salacroux, ou du noble usage qu'ils en font.

[9] Revue contemporaine, année 1854, p. 161 et 359.

[10] Je suis heureux de remercier ici mes collaborateurs dans ce pénible travail. Je dois citer d'abord M. Adolphe Regnier fils, dont l'heureuse mémoire m'a suggéré plus d'un utile rapprochement; ensuite MM. Schmit et Alphonse Pauly, mes collègues de la Bibliothèque impériale; enfin plusieurs employés fort méritants de la librairie de M. Hachette et de l'imprimerie de M. Lahure.

[11] 4e feuillet recto et 7e feuillet verso.

[12] Ces deux publications ont été signalées par nous pour la première fois, en 1861: de la Langue de Corneille, p. 46.

[13] En racontant la vie de Corneille, nous ne nous arrêterons pas à l'histoire de ses ouvrages, des succès qu'ils ont obtenus, des querelles littéraires qu'ils ont excitées. Cette histoire se trouve dans les notices que nous avons placées en tête de chacun d'eux; nous nous contentons de les mentionner ici rapidement à leur date, en prenant soin toutefois de signaler et de corriger les erreurs qui nous sont échappées (voyez aussi à ce sujet les Additions et Corrections, tome XII, p. 567-570). Divers détails qui eussent été de trop dans la Notice biographique auront leur place dans les annexes que nous donnons à la suite, à savoir dans les Pièces justificatives, et dans le Tableau généalogique. Nous avons aussi rédigé une Table chronologique, où l'on pourra suivre année par année le développement et le déclin du génie de Corneille.

[14] Jusqu'ici les biographes ont généralement ajouté au nom de Lepesant celui de Boisguilbert; mais il résulte d'une découverte récente de M. Gosselin que le titre de Boisguilbert n'appartenait pas à Marthe, mère de Corneille, mais seulement au frère de celle-ci, et qu'il fut acquis par lui longtemps après la naissance du poëte.

[15] Voyez un dessin de cette maison dans l'Album qui accompagne notre édition de Corneille. En 1821, M. de Jouy l'a visitée et l'a décrite dans son Hermite en province (tome XIII des Œuvres, p. 155 et suivantes). A cette époque elle était recouverte d'un crépi qui en avait changé l'aspect; on y avait placé un buste de Corneille et une inscription où la date de sa naissance avait été confondue avec celle de son baptême, et qui plus tard fut ainsi rectifiée:

Ici
est né, le 6 juin 1606,
Pierre Corneille.

Cette maison ayant été démolie, ainsi que l'habitation contiguë où était né Thomas Corneille, elles furent remplacées par des magasins; il ne reste plus, pour rappeler le souvenir de l'une et de l'autre, que la porte d'entrée de la première, transportée au musée d'archéologie de Rouen, et la nouvelle inscription que voici, qui fut rédigée en 1857 par l'Académie de Rouen:

Ici
étaient les maisons
où sont nés les deux Corneille:
Pierre, le 6 juin 1606;
Thomas, le 24 août 1625.

Cette inscription n'est point placée, par suite du refus du propriétaire, sur la maison où elle aurait dû être; elle se trouve à une certaine distance des deux endroits, très-voisins l'un de l'autre, où sont nés les frères Corneille. (Voyez le Bulletin des travaux de la Société libre d'émulation, du commerce et de l'industrie de la Seine-Inférieure, 1857-58, p. 140, et le Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1857-58, p. 204.)

[16] Voyez ci-après, Pièces justificatives, no[ I.] Page XXI.

[17] Pierre Corneille (le père), par E. Gosselin, Rouen, 1864, in-8o.

[18] Voyez, dans notre Album, le dessin de la propriété de Petit-Couronne.

[19] Catalogue des principaux livres de la bibliothèque de feu M. Villenave.... dont la vente aura lieu.... le lundi 15 février 1848.... Paris, Chinot, in-8o, no 969.

[20] Voyez Pierre Corneille et son temps.... par M. Guizot, Paris, 1858, in-12, p. 143, note 2.

[21] Voyez notre tome IV, p. 3.

[22] Ce passage latin est emprunté à la VIIe satire de Juvénal, vers 207, 209 et 210.—Le volume de la bibliothèque de la Sorbonne a déjà été décrit dans un article de l'Athenæum français du 22 décembre 1855 (p. 1114), signé A. de Bougy, et dans l'édition de la traduction de l'Imitation par Corneille, publiée en 1857 par M. Alexandre de Saint-Albin, chez l'éditeur Lecoffre.

[23] Tome X, p. 220-222.

[24] Voici le texte latin: Magnam ille sibi meritis suis quæsiverat nominis claritatem, planeque regnabat in theatris, quum decoris sui oblitus demittere cœpit animum ad levissimas scriptiones, ingenii sui præstantia minime dignas. Si quod enim felicibus auspiciis exierat carmen ex scholasticorum exhedris, his se dabat interpretem quos vix operum suorum interpretes ferre debuisset. (P. D. Huetii, Commentarius de rebus ad eum pertinentibus, liber V, p. 313. Amstelodami, 1718.)

[25] Voyez Pièces justificatives, no[ II.] Page XXI

[26] Nouvelles de la république des lettres, janvier 1685, 2e édition, p. 89.—Voyez ci-après, Pièces justificatives, no [ III.] Page XXI.

[27] Pierre Corneille (le père), p. 4.

[28] Particularités de la vie judiciaire de Pierre Corneille, par E. Gosselin, Rouen, 1865, p. 6.

[29] Tome X, p. 77.

[30] Voyez tome I, p. [127] et p. [128.]

[31] Particularités de la vie judiciaire de P. Corneille, p. 15.

[32] Voyez tome I, p. [126].

[33] Voyez tome X, p. 77.

[34] Tome X, p. 26.

[35] Tome X, p. 55.

[36] Tome I, p. 270.

[37] Ibidem.

[38] Tome X, p. 24 et suivantes.

[39] Tome X, p. 57.

[40] Voyez tome X, p. 71.

[41] Tome III, p. 207 et suivantes.

[42] Tome III, p. 3 et suivantes.

[43] Tome X, p. 74 et 79.

[44] Tome II, p. 118.

[45] Tome XII, p. 441-461.

[46] Tome XII, p. 502-515.

[47] Tome III, p. 53-76.

[48] Tome XII, p. 463-501.

[49] Voyez Pièces justificatives, no[ IV.] p. XXVI, et, dans l'Album, les armoiries de la famille Corneille.

[50] Tome III, p. 16.

[51] On appelait ainsi, dit l'Académie, un officier établi pour commander aux gardes d'une forêt éloignée des maîtrises.

[52] Voyez Pièces justificatives, no [ V.]

[53] Voyez ibidem, no [ VI.]

[54] Voyez au tome III, p. 254-257, ce que nous avons dit de cette lecture, dont les biographes de Corneille n'avaient pas parlé jusqu'ici.

[55] Voyez tome III, p. 254.

[56] Œuvres de Fontenelle, Vie de Corneille, tome III, p. 122 et 123 (édition de 1742).

[57] Petri Cornelii Epicedium.

Hos versus scripsi quum falso nobis nuntiatum fuisset Cornelium, quo die uxorem duxerat, diem suum ex peripneumonia obiisse: nam vivit Cornelius, et precor vivat.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Vita fugit, sed fama manet tua, maxime vatum,
Sæcla feres Clarii munere longa Dei.
Donec Apollineo gaudebit scena cothurno,
Ignes dicentur, pulchra Chimena, tui;
Quos male qui carpsit, dicam, dolor omnia promit,
Carminis Iliaci nobile carpat opus.
Itale, testis eris; testis qui flumina potas
Flava Tagi; nec tu, docte Batave, neges:
Omnibus in terris per quos audita Chimena;
Jamque ignes vario personat ore suos.
Nec tu, crudelis Medea, taceberis unquam,
Non Graia inferior, non minor Ausonia.
Vos quoque tergemini, mavortia pectora, fratres,
Et te, Cinna ferox, fama loquetur anus.
Quid referam soccos, quos tempora nulla silebunt,
Totque, Elegeia, tuos, totque, Epigramma, sales?

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

(Miscellanea, 1652, in 4o, p. 17-20.)

[58] Tome X, p. 437.

[59] Corneille fut de son temps un poëte fort à la mode, et fort admiré des précieuses. On pourrait l'établir par de très-nombreux témoignages. On lit dans le Dictionnaire des précieuses de Somaize (édition de M. Livet, tome I, p. 290): «Noziane (la comtesse de Noailles) est une précieuse aussi spirituelle qu'elle a l'humeur douce. Elle aime le jeu; les vers lui plaisent extraordinairement, mais elle ne les sauroit souffrir s'ils ne sont tout à fait beaux, et c'est par cette raison qu'elle protége les deux Cléocrites (Pierre et Thomas Corneille), qui ne font rien que d'achevé, et qui, dans la composition des jeux du cirque, surpassent tous les auteurs qui ont jamais écrit.»—Dans un opuscule intitulé la belle de Ludre, Nancy, 1861, on trouve le passage suivant, tiré d'une oraison funèbre inédite: «Les Benserade, les Racine, les Corneille rendront témoignage que personne ne savoit mieux estimer les choses louables, ni mieux louer ce qu'elle estimoit.»

[60] Tome X, p. 10 et 11.

[61] Voyez tome III, p. 466.

[62] Anecdotes dramatiques, tome II, p. 84.

[63] Tome III, p. 254 et 255.

[64] Des Jugements, no 56, tome II, p. 101 de l'édition de M. Servois.

[65] «Corneille ne sentoit pas la beauté de ses vers,» a dit Segrais (Mémoires anecdotes, tome II des Œuvres, 1755, p. 51). Charpentier, plus rigoureux, accusant, comme d'autres l'ont fait, Corneille d'avidité et d'avarice, s'exprime ainsi: «Corneille..., avec son patois normand, vous dit franchement qu'il ne se soucie point des applaudissements qu'il obtient ordinairement sur le théâtre, s'ils ne sont suivis de quelque chose de plus solide.» (Carpenteriana, Paris, 1724, p. 110.)

[66] Mélanges d'histoire et de littérature, recueillis par Vigneul Marville (Bonaventure d'Argonne), 1701, tome I, p. 167 et 168.

[67] Œuvres de Fontenelle, tome III, p. 124 et 125.

[68] Tome X, p. 477.

[69] Voyez tome III, p. 466-468.

[70] Voyez tome X, p. 424.—Si cette date était adoptée, ce serait à la lecture de Polyeucte dont nous venons de parler que se rapporterait en partie le passage suivant de la Bibliothèque de Goujet, que nous avons cité au tome IV (p. 277[70-a], dans la Notice de la Suite du Menteur. «Ces lettres (de Chapelain).... montrent aussi que Corneille fréquentoit souvent M. le chancelier Seguier et l'hôtel de Rambouillet, et qu'il lisoit ses pièces dramatiques avant de les livrer au théâtre.» (Lettres du 16 août 1643 et du 8 novembre 1652.)

[70-a] Où il faut, dans la note 2, remplacer tome XVII par tome XVIII.

[71] Tome IV, p. 130.

[72] Voyez Pièces justificatives, no [ VII.]

[73] Tome IV, p. 399.

[74] Voyez Pièces justificatives, no [ VIII.]

[75] Voyez notre tome X, p. 104 et suivantes.

[76] Corneille disait un jour avec orgueil que «lui et Rotrou feroient subsister des saltimbanques.» (Menagiana, Paris, 1715, tome III, p. 306.)

[77] Tome X, p. 445.

[78] Tome V, p. 115 et 116.

[79] Bolæana, Amsterdam, 1742, p. 112.

[80] Tome V, p. 141.

[81] Il faut consulter sur les portraits de Corneille l'excellente notice de M. Hellis intitulée: Découverte du portrait de Corneille peint par Ch. Lebrun, Rouen, le Brument, 1848, in-8o. L'auteur signale particulièrement: le portrait gravé, in-4o, de Michel Lasne, qui porte la date de 1643, et qui a été reproduit plusieurs fois en tête des œuvres du poëte, notamment dans l'édition in-12 de 1644; le portrait fait par le Brun en 1647, gravé en 1766 par Ficquet, et dont on peut voir la reproduction dans l'Album qui accompagne notre édition; le portrait gravé par Vallet, d'après le dessin de Paillet, pour l'édition in-folio, de 1663, du Théâtre de Corneille; enfin le portrait maladroitement flatté et fort peu ressemblant exécuté par Sicre, gravé par Cossin en 1683, et par Lubin pour les Hommes illustres de Perrault, publiés de 1696 à 1701. On voit au musée de Rouen, sous le no 477, un «Portrait de Pierre Corneille par Philippe de Champaigne, acquis en 1860;» mais cette attribution à Philippe de Champaigne ne paraît pas mériter beaucoup de confiance.

[82] Tome X, p. 116.

[83] Tome X, p. 449.—Voyez aussi la Notice d'Andromède, tome V, p. 248-251.

[84] Tome X, p. 122.

[85] Tome X, p. 452 et 453.

[86] Tome X, p. 125-128.

[87] Voyez tome V, p. 399 et 400.

[88] Gazette de 1650, p. 184, et p. 307 et 308.

[89] Voyez Pièces justificatives, no [ IX.]

[90] Voyez Pièces justificatives, no [ X.]

[91] Tome VI, p. 5.

[92] Tome VI, p. 5.

[93] Livre I, épître 1, vers 8 et 9.

[94] Idée des spectacles anciens et nouveaux, par M. M. D. P. (Michel de Pure). A Paris, chez Michel Brunet, 1668, p. 168.

[95] Tome VIII, p. 17.

[96] Voyez Pièces justificatives, no [ XI.]

[97] Voyez tome X, p. 458-473.

[98] La bibliothèque mise en vente, par suite de saisie, était celle d'un commis au greffe du parlement de Normandie. On lit dans le procès-verbal de la première vacation:

Corneille.
10
Neuf livres in-octavo couverts de parchemin, tous différents, contre les jésuites, adjugés à M. Corneille, demeurant rue de la Pie, à 6 livres.

Dans celui d'une vacation suivante:

Corneille.
227
Un Blondi de Roma triumphante, in-folio couvert en bois,
adjugé audit sieur Corneille, à 8 livres.

Et enfin dans la sixième et dernière:

Corneille.
244.
Un Dante italien, in-folio, adjugé audit sieur Corneille, 12 livres.

Rien jusque-là ne prouve qu'il soit ici question de Pierre plutôt que de Thomas. M. Gosselin, prévoyant l'objection, la réfute ainsi: «A cela je n'ai qu'une réponse à faire: c'est que l'année dernière, ayant trouvé à la foire de Saint-Romain un mauvais exemplaire de de Roma triumphante, j'y ai vu, à ne m'y pas tromper, cinq à six mots de la main de Pierre Corneille. J'ai voulu l'acheter, mais il était trop tard; une personne, que je n'ai pu connaître, l'avait, avant moi, payé et fait mettre en réserve.» (Œuvres complètes de P. Corneille, édition de M. J. Taschereau, 1857, tome I, p. XXIV et XXV.)

Il serait fort intéressant de reconstituer la bibliothèque de Corneille. Par malheur, je n'ai à mentionner, outre le volume qui lui fut donné en prix (voyez ci-dessus, [p. XIX)], et ceux qui précèdent, que deux autres ouvrages. Encore le second donne-t-il lieu à un doute très-fondé (voyez ci-après). Ce sont: 1o les Tableaux des deux Philostrate, volume in-folio, qui porte au commencement la signature de Pierre Corneille et à la fin celle de Thomas Corneille, et était conservé par un M. de Boisguilbert près de Louviers; le sujet de Rodogune fait partie de ces tableaux; c'est peut-être la vue de la gravure qui a donné au poëte l'idée de le traiter. 2o Aresta amorum, Parisiis, apud J. Ruellium. Sur le titre est écrit: Par Martial d'Auvergne, procureur au parlement de Paris. Corneille aî.... La fin du mot est dans la marge et ne se lit pas bien. L'orthographe aîné, avec un accent circonflexe, n'était pas inconnue du temps de Corneille; mais nous avons toute raison de croire que ce n'était pas la sienne (voyez tome XI, p. XC).

Le premier de ces renseignements nous a été fourni par un carton de Notes et documents manuscrits relatifs à P. Corneille, venant de M. Houel et de quelques autres personnes, et faisant partie de la bibliothèque de M. le baron Taylor, qui a bien voulu nous les communiquer; le second est dû à l'obligeance de M. Julien Travers.

[99] Tome X, p. 133.

[100] Tome X, p. 135.

[101] Tome X, p. 137.

[102] Tome X, p. 473-476.

[103] Tome X, p. 168.

[104] Voyez tome X, p. 146, note 2.

[105] Tome X, p. 148 et 149.

[106] Tome VI, p. 122.

[107] Tome VI, p. 124.

[108] Tome VI, p. 126.

[109] Tome X, p. 153.

[110] Tome VI, p. 223-227.

[111] Tome X, p. 482.

[112] Santeul, dans un passage curieux, qu'on a négligé de recueillir, nous montre notre poëte préoccupé de l'avenir, et prévoyant que sa diction paraîtra un jour surannée: «La langue françoise est une grande reine qui change de siècle en siècle d'équipage et de couleurs, parce que l'usage est un tyran qui la gouverne sans raison. Le grand Corneille me dit très-souvent (lui dont le théâtre est si bien paré) qu'il sera un jour habillé à la vieille mode.» (Réponse de Santeul à la critique des inscriptions faites pour l'arsenal de Brest.)

[113] Pratique du théâtre, p. 26 et 27.

[114] Ibidem, p. 403.

[115] Tome X, p. 486.

[116] Tome I, p. 16.

[117] Tome X, p. 487.

[118] Voyez tome X, p. 488 et 489.

[119] Voyez tome X, p. 489-492.

[120] Voyez tome X, p. 490, notes 1, 4 et 5, et p. 491, note 4.

[121] Voyez tome VI, p. 353 et 354.

[122] Voyez tome X, p. 494.

[123] Tome X, p. 496.

[124] Voyez tome X, p. 367 et 368.

[125] Voyez tome X, p. 183 de notre édition.

[126] Œuvres complètes de P. Corneille, 1857, tome I, p. XXVI.

[127] Voyez Pièces justificatives, no [ XII.]

[128] Voyez Pièces justificatives, no [ XIII.]

[129] Cette liste, de format in-4o, a été publiée chez Pierre le Petit, imprimeur ordinaire du Roi et de l'Académie. L'exemplaire que nous en avons vu appartient à la Bibliothèque impériale, où il porte le no Z 2284 Hf 76 . L'article consacré à Corneille y est ainsi conçu:

1647. Pierre Corneille, cy-deuant Aduocat General à la Table de marbre de Normandie, ruë de Clery.

[130] Voyez tome X, p. 175.

[131] Voyez ibidem, p. 176.

[132] Tome VI, p. 449 et suivantes.

[133] Seconde Dissertation.... sur.... Sertorius. Recueil de Granet, tome I, p. 285.

[134] Tome IX, p. 6.

[135] Hommes illustres, Paris, 1677 et 1678, p. 96.

[136] Tome X, p. 185.

[137] Voyez tome X, p. 498.

[138] Voyez tome X, p. 189, note 2.—Rappelons à ce propos que Corneille n'habitait pas alors rue d'Argenteuil, puisque, comme nous l'avons vu, il logeait encore en 1676 rue de Cléry.

[139] Tome X, p. 383.—La devise placée en tête de cette élégie est reproduite dans la Philosophie des images du P. Menestrier, 1682, p. 314.

[140] Voyez tome X, p. 193.

[141] Voyez ci-dessus,[ p. LII,] et tome III, p. 107, note 2.—La plupart des témoignages contemporains établissent que Corneille était exempt de toute envie, mais que, de fort bonne foi, il n'appréciait pas à sa valeur le talent de Racine. Valincourt dit, en parlant de ce poëte, dans une lettre adressée à l'abbé d'Olivet: «qu'étant allé lire au grand Corneille la seconde de ses tragédies, qui est Alexandre, Corneille lui donna beaucoup de louanges, mais en même temps lui conseilla de s'appliquer à tout autre genre de poésie qu'au dramatique, l'assurant qu'il n'y étoit pas propre. Corneille étoit incapable d'une basse jalousie: s'il parloit ainsi à Racine, c'est qu'il pensoit ainsi; mais vous savez qu'il préféroit Lucain à Virgile.» (Histoire de l'Académie françoise, édition de M. Livet, tome II, p. 336.) Il était particulièrement blessé du défaut d'exactitude historique qu'il remarquait dans certains ouvrages de Racine: «Étant une fois près de Corneille sur le théâtre, à une représentation du Bajazet, il me dit: «Je me garderois bien de le dire à d'autre que vous, parce qu'on diroit que j'en parlerois par jalousie; mais prenez-y garde, il n'y a pas un seul personnage dans le Bajazet qui ait les sentiments qu'il doit avoir, et que l'on a à Constantinople: ils ont tous, sous un habit turc, le sentiment qu'on a au milieu de la France.» Il avoit raison, et l'on ne voit pas cela dans Corneille: le Romain y parle comme un Romain, le Grec comme un Grec, l'Indien comme un Indien, et l'Espagnol comme un Espagnol.» (Mémoires anecdotes de Segrais, tome II des Œuvres, 1755, p. 43.)

[142] Voyez tome VII, p. 185-196.—Nous avons reproduit à la page 193 de la Notice de Tite et Bérénice quatre vers rapportés par Subligny, dont nous ne connaissions pas l'auteur et que nous regardions comme étant probablement de celui qui les avait cités. Voici la pièce même d'où ils sont tirés; nous en devons la communication à l'obligeance de M. Paul Lacroix:

A Monsieur de Corneille l'aîné, sur le rôle de Tite dans sa Bérénice.

Quand Tite dans tes vers dit qu'il se fait tant craindre,
Qu'il n'a qu'à faire un pas pour faire tout trembler,
Corneille, c'est Louis que tu nous veux dépeindre;
Mais ton Tite à Louis ne peut bien ressembler:
Tite, par de grands mots, nous vante son mérite;
Louis fait, sans parler, cent exploits inouïs;
Et ce que Tite dit de Tite,
C'est l'univers entier qui le dit de Louis.

(Billets en vers de M. de Saint-Ussans. Paris, Jean Guignard et Hilaire Foucault, 1688, p. 6.)

[143] Voyez tome X, p. 245 et 246.

[144] Voyez tome VII, p. 280 et 288.

[145] Tome X, p. 252.

[146] Voyez tome VII, p. 378.

[147] Tome VII, p. 455.

[148] Tome X, p. 308.

[149] Tome X, p. 313 et 314, et p. 501.

[150] Voyez Pièces justificatives, no [ XIV.]

[151] Nouveaux Détails sur P. Corneille, dans le Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1834, p. 167.

[152] Le Mercure galant, mars 1680, p. 261.

[153] Tome X, p. 334.

[154] Tome X, p. 339.

[155] Notice sur la maison et la généalogie de Corneille, par A. G. Ballin, Rouen, mai 1833, p. 8.—Voyez les Pièces justificatives, no [ XV.]

[156] Œuvres de Fontenelle, tome III, p. 120.

[157] Mémoires sur la Vie de Jean Racine, dans les Œuvres de Racine publiées par M. Mesnard, tome I, p. 265.—Boursault rapporte le fait à la page 465 des Lettres nouvelles.

[158] Défense du grand Corneille en tête des Œuvres diverses de P. Corneille (Paris, 1738, in-12), p. XXXII et XXXIII.

[159] Mercure galant, octobre 1684, p. 179.

[160] Voyez République des lettres, janvier 1685, p. 33; et ci-après, Pièces justificatives, no [XVI].

[161] Œuvres de Fontenelle, tome III, p. 120.

[162] Il serait assez difficile de déterminer au juste dans quelle mesure Corneille participait aux travaux de l'Académie; toutefois le passage suivant des Factums de Furetière semble indiquer qu'il n'assistait pas fort régulièrement aux séances ordinaires:

«Si en général j'ai appelé jetonniers ceux qui sont assidus à l'Académie pour vaquer au travail du Dictionnaire, je n'ai pu trouver de nom plus propre et plus significatif pour les distinguer des académiciens illustres par leur qualité et par leur mérite, dont les noms sont dans la liste, qui n'ont aucune part à cet ouvrage et qui ne se trouvent qu'aux assemblées solennelles de réceptions; encore n'ai-je pas la gloire de l'invention de ce titre: elle est due au grand Corneille, qui en a été le parrain, et qui donna un billet d'exclusion au sieur de la Fontaine parce qu'il le jugeoit dangereux aux jetons, sur le fondement que c'est un misérable qu'on nourrit par charité et qui en a besoin pour subsister. On ne peut pécher après l'exemple d'un si grand homme, et son autorité est de tel poids, que tous les confrères ont suivi son exemple, et se traitent les uns les autres de jetonniers, selon qu'ils affectent plus ou moins d'être assidus, et de se trouver avant que l'heure sonne pour participer à cette distribution.» (Recueil des Factums d'Antoine Furetière, édition de M. Asselineau, tome I, p. 304.)

Nous ne pouvons contrôler aujourd'hui ce que dit Furetière, et il serait imprudent de lui accorder trop de confiance. Remarquons toutefois que le peu de documents dont nous pouvons disposer nous montrent en effet Corneille assistant aux cérémonies publiques, mais ne prenant pas toujours une part bien active aux occupations de la Compagnie. Ainsi en 1672, lorsque l'Académie française se rend à Versailles pour remercier le Roi d'avoir remplacé le chancelier Seguier comme protecteur de la Compagnie, le Mercure du mois de mars (tome I, p. 221 et 222) signale la présence de Corneille; au contraire, nommé membre d'une commission qui fut occupée, du 14 août au 12 octobre 1673, à réunir, pour la préparation du Dictionnaire, des Observations touchant l'orthographe, il n'a même pas mis son visa à ce travail, où ses opinions sur l'orthographe, placées dans l'Avertissement de son édition du Théâtre publiée en 1663, ont été longuement discutées et en général favorablement reçues. Voyez les Cahiers de remarques sur l'orthographe françoise que j'ai publiés en 1863 (p. VIII, XXIII et 97.)

Ses collègues du reste n'exigeaient pas de lui une trop rigoureuse exactitude, fiers qu'ils étaient de le posséder parmi eux. «Ce n'est pas la coutume de l'Académie, dit Segrais dans ses Mémoires, de se lever de sa place dans les assemblées pour personne, chacun demeure comme il est; cependant lorsque M. Corneille arrivoit après moi, j'avois pour lui tant de vénération que je lui faisois cet honneur. C'est lui qui a formé le théâtre françois.» (Mémoires anecdotes de Segrais, tome II des Œuvres, p. 158.)

[163] Laisse en entrant ici tes lauriers à la porte.
(Horace, vers 1376, tome III, p. 342.)

[164] Ces pièces, déjà connues pour la plupart, mais seulement par extraits, ont été presque toutes copiées à Rouen sous la direction de M. Ch. de Beaurepaire, archiviste de la Seine-Inférieure. Elles sont en grande partie dues à ses recherches et à celles de MM. Floquet, Deville et Gosselin.

[165] On lit en marge: «Adat du Roy en la Table du Marbre.»

[166] Ces lettres de noblesse furent enregistrées, le 27 mars 1637, dans la chambre des comptes de Normandie, et renouvelées par Louis XIV, en mai 1669, en faveur de Pierre et de Thomas Corneille.

[167] D'azur, à une face d'or, chargée de trois testes de lion de gueules, et accompagnée de trois estoiles d'argent, deux en chef et une en pointe. (Armorial général de la France, Ville de Paris, tome I, fol. 1066. Bibl. imp., département des manuscrits.)—Voir ces armoiries dans l'Album joint à notre édition.

[168] Cet acte, qui fait partie du fonds de Saint-Ouen de Rouen aux archives de la Seine-Inférieure, nous était inconnu. Il nous a été signalé et communiqué par notre savant confrère, M. Ch. de Beaurepaire, archiviste du département. La première partie de cet acte, jusqu'à la signature, est entièrement de l'écriture de Corneille.

[169] «Pitancier. Officier claustral qui subsiste encore dans quelques abbayes, qui distribuoit autrefois la pitance aux moines.» (Furetière, Dictionnaire universel, 1690.)

[170] Ces pièces font partie des minutes du greffe du Parlement et se trouvent réunies en une liasse intitulée: Dossier de Pierre Corneille.

[171] Demeuré en blanc dans l'original.

[172] Ici deux ou trois mots effacés par l'humidité. L'ensemble de la pièce a du reste beaucoup souffert et est aujourd'hui très-peu lisible.

[173] Corneille a substitué «de son labeur» à «de ses intentions.»

[174] Écrit de la main d'un clerc de Jacques Goujon et corrigé en plusieurs endroits par Corneille.—On lit au bas de ce projet, dans la marge, ces mots écrits perpendiculairement de la main de Jacques Goujon: Privilege Corneille refusé, et après «Par le Roy,» ces mots: Pour les comediens du marais pour la d. lettre.

[175] Ce reçu a été publié dans le Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen; il était inséré dans le rapport de M. Decorde, secrétaire de la classe des lettres, et se trouvait précédé de l'exposé suivant:

«Une pièce inédite, due aux recherches toujours si précieuses de M. de Beaurepaire, a achevé de mettre en lumière combien était simple et modeste l'intérieur de la maison dans laquelle s'écoula la jeunesse du grand poëte. C'est un reçu donné le 25 juin 1644, par son frère Antoine, religieux du Mont-aux-Malades, à Mme Corneille, sa mère, et contenant la nomenclature de divers objets mobiliers qu'il avait dû lui emprunter, quand il alla prendre possession de la cure de Fréville, n'ayant pas le moyen de les acheter.»

[176] En marge: «Nota que ladite rente n'estoit escheue qu'a la Saint-Michel 1651, et non pas a Pasques; l'erreur a commencé au compte rendu par Desalleurs en l'année mil six cens trente quatre.»

[177] Il y a ici un blanc dans le manuscrit.

[178] Le prénom est resté en blanc.

[179] Prénom en blanc.

[180] En marge: «Nota qu'il y a erreur aux comptes precedens pour les dabtes dudit contrat, qui est du 20 de febvrier 1614.»

[181] Le manuscrit n'indique pas la somme.

[182] Corneille a mis assistante par mégarde.

[183] Tout ce qui suit, à partir de ce nouveau paragraphe, n'est plus de la main de Corneille.

[184] Les mots et domestiques ont été ajoutés en interligne.

[185] Voyez la note précédente [184].

[186] Nous devons la communication de cette pièce à M. Gosselin, à qui elle appartient.

[187] Voyez ci-dessus, p. LXXIII note [170].—On lit en marge de la Supplique: «Jobey pr, Delafosse pr, Fremons pr

[188] On avait d'abord écrit: au cimetiere; ces mots ont été effacés.

[189] Nos sources pour ce tableau et le suivant sont: l'édition des Œuvres de Corneille publiés par Lepan en 1816; l'Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille par M. Taschereau et les récentes recherches dont M. Gosselin a fait paraître les résultats dans la brochure intitulée Pierre Corneille (le père), Rouen, 1864, p. 39 et suivantes.

[190] M. Gosselin signale un fait important, que nous rapportons d'après lui sous réserve, et qui semblerait indiquer que, certainement à l'opinion généralement reçue, ce fils de Corneille serait mort sans laisser d'enfant survivant, et que la descendance qu'on lui attribue appartiendrait à une autre famille Corneille. Pierre Corneille, fils aîné du poëte, «soutenait à Rouen, depuis 1692, un procès; il l'avait gagné, mais l'exécution de l'arrêt avait suscité tant d'incidents qu'à sa mort tout n'était pas fini; on plaidait maintenant sur les dépens. Or, le 10 mars 1690, Thomas Corneille, abbé d'Aiguevive, vint au parlement de Rouen pour terminer l'affaire, et non-seulement il prend le nom de sieur de Damville, que portait son frère, mais il prend la qualité d'héritier, sous bénéfice d'inventaire, de Pierre Corneille, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, sieur de Damville son frère décédé. Mais l'enfant de Pierre Corneille était-il donc mort? Sans cela Thomas n'eût point pris la qualité d'héritier bénéficiaire de Pierre; et si cet enfant était mort, que reste-t-il de sa descendance? Rien, ou plutôt personne.» (Pierre Corneille, le père, p. 42.)

[191] Il y a 11, et non 31, dans l'acte de décès publié par M. Taschereau à la page 279 de la seconde édition de sa Vie de Corneille, mais c'est une erreur de transcription ou d'impression. La pièce originale porte 31.

[192] Nous avons cru inutile d'énumérer ici toute la descendance de Marie Corneille, nous contentant d'indiquer la parenté de Charlotte Corday avec Corneille. M. Vatel, qui a relevé tous les actes de cette branche de la famille, prépare en ce moment un travail qui contiendra sur ce point les plus curieux détails.

[193] Nous n'avons pas cru devoir faire figurer dans cette table les ouvrages attribués à Corneille, mais que, pour la plupart, nous n'avons pas considérés comme étant réellement de lui. Ils ne forment du reste que trois groupes faciles à parcourir: 1o Écrits en faveur du Cid, tome III, p. 53-76; 2o Poésies diverses, Appendice, tome X, p. 344-388; 3o Appendice des lettres, tome X, p. 503 et 504.

[194] Nous avions d'abord laissé la Galerie du Palais à l'année 1634 et la Place royale à l'année 1635, où les placent les frères Parfait et tous les historiens du théâtre. On peut voir tome X, p. 7, quels sont les motifs qui nous ont fait changer d'avis.

[195] Voyez la note précédente [194] .

[196] Sur les motifs qui nous ont fait placer aux dates ici marquées Polyeucte, Pompée, le Menteur et la Suite du Menteur, que nous avions laissés d'abord, d'après les frères Parfait et les biographes de Corneille, aux années 1640, 1641, 1642 et 1643, voyez tome X, p. 423-425.

[197] Cet avis est tiré du recueil intitulé Œuvres de Corneille, première partie (contenant: Mélite, Clitandre, la Veuve, la Galerie du Palais, la Suivante, la Place Royale, Médée et l'Illusion comique). Rouen et Paris, 1644, petit in-12. Il a été reproduit en tête des réimpressions de la première partie, de 1648 à 1657 inclusivement.

[198] Var. (édit. de 1648-1657): pour ne me repentir pas.

[199] Var. (édit. de 1648): ce qu'il y avoit.

[200] Ce second avis est en tête du recueil intitulé Œuvres de Corneille, seconde partie (contenant: le Cid, Horace, Cinna, Polyeucte, Pompée, le Menteur et la Suite du Menteur). Rouen et Paris, 1648, petit in-12. Cette seconde partie est destinée à compléter la première partie de 1644 et la réimpression qui en a été faite en 1648. L'avis au lecteur a été reproduit dans les éditions de la seconde partie, jusqu'en 1657.

[201] Ce petit mot, que Corneille cite de mémoire, n'est pas d'Horace. Il y a dans la XVIe idylle d'Ausone, de Viro bono, un vers qui commence par Ne quid hiet, mais où il s'agit de tout autre chose que de la liaison des scènes; et dans l'Art poétique d'Horace (V. 194) on lit un précepte ainsi conçu: Neu quid medios intercinat actus, etc., précepte relatif au chant du chœur entre les actes. Corneille aurait-il confondu ces deux passages?

[202] Cette tragi-comédie pastorale de Guarini, représentée pour la première fois à Turin en 1585, eut du vivant de son auteur quarante éditions. Il en a paru deux en 1590: l'une à Venise, in-4o; l'autre à Ferrare, in-12. On ignore laquelle est la première.

[203] Ce troisième avis, pour lequel nous avons suivi le texte de l'édition de 1682, avait paru d'abord dans celles de 1663 (in-folio), de 1664 et de 1668 (in-8o), avec quelques différences que nous indiquerons. L'édition de 1660 n'est précédée d'aucun avertissement. Comme ce morceau est un exposé du système d'orthographe que Corneille avait adopté, nous avons tenu à en donner une sorte de fac-simile: c'était le seul moyen de faire comprendre les règles qu'établit l'auteur et les détails où il entre. Les fautes et les inconséquences que l'on remarquera çà et là, montrent combien il était fondé à dire, à la fin de cet avis, que les imprimeurs avaient eu de la peine à suivre ses instructions. Dans les éditions de 1663, 1664, 1668, ils n'avaient même pas fait la distinction, dont notre poëte parle en commençant, de l'i et du j, de l'u et du v.

[204] Dans l'édition de 1663, l'avis commence ainsi:

«Ces deux Volumes contiennent autant de Pieces de Theatre que les trois que vous auez veus cy-deuant imprimez in Octavo[204-a]. Ils sont réglez à douze chacun, et les autres à huit. Sertorius et Sophonisbe ne s'y joindront point[204-b], qu'il n'y en aye assez pour faire vn troisiéme de cette Impression, ou vn quatriéme de l'autre. Cependant comme il ne peut entrer en celle-cy que deux des trois Discours qui ont seruy de Prefaces à la précedente, et que dans ces trois Discours j'ay tasché d'expliquer ma pensée touchant les plus curieuses et les plus importantes questions de l'Art Poëtique, cet Ouurage de mes reflexions demeureroit imparfait si j'en retranchois le troisiéme. Et c'est ce qui me fait vous le donner en suite du second Volume, attendant qu'on le puisse reporter au deuant de celuy qui le suiura, si-tost qu'il pourra estre complet.

«Vous trouuerez quelque chose d'étrange, etc.»

Le début de l'avis de l'édition de 1664, in-8o, est beaucoup plus court:

«Ces trois volumes contiennent autant de Pieces de Theatre que les deux nouvellement imprimez in folio. Ils sont reglez à huit chacun, et les autres à douze. Sertorius, Sophonisbe et Othon[204-c] ne s'y joindront point, qu'il n'y en aye assez pour en faire vn quatriéme.

«Cependant vous pourrez trouuer quelque chose d'étrange, etc.»

Dans l'édition de 1668, l'avis commence de même que dans celle de 1664; mais les mots: «Vous pourrez trouver, etc.,» viennent immédiatement après les derniers mots de la seconde phrase: «les autres à douze;» et la phrase intermédiaire est omise.

[204-a] Il s'agit ici de l'édition de 1660. Les deux premiers volumes contiennent huit pièces chacun, comme le dit Corneille, mais le troisième n'en renferme que sept: Rodogune, Héraclius, Andromède, Don Sanche d'Arragon, Nicomède, Pertharite et Œdipe.

[204-b] Ces deux pièces avaient été représentées en 1662 et en 1663.

[204-c] Cette dernière pièce a été représentée à Fontainebleau à la fin de juillet 1664, et l'achevé d'imprimer du Ier volume de l'édition de 1664 porte la date du 15 août.

[205] On a prétendu, mais à tort, que Ramus avait proposé le premier de distinguer dans l'impression l'i du j et l'u du v. Il faut remonter au moins jusqu'à Meigret, qui a dit en 1550 dans le Tretté de la grammere francoeze: «Rest'encores j consonante a laqell ie done double proporcion de celle qi et voyelle, e lui rens sa puissanc' en mon écritture.» (Folio 14 recto.) «Ao regard de l'u consonante, ell'aoroet bien bezoin d'etre diuersifiée, attendu qe qant deus uu s'entresuyuet aveq qelq'aotre voyelle nou' pouuons prononcer l'un pour l'aotre.» (Folio 12 verso.) On voit, du reste, que Meigret, qui pourtant ne manquait pas de hardiesse, se borne à proposer cette distinction sans la mettre lui-même en pratique.

Les imprimeurs hollandais furent les premiers à l'établir. Elle est déjà très-nettement observée dans l'Argenis de Barclay imprimée en 1630 par les Elzévirs; les majuscules seules font exception. Quelques imprimeurs des confins de la France ne tardèrent pas à suivre cet exemple. Les Zetzner, de Strasbourg, introduisirent l'U rond et le J consonne dans les lettres capitales. On trouve déjà ces caractères dans le volume intitulé: Clavis artis Lullianæ.... opera et studio Johannis Henrici Alstedl, Argentorati, sumptibus heredum Lazari Zetzneri, 1633. Cependant il faut convenir que dans le texte courant on rencontre de temps à autre quelques infractions à la règle.

[206] Ce projet a failli être officiellement adopté. On trouve des renseignements à ce sujet dans les Observations de l'Académie françoise touchant l'orthographe, conservées au département des manuscrits de la Bibliothèque impériale, dont j'ai donné l'analyse dans l'Ami de la religion du 31 mai 1860.

Ces Observations, rédigées par Mézeray, furent soumises en 1673 à l'examen de plusieurs académiciens, dont la liste se trouve en tête du volume. Corneille y figure, toutefois on ne rencontre dans ce manuscrit aucune note de lui; mais, dans son travail préparatoire, Mézeray avait rappelé en ces termes l'innovation introduite par l'illustre poëte: «Mr. de Corneille a proposé que pour faire connoistre quand l'S est muette dans les mots où qu'elle sifle, il seroit bon de mettre une S ronde aux endroits où elle sifle, comme à chaste, triste, reste, et une ſ43; longue aux endroits où elle est muette, soit qu'elle fasse longue la voyelle qui la précède, comme en tempeſte, feſte, teſte, etc., soit qu'elle ne la fasse pas, comme en eſcu, eſpine, deſdire, eſpurer, etc.»

«L'usage en seroit bon, objecte Segrais, mais l'innovation en est dangereuse.»

«Je n'y trouve point d'inconvenient, sur tout dans l'impression, réplique Doujat, et ce n'est plus une nouveauté puisque Mr. de Corneille l'a pratiqué depuis plus de dix ou douze ans.»

«Où est l'inconuenient? dit Bossuet; ie le suiurois ainsi dans le dictionnaire et i'en ferois une remarque expresse où i'alleguerois l'exemple de Mr. Corneille. Les Hollandois ont bien introduit u et v pour u voyelle et u consone, et de mesme i sans queüe ou avec queüe. Personne ne s'en est formalisé; peu à peu les yeux s'y accoustument et la main les suit.»

[207] Contée, comptée. Voyez le Lexique.

[208] On lit ici dans l'édition de 1663: «Et peut-estre le feray-je obseruer en la première impression qui se pourra faire de ces Recueils.»

[209] Il s'agit de l'édition datée de 1663, dont nous venons de parler.

[210] L'édition de 1660, dans laquelle ces discours ont paru pour la première fois, est divisée en trois volumes, et en tête de chaque volume est placé l'un des discours. L'édition de 1663 forme deux tomes qui commencent par les deux premiers discours; le troisième termine le tome II (voyez plus haut, p. 5, note 1). Enfin les trois éditions, en quatre volumes, de 1664 (in-8o), de 1668, et de 1682, contiennent un discours en tête de chacun des trois premiers volumes. La plupart des éditeurs ont séparé ces discours du Théâtre, pour les faire entrer dans les Œuvres diverses; nous avons préféré conserver le premier, suivant l'intention de Corneille, en tête du Théâtre, où les premières lignes le placent nécessairement, et nous avons cru devoir en rapprocher les deux autres, mais sans rien changer au texte, c'est-à-dire en y laissant ce qui a trait à la place que l'auteur leur avait assignée.

Si l'on veut avoir des renseignements sur le temps que ces discours ont coûté à Corneille et sur les circonstances dans lesquelles il les a composés, il faut lire sa lettre du 25 août 1660, adressée à l'abbé de Pure.

[211] Οὐ γὰρ πᾶσαν δεῖ ζητεῖν ἡδονὴν ἀπὸ τραγῳδίας, ἀλλὰ τὴν οἰκείαν. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 2.)—Dans la phrase suivante, Aristote exprime l'idée, par laquelle Corneille commence son discours, que le but de la poésie dramatique est de plaire.

[212] Χρὴ δὲ.... ἀεὶ ζητεῖν ἢ τὸ ἀναγκαῖον, ἢ τὸ εἰκός. (Aristote, Poétique, chap. XV, 6.)

[213] Var. (édit. de 1660): les mêmes paroles qui leur semblent si claires.

[214] Var. (édit. de 1660): ce dernier mot.

[215] Voyez la Poétique, chap. IX, 5.

[216] Il y a aussi, pour ainsi, dans les éditions de 1682 et de 1692: la leçon des éditions antérieures nous a paru préférable.

Footnote 217: Aristote, Poétique, chap. IX, 7.—La Fleur, ἄνθος, pièce du poëte Agathon, contemporain de Sophocle et d'Eschyle, n'est connue que par ce passage d'Aristote.]

[218] Var. (édit. de 1660): une erreur.

[219] Var. (édit. de 1660 et de 1663): il.

[220] Ζητοῦντες γὰρ οὐκ ἀπὸ τέχνης, ἀλλ᾽ ἀπὸ τύχης εὗρον τὸ τοιοῦτον παρασκευάζειν ἐν τοῖς μύθοις. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 10.)

[221] Περὶ ὀλίγας οἰκίας αἱ κάλλισται τραγῳδίαι συντίθενται, οἷον περὶ Ἀλκμαίωνα καὶ Οἰδίπουν.... καὶ ὅσοις ἄλλοις συμβέβηκεν ἢ παθεῖν δεινὰ ἢ ποιῆσαι. (Aristote, Poétique, chap. XIII, 5.)

[222] Var. (édit. de 1660-1664): jusques à nous.

[223] Var. (édit. de 1660 et de 1663): trente ans;—(édit. de 1664) plus de trente ans;—(édit. de 1668): quarante ans.

[224] Voyez Aristote, Poétique, chap. IV, 1 et 2.

[225] Ibid., chap. VI, 13.

[226] Ibid., chap. VI, 2.

[227] Var. (édit. de 1660): de plus que lui.

[228] Aristote, Poétique, chap. XXVI, 8 et 9.

[229] Horace, Art poétique, v. 341.

[230] Var. (édit. de 1660): Il faut prendre garde.

[231]

.... Ambitiosa recidet
Ornamenta.

(Art poétique, v. 447.)

[232] Voyez la scène 1 du [IV]e acte de Mélite, et l'Art poétique d'Horace, v. 174.

[233] Var. (édit. de 1660 et de 1663): les réconciliations.

[234] Voyez, dans la scène 1 du IVe acte de la Suite du Menteur, le couplet qui commence par ce vers:

Quand les ordres du ciel nous ont faits l'un pour l'autre, etc.

[235] Il s'agit ici du Thyeste de Monléon, représenté, suivant les frères Parfait, en 1633. Voyez l'Histoire du Théâtre françois, tome V, p. 31.

[236] Δοκεῖ δὲ εἶναι πρώτη διὰ τὴν τῶν θεατῶν ἀσθένειαν· ἀκολουθοῦσι γὰρ οἱ ποιηταὶ κατ᾽ εὐχὴν ποιοῦντες τοῖς θεαταῖς. (Aristote, Poétique, chap. XIII, 7.)

[237] Voyez Aristote, Poétique, chap. VI, 2.

[238] Var. (édit. de 1660): Mais comme cette utilité est particulière à la tragédie, et que cette première partie de mes poèmes ne contient presque que des comédies où elle n'a point de place, je ne m'expliquerai sur cet article qu'au second volume, où la tragédie l'emporte, et passe, etc.—La première partie de l'édition de 1660 contient les mêmes pièces que le recueil de 1644. Voyez plus haut, p. 1, note [197].

[239] Voyez Aristote, Poétique, chap. XII.

[240] Var. (édit. de 1660-1664): intégrales.

[241] Voyez Aristote, Poétique, chap. VI, 6.

[242] Var. (édit. de 1660): Qu'il y peut faire suppléer par d'autres, ce qui fait, etc.

[243] Var. (édit. de 1660): pour réparer ce défaut.

[244] Ἡ δὲ κωμῳδία ἐστὶ.... μίμησις φαυλοτέρων. (Aristote, Poétique, chap. V, 1.)

[245] Une simple intrigue.

[246] Telle est la leçon de toutes les éditions antérieures à celle de 1682, qui donne, sans doute par erreur: «pour l'élever.»

[247] Var. (édit. de 1660-1664): jusques à.

[248] Var. (édit. de 1660-1664): la plus amoureuse.

[249] Horace, Art poétique, v. 286, 287.

[250] Horace, Épîtres, liv. I, ép. XIX, v. 19.

[251] «Inveterascet hoc quoque, et quod hodie exemplis tuemur inter exempla erit.» (Annales, liv. XI, chap. XXIV.)

[252] Ἐκεῖ γὰρ ἂν οἳ ἔχθιστοι ὦσιν ἐν τῷ μύθῳ, οἷον Ὀρέστης καὶ Αἴγισθος, φίλοι γενόμενοι ἐπὶ τελευτῆς ἐξέρχονται. (Aristote, Poétique, chap. XIII, 8.)

[253] Corneille fait allusion à la tragédie de Benserade intitulée: la Mort d'Achille et la Dispute de ses armes, représentée en 1636 et publiée l'année suivante par Antoine de Sommaville.

[254] Var. (édit. de 1660): des acteurs du second ordre.

[255] Κεῖται δ᾽ ἡμῖν τὴν τραγῳδίαν τελείας καὶ ὅλης πράξεως εἶναι μίμησιν, ἐχούσης τι μέγεθος. (Aristote, Poétique, chap. VII, 2.)

Footnote 256: Ὥστε δεῖ, καθάπερ ἐπὶ τῶν σωμάτων καὶ ἐπὶ τῶν ζῴων ἔχειν μὲν μέγεθος, τοῦτο δὲ εὐσύνοπτον εἶναι· οὕτω καὶ ἐπὶ τῶν μύθων ἔχειν μὲν μῆκος, τοῦτο δ᾽ εὐμνημόνευτον εἶναι. (Ibid., 5.)]

[257] Ὅλον δέ ἐστι τὸ ἔχον ἀρχὴν καὶ μέσον καὶ τελευτήν. (Ibid., 7.)

[258] Toutes les éditions, de 1660 à 1682, donnent ici ait (et non aye).

[259] Voyez le Discours de la tragédie, p. 81 et suivantes.

[260] Περὶ δὲ τὰ ἤθη τέτταρά ἐστιν ὧν δεῖ στοχάζεσθαι· ἓν μὲν καὶ πρῶτον, ὅπως χρηστὰ ἦι.... δεύτερον δὲ τὰ ἁρμόττοντα.... τρίτον δὲ τὸ ὅμοιον.... τέταρτον δὲ τὸ ὁμαλόν. (Aristote, Poétique, chap. XV, 1.)

[261] Voyez l'Art poétique, v. 158-174.

[262] Ibid., v. 120-124.

[263] Ἐπεὶ δὲ μίμησίς ἐστιν ἡ τραγῳδία βελτιόνων, ἡμᾶς δεῖ μιμεῖσθαι τοὺς ἀγαθοὺς εἰκονογράφους· καὶ γὰρ ἐκεῖνοι, ἀποδιδόντες τὴν ἰδίαν μορφὴν, ὁμοίους ποιοῦντες, καλλίους γράφουσιν· οὕτω καὶ τὸν ποιητὴν μιμούμενον καὶ ὀργίλους καὶ ῥᾳθύμους καὶ τἆλλα τὰ τοιαῦτα ἔχοντας ἐπὶ τῶν ἠθῶν, ἐπιεικείας ποιεῖν παράδειγμα ἢ σκληρότητος δεῖ, οἷον τὸν Ἀχιλλέα ἀγαθὸν καὶ Ὅμηρος. (Aristote, Poétique, chap. XV, 8.)—La plupart des éditions, au lieu de αγαθον, donnent Αγαθων, leçon qui obligerait à modifier la traduction de la manière suivante: «C'est ainsi qu'Agathon et Homère ont représenté Achille.» La variante αγαθον est dans l'édition de Pacius (voyez ci-après, p. 34, note 1); elle y est rendue dans la version latine par fortem, non par bonum. Deux autres éditions, assez récentes encore au temps où Corneille écrivait, celle de Paccius (1597, réimprimée en 1606), et celle de G. Duval (1619, 1639, etc.), ont Αγαθων dans le texte grec, mais toutes deux bonum dans leur traduction latine, qui est celle d'Ant. Riccoboni.

[264] Fr. Robortello, philologue italien du seizième siècle, à qui l'on doit une édition de la Poétique d'Aristote accompagnée de plusieurs dissertations. Florence, 1548, in-folio.

[265] «Chaque genre a par lui-même certains degrés suprêmes de beauté, et est susceptible d'une forme très-parfaite, sans dégénérer pour cela de sa nature et de sa figure première.»

[266] Horace, Art poétique, v. 121.

[267] Dans l'édition de Jules Pacius, l'adjectif ῥαιθυμους est traduit par socordes; c'est Alexandre Paccius qui l'a rendu par desides; c'est donc de ce dernier que Corneille veut ici parler, bien qu'il ait écrit le nom par un seul c. Nous avons nommé ces deux philologues un peu plus haut (p. 33, fin de la note de la p. 32). Le second, Alexandre Paccius, après avoir revu le texte de la Poétique d'Aristote sur trois manuscrits, en avait fait une traduction latine, qu'il termina en 1527, mais à laquelle la mort l'empêcha de mettre la dernière main. Son travail fut publié par Guillaume, son fils, sous le titre suivant: Aristotelis Poetica, per Alexandrvm Paccivm, patritivm, florentinvm in latinvm, conversa. Aldus, M.D.XXXVI, in-8o.

[268] Pierre Vettori, l'un des meilleurs critiques de son temps, né à Florence en 1499, est auteur de commentaires fort estimés sur la Rhétorique, la Poétique (1573), la Politique et la Morale d'Aristote.

[269] Daniel Heinsius, philologue hollandais, publia en 1611, à Leyde, une édition de la Poétique d'Aristote, avec un traité De constitutione tragica secundum Aristotelem.

[270] Louis Castelvetro, célèbre critique italien, né au commencement du seizième siècle, auteur d'une traduction et d'un commentaire de la Poétique d'Aristote, publiés à Vienne en 1570.

[271] De Castelvetro, le seul de ces philologues qui ait traduit la Poétique en italien.

[272] «Douceur affable.»

[273] Voyez la Poétique d'Aristote, chap. XV, 6.

[274] Corneille écrit rétraindre, ce qui prouve que de son temps l's ne se prononçait pas.

[275] Voyez Horace, Art poétique, v. 312 et suivants.

[276] Horace, Art poétique, v. 123.—Il s'est ici glissé une singulière faute d'impression dans l'édition de 1660:

Sit Medea ferox indomptaque. . . .

[277] Horace, Art poétique, v. 126, 127.

[278] Var. (édit. de 1660-1668): les occasions.

[279] Var. (édit. de 1660 et de 1663): en présence.

[280] Ὁμαλῶς ἀνώμαλον, dit Aristote, chap. XV, 5, ce qui littéralement signifie plutôt «également inégal;» mais au fond le sens est le même.

[281] Ἄνευ μὲν πράξεως οὐκ ἂν γένοιτο τραγῳδία, ἄνευ δὲ ἠθῶν γένοιτ᾽ ἄν. Αἱ γὰρ τῶν νέων τῶν πλείστων ἀήθεις τραγῳδίαι εἰσί. (Aristote, Poétique, chap. VI, 11.)]

[282] Tel est le texte de 1660-1668. Dans l'édition de 1682 on lit: «Qu'il n'aye,» ce qui pourrait bien être une faute d'impression.

[283] Ἐάν τις ἐφεξῆς θῇ ῥήσεις ἠθικὰς καὶ λέξεις καὶ διανοίας εὖ πεποιημένας, οὐ ποιήσει ὃ ᾖν τῆς τραγῳδίας ἔργον. (Aristote, Poétique, chap. VI, 12.)

[284] Var. (édit. de 1660-1668): puisque elle.

[285] Var. (édit. de 1660-1668): pour consulter.

[286] Var. (édit. de 1660-1668): ces.

[287] Ἔστι δὲ πρόλογος μὲν μέρος ὅλον τραγῳδίας τὸ πρὸ χοροῦ παρόδου, ἐπεισόδιον δὲ μέρος ὅλον τραγῳδίας τὸ μεταξὺ ὅλων χορικῶν μελῶν, ἔξοδος δὲ μέρος ὅλον τραγωιδίας μεθ᾽ ὃ οὐκ ἔστι χοροῦ μέλος. (Aristote, Poétique, chap. XII, 2.)]

[288] Πάροδος μὲν ἡ πρώτη λέξις ὅλου χοροῦ. (Ibid.)]

[289] Corneille emploie un peu plus loin (p. 44) l'infinitif concurrer, pour concourir.

[290] Locution proverbiale. Dans le Trésor de la langue françoise de Nicot: «On n'en sait par où prendre» est expliqué par: Non pes, non caput apparet (on n'aperçoit ni pied ni tête). Nous disons encore dans un sens analogue: «On ne sait où se prendre.»

[291] Ces mots se trouvent déjà dans l'édition de 1660, et par conséquent Corneille avait fait dès lors dans le Menteur le changement dont il est ici parlé.

[292] Var. (édit. de 1660): Je voudrois donc que le premier acte contînt si bien le fondement de toutes les actions, qu'il fermât la porte à tout le reste.

[293] Var. (édit. de 1660): Où s'en doit faire la proposition.

[294] La fin de la phrase, depuis: «touchant les intérêts,» manque dans l'édition de 1660.

[295] Var. (édit. de 1660): après la narration écoutée.

[296] Voyez la Poétique, chap. IV, 15, et XVII, 6.

[297] Τοιαῦται δὲ ποιοῦνται ὑπὸ μὲν τῶν φαύλων ποιητῶν δι᾽ αὐτοὺς, ὑπὸ δὲ τῶν ἀγαθῶν διὰ τοὺς ὑποκριτάς. (Aristote, Poétique, chap. IX, 10.)

[298] Var. (édit. de 1660 et de 1663): devoit.

[299] Var. (édit. de 1660-1664): Et quoique feu M. Tristan (voyez la note suivante).—Tristan était mort en 1655.

[300] Cet acteur était Mondory. «Il n'étoit ni grand ni bien fait, dit Tallemant; cependant il se mettoit bien, il vouloit sortir de tout à son honneur, et pour faire voir jusqu'où alloit son art, il pria des gens de bon sens, et qui s'y connoissoient, de voir quatre fois de suite la Mariamne. Ils y remarquèrent toujours quelque chose de nouveau; aussi pour dire le vrai, c'étoit son chef-d'œuvre, et il étoit plus propre à faire un héros qu'un amoureux. Ce personnage d'Hérode lui coûta bon; car comme il avoit l'imagination forte, dans le moment il croyoit être quasi ce qu'il représentoit, et il lui tomba, en jouant ce rôle, une apoplexie sur la langue qui l'a empêché de jouer depuis. Le cardinal de Richelieu l'y obligea une fois, mais il ne put achever.» (Historiettes, tome VII, p. 174.)

Les contemporains ne tarissent pas sur le talent de Mondory dans ce rôle, ni sur l'accident qui vint le frapper au moment où il le remplissait. Le P. Rapin, après avoir parlé, dans ses Réflexions sur la Poétique (IIe partie, chap. XIX), de la singulière folie que causa aux Abdéritains une représentation de l'Andromède d'Euripide, ajoute: «On a vu, même dans ces derniers temps, quelque crayon grossier de ces sortes d'impressions que faisoit autrefois la tragédie. Quand Mondory jouoit la Mariamne de Tristan au Marais, le peuple n'en sortoit jamais que rêveur et pensif, faisant réflexion à ce qu'il venoit de voir et pénétré à même temps d'un grand plaisir.» Dans le Parnasse réformé de Guéret, Montfleury rencontrant Tristan l'apostrophe ainsi: «Vous voudriez, je pense, qu'on ne jouât jamais que Mariamne et qu'il mourût toutes les semaines un Mondory à votre service.»

[301] On lit dans l'édition de 1660: «Je sépare,» pour «j'ai séparé;» dans l'édition de 1663, qui forme, comme nous l'avons dit, deux volumes in-folio: «Comme ce recueil a été séparé en trois volumes dans l'impression qui s'en est faite in-octavo, j'avois séparé....»

[302] Var. (édit. de 1660): Je parlerai.

[303] Var. (édit. de 1660): Je réserve pour le troisième à m'expliquer.

[304] Var. (édit. de 1660): de me servir.

[305] Var. (édit. de 1660-1664): Monsieur de Balzac.—Quand les Discours parurent pour la première fois, en 1660, il n'y avait que cinq ans que Balzac était mort.

[306] Δι᾽ ἐλέου καὶ φόβου περαίνουσα τὴν τῶν τοιούτων παθημάτων κάθαρσιν. (Aristote, Poétique, chap. VI, 2.)

[307] Var. (édit. de 1660): qu'elle doit exciter.

[308] Τι δε λεγομεν την καθαρσιν, νυν μεν ἁπλως, παλιν δ' εν τοις περι Ποιητικης ερουμεν σαφεστερον. (Aristote, Politique, liv. VIII, chap. VII.)

[309] Var. (édit. de 1660 et de 1663): tout entier.

[310] Var. (édit. de 1663 et de 1664): jusques à.

[311] Ἔλεος μὲν περὶ τὸν ἀνάξιον, φόβος δὲ περὶ τὸν ὅμοιον. (Aristote, Poétique, chap. XIII, 2.)

[312] Paul Beni, littérateur et critique italien, né dans l'île de Candie au milieu du seizième siècle, auteur d'un commentaire sur la Poétique d'Aristote, publié à Padoue en 1613, et à Venise en 1623.

[313] Var. (édit. de 1660-1664): jusques à.

[314] Voyez la note [274] de la page 35. L'édition de 1660 porte: Restrainte.

[315] Corneille songe ici au peu de succès de sa tragédie de Théodore (1645); quant à l'autre sujet dont il parle, sujet tiré de la Vie de Pélopidas (chap. XXXVII-XXXIX) et de la troisième des cinq Histoires amoureuses de Plutarque, et que notre poëte regarde avec raison comme peu convenable pour notre théâtre, Alexandre Hardy l'a traité en 1604, sous ce titre: Scédase ou l'Hospitalité violée.

[316] Πρῶτον μὲν δῆλον ὅτι οὔτε τοὺς ἐπιεικεῖς ἄνδρας δεῖ μεταβάλλοντας φαίνεσθαι ἐξ εὐτυχίας εἰς δυστυχίαν· οὐ γὰρ φοβερὸν οὐδὲ ἐλεεινὸν τοῦτο, ἀλλὰ μιαρόν ἐστιν. (Aristote, Poétique, chap. XIII, 2.)

[317] La traduction de Corneille (tout à fait injuste) est trop faible en effet. Le vrai sens est: «chose scélérate, abominable, odieuse.»

[318] Οὔτε τοὺς μοχθηροὺς ἐξ ἀτυχίας εἰς εὐτυχίαν· ἀτραγῳδότατον γὰρ τοῦτό ἐστι πάντων· οὐδὲν γὰρ ἔχει ὧν δεῖ· οὔτε γὰρ φιλάνθρωπον οὔτε ἐλεεινὸν οὔτε φοβερόν ἐστι. (Aristote, Poétique, chap. XIII, 2.)]

[319] Plus haut p. ([28)], toutes les éditions, de 1660 à 1682, s'accordent à donner, dans le même sens: prêt de.

[320] Nous avons suivi le texte de 1660 et de 1663, qui nous paraît être la vraie leçon. On lit dans les éditions de 1664, 1668, 1682: «que la pitié.»

[321] Voyez p. [55] et p. [56.]

[322] Var. (édit. de 1660 et de 1663): Si son père et sa mère ne l'eussent fait exposer, de peur que cela n'arrivât.

[323] On lit ici, dans les éditions de 1660 et de 1663, ce passage retranché dans l'édition de 1664 et dans les suivantes: «Je ne dis pas la même chose de la crainte sans la pitié, parce que je n'en sais point d'exemple, et n'en conçois point d'idée que je puisse croire agréable.»

[324] Voyez sur l'accord des participes chez Corneille, l'introduction grammaticale placée en tête du Lexique.

[325] Var. (édit. de 1660): nous donne encore.

[326] Ἀνάγκη δὴ ἢ φίλων εἶναι πρὸς ἀλλήλους τὰς τοιαύτας πράξεις, ἢ ἐχθρῶν, ἢ μηδετέρων. Ἂν μὲν οὖν ἐχθρὸς ἐχθρόν ἀποκτείνῃ, οὐδὲν ἐλεεινὸν οὔτε ποιῶν οὔτε μέλλων δείκνυσι, πλὴν κατ᾽ αὐτὸ τὸ πάθος· οὐδ᾽ ἂν μηδετέρως ἔχοντες. Ὅταν δ᾽ ἐν ταῖς φιλίαις ἐγγένηται τὰ πάθη, οἷον εἰ ἀδελφὸς ἀδελφὸν, ἢ υἱὸς πατέρα, ἢ μήτηρ υἱὸν, ἢ υἱὸς μητέρα ἀποκτείνει, ἢ μέλλει, ἤ τι ἄλλο τοιοῦτον δρᾷ, ταῦτα ζητητέον. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 4.)]

[327] Et manque dans l'édition de 1663.

[328] Var. (édit. de 1663): le connoît ou ne connoît pas.

[329] Combination, combinaison. Voyez le Lexique.

[330] Ἔστι μὲν γὰρ οὕτω γίνεσθαι τὴν πρᾶξιν ὥσπερ οἱ παλαιοὶ ἐποίουν, εἰδότας καὶ γιγνώσκοντας, καθάπερ καὶ Εὐριπίδης ἐποίησεν ἀποκτείνουσαν τοὺς παῖδας τὴν Μήδειαν. ἔστι δὲ πρᾶξαι μὲν, ἀγνοοῦντας δὲ πρᾶξαι τὸ δεινὸν, εἶθ᾽ ὕστερον ἀναγνωρίσαι τὴν φιλίαν, ὥσπερ ὁ Σοφοκλέους Οἰδίπους. Τοῦτο μὲν οὖν ἔξω τοῦ δράματος. Ἐν δ᾽ αὐτῇ τῇ τραγῳδίᾳ, οἷον ὁ Ἀλκμαίων ὁ Ἀστυδάμαντος, ἢ ὁ Τηλέγονος ὁ ἐν τῷ Τραυματίᾳ Ὀδυσσεῖ. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 6.)—Un passage d'Athénée (liv. XIII, p. 562) nous apprend que cette tragédie d'Ulysse blessé est de Chérémon.

[331] Ἔτι δὲ τρίτον παρὰ ταῦτα τὸ μέλλοντα ποιεῖν τι τῶν ἀνηκέστων δι᾽ ἄγνοιαν ἀναγνωρίσαι πρὶν ποιῆσαι.... λέγω δὲ οἷον ἐν τῶι Κρεσφόντηι ἡ Μερόπη μέλλει τὸν υἱὸν ἀποκτείνειν, ἀποκτείνει δὲ οὔ, ἀλλ᾽ ἀνεγνώρισε, καὶ ἐν τῆι Ἰφιγενείαι ἡ ἀδελφὴ τὸν ἀδελφόν, καὶ ἐν τῆι Ἕλληι ὁ υἱὸς τὴν μητέρα ἐκδιδόναι μέλλων ἀνεγνώρισεν. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 7.)—Il n'est pas besoin de dire qu'il s'agit ici de l'Iphigénie en Tauride d'Euripide; quant au Cresphonte, c'est sans doute la pièce du même poëte dont nous possédons encore quelques fragments (édit. F. Didot, p. 726); pour l'Hellé on manque tout à fait de renseignements.

[332] Τό τε γὰρ μιαρὸν ἔχει, καὶ οὐ τραγικόν. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 7.)

[333] Peut-être Aristote veut-il parler ici de l'Antigone d'Euripide, qui ne nous est point parvenue, plutôt que de celle de Sophocle. Toutefois, dans cette dernière aussi, Hémon, après s'être défendu (v. 753) de faire des menaces à Créon, son père, tire l'épée contre lui, et Créon ne lui échappe que par la fuite (v. 1254).

[334] Voyez plus haut, p. [28.]

[335] Var. (édit. de 1660-1668): leur entreprise.

[336] Var. (édit. de 1660): comme on le souhaite.

[337] J.-B.-Philippe Ghirardelli, né à Rome en 1623, est auteur de deux tragédies: Ottone, représenté au palais Panfili, en 1652, et Il Costantino, publié à Rome en 1653. Celle-ci est la première tragédie italienne écrite en prose; elle fut très-vivement critiquée par Augustin Favoriti, sous le pseudonyme d'Ippolito Schiri Bandolo. Ghirardelli travailla avec tant d'ardeur à la défense de sa pièce qu'il fut saisi d'une fièvre qui l'emporta le 20 octobre 1653.

[338] Bernardin Stefoni ou Stefonio, en latin Stefonius, né en 1560, dans la province de Sabine, et entré en 1580 dans la Société de Jésus, composa des tragédies que ses élèves firent représenter avec un grand succès. Son Crispus parut à Rome en 1601. Stefonio, chargé dans les derniers temps de sa vie de l'éducation des princes d'Éste, mourut à Modène le 8 décembre 1620.

[339] Var. (édit. de 1660): devant ses compatriotes.

[340] On lit ainsi dans les éditions de 1660-1668. L'édition de 1682 porte ce, qui ne donne pas un sens aussi naturel.

[341] Voyez ci-dessus, p. [15.]

[342] Αὐτὸν δὲ εὑρίσκειν δεῖ, καὶ τοῖς παραδεδομένοις χρῆσθαι καλῶς. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 5.)

[343] Var. (édit. de 1660): entre.

[344] Le que manque dans l'édition de 1663, mais c'est évidemment une faute.

[345] Var. (édit. de 1660): «Et je ne me souviens point d'en avoir vu chez nos historiens que celui de Thésée, qui fut reconnu par son père comme il étoit prêt de l'empoisonner. Je sais que l'un et l'autre sentent plus la fable que l'histoire et que par conséquent leur aventure peut avoir été inventée.»—Dans les éditions de 1663-1682 le passage relatif à Thésée a été transporté un peu plus loin. Voyez p. 77, note [352], et p. 112, note [416].

[346] Var. (édit. de 1660 et de 1663): on en peut tirer.

[347] Var. (édit. de 1660 et de 1663): l'a décrit.

[348] Var. (édit. de 1663): celles.

[349] Var. (édit. de 1660-1668): celles.

[350] Nec omnia.... (Annales, liv. III, chapitre LV.)—«Tout ne fut pas mieux autrefois; notre siècle aussi a produit des vertus et des talents dignes d'être un jour proposés pour modèles.»

[351] Var. (édit. de 1663): de tels événements.

[352] Dans l'édition de 1660 ce passage relatif à Thésée se trouve plus haut sous une forme un peu différente (voyez p. 74, note 2). C'est à partir de l'édition de 1663 qu'il a été transporté ici.

[353] Τοὺς μὲν οὖν παρειλημμένους μύθους λύειν οὐκ ἔστι. Λέγω δὲ οἷον τὴν Κλυταιμνήστραν ἀποθανοῦσαν ὑπὸ τοῦ Ὀρέστου, καὶ τὴν Ἐριφύλην ὑπὸ τοῦ Ἀλκμαίωνος. (Aristote, Poétique, chap. XIV, 5.)

[354] Art poétique, v. 185, 186.

[355] Var. (édit. de 1660): devant le peuple.

[356] Quodcumque.... (Horace, Art poétique, v. 188.)

[357] Var. (édit. de 1660-1668): ce qui.

[358] Var. (édit. de 1660 et de 1663): Où il lui fit trouver la mort qu'il lui destinoit.

[359] Voyez la fin de l'Électre de Sophocle.

[360] Var. (édit. de 1660 et de 1663): de nos anciens.

[361] Φανερὸν δὲ ἐκ τῶν εἰρημένων καὶ ὅτι οὐ τὸ τὰ γενόμενα λέγειν, τοῦτο ποιητοῦ ἔργον ἐστὶν, ἀλλ᾽ οἷα ἂν γένοιτο, καὶ τὰ δυνατὰ κατὰ τὸ εἰκὸς ἢ τὸ ἀναγκαῖον. (Aristote, Poétique, chap. IX, 1.)

[362] Particulièrement au chapitre XV, où ils sont répétés trois fois de suite.

[363] Ἐπεὶ γάρ ἐστι μιμητὴς ὁ ποιητὴς, ὥσπερ ἂν ἢ ζωγράφος ἤ τις ἄλλος εἰκονοποιὸς, ἀνάγκη μιμεῖσθαι τριῶν ὄντων τὸν ἀριθμὸν ἕν τι ἀεί· ἢ γὰρ οἷα ἦν ἢ ἔστιν, ἢ οἷά φασι καὶ δοκεῖ, ἢ οἷα εἶναι δεῖ. (Aristote, Poétique, chap. XXV, 1.)

[364] Var. (édit. de 1660 et de 1663): De la manière qu'il les décrit.

[365] Πρὸς δὲ τούτοις ἐὰν ἐπιτιμᾶται ὅτι οὐκ ἀληθῆ, ἀλλ᾽ οἷα δεῖ.... Εἰ δὲ μηδετέρως, ὅτι οὕτω φασὶν, οἷον τὰ περὶ θεῶν.... Ἴσως δὲ οὐ βέλτιον μὲν, ἀλλ᾽ οὕτως εἶχε. Προς δε τουτοις εαν επιτιμαται ὁτι ουκ αληθη, αλλ'ὁια δει.... Ει δε μηδετερως, ὁτι ὁυτω φασιν, ὁιον τα περι θεων.... Ισως δε ου βελτιον μεν, αλλ' ουτως ειχε. (Aristote, Poétique, chap. XXV, 6 et 7.)]

[366] Il n'y a sur ce sujet dans le premier Discours qu'un passage fort peu important (voyez p. 41); mais la question est traitée tout au long dans les Examens, notamment dans celui de la Galerie du Palais.

[367] Var. (édit. de 1660 et de 1663): ou ne troublent.

[368] Ces trois derniers mots manquent dans l'édition de 1660.

[369] Var. (édit. de 1660): de s'écarter.

[370] Var. (édit. de 1660): J'anticipe l'examen d'Horace pour en donner des exemples.

[371] Var. (édit. de 1660): tout à la fois.

[372] Var. (édit. de 1660): Cinna peut nous fournir des exemples.

[373] Τὰ δὲ γενόμενα, φανερὸν ὅτι δυνατά· οὐ γὰρ ἂν ἐγένετο, εἰ ἦν ἀδύνατα. (Aristote, Poétique, chap. IX, 6.)

[374] Τὰ μὲν οὖν μὴ γενόμενα οὔπω πιστεύομεν εἶναι δυνατά. (Ibid.)—Corneille a tort de dire «ajoute;» ces mots viennent dans Aristote avant la citation précédente.

[375] Jean Barclay, né à Pont-à-Mousson en 1582, écrivit à Rome son roman allégorique intitulé Argenis, dans lequel il raconte sous des noms supposés les intrigues politiques de la cour de France. Il le dédia à Louis XIII le 1er juillet 1621, et mourut le 12 août suivant.

[376] Εἰ δὲ τὸ προελέσθαι μὴ ὀρθῶς, ἀλλὰ τὸν ἵππον ἄμφω τὰ δεξιὰ προβεβληκότα ἢ τὸ καθ᾽ ἑκάστην τέχνην ἁμάρτημα, οἷον τὸ κατ᾽ ἰατρικὴν ἢ ἄλλην τέχνην, ἢ ἀδύνατα πεποίηται ὁποιαοῦν, οὐ καθ᾽ ἑαυτήν. (Aristote, Poétique, chap. XXV, 4.)

[377] Πρῶτον μὲν γὰρ, ἂν τὰ πρὸς αὐτὴν τὴν τέχνην ἀδύνατα πεποίηται, ἡμάρτηται. Ἀλλ᾽ ὀρθῶς ἔχοι, εἰ τυγχάνοι τοῦ τέλους τοῦ αὑτῆς.... Εἰ μέντοι τὸ τέλος ἢ μᾶλλον ἢ ἧττον ἐνεδέχετο ὑπάρχειν καὶ κα! τὰ τὴν περὶ τούτων τέχνην ἡμαρτῆται, οὐκ ὀρθῶς· δεῖ γὰρ, εἰ ἐνδέχεται, ὅλως μηδαμῇ ἡμαρτῆσθαι. (Ibid., 5.)

[378] Voyez Aristote, Poétique, chap. XVIII, 6.

[379] Εἰκὸς γὰρ καὶ παρὰ τὸ εἰκὸς γενέσθαι. (Aristote, Poétique, chapitre XXV, 17; voyez aussi chap. XVIII, 6.)

[381] Προαιρεῖσθαί τε δεῖ ἀδύνατα εἰκότα μᾶλλον ἢ δυνατὰ ἀπίθανα. (Ibid., chap. XXIV, 10.)

[381] Var. (édit. de 1660): Se soient passées.

[382] Mettre à quartier, mettre à l'écart, mettre de côté.

[383] Traditive, tradition, chose apprise par tradition.

[384] Le mot et ne se trouve pas dans l'édition de 1660.

[385] Var. (édit. de 1660-1664): jusques où.

[386] Horace, Art poétique, v. 338.

[387] Var. (édit. de 1660-1664): jusques à celles.

[388] Horace, Art poétique, v. 51.

[389] Var. (édit. de 1660): de seize pièces de théâtre.

[390] Voyez plus haut, p. [42] et suivantes.

[391] Διαφέρει γὰρ πολὺ γίνεσθαι τάδε διὰ τάδε, ἢ μετὰ τάδε. (Aristote, Poétique, chap. X, 3.)

[392] Ταῦτα δὲ δεῖ γίνεσθαι ἐξ αὐτῆς τῆς συστάσεως τοῦ μύθου, ὥστε ἐκ τῶν προγεγενημένων συμβαίνειν ἢ ἐξ ἀνάγκης ἢ κατὰ τὸ εἰκὸς γίγνεσθαι ταῦτα. (Aristote, Poétique, chap. X, 3.)

[393] George Buchanan, poëte et historien, né en 1506 à Kilkerne, en Écosse, mort à Édimbourg, le 28 septembre 1582, est auteur de deux tragédies latines: un Jephté qu'il dédia en 1554 au maréchal de Brissac, et qui fut traduit par Pierre Brinon, conseiller au Parlement de Normandie, et divisé par lui en sept actes, et un Saint Jean-Baptiste.

[394] Grotius, dont le véritable nom est Hugues de Groot, né à Delft le 10 avril 1583 et mort dans la nuit du 28 au 29 août 1645, est célèbre comme érudit et comme publiciste. Il a écrit trois tragédies latines: la première sur la chute d'Adam, Adamus exsul; la seconde sur la Passion, Christus patiens; la troisième sur l'élévation de Joseph, Sophompaneas, c'est-à-dire le Sauveur du monde.

[395] Daniel Heinsius, illustre philologue, né à Gand en 1580, mort à Leyde le 23 février 1665, est auteur d'un Herodes infanticida, vivement critiqué par Balzac, mais qui n'en fut pas moins fort admiré.

[396] Dans les éditions publiées par Pierre Corneille on lit ici et un peu plus loin, au lieu de ce nom, celui de Timante, autre personnage d'Andromède; mais c'est par suite d'une confusion évidente. Elle n'a pas échappé à Thomas Corneille; en 1692 il a corrigé ce passage, et son texte a été suivi par tous les éditeurs.

[397] Τὰ μὲν ἔξωθεν καὶ ἔνια τῶν ἔσωθεν πολλάκις ἡ δέσις, τὸ δὲ λοιπὸν ἡ λύσις. Λέγω δὲ δέσιν μὲν εἶναι τὴν ἀπ᾽ ἀρχῆς μέχρι τούτου τοῦ μέρους ὃ ἔσχατόν ἐστιν, ἐξ οὗ μεταβαίνει εἰς δυστυχίαν ἢ εἰς εὐτυχίαν, λύσιν δὲ τὴν ἀπὸ τῆς ἀρχῆς τῆς μεταβάσεως μέχρι τέλους. (Aristote, Poétique, chapitre XVIII, 1.)

[398] Var. (édit. de 1660 et de 1663): de ce qui s'est fait il y a dix ou douze ans.

[399] Voyez plus haut, p. [28].

[400] Vers 974.

[401] Vers 1279.

[402] Var. (édit. de 1660-1664): On peut même n'y faire autre chose que, etc.

[403] Var. (édit. de 1660 et de 1663): Qu'on va représenter et qui a quelquefois commencé longtemps auparavant.

[404]

Neve minor, neu sit quinto productior actu
Fabula....

(Horace, Art poétique, v. 189, 190.)

[405] Var. (édit. de 1660-1664): Il avoit besoin d'un effort d'esprit pour y rappeler ce qu'il avoit déjà vu.

[406] Ici, contre l'usage le plus ordinaire de Corneille, on lit ait, au lieu de la forme aye, qui est à la ligne précédente. Le mot est imprimé de même, avec cette double orthographe aye et ait, dans les éditions de 1660-1668.

[407] Var. (édit. de 1660): le deuxième acte.

[408] Voyez le chapitre XXVI de la Poétique.

[409] Var. (édit. de 1660-1664): et la représenter.

[410] Ces indications se trouvent effectivement imprimées à la marge dans la plupart des premières éditions des pièces séparées et dans l'édition in-folio du Théâtre de Corneille (1663).

[411] En général Corneille a plus développé ces indications de mise en scène dans la première édition de chacune de ses pièces que dans les réimpressions qu'il en a faites.

[412] Var. (édit. de 1660): des comédiens des provinces.

[413] Voyez la scène III du Ve acte de Rodogune.

[414]414: Ἡ μὲν γὰρ ὅτι μάλιστα πειρᾶται ὑπὸ μίαν περίοδον ἡλίου εἶναι ἢ μικρὸν ἐξαλλάττειν. (Aristote, Poétique, chap. V, 4.)

[415] Dans ce passage restreindre est écrit ainsi; mais dans l'édition de 1663 il y a rétraindre, comme plus haut (voyez p. 35 et note 2).

[416] Voyez les Suppliantes d'Euripide, v. 598-634. Du reste Éthra ne dit rien et ne fait qu'écouter le chœur divisé en deux parties.

[417] C'est le texte de toutes les éditions données par P. Corneille et encore de celle qui a été publiée par son frère en 1692.

[418] Corneille a bonne mémoire: le héraut qui précède Agamemnon et annonce sa venue raconte assez longuement la tempête à laquelle il a échappé. Voyez l'Agamemnon d'Eschyle, v. 650 et suivants.

[419] Var. (édit. de 1668): si l'on.

[420] Var. (édit. de 1660-1664): Qui ne fait que l'importuner.... et qu'il le puisse trouver aisément, s'il y veut prendre garde, sans y appliquer son esprit malgré lui.—Le changement fait en 1682 était une correction nécessaire; dans les premières éditions de ce discours, Corneille avait construit la phrase comme si, au commencement du paragraphe, il avait employé le mot auditeur au singulier, et non au pluriel.

[421] Telle est l'orthographe de Corneille. Voyez le Lexique.

[422] Dans l'Examen de Mélite (p. [141)], qui précède le présent Discours dans les éditions données par Corneille. Voyez la note [210] de la p. 13.

[423] Var. (édit. de 1660): sans actions.

[424] Var. (édit. de 1660): et dans mes deux premiers volumes.

[425] Var. (édit. de 1660): Vous n'en trouverez de cette nature que celui d'Horace, etc.

[426] Devant les mots: «Celui de Rodogune, etc.,» l'édition de 1660 ajoute: «Ce dernier (volume) en a trois, celui de Rodogune, etc.»

[427] Var. (édit. de 1660-1668): Mais comme je viens de dire.

[428] Nous avons adopté la leçon des éditions de 1660-1668; elle nous paraît préférable à celle de l'édition de 1682, où on lit: «l'unité du jour.»

[429] Corneille a bien fait de supposer que l'acteur va en poste, car, en employant les moyens de transport habituels, il lui aurait alors fallu quatre jours pour aller et venir. C'est ce que prouve le passage suivant d'un placard publié par M. Ph. Salmon dans les Archives du bibliophile du libraire Claudin (8e année, 1860, no 33, p. 357):

«De par le Roi,

«On fait à savoir que les coches et carrosses de Paris à Rouen, et de Rouen à Paris, logent présentement à la rue Saint-Denis devant l'Hôtel Saint-Chaumont où pend pour enseigne l'image sainte Marguerite; et à Rouen à la Truie qui file rue Martainville. Et commenceront les premiers départs le vingt-troisième mars mil six cent quarante-sept, cinq heures du matin précisément, pour arriver aux dits lieux en deux jours.

[430] Var. (édit. de 1660-1668): pour ne dire impossible.

[431] Var. (édit. de 1660-1668): afin de chercher.

[432] Var. (édit. de 1660 et de 1663): on n'en changeât.

[433] Le mot est écrit ainsi dans toutes les éditions, de 1660 à 1682.

[434] Var. (édit. de 1660 et de 1663): nos.

[435] Var. (édit. de 1660): toutes les pièces de ce volume.

[436] Dans l'édition de 1660, le Discours se termine par le paragraphe suivant: «Au reste, je viens de m'apercevoir qu'en la page XXXIV du Discours que j'ai mis au-devant du second volume (voyez plus haut, p. 74, note 2), je me suis mépris, et ai cité pour un sujet de tragédie de la seconde espèce, comme Œdipe, l'exemple de Thésée, qui manifestement se doit ranger entre ceux de la troisième, tels que l'Iphigénie in Tauris. C'est un effet d'un peu de précipitation, qui ne rompt point le raisonnement en ce lieu-là; mais j'ai cru en devoir avertir le lecteur, afin qu'il ne s'y méprenne pas comme moi.»

[437] Article X, p. 89.

[438] Œuvres diverses, 1738, p. 144.

[439] Théâtre choisi de Corneille, Paris, Hachette, 1848, in-12, p. IV.

[440] Voyez plus haut, p. 16, note [223].

[441] Dédicace de Mélite, p. 135.

[442] Page 183.

[443] Octobre 1684.

[444] Roger du Plessis, seigneur de Liancourt, près de Clermont en Beauvoisis, naquit en 1599. En 1620 il épousa Jeanne de Schomberg, alors âgée de vingt ans. Mariée contre son gré deux ans auparavant à François de Cossé, comte de Brissac, elle s'était opposée à la consommation de cette union, qui avait été rompue sous prétexte d'impuissance. Belle, aimable, spirituelle, elle eût brillé à la cour, si sa piété ne l'en eût éloignée. Elle n'épargna rien pour faire partager à son mari son goût pour la retraite et ses convictions religieuses. Il était brave et plein de cœur, «mais il avoit pris les mœurs ordinaires des courtisans de son âge: l'amour du jeu, du luxe, des amusements et la galanterie.» Cependant il aimait fort la campagne, et la compagnie des personnes de mérite. Sa femme fit faire à Liancourt d'admirables jardins et «attacha à sa maison des gens d'esprit, savants, d'humeur et de conversation agréable.» La dédicace de Mélite nous apprend que M. de Liancourt avait assisté aux premières représentations de cette pièce; celle de la Galerie du Palais, adressée à Mme de Liancourt, nous montre qu'elle n'avait point vu cette dernière comédie (représentée pour la première fois en 1634). Déjà les deux époux vivaient fort retirés, et lorsqu'en 1643 M. de Liancourt fut fait duc de la Roche-Guyon, sa conversion était complète. La duchesse mourut le 14 juin 1674; son mari ne lui survécut que sept semaines. Nous avons tiré presque tous ces détails de l'Avertissement que l'abbé Boileau a placé en tête d'un petit traité religieux de Mme de Liancourt, qu'il a publié sous le titre de Réglement donné par une dame de haute qualité à M*** (la princesse de Marsillac), sa petite-fille.... Paris, Augustin Leguerrier, 1698, in-12. Nous avons consulté aussi l'historiette que Tallemant des Réaux a consacrée à Mme de Liancourt.

[445] Var. (édit. de 1657): que vous en fassiez état.

[446] Les mots «après l'avoir sue,» et cinq lignes plus bas «de bouche,» manquent dans l'édition de 1648.

[447] L'Épître à Monsieur de Liancour se trouve dans toutes les éditions antérieures à 1660; les deux pièces suivantes, l'avis Au lecteur et l'Argument, ne sont que dans celle de 1633.

[448] Dans les éditions données par Corneille à partir de 1660, on trouve, à la suite de chacun des Discours, l'Examen des poëmes contenus en cette première (seconde, troisième) partie. L'examen de chaque ouvrage forme ainsi comme un chapitre particulier dans l'Examen des pièces de chaque volume, mais non une dissertation distincte. Thomas Corneille, qui le premier a séparé les examens en 1692, a été obligé parfois de modifier le texte pour faire disparaître les traces de cette continuité de rédaction (voyez la première note de l'examen de la Suite du Menteur). Il est inutile d'ajouter que tous les éditeurs ont agi de même. Sans les imiter en cela, nous séparons comme eux les divers examens, mais nous les mettons en tête de chaque pièce, au lieu de ne les faire venir qu'à la suite. Il y a deux motifs pour procéder ainsi: d'abord l'exemple de Corneille qui, nous venons de le dire, plaça les examens avant les pièces, ensuite la nécessité de rapprocher ces examens des Avertissements, Préfaces, avis Au lecteur, avec lesquels ils ont les plus grands rapports et dont ils ne sont même souvent que des éditions remaniées.—Corneille n'a pas composé d'examens pour ses dernières pièces, à partir d'Othon inclusivement. Pour combler cette lacune, on a, dans les anciennes éditions de la Quatrième partie, réuni en tête du volume les préfaces des tragédies qui y sont contenues.

[449] Var. (édit. de 1660-1664): de feu M. Hardy.—Il était mort vers 1630. Les frères Parfait citent un plaidoyer de 1632 en faveur de sa veuve: voyez Histoire du théâtre françois, tome IV, p. 4.

[450] Var. (édit. de 1660 et de 1663): et n'étoient pas.

[451] Var. (édit. de 1660-1664): jusques alors.

[452] Var. (édit. de 1660): et que.

[453] «J'ai peine encore à comprendre comment on a pu souffrir le cinquième de Mélite et de la Veuve,» a déjà dit Corneille dans le Discours de l'utilité et des parties du poëme dramatique, p. 28. Quelques pages plus haut, dans ce discours, il a fait au contraire l'éloge d'une scène du IVe acte.

[454] Var. (édit. de 1660-1668): et me contentai.

[455] Voyez plus haut, p. [109], le Discours des trois unités, qui, dans les éditions données par Corneille, est placé en tête du second volume de son Théâtre.

[456] Voyez ci-dessus, p. 114, et note [422].

[457] Dans l'édition de 1633: Les acteurs.

[458] Les éditions antérieures à 1660 placent Cliton après la Nourrice.

[459] Var.[459-a] Parmi tant de rigueurs n'est-ce pas chose étrange
Que rien n'est assez fort pour me résoudre au change?
Jamais un pauvre amant ne fut si mal traité,
Et jamais un amant n'eut tant de fermeté:
Mélite a sur mes sens une entière puissance;
Si sa rigueur m'aigrit, ce n'est qu'en son absence,
Et j'ai beau ménager dans un éloignement. (1633-57)

[459-a] Les chiffres qui sont à la fin des variantes, entre parenthèses, marquent les dates des éditions d'où elles sont tirées. Le premier chiffre seul est entier; il faut suppléer 16 devant les suivants. 1633-57 signifie que la variante se trouve dans toutes les éditions publiées de 1633 à 1657 inclusivement.

Les variantes trop longues pour figurer au bas des pages sont données à la suite de la pièce.

[460] Var. Un seul de ses regards l'étouffe et le dissipe,
Un seul de ses regards me séduit et me pipe. (1633-57)

[461] Var. Et d'un tel ascendant maîtrise ma raison
Que je chéris mon mal et fuis ma guérison. (1633)

[462] Var. N'est rien qu'un vent qui souffle et rallume ma flamme. (1633)
Var. N'est rien qu'un imposteur qui rallume ma flamme. (1644-57)
Var. N'est qu'un doux imposteur qui rallume ma flamme. (1660)

[463] Var. Et reculant toujours ce qu'il semble m'offrir. (1633-60)

[464] Var. Ne t'imagine pas que dessus ta parole. (1633-57)

[465] Var. Ses dédains sont cachés, encor que continus,
Et d'autant plus cruels que moins ils sont connus. (1633)
Var. Ses dédains sont cachés, bien que continuels,
Et moins ils sont connus, et plus ils sont cruels. (1644-57)

[466] Var. Puisqu'étant inconnus, on n'y peut compatir. (1660)

[467] Var. [Ne me fait pas trouver mon martyre plus doux:]
Sa hantise me perd, mon mal en devient pire,
Vu que loin d'obtenir le bonheur où j'aspire,
Parler de mariage à ce cœur de rocher. (1633-57)

[468] Var. Arrêtent en un lieu si peu considérable
D'une chaste moitié le choix invariable. (1633-60)

[469] Var. Tu serois incivil, la voyant chaque jour,
De ne lui tenir pas quelques propos d'amour. (1663 et 64)

[470] Var. Et ne lui tenir pas quelques propos d'amour. (1633-57 et 68)
Var. Et ne lui tenir pas quelque propos d'amour. (1660)

[471] Var. Où de meilleurs partis.... (1633-54)
Var. Où des meilleurs partis.... (1657)

[472] Var. D'avoir à prendre avis d'une sale[472-a] avarice;
Je ne sache point d'or capable de mes vœux
Que celui dont Nature a paré ses cheveux. (1633-57)

[472-a] L'édition de 1657 donne, par erreur sans doute, seule, au lieu de sale.

[473] Var. C'est là qu'un jeune oiseau doit s'apprendre à parler. (1633-57)

[474] Var. Il faut feindre du mal, demander guérison. (1633-64)

[475] Var. Passe pour des beautés qui soient dans le commun. (1633-60)

[476] Var. Que le souverain bien gît à la posséder. (1633-60)

[477] Var. Le jour qu'elle naquit, Vénus, quoiqu'immortelle. (1633-64)

[478] Var. Les Grâces au séjour qu'elles faisoient aux cieux
Préférèrent l'honneur d'accompagner ses yeux. (1633)
Var. Les Grâces aussitôt descendirent des cieux. (1644-57)

[479] Var. Voulut à tout le moins loger sur son visage.
Tirs.[479-a] Te voilà bien en train; si je veux t'écouter,
Sur ce même ton-là tu m'en vas bien conter.
[Pauvre amant, je te plains, qui ne sais pas encore.] (1633-57)

[479-a] Il y a Tirsis, au lieu de Tircis, dans toutes les éditions antérieures à 1660.

[480] Var. Tel au bout de ce temps la souhaite bien loin. (1633-57)

[481] Var. La beauté n'y sert plus que d'un fantasque soin. (1633-54)
Var. La beauté ne sert plus que d'un fantasque soin. (1657)

[482] Var. A troubler le repos de qui se formalise. (1633)
Var. A troubler le repos de qui se scandalise. (1644-57)

[483] Var. S'il advient qu'à ses yeux quelqu'un la galantise. (1633-57)

[484] Var. Ce n'est plus lors qu'un aide à faire un favori. (1633-60)

[485] Corneille ne distingue pas l'orthographe appât (appâts) et appas, dont nous faisons deux mots. Il écrit appas dans tous les sens, tant au singulier qu'au pluriel.

[486] Var. S'attacher pour jamais au côté[486-a] d'une femme. (1633-54)

[486-a] Dans l'édition de 1657: «aux côté d'une femme.» La faute est-elle à l'article ou au nom, et faut-il lire au côté ou aux côtés?

[487] Var. Quand leur nombre importun accable la maison. (1633-57)

[488] Var. C'est en vain que l'on fuit, tôt ou tard on s'y brûle. (1633-57)

[489] Var. Toi-même qui fais tant du cheval échappé. (1660-63)

[490] Var. Un jour nous te verrons songer au mariage. (1633-60)

[491]

Var. La beauté, les attraits, le port, la bonne mine,
Échauffent bien les draps, mais non pas la cuisine. (1633)

[492] Var. Pour quelques bonnes nuits, a bien de mauvais jours. (1633-57)

[493] Var. [Dessus des fondements de si peu de durée.]
C'est assez qu'une femme ait un peu d'entregent,
La laideur est trop belle étant teinte en argent. (1633)

[494] L'or même à la laideur donne un teint de beauté, a dit plus tard Boileau dans sa VIIIe satire.

[495] En marge, dans l'édition de 1633: Mélite paroît.

[496] Var. Tant de charmants appas, tant de divins attraits. (1633-57)

[497] Var. Que tu seras contraint d'avouer à ta honte,
Que si je suis un fou, je le suis à bon conte[497-a]. (1633)

[497-a] Conte, compte. C'est l'orthographe constante de Corneille (voyez p. 9, note 1). Nous la conservons à la rime.

[498] Var. Ne me saura tourner contre la vérité. (1633-57)

[499] Var. Au péril de vous faire une histoire importune,
Je viens vous raconter ma mauvaise fortune:
Ce jeune cavalier, autant qu'il m'est ami,
Autant est-il d'Amour implacable ennemi,
Et pour moi, qui depuis que je vous ai servie
Ne l'ai pas moins prisé qu'une seconde vie,
Jugez si nos esprits, se rapportant si peu,
Pouvoient tomber d'accord et parler de son feu.
[Je me suis donc piqué contre sa médisance.] (1633-57)

[500] Var. Entre nos deux esprits ait semé le discord. (1660-64)

[501] Var. Que les droits de l'amour, bien que pleins d'équité. (1633-57)

[502] Var. Et je l'amène à vous, n'ayant plus que répondre. (1633)

[503] Var. Et ne fait de l'amour une meilleure estime. (1633-57)

[504] Var. Ce reproche sans cause, inopiné, m'étonne. (1633-57)

[505] Peut-être Molière se rappelait-il ce passage lorsqu'il faisait dire à Agnès:

Mes yeux ont-ils du mal pour en donner au monde?
(L'École des Femmes, acte II, sc. VI.)

[506] Var. A pervertir son cours pour croître mon supplice. (1633-64)

[507] Var. D'ordinaire on n'a pas avec si bon visage. (1633-57)

[508] Var. Ni l'âme ni le cœur en un tel équipage. (1633)
Var. Ni l'âme ni le cœur en si triste équipage. (1644-57)

[509] Var. Votre divin aspect suspendant mes douleurs. (1633-60)

[510] Var. Et vous n'en conservez qu'à faute de vous voir. (1633-44 et 52-57)

[511] Var. Ce qu'Amour dans les cœurs peut lui seul imprimer. (1633-63)

[512] Var. Encor cette légère et foible connoissance. (1633-60)

[513] Var. Vous mettra hors de pair de toutes les beautés. (1657 et 60)

[514] Var. Mais plutôt son secours fait voir qu'il s'en défie. (1633-57)

[515] Les éditions de 1668 et de 1682 donnent d'avec. Nous n'avons pas hésité à y substituer avec, qui est la leçon de toutes les autres éditions.

[516] Var. J'ai reconnu mon tort auprès de vos appas. (1633)

[517] Var.Ainsi ma prophétie
Est, à ce que je vois, de tout point réussie.
TIRS. Si tu pouvois produire en elle un même effet. (1633-63)

[518] Var. Mais outre qu'il m'est doux de m'entendre flatter,
Ma mère qui m'attend m'oblige à vous quitter. (1633-57)

[519] Var. De qui seule dépend et mon aise et ma peine. (1633-57)

[520] Var. Mais ta muse du moins s'en lairra suborner;
N'est-il pas vrai, Tirsis, déjà tu la disposes
A de puissants efforts pour de si belles choses? (1663-57)

[521] Var. Garde aussi que tes feux n'outre-passent la rime. (1633-57)

[522] Var. Si jamais ce penser entre dans mon courage! (1633-57)

[523] Var. [Ton crime officieux porteroit son excuse;]
Mais n'importe, sachons. PHIL.Ton bel œil vainqueur. (1633-57)

[524] Var. Je recherche par où tu me pourras déplaire. (1633-57)

[525] Var. Mais je n'en puis trouver un seul qui ne me plaise.
CLOR. Et moi dans mes défauts encor suis-je bien aise
Qu'ainsi tes sens trompés te forcent désormais
A chérir ta Cloris et ne changer jamais. (1633-57)

[526] Var. De quoi rendre constant l'homme le plus volage. (1633-68)

[527] Var. Tu m'en vas tant conter de ma perfection,
Qu'à la fin j'en aurai trop de présomption.
PHIL. S'il est permis d'en prendre à l'égal du mérite,
Tu n'en saurois avoir qui ne soit trop petite.
CLOR. Mon mérite est si peu.... PHIL.Tout beau, mon cher souci;
C'est me désobliger que de parler ainsi[527-a].
Nous devons vivre ensemble avec plus de franchise:
Ce refus obstiné d'une louange acquise
M'accuseroit enfin de peu de jugement,
D'avoir tant pris de peine et souffert de tourment,
Pour qui ne valoit pas l'offre de mon service[527-b].
CLOR. A travers tes discours si remplis d'artifice
Je découvre le but de ton intention:
C'est que, te défiant de mon affection,
Tu la veux acquérir par une flatterie.
Philandre, ces propos sentent la moquerie. (1633-57)

[527-a] Vois que c'est m'offenser que de parler ainsi. (1648)

[527-b] Pour qui ne vaudroit pas l'offre de mon service. (1648)

[528] Var. Épargne-moi, de grâce, et songe, plus discret,
Qu'étant belle à tes yeux, plus outre je n'aspire. (1633-68)

[529] Var. Que tu sais dextrement adoucir mon martyre! (1633-63)

[530] Var. A peine mon esprit ose croire à mes sens. (1633-57)

[531] Var. On peut voir quelque chose aussi beau comme toi. (1633-64)

[532] Var. Que ceux qu'il a reçus de ton divin portrait. (1633-60)

[533] Var. Et qui tout aussitôt que tu te fais paroître,
Afin de te mieux voir se met à la fenêtre. (1648)

[534] Var. Dois-je prendre ceci pour de l'argent comptant?
Oui, Philandre, et mes yeux t'en vont montrer autant. (1633-57)

[535] Var. Nos brasiers tous pareils ont mêmes étincelles.(1633-64)

[536] Var. Cependant un baiser accordé par avance
Soulageroit beaucoup ma pénible souffrance.
CLOR. Prends-le sans demander, poltron, pour un baiser[536-a]
Crois-tu que ta Cloris te voulût refuser?

SCÈNE V.
TIRSIS, PHILANDRE, CLORIS.

TIRS.[536-b] Voilà traiter l'amour justement bouche à bouche;
C'est par où vous alliez commencer l'escarmouche?
Encore n'est-ce pas trop mal passé son temps.
[PHIL. Que t'en semble, Tirsis?] (1633-57)

[536-a] Le pourrai-je obtenir?
CLOR. Pour si peu qu'un baiser. (1644-57)

[536-b] En marge, dans l'édition de 1633: Il les surprend sur ce baiser.

[537] Var. Je pense ne pouvoir vous être qu'importun,
Vous feriez mieux un tiers que d'en accepter un. (1633)

[538] Var. [Te désoblige fort de ce qu'elle n'arrive.]
Cette légère amorce, irritant tes desirs,
Fait que l'illusion d'autres meilleurs plaisirs
Vient la nuit chatouiller ton espérance avide,
Mal satisfaite après de tant mâcher à vide.
[CLOR. Ta belle humeur te tient, mon frère.] (1633)

[539] Var. Le cœur t'en dit ailleurs. (1657 et 63-68)

[540] Var.Dis-le, je t'en conjure. (1633-57)
Var.Dis tôt, je t'en conjure. (1660)

[541] Var. Trouve encore après moi qui le puisse surprendre. (1657)

[542] Expression proverbiale, qui vient de ce que les duellistes ne gardaient que leur pourpoint lorsqu'ils se battaient. «Quelquefois même ils mettoient pourpoint bas, dit Furetière dans son Dictionnaire, pour montrer qu'ils se battoient sans supercherie.» Voyez la première variante de la page 195. [651]

[543] Var. Continuez les jeux que j'ai....
CLOR. Tout beau, gausseur,
Ne t'imagine point de contraindre une sœur,
N'importe qui l'éclaire en ces chastes caresses;
Et pour te faire voir des preuves plus expresses
Qu'elle ne craint en rien ta langue, ni tes yeux[543-a],
Philandre, d'un baiser scelle encor tes adieux.
PHIL. Ainsi vienne bientôt cette heureuse journée,
Qui nous donne le reste en faveur d'Hyménée.
TIRS. Sa nuit est bien plutôt ce que vous attendez,
Pour vous récompenser du temps que vous perdez[543-b]. (1633-57)

[543-a] Qu'elle ne craint ici ta langue, ni tes yeux. (1644-57)

[543-b] L'acte finit ici dans les éditions indiquées.

[544] Var. Retenant Cloris. (1660)

[545] Var. Je l'avois bien prévu que cette âme infidèle. (1633-57)

[546] Var. Même dès leur abord, je lus sur son visage. (1633-57)

[547] Var. [Me donna les avis de ce que j'ai perdu;]
Mais hélas! qui pourroit gauchir sa destinée[547-a]?
Son immuable loi dans le ciel burinée
Nous fait si bien courir après notre malheur,
Que j'ai donné moi-même accès à ce voleur:
Le perfide qu'il est me doit sa connoissance;
C'est moi qui l'ai conduit et mis en sa puissance;
C'est moi qui l'engageant à ce froid compliment,
Ai jeté de mes maux le premier fondement.
[Depuis, cette volage évite ma rencontre.] (1633-57)

[547-a] Mais il faut que chacun suive sa destinée. (1644-57)

[548] Var. Presques à tous moments le ramène en lui-même. (1633-68)

[549] Var. Que les moins avisés verroient ses passions. (1633-60)

[550] Var. Cependant chaque jour au babil attachés. (1633-57)
Var. Cependant chaque jour aux discours attachés. (1660-68)

[551] Var. Sus donc, perds tout respect et tout soin de lui plaire,
Et rends dessus le champ ta vengeance exemplaire.
Non, il vaut mieux s'en rire, et pour dernier effort. (1633-57)

[552] Var. De laisser perdre ainsi la belle occasion. (1648)

[553] Var. Vous savez que son âme en est trop dépourvue. (1657)

[554] Var. [Toutefois, ce dit-on, depuis qu'il vous a vue,]
Ses chemins par ici s'adressent tous les jours,
Et ses plus grands plaisirs ne sont qu'en vos discours.
MÉL. Et ce n'est pas aussi sans cause qu'il les prise,
Puisqu'outre que l'amour comme lui je méprise,
Sa froideur, que redouble un si lourd entretien. (1633-57)

[555] Var. Il ne tardera guère à changer de langage. (1633-57)

[556] Var. Vraiment, c'est bien à vous que j'en dois rendre conte[556-a].
ÉR. Aussi j'ai seulement pour vous un peu de honte. (1633-57)

[556-a] Voyez la note [497] relative à la première variante de la page 150.

[557] Var. Qu'on murmure partout du trop de privauté. (1633-60)

[558] Var. C'est là donc ce qu'enfin me gardoit ta malice. (1633-57)
Var. C'est là donc ce qu'enfin me gardoit mon caprice. (1660)

[559] Var. Tu me préfères donc un traître qui te flatte?
Inconstante beauté, lâche, perfide, ingrate,
De qui le choix brutal se porte au plus mal fait;
Tu l'estimes à faux, tu verras à l'effet,
Par le peu de rapport que nous avons ensemble,
Qu'un honnête homme et lui n'ont rien qui se ressemble
Que dis-je, tu verras? Il vaut autant que mort:
Ma valeur, mon dépit, ma flamme en sont d'accord.
Il suffit; les destins bandés à me déplaire
Ne l'arracheroient pas à ma juste colère.
Tu démordras, parjure, et ta déloyauté
Maudira mille fois sa fatale beauté.
Si tu peux te résoudre à mourir en brave homme,
Dès demain un cartel l'heure et le lieu te nomme.
Insensé que je suis! hélas, où me réduit
Ce mouvement bouillant dont l'ardeur me séduit?
Quel transport déréglé! Quelle étrange échappée!
Avec un affronteur mesurer mon épée!
C'est bien contre un brigand qu'il me faut hasarder,
Contre un traître qu'à peine on devroit regarder!
Lui faisant trop d'honneur, moi-même je m'abuse;
C'est contre lui qu'il faut n'employer que la ruse:
[Il fut toujours permis de tirer sa raison
D'une infidélité par une trahison.]
Vis doncques, déloyal, vis, mais en assurance
Que tout va désormais tromper ton espérance,
Que tes meilleurs amis s'armeront contre toi,
Et te rendront encor plus malheureux que moi.
J'en sais l'invention, qu'un voisin de Mélite
Exécutera trop aussitôt que prescrite.
Pour n'être qu'un maraud, il est assez subtil.

SCÈNE IV.
ÉRASTE, CLITON.

ÉR. Holà! hau! vieil ami. CLIT. Monsieur, que vous plaît-il?
ÉR. Me voudrois-tu servir en quelque bonne affaire?
CLIT. Dans un empêchement fort extraordinaire,
Je ne puis m'éloigner un seul moment d'ici.
ÉR. Va, tu n'y perdras rien, et d'avance voici
Une part des effets qui suivent mes paroles.
CLIT. Allons, malaisément gagne-t-on dix pistoles[559-a]! (1633-57)

[559-a] Après ce vers commence, sous le titre de scène V, notre scène IV, entre Tircis et Cloris.

[560] Ce mot est toujours écrit ainsi par Corneille, qui ne fait en cela que se conformer à l'usage général de son temps. Voyez le Lexique.

[561] Ce sonnet, composé, d'après Thomas Corneille, avant la comédie elle-même (voyez ci-dessus, p. 126), a été imprimé pour la première fois en 1632, à la page 147 des Meslanges poetiques qui suivent Clitandre. Ce texte primitif ne présente qu'une variante sans importance; le vers 487 commence ainsi:

Et quoiqu'elle ait, etc.

[562] Var. De la langue, des yeux, n'importe qui t'accuse. (1657 et 60)

[563] C'est-à-dire qui t'avait captivé. Franchise, dans le sens de liberté. Voyez le Lexique.

[564] Var. Dedans cette maîtresse aucun embrasement. (1633-60)

[565] Var. Qu'Éraste m'en retire et s'oppose à Mélite. (1633)

[566] Var. Mais ce n'est pas ainsi qu'on m'en baille à garder. (1633-57)

[567] Var. C'est seulement alors qu'il n'y a rien du nôtre[567-a]. (1657-63)

[567-a] Au sujet de cette leçon, qui figure, comme on le voit, dans plusieurs éditions, on lit dans les Fautes notables survenues pendant l'impression (édit. de 1663, tome I, p. LX): «Qu'il n'y a rien,» lisez: «qu'il n'y va rien.»

[568] Var. Un chacun à soi-même est son meilleur ami. (1633-57)

[569] Var. En dépit de tes feux n'emporte ta maîtresse. (1633)

[570] Var. Vaine frayeur pourtant dont je veux te guérir.
TIRS. M'en guérir!
CLOR. Laisse faire: Éraste sert Mélite,
Non pas? mais depuis quand[570-a]?
TIRS. Depuis qu'il la visite
Deux ans se sont passés. CLOR. Mais dedans ses discours
Parle-t-il d'épouser?TIRS. Oui, presque tous les jours.
CLOR. Donc, sans l'appréhender, poursuis ton[570-b] entreprise;
Avecque tout son bien Mélite le méprise.
[Puisqu'on voit sans effet deux ans d'affection]. (1633-57)
Var. Ce sont vaines frayeurs dont je te veux guérir. (1660)

[570-a] Mais sais-tu depuis quand? (1654)

[570-b] Son pour ton, dans l'édition de 1657, est évidemment une faute.

[571] Var. On prend au premier bond les hommes de sa sorte[571-a].
De crainte qu'à la longue ils n'éteignent leur feu[571-b].
TIRS. Mais il faut redouter une mère. CLOR. Aussi peu.
TIRS. Sa puissance pourtant sur elle est absolue.

[571-a] On prend au premier bond les hommes de la sorte. (1652-57)
On prend soudain au mot les hommes de la sorte. (1660)

[571-b] De peur qu'avec le temps ils n'éteignent leur feu. (1644-57)
CLOR. Oui, mais déjà l'affaire en seroit résolue,
Et ton rival auroit de quoi se contenter. (1633-57)

[572] Var. Pour de si bons avis il faut que je te baise. (1633)

[573] Var. Moi, je m'en vais dans le logis attendre. (1633-57)

[574] Var. Un baiser refusé lui fera souvenir. (1633-48)
Var. Un moment de froideur le fera souvenir. (1663 et 64)

[575] Var. Il baille une lettre à Cliton. (1633, en marge.)—Il lui donne une lettre. (1663, en marge.)

[576] Var. Cours vite chez Philandre, et dis-lui que Mélite
A dedans ce papier sa passion décrite. (1633-57)

[577] Var. Un feu qui la consomme et qu'elle tient si cher. (1633 et 48-57)

[578] Var. Mais avec ton message
Tâche si dextrement de tourner son courage. (1633-64)

[579] Var. Ma tête sur ce point me servira de plége[579-a]. (1657)

[579-a] De caution, de gage. Voyez le Lexique.

[580] En marge, dans l'édition de 1633: Cliton rentre.

[581] Var. Ces âmes du commun font tout pour de l'argent,
Et sans prendre intérêt au dessein de personne,
Leur service et leur foi sont à qui plus leur donne.
Quand ils sont éblouis de ce traître métal,
Ils ne distinguent plus le bien d'avec le mal;
Le seul espoir du gain règle leur conscience.
Mais tu reviens bientôt, est-ce fait? CLIT. Patience,
Monsieur; en vous donnant un moment de loisir,
Il ne tiendra qu'à vous d'en avoir le plaisir. (1633-57)

[582] En marge, dans l'édition de 1633: Cliton ressort brusquement.

[583] Var. Monsieur; il ne vous faut qu'un moment de loisir. (1660-68)

[584] En marge, dans l'édition de 1633: Philandre paroît et Éraste se cache.

[585] Ces mots manquent dans les éditions de 1633, de 1644 et de 1652-60; ils sont remplacés, dans celle de 1648, par ceux-ci: cependant qu'Éraste est caché.

[586] Var. Ce qu'un homme jamais ne s'oseroit promettre;
Ouvrez-la seulement. PHIL. Tu n'es rien qu'un conteur. (1633-57)

[587] Ainsi dans les éditions de 1633-48, de 1657 et de 1682; aye dans celles de 1652, de 1654 et de 1660-68.—Voyez plus haut, p. 109, note [406].

[588] Var. Cependant que Philandre lit, Éraste s'approche par derrière, et feignant d'avoir lu par-dessus son épaule, il lui saisit la main encore pleine de la lettre toute déployée. (1633, en marge.)—Il feint d'avoir lu la lettre par-dessus l'épaule de Philandre. (1663, en marge.)

[589] Var. Portoit nos deux esprits à s'entre-négliger,
Si bien que je cherchois par où m'en dégager. (1633-57)

[590] Var. Si ton feu commence à te lasser. (1633)
Var. Si ton feu commence à se lasser. (1644-57)

[591] Var. Pour un si bon ami tu peux y renoncer. (1633-57)
Var. Tu peux le retirer pour un si bon ami. (1660-64)

[592] Var. Tout ce que je puis faire à son brasier naissant. (1633-68)

[593] Var. C'est de le revancher par un zèle impuissant. (1633-57)

[594] Var. De tourner ce qu'elle a de flamme vers son frère. (1633-57)

[595] Var. Mais la peux-tu juger à l'autre comparable?
PHIL. Soit comparable ou non, je n'examine pas. (1633-57)

[596] Var. J'ai promis d'aimer l'une, et c'est où je m'arrête.
ÉR. Avise toutefois, le prétexte est honnête. (1633-57)

[597] Var.Ce mieux gît en richesse.
PHIL. O le sale motif à changer de maîtresse!
ÉR. En amour.PHIL. Ma Cloris m'aime si chèrement
Qu'un plus parfait amour ne se voit nullement.
ÉR. Tu le verras assez, si tu veux prendre garde. (1633-57)

[598] A l'insu. Voyez le Lexique.

[599] Var. N'ont rien qui soit bastant d'ébranler ma constance. (1633)

[600] Var. Il dit ce dernier vers comme à l'oreille de Cliton, et rentre, tous deux chacun de leur côté. (1633, en marge.)—A Cliton, tout bas. (1644-60)

[601] A la place du mot seul ou seule, après le nom d'un personnage, on lit constamment, en marge, dans l'édition de 1663: Il est seul, elle est seule. Nous n'avons remarqué qu'une exception à cet usage. La première fois que cette indication se trouve dans Mélite, c'est-à-dire à la fin de la scène III du Ier acte, l'édition de 1663 ne porte en marge que le mot même du texte: seul.

[602] Var. Ce sonnet que pour toi je promis d'entreprendre. (1633-60)

[603] Var. Elle paroît au travers d'une jalousie, et dit ces vers cependant qu'Éraste lit le sonnet tout bas. (1633, en marge.)—Elle les regarde à travers une jalousie cependant qu'Éraste lit le sonnet. (1663, en marge.)

[604] En marge, dans l'édition de 1633: Il montre du doigt la fin de son sonnet à Éraste.

[605] Var. A ce divin objet dont ton âme est blessée. (1633-57)

[606] Var. Feignant de lui rendre son sonnet, il le fait choir et Tirsis le ramasse. (1633, en marge.) Il lui rend le sonnet. (1663, en marge.)

[607] En marge, dans l'édition de 1633: Mélite se retire de la jalousie et descend.

[608] Var. Hélas! et le moyen de lui pouvoir parler. (1633-57)

[609] Var. Que d'un petit coup d'œil l'aise m'est cher vendue! (1633-57)

[610] Var. Ses regards pleins de feux s'entendent avec moi. (1633-68)

[611] Dans les éditions antérieures à 1660, cette scène et la précédente n'en forment qu'une.

[612] Dans certains exemplaires de l'édition de 1633, notamment dans celui de la Bibliothèque impériale qui est marqué Y 3801 +A , ce vers est dit par Mélite et non par Tircis, dont le couplet ne commence qu'au vers suivant.

[613] Var. Et c'est de là que vient cette fuite impourvue. (1633)

[614] C'est-à-dire, suivant le sens étymologique du mot, ne détournerait pas. Voyez le Lexique.

[615] Var. Bien que ce soit un heur où prétendre je n'ose. (1633-57)

[616] Volontés sujettes, volontés soumises à une mère. La réponse de Mélite éclaircit parfaitement ce que cette expression pourrait avoir d'obscur.

[617] Var. Consultez seulement avecque vos appas. (1633-57)
Var. Consultez en vous-même un moment vos appas. (1660)

[618] Var. Avoir sur tout le monde un pouvoir si suprême. (1633-57)

[619] Var. Je m'en voudrois remettre à son commandement. (1633-60)

[620] Var. [Dispensent mon devoir de ces formalités.]
TIRS. Souffre donc qu'un baiser cueilli dessus ta bouche
M'assure entièrement que mon amour te touche.
MÉL. Ma parole suffit.
TIRS. Ah! j'entends bien que c'est:
Un peu de violence en t'excusant te plaît.
MÉL. Folâtre, j'aime mieux abandonner la place,
Car tu sais dérober avec si bonne grâce
Que bien que ton larcin me fâche infiniment,
Je ne puis rien donner à mon ressentiment.
TIRS. Auparavant l'adieu reçois de ma constance
Dedans ce peu de vers l'éternelle assurance.
MÉL. Garde bien ton papier, et pense qu'aujourd'hui. (1633-48)

[621] Var. [Mélite veut te croire autant et plus que lui][621-a].
TIRSIS. Il lui coule le sonnet dans le sein, comme elle se dérobe[621-b].
Par ce refus mignard qui porte un sens contraire,
Ton feu m'instruit assez de ce que je dois faire.
O ciel! je ne crois pas que sous ton large tour
Un mortel eut jamais tant d'heur ni tant d'amour. (1633-48)

[621-a] Mélite te veut croire autant et plus que lui. (1652-64)

[621-b] TIRSIS, lui coulant le sonnet dans le bras. (1644 et 48)

[622] Var. TIRCIS, seul. (1652-60)

[623] Var. Tu l'as gagné, Mélite; il ne m'est plus possible
D'être à tant de faveurs désormais insensible. (1633-57)

[624] Var. Ont charmé tous mes sens de leurs douces promesses. (1633-60)

[625] Var. Un portrait que je veux tellement effacer. (1660)

[626] Var. [Qu'elle puisse gagner au change autant que moi.]
Dites-lui de ma part que depuis que le monde
Du milieu du chaos tira sa forme ronde,
C'est la première fois que ces vieux ennemis,
Le change et la raison, sont devenus amis;
[Dites-lui que Mélite, ainsi qu'une Déesse.] (1633)

[627] Var. Tu me fais trop d'honneur en cette confidence. (1633-60)

[628] Var. [Si l'on peut par tes yeux lire dans ton courage,]
Je ne croirai jamais qu'à force de rêver
Au sujet de ta joie, on le puisse trouver:
[Rien n'atteint, ce me semble, aux signes qu'ils en donnent.] (1633-57)

[629] Var. Belle, honnête, gentille, et dont l'esprit charmant. (1633-57)

[630] Var. Je ne crains pas cela du côté de Mélite. (1633-57)

[631] Var. Dont le feu, gourmandé par une adroite feinte. (1633)

[632] Qui se laisse prendre à.... tromper par....

[633] Var. Fussent d'intelligence avecque le visage. (1633-60)

[634] Peut-être cette prononciation était-elle en usage lorsque la pièce fut représentée pour la première fois, mais elle était certainement abandonnée lorsque Corneille publiait les dernières éditions de son théâtre. Voyez le Lexique.

[635] Var. Doncques, si ta raison ne se trouve déçue. (1633-57)

[636] Var. Et qui te fait juger son amour si parfaite.
TIRS. Une parfaite amour a trop de truchements. (1633-57)

[637] Var. Un clin d'œil, un soupir.... (1633)

[638] Var. Ces choses ridicules
Ne servent qu'à piper des âmes trop crédules. (1633-57)

[639] Var. Les douceurs que la belle, à tout autre[639-a] farouche,
T'a laissé dérober sur ses yeux, sur sa bouche,
Sur sa gorge, où, que sais-je? TIRS. Ah! ne présume pas
Que ma témérité profane ses appas,
Et quand bien j'aurois eu tant d'heur, ou d'insolence,
Ce secret, étouffé dans la nuit du silence,
N'échapperoit jamais à ma discrétion.
PHIL. Quelques lettres du moins pleines d'affection
Témoignent son ardeur? TIRS. Ces foibles témoignages
D'une vraie amitié sont d'inutiles gages;
Je n'en veux et n'en ai point d'autre que sa foi[639-b].
PHIL. Je sais donc bien quelqu'un plus avancé que toi.
TIRS. Plus avancé que moi? j'entends qui tu veux dire,
Mais il n'a garde d'être en état de me nuire:
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'Éraste a son congé.
PHIL. Celui dont je te parle est bien mieux partagé.
TIRS. Je ne sache que lui qui soupire pour elle. (1633-57)

[639-a] On lit dans toutes les éditions indiquées: toute autre, pour tout autre.

[639-b] Je n'en veux et n'en ai point d'autres que sa foi. (1644-57)

[640] Var. J'en connois donc quelqu'un plus avancé que toi. (1663)

[641] Tenir en cervelle, inquiéter, tenir dans l'inquiétude. Voyez le Lexique.

[642] Var. Aussi la pauvre Mélite ne la croit posséder que par faveur. (1633-57)

[643] Affronter, tromper avec audace.

[644] Var. Et par un gentil trait il t'a pris pour moi-même,
D'autant que ce n'est qu'un de deux parfaits amis. (1633-57)

[645] Var. Et pour ton intérêt dextrement te méprendre. (1633-57)

[646] Var. C'est par là qu'il t'en plaît? oui-da; j'en ai reçu
Encore une, qu'il faut que je te restitue.
TIRS. Dépêche, ta longueur importune me tue. (1633-57)

[647] Var. Crois-tu que celle-là s'adresse encore à toi? (1633-57)

[648] Var. Qu'à tes suasions Mélite osant manquer
A ce qu'elle a promis, ne s'en fait que moquer?
Qu'oubliant tes serments, déloyal tu subornes
[Un amour qui pour moi devoit être sans bornes?] (1633-57)

[649] Suborner, séduire, appliqué ainsi aux passions, aux sentiments, est fréquent dans Corneille. Voyez le Lexique.

[650] Var. Avise à te défendre; un affront si cruel
Ne peut se réparer à moins que d'un duel:
[Il faut que pour tous deux ta tête me réponde.] (1633-57)

[651] Var. [Quant à moi, ton trépas me coûteroit trop cher:]
Il me faudroit après, par une prompte fuite,
Éloigner trop longtemps les beaux yeux de Mélite.
TIRS. Ce discours de bouffon ne me satisfait pas:
Nous sommes seuls ici; dépêchons, pourpoint bas[651-a].
PHIL. Vivons plutôt amis, et parlons d'autre chose.
TIRS. Tu n'oserois, je pense. PHIL.Il est tout vrai, je n'ose
Ni mon sang ni ma vie en péril exposer.
Ils ne sont plus à moi: je n'en puis disposer.
Adieu: celle qui veut qu'à présent je la serve
Mérite que pour elle ainsi je me conserve.

SCÈNE III.
TIRSIS.

Quoi! tu t'enfuis, perfide, et ta légèreté. (1633-57)

[651-a] Voyez p. 161, note [542].

[652] Var. [Peux-tu m'abandonner ses faveurs sans mourir?]
Si de les plus garder ton peu d'esprit se lasse,
Viens me dire du moins ce qu'il faut que j'en fasse.
Ne t'en veux-tu servir qu'à me désabuser?
N'ont-elles point d'effet qui soit plus à priser?
[O lettres, ô faveurs indignement placées.] (1633)

[653] Var. Je ne sais qui des trois vous diffamez le plus,
De moi, de ce perfide, ou bien de sa maîtresse;
Car vous nous apprenez qu'elle est une traîtresse,
Son amant un poltron, et moi sans jugement,
De n'avoir rien prévu de son déguisement.
Mais que par ses transports ma raison est surprise!
Pour ce manque de cœur qu'à tort je le méprise!
(Hélas! à mes dépens je le puis bien savoir)
Quand on a vu Mélite on n'en peut plus avoir[653-a].
Fuis donc, homme sans cœur, va dire à ta volage
Combien sur ton rival ta fuite a d'avantage,
Et que ton pied léger ne laisse à ma valeur
Que les vains mouvements d'une juste douleur.
Ce lâche naturel qu'elle fait reconnoître
Ne t'aimera pas moins étant poltron que traître.
Traître et poltron! voilà les belles qualités
Qui retiennent les sens de Mélite enchantés.
Aussi le falloit-il que cette âme infidèle,
[Changeant d'affection, prît un traître comme elle,]
Et la jeune rusée a bien su rechercher[653-b]
Un qui n'eût sur ce point rien à lui reprocher,
Cependant que, leurré d'une fausse apparence,
Je repaissois de vent ma frivole espérance.
Mais je le méritois, et ma facilité
Tentoit trop puissamment son infidélité[653-c].
Je croyois à ses yeux, à sa mine embrasée[653-d],
A ces petits larcins pris d'une force aisée.
Hélas! et se peut-il que ces marques d'amour
Fussent de la partie en un si lâche tour?
Auroit-on jamais vu tant de supercherie,
Que tout l'extérieur ne fût que piperie?
[Non, non, il n'en est rien: une telle beauté.] (1633-57)

[653-a] Ces quatre vers: «Mais que par, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.

[653-b] Et cette humeur légère a bien su rechercher. (1644-57)

[653-c] Ces quatre vers: «Cependant que, leurré, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.

[653-d] Cependant je croyois à sa mine embrasée. (1644-57)

[654] Var. Son oracle reçu, je m'en tins assuré. (1633)

[655] Var. Vous voulez me trahir, vous voulez m'abuser: J'ai sa parole en gage et de plus un baiser. (1633-57)

[656] Var. C'est en vain que mon feu ces doutes me suggère. (1633-57)

[657] Var. Je vois très-clairement qu'elle est la plus légère. (1648-57)

[658] Var. Les serments que j'en ai s'en vont au vent jetés,
Et ces traits de sa plume ici me sont restés,
Qui dépeignant au vif son perfide courage,
Remplissent de bonheur Philandre, et moi de rage. (1633-57)

[659] Var. Et ces traits de sa plume, osant encor parler,
Laissent entre mes mains une honteuse image. (1660)

[660] Var. Oui, j'enrage, je crève, et tous mes sens troublés. (1633)

[661] Var. D'un excès de douleur succombent accablés. (1633-60)

[662] Var. [Que je ne puis plus vivre avec un tel martyre:]
Aussi ma prompte mort le va bientôt finir;
Déjà mon cœur outré ne cherchant qu'à bannir
Cet amour qui l'a fait si lourdement méprendre,
Pour lui donner passage, est tout prêt de se fendre[662-a];
Mon âme par dépit tâche d'abandonner
Un corps que sa raison sut si mal gouverner.
Mes yeux, jusqu'à présent couverts de mille nues,
S'en vont les distiller en larmes continues,
Larmes qui donneront pour juste châtiment
A leur aveugle erreur un autre aveuglement;
Et mes pieds, qui savoient sans eux, sans leur conduite,
Comme insensiblement me porter chez Mélite,
Me porteront sans eux en quelque lieu désert,
En quelque lieu sauvage à peine découvert,
Où ma main, d'un poignard, achèvera le reste,
Où pour suivre l'arrêt de mon destin funeste,
Je répandrai mon sang, et j'aurai pour le moins
Ce foible et vain soulas en mourant sans témoins,
Que mon trépas secret fera que l'infidèle
Ne pourra se vanter que je sois mort pour elle. (1633-57)

[662-a] Ces quatre vers: «Aussi ma prompte mort, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.

[663] Var. Tu manques à la fois de poumon et d'haleine. (1633-60)

[664] Var. Quel accident nouveau te brouille ainsi les sens? (1633-57)

[665] Var. En nos chastes amours de nous deux on se moque. (1633-60)

[666] Var. Adieu, ma sœur, adieu; je ne peux plus parler. (1633)

[667] Var. Lis, puis, si tu le peux, tâche à te consoler. (1633-57)

[668] Var. Non, non, quand j'aurai su ce qui te fait mourir,
Si bon me semble alors, je te lairrai courir. (1633-57)

[669] Var. Elle lit les lettres que Tirsis lui avoit données. (1633, en marge.)—Elle lit les lettres qu'il lui a données. (1663, en marge.)

[670] Var. Apprends que les discours des filles mieux sensées. (1633-60)

[671] Qui vaille la servir, qui vaille qu'on la serve.

[672] Var. Tant d'autres te sauront en sa place ravir,
Avec trop plus d'attraits que cette écervelée. (1633-57)

[673] Var. Par les premiers venus qui flattant ses beautés. (1633-57)

[674] Var. Ainsi Damon lui plut, Aristandre, et Géronte;
Éraste après deux ans n'en a pas meilleur conte. (1633-57)

[675] Voyez ci-dessus, p. 150, la note [497] relative à la première variante.

[676] Var. Et peut-être demain (tant elle aime le change!). (1633-57)

[677] Var. Ce n'est qu'une coquette, une tête à l'évent,
Dont la langue et le cœur s'accordent peu souvent,
A qui les trahisons deviennent ordinaires,
Et dont tous les appas sont tellement vulgaires. (1633-57)

[678] Var. Penses-tu, m'amusant avecque des sottises,
Par tes détractions rompre mes entreprises?
Non, non, ces traits de langue épandus vainement
Ne m'arrêteroient pas encore un seul moment. (1633-57)

[679]

Var. C'est toujours témoigner que leur vaine inconstance
Est pour nous émouvoir de trop peu d'importance.
Aussi ne veux-je pas le retenir d'aller,
Et si d'autres que moi ne le vont rappeler,
Il usera ses jours à courtiser Mélite;
Outre que l'infidèle a si peu de mérite,
Que l'amour qui pour lui m'éprit si follement. (1633-57)

[680] Var. Dans la même sottise une autre embarrassée. (1633-57)

[681] Var. Je meure, s'il n'est vrai que la plupart du monde. (1633)

[682] Var. Elle verra bientôt, quoi qu'elle se propose,
Qu'elle n'a pas gagné, ni moi perdu grand'chose.
Ma perte me console, et m'égaye à l'instant. (1633-57)

[683] Voyez au Complément des variantes, p. [251.]

[684] Var. Je les viens de surprendre, et j'y pourrois encore. (1660)

[685] Var. Mais tu n'as pas loisir. Toutefois si tu veux. (1660-64)

[686] Var. Il reconnoît les lettres. (1663, en marge.)[686-a]

[686-a] Voyez plus loin, p. [252] et p. [253], quelle est la variante de ce jeu de scène dans l'édition de 1633, et celle du jeu de scène suivant dans les éditions de 1644-57.

[687] Var. Elle les resserre. (1663, en marge.)

[688] Telle est l'orthographe de ce mot dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille. Voyez le Lexique.

[689] Un des personnages de la Veuve (acte III, sc. III, note [1443]) parle de la comédie de Mélite et mentionne

Le discours de Cloris quand Philandre la quitte.

[690] Var. [M'accuse injustement d'être trop peu discrète.]
MÉL. Vraiment tu me poursuis avec trop de rigueur:
Que te puis-je conter, n'ayant rien sur le cœur?
LA NOURR. Un chacun fait à l'œil des remarques aisées,
Qu'Éraste, abandonnant ses premières brisées,
Pour te mieux témoigner son refroidissement,
Cherche sa guérison dans un bannissement.
Tu m'en veux cependant ôter la connoissance;
Mais si jamais sur toi j'eus aucune puissance,
Par ce que tous les jours en tes affections
Tu reçois de profit de mes instructions[690-a],
Apprends-moi ce que c'est. MÉL. Et que sais-je, Nourrice,
Des fantasques ressorts qui meuvent son caprice?
Ennuyé d'un esprit si grossier que le mien,
[Il cherche ailleurs peut-être un meilleur entretien.] (1633-57)

[690-a] Dans l'édition de 1657, probablement par erreur:

Parce que tous les jours, en tes affections,
Tu reçois du profit de mes instructions.

[691] Var. Rembrase assez souvent une âme dégagée. (1633-57)

[692] Dispenser à.... accorder la dispense, la permission nécessaire pour faire quelque chose, autoriser à....

[693] Var. D'un bien dont un dédain fait mieux savoir le prix. (1633-57)

[694] Var. Faire qu'aux vœux de tous son visage réponde. (1633-57)

[695] Var. Leur faire bonne mine, et souffrir leur discours. (1633, 44 et 52-57)
Var. Leur montrer bonne mine, et souffrir leur discours.

[696]
Var. [Et paroissent ensemble entrer en concurrence:]
Ainsi lorsque plusieurs te parlent à la fois,
En répondant à l'un, serre à l'autre les doigts,
Et si l'un te dérobe un baiser par surprise,
Qu'à l'autre incontinent il soit en belle prise;
Que l'un et l'autre juge, à ton visage égal,
Que tu caches ta flamme aux yeux de son rival.
Partage bien les tiens, et surtout sache feindre,
De sorte que pas un n'ait sujet de se plaindre. (1633-57)

[697] Var. Tiens bon, et cède enfin, puisqu'il faut que tu cèdes,
A qui paiera le mieux le bien que tu possèdes. (1633-57)

[698] Var. [Promptement le motif de cette maladie.]
MÉL. Tirsis est ce motif. LA NOURR. Ce jeune cavalier!
Son ami plus intime et son plus familier!
[N'a-ce pas été lui qui te l'a fait connoître?] (1633-57)

[699] Var. Et si dans ce jourd'hui je l'avois écarté,
Tu verrois dès demain Éraste à mon côté.
LA NOURR. J'ai regret que tu sois la pomme de discorde. (1633-57)

[700] Var. Auprès de sa splendeur toute autre est trop petite. (1633-57)

[701] On lit dans l'édition de 1633: tu te places, pour tu le places; mais c'est évidemment une faute d'impression.

[702] L'édition de 1633 porte, mais ce doit être aussi une faute:

Et d'un riche honteux la richesse suivie.

[703] Var.Qu'avecque tout son bien
Un jaloux dessus moi n'obtiendra jamais rien.(1633-60)

[704] Var. [Et rentre, que je parle à la sœur de Tirsis:]
Je la vois qui de loin me fait signe et m'appelle.
[LA NOURR. Peut-être elle t'en veut dire quelque nouvelle.]
MÉL. [Rentre, sans t'informer de ce qu'elle prétend.] (1633-57)

[705] Mettre en cervelle, inquiéter. Voyez plus haut, p. 192, note [641].

[706] Var. Qu'aux fourbes qu'on leur fait je ne puis consentir. (1633-57)

[707] Var. Mais pour m'en repentir j'ai fait un trop beau choix. (1633-60)

[708] La leçon de 1657:

C'est l'homme qui de tous l'a mérité le moins,

est certainement une faute d'impression.

[709] Var. Mais je m'étonne fort que vous l'osez blâmer,
Vu que pour votre honneur vous devez l'estimer. (1633-57)

[710] Var. Après cela jugez si je le peux haïr. (1633)
Var. Jugez après cela si je le puis haïr. (1644-57)

[711] Var. Puisque sa trahison m'est un grand témoignage. (1633-57)

[712] Var. Vraiment c'est un pouvoir dont vous usez fort mal,
Le poussant à me faire un tour si déloyal. (1633-57)

[713] Var. Quoi! son devoir l'oblige à l'infidélité!
CLOR. N'allons point rechercher tant de subtilité. (1633-57)

[714] Var. Sur un serment commun d'être un jour sa moitié. (1633-57)

[715] Var. Doncques, pour me railler. (1633-57)

[716] Var. Doncques, pour m'éblouir, une âme déloyale. (1633-57)

[717] Voyez plus haut, p. 194, note [649].

[718] L'édition de 1664 donne: vous croiriez, pour vous croirez, ce qui est sans doute une faute d'impression.

[719] Var. Vous en voulez bien croire au moins votre écriture. (1633-57)

[720] Var. Veut savoir par avant le nom de l'imposteur,
Afin que cet affront retombe sur l'auteur.
CLOR. Vous voulez m'affiner; mais c'est peine perdue:
Mélite, que vous sert de faire l'entendue?
La chose étant si claire, à quoi bon la nier? (1633-57)

[721] Var. C'est le brave Lisis, qui tout triste et pensif,
A ce qu'on peut juger, montre un deuil excessif. (1633-57)

[722] Var. Pouvez-vous demeurer auprès d'une personne
Digne pour ses forfaits que chacun l'abandonne?
Quittez cette infidèle, et venez avec moi. (1633-57)

[723] Var. Dedans ce désespoir a rendu sa belle âme.
MÉL. Hélas! soutenez-moi; je n'en puis plus, je pâme. (1633-57)

[724] Les mots: à Lisis, manquent dans les éditions de 1633-60.

[725] Var. Si proche du logis, il vaut mieux l'y porter. (1657)

[726] On lit en marge, dans l'exemplaire de l'édition de 1633 dont il a été parlé à la note [612] de la page 183: Cliton et la Nourrice emportent Mélite pâmée en son logis, où Cloris les suit, appuyée sur Lisis.

[727] Var. CLORIS, à Lisis. (1633, dans l'exemplaire de la Bibliothèque impériale, cité à la note [726] précédente, et 1644-60.)

[728] Var. Mais à quelle raison leurs âmes désunies. (1633-63)

[729] Var. Fuyez de mon penser, inutiles remords;
J'en ai trop de sujet de leur être contraire:
Cloris m'offense trop, étant sœur d'un tel frère. (1633-57)

[730] Var. [N'a que la peine due à sa crédulité.]
Allons donc sans scrupule, allons voir cette belle;
Faisons tous nos efforts à nous rapprocher d'elle,
Et tâchons de rentrer en son affection,
Avant qu'elle ait rien su de notre invention[730-a].
Cliton sort de chez elle.

SCÈNE VI.
ÉRASTE, CLITON.

ÉR. Eh bien! que fait Mélite?
[CLIT. Monsieur, tout est perdu: votre fourbe maudite.] (1633-57)

[730-a] Avant qu'elle ait rien su de notre intention. (1654)

[731] Var. Monsieur, il est tout vrai: le moment déplorable. (1633-60)

[732] Var. Ce pair d'amants sans pair est sous la sépulture. (1633-57)
Var. Ces malheureux amants treuvent la sépulture. (1660)

[733] Var. Tu m'oses donc flatter, et ta sottise estim
M'obliger en taisant la moitié de mon crime? (1633-57)

[734] Var. Achève tout d'un trait: dis que maîtresse, ami. (1633-57)

[735] Var. Par ma fraude a perdu la lumière des cieux. (1633-57)

[736] Var. [Falsifié, trahi, séduit, assassiné,]
Que j'ai toute une ville en larmes convertie:
[Tu n'en diras encor que la moindre partie.]
Mais quel ressentiment! quel puissant déplaisir!
Grands Dieux! et peuvent-ils jusque-là nous saisir,
Qu'un pauvre amant en meure, et qu'une âpre tristesse
Réduise au même point après lui sa maîtresse?
CLIT. Tous ces discours ne font.... ÉR. Laisse agir ma douleur,
Traître, si tu ne veux attirer ton malheur:
Interrompre son cours, c'est n'aimer pas ta vie.
La mort de son Tirsis me l'a doncques ravie!
[Je ne l'avois pas su, Parques, jusqu'à ce jour.] (1633-57)

[737] Var. [Il vous pût commander d'unir aussi leurs trames;]
J'ignorois que, pour être exemptes de ses coups,
Vous souffrissiez qu'il prît un tel pouvoir sur vous.
[Vous en relevez donc, et vos ciseaux barbares]
Tranchent comme il lui plaît les choses les plus rares!
Vous en relevez donc, et pour le flatter mieux
Vous voulez comme lui ne vous servir point d'yeux!
Mais je m'en prends à vous, et ma funeste ruse,
Vous imputant ces maux, se bâtit une excuse;
J'ose vous en charger, et j'en suis l'inventeur,
Et seul de ces malheurs[737-a] le détestable auteur.
Mon courage, au besoin se trouvant trop timide
Pour attaquer Tirsis autrement qu'en perfide,
Je fis à mon défaut combattre son ennui,
Son deuil, son désespoir, sa rage, contre lui.
Hélas! et falloit-il que ma supercherie
Tournât si lâchement son amour en furie?
Falloit-il, l'aveuglant d'une indiscrète erreur,
Contre une âme innocente allumer sa fureur?
Falloit-il le forcer à dépeindre Mélite
Des infâmes couleurs d'une fille hypocrite[737-b]?
[Inutiles regrets, repentirs superflus.] (1633-57)

[737-a] Les éditions de 1633 et de 1644 donnent, mais par erreur sans doute: «ses malheurs,» pour «ces malheurs.»

[737-b] Les quatre derniers vers, depuis: «Falloit-il, l'aveuglant, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.

[738] Var. Et que par ma main propre un juste sacrifice
De mon coupable chef venge mon artifice[738-a].
Avançons donc, allons sur cet aimable corps
Éprouver, s'il se peut, à la fois mille morts.
D'où vient qu'au premier pas je tremble, je chancelle?
Mon pied, qui me dédit, contre moi se rebelle.
[Quel murmure confus! et qu'entends-je hurler?] (1633-57)

[738-a] Ces deux vers, ainsi que les vers 1301 et 1302 du texte, manquent dans les éditions de 1644-57.

[739] Var. Et dont les neuf remplis ceignent ces tristes lieux,
Ne te colère point contre mon insolence,
[Si j'ose avec mes cris violer ton silence.]
Ce n'est pas que je veuille, en buvant de ton eau,
Avec mon souvenir étouffer mon bourreau;
Non, je ne prétends pas une faveur si grande;
Réponds-moi seulement, réponds à ma demande:
As-tu vu ces amants? Tirsis est-il passé?
Mélite est-elle ici? Mais que dis-je? insensé!
Le père de l'oubli, dessous cette onde noire,
Pourroit-il conserver tant soit peu de mémoire?
Mais de rechef que dis-je? Imprudent! je confonds
Le Léthé pêle-mêle et ces gouffres profonds;
Le Styx, de qui l'oubli ne prit jamais naissance,
De tout ce qui se passe a tant de connoissance,
Que les Dieux n'oseroient vers lui s'être mépris.
Mais le traître se tait, et tenant ces esprits
Pour le plus grand trésor de son funeste empire,
De crainte de les perdre, il n'en ose rien dire.
Vous donc, esprits légers, qui, faute de tombeaux. (1633-57)

[740] Var. Dites, et je promets d'employer mon crédit. (1633-60)

[741] Var. Monsieur, que faites-vous? Votre raison s'égare:
Voyez qu'il n'est ici de Styx ni de Ténare;
Revenez à vous-même. [ÉR. Ah! te voilà, Charon.] (1633-57)

[742] Var. Monsieur, rentrez en vous, contemplez mon visage. (1633-57)

[743] Fondre, aller au fond, s'engloutir.

[744] Var. [Il n'en aura que trop d'Éraste et de ses crimes][744-a].
CLIT. Il vaut mieux esquiver, car avecque des fous[744-b]
Souvent on ne rencontre à gagner que des coups:
Si jamais un amant fut dans l'extravagance,
Il s'en peut bien vanter avec toute assurance.
ÉRASTE, se jetant sur ses épaules[744-c].
Tu veux donc échapper à l'autre bord sans moi?
[Si faut-il qu'à ton cou je passe malgré toi.] (1633-57)

[744-a] Il n'en aura que trop d'Éraste, de ses crimes. (1657)

[744-b] Il vaut mieux se tirer, car avecque des fous. (1644-57)

[744-c] Il se jette sur les épaules de Cliton, qui l'emporte du théâtre. (1633, en marge.)

[745] Ce jeu de scène est omis dans l'édition de 1660; dans celle de 1664, il est placé entre les deux derniers vers de la scène. Voyez note [744-c].

[746] Var. Rival injurieux, dont l'absence importune. (1633-57)

[747] Var. [Retarde le succès de ma bonne fortune,]
Et qui, sachant combien m'importe ton retour,
De peur de m'obliger n'oserois voir le jour,
As-tu sitôt perdu cette ombre de courage
Que te prêtoient jadis les transports de ta rage?
Ce brusque mouvement d'un esprit forcené
Relâche-t-il sitôt ton cœur efféminé?
[Que devient à présent cette bouillante envie.] (1633)

[748] On lit dans l'édition de 1654: «Il ne tient plus à toi,» pour «qu'à toi.» C'est évidemment une faute, ainsi qu'à la page suivante, la leçon de 1657 v. 1359: «Détachez Ixion;» et au vers 1360 le singulier mégère, pour mégères, dans les éditions de 1660-64.

[749] Var. Ai-je, prenant le front de cet audacieux. (1633-57)
Var. Ai-je, prenant le front de cet ambitieux. (1660-64)

[750] Var. Vous travaillez en vain, bourrelles Euménides. (1633-60)

[751] Var. Il semble à ces discours qu'il ait perdu le sens. (1633-57)

[752] Var. Car des lettres qu'il a de la part de Mélite,
Autre que cette main n'en a pas une écrite. (1633-57)

[753] Var. Je te laisse impuni, perfide, tes remords. (1633)
Var. Je te laisse impuni, traître, car tes remords. (1644-57)
Var. Je te laisse impuni, de si cuisants remords. (1660)

[754] Bien que Claveret ne conteste pas à Corneille l'invention de la frénésie d'Éraste (voyez plus haut, p. [128)], on pourrait être tenté de croire que notre poëte en a pris l'idée dans la Climène de C. S. sieur de la Croix, représentée, suivant les frères Parfait, en 1628 (Histoire du théâtre françois, tome IV, p. 401). Le berger Liridas, pensant que Climène est morte, devient fou de chagrin; dans son délire, il veut obliger un magicien, qu'il prend pour Pluton, à rendre la vie à son amante, et lui dit:

Toi seul dedans ces lieux sentiras les tourments,
Sans pouvoir prendre part à nos contentements;
J'épouserai Climène, et pour ma concubine
Je prendrai, s'il me plaît, ta femme Proserpine.

[755] Var. N'en doute aucunement, ton frère n'est point mort. (1633-57)

[756] Var. Si ce cœur, recevant quelque légère atteinte. (1633)

[757] Var. Dont les plus furieux et plus rudes assauts
Avoient bien de la peine à m'émouvoir à faux. (1633-57)

[758] Var. Qu'à cause que j'étois parfaitement honteuse. (1633-57)

[759] Var. Qu'un autre[759-a] en témoignât plus de ressentiment. (1633-60)

[759-a] Il y a plus loin un semblable emploi du masculin dans le vers 1387 p. [437] de Clitandre. Voyez le Lexique; voyez aussi la première variante de la p. 241 (note [796]) et la huitième de la p. 365 (note [1214]).

[760] Var. Mais avec tout cela confesse franchement. (1633-57)

[761] Var. D'aller vite d'un mot ranimer sa maîtresse;
Autrement je saurois te rendre ton paquet.
LIS. Et moi pareillement rabattre ton caquet. (1633-57)

[762] Var. Derrière la tapisserie. (1633-57)—Il est derrière le théâtre. (1663 en marge.)

[763] Var. Et moi, quand je devrois passer pour Proserpine. (1633-63)

[764] Var. Adieu; soûle à ton dam ton curieux desir. (1633-57)

[765] Var. ÉRASTE, l'épée au poing. (1633-57)—L'épée à la main. (1660)

[766] Var. La honte et le devoir leur parle de m'attendre. (1657)

[767] Var. La peur renverse tout, et dans ce désarroi
Elle saisit si bien les ombres et leur roi. (1633-57)

[768] Var. De leurs flambeaux puants ont éteint la lumière.
Et tiré de leur chef les serpents d'alentour,
De crainte que leurs yeux fissent quelque faux jour,
Dont la foible lueur, éclairant ma poursuite,
A travers ces horreurs me pût trahir leur fuite.
Éaque épouvanté se croit trop en danger,
Et fuit son criminel au lieu de le juger;
Clothon même et ses sœurs, à l'aspect de ma lame,
De peur de tarder trop n'osant couper ma trame,
A peine ont eu loisir d'emporter leurs fuseaux,
Si bien qu'en ce désordre oubliant leurs ciseaux. (1633-57)

[769] Var. D'où vient qu'après Éraste il n'a passé personne. (1633-60)

[770] Var. Le déplorable coup du malheur advenu. (1633-60)

[771] Var. Aux dépens de vos jours aggrave mon supplice. (1633-57)

[772] Var. [Sans le triste secours de ce dur souvenir.]
Souvenir rigoureux de qui l'âpre torture
Devient plus violente et croît plus on l'endure,
Implacable bourreau, tu vas seul étouffer
Celui dont le courage a dompté tout l'enfer.
Qu'il m'eût bien mieux valu céder à ses furies!
Qu'il m'eût bien mieux valu souffrir ses barbaries,
Et de gré me soumettre, en acceptant sa loi,
A tout ce que sa rage eût ordonné de moi!
Tout ce qu'il a de fers, de feux, de fouets, de chaînes,
Ne sont auprès de toi que de légères peines. (1633)

[773] Var. Oui, ce qu'ont les enfers, de feux, de fouets, de chaînes. (1644-63)

[774] Var. De grâce, un peu de trêve, un moment, un moment. (1633)

[775] Var. Il montre son épée. (1633, en marge.)—Ce jeu de scène n'est point indiqué dans les éditions de 1644-60.

[776] Var. Nourrice, et qui t'amène en ces lieux pleins d'effroi? (1633-60)

[777] Var. Cliton la vit pâmer, et se troubla de sorte. (1660)

[778] Var. Cet enfer, ces combats, ne sont qu'illusion.
ÉR. Je ne m'abuse point; j'ai vu sans fiction
Ces monstres terrassés se sauver à la fuite. (1633-57)

[779] Var. [De vrai, ce que tu dis a beaucoup d'apparence.]
Depuis ce que j'ai su de Mélite et Tirsis,
Je sens que tout à coup mes regrets adoucis
Laissent en liberté les ressorts de mon âme;
Ma raison par ta bouche a reçu son dictame.
Nourrice, prends le soin d'un esprit égaré,
Qui s'est d'avecque moi si longtemps séparé:
[Ma guérison dépend de parler à Mélite.] (1633-57)

[780] Var. [Donnez-vous le loisir de changer de visage;]
Nous pourvoirons après au reste en sa saison.
ÉR. Viens donc m'accompagner jusques en ma maison;
Car si je te perdois un seul moment de vue,
Ma raison, aussitôt de guide dépourvue,
M'échapperoit encor. LA NOURR. Allons, je ne veux pas. (1533-57)

[781] Var. Je ne veux point d'un cœur qu'un billet aposté
Peut résoudre aussitôt à la déloyauté. (1633)

[782] Var. Ma maîtresse, mon heur, mon souci, ma chère âme. (1633-57)

[783] Var. [Par ces feux qui voloient de vos yeux dans les miens,]
Par mes flammes jadis si bien récompensées,
Par ces mains si souvent dans les miennes pressées,
Par ces chastes baisers qu'un amour vertueux
Accordoit au desir d'un cœur respectueux,
[Par ce que votre foi me permettoit d'attendre....] (1633-57)

[784] Var. Aucun jusqu'à ce point n'est encor parvenu;
Mais je te changerai pour le premier venu.
PHIL. Tes dédains outrageux épuisent ma souffrance. (1633-57)

[785] Var. Adieu: Mélite et moi nous avons de quoi rire. (1644-64)

[786] Var. Ce que c'est que d'aigrir un homme de courage.
CLOR. Sois sûr de ton côté que ta fougue et ta rage,
Et tout ce que jamais nous entendrons de toi,
Fournira de risée, elle, mon frère et moi[786-a]. (1633-57)

[786-a] C'est la fin de la scène III dans les éditions indiquées.

[787] Var. Que par le souvenir de nos travaux passés,
Chassons-le, ma chère âme, à force de caresses;
Ne parlons plus d'ennuis, de tourments, de tristesses
Et changeons en baisers ces traits d'œil langoureux
Qui ne font qu'irriter nos desirs amoureux.
[Adorables regards, fidèles interprètes
Par qui nous expliquions nos passions secrètes,]
Je ne puis plus chérir votre foible entretien:
Plus heureux, je soupire après un plus grand bien.
Vous étiez bons jadis, quand nos flammes naissantes
Prisoient, faute de mieux, vos douceurs impuissantes;
Mais au point où je suis, ce ne sont que rêveurs
Qui vous peuvent tenir pour exquises faveurs:
Il faut un aliment plus solide à nos flammes,
Par où nous unissions nos bouches et nos âmes.
[Mais tu ne me dis mot, ma vie; et quels soucis.] (1633-57)

[788] Var. Fit dessus tous mes sens un véritable effort. (1633-57)

[789] Var. De revivre avec toi je pris aussi l'envie. (1633-57)

[790] Var. Lui faisant consentir notre heureux hyménée. (1633-57)

[791] Var. Nous trouve toutes deux à sa dévotion;
Et cependant l'abord[791-a] des lettres d'un faussaire. (1633-57)
Var. Ne trouve plus d'obstacle à ta prétention;
Et le premier aspect des lettres d'un faussaire. (1660)

[791-a] L'édition de 1657 donne, par erreur, d'abord, pour l'abord.

[792] Var. Furieux, enragé, tu partis de ce lieu.
TIRS. Mon cœur, j'en suis honteux, mais songe que possible,
Si j'eusse moins aimé, j'eusse été moins sensible. (1633-57)

[793] Var. La voix de la raison qui vient pour le dompter. (1633-57)

[794] Var. Foible excuse pourtant, n'étoit que ma bonté. (1633-57)

[795] Var. MÉL. Mais apprends-moi l'auteur de cette perfidie.
TIRS. Je ne sais quelle main pût être assez hardie. (1633-57)

[796] Var. [L'amour a fait au sang un peu de trahison;]
Mais deux ou trois baisers t'en feront la raison.
Que ce soit toutefois, mon cœur, sans te déplaire.
CLOR. Les baisers d'une sœur satisfont mal un frère:
Adresse mieux les tiens vers l'objet que je voi[796-a].
TIRS. De la part de ma sœur reçois donc ce renvoi.
MÉL. Recevoir le refus d'un autre[796-b]! à Dieu ne plaise!
TIRS. Refus d'un autre, ou non, il faut que je te baise,
Et que dessus ta bouche un prompt redoublement
Me venge des longueurs de ce retardement.
CLOR. A force de baiser vous m'en feriez envie:
Trêve. TIRS. Si notre exemple à baiser te convie,
Va trouver ton Philandre, avec qui tu prendras
De ces chastes plaisirs autant que tu voudras.
CLOR. A propos, je venois pour vous en faire un conte.
Sachez donc que, sitôt qu'il a vu son méconte,
[L'infidèle m'a fait tant de nouveaux serments.] (1633-57)

[796-a] Dans les éditions de 1644-57; le morceau qui suit remplace les douze vers précédents: «Adresse mieux les tiens, etc.,» qui ne sont que dans celle de 1633:

TIRS. Autant que ceux d'un frère une sœur, et je croi
Que tu baiserois mieux ton Philandre que moi.
CLOR. Mon Philandre, il se trouve assez loin de son conte.
TIRS. Un change si soudain lui donne un peu de honte,
[CLOR. L'infidèle m'a fait tant de nouveaux serments.] (1644-57)

[796-b] Il y a le masculin: d'un autre, à ce vers et au suivant, dans l'édition de 1633, qui seule donne ces deux vers. Voyez la variante (note [759]) du vers 1425 de Mélite.

[797] Var. Au moins tous ses discours n'ont encor rien gagné. (1633-57)

[798] Var. Qu'inférez-vous par-là? [CLOR. Que son humeur volage] (1633-57)

[799] Var. Paravant que l'hymen, d'un joug inséparable. (1633)
Var. Avant que de l'hymen le joug inséparable. (1644-57)

[800] Var. Me soumettant à lui, me rendit misérable.
Qu'il cherche femme ailleurs, et pour moi, de ma part. (1633-57)

[801] Var. Si vous veux-je pourtant remettre bien ensemble. (1633-57)

[802] Var. Ne l'entreprenez pas, possible qu'après tout. (1633-44 et 52-57)

[803] Il y a NOURRICE, sans article, dans les éditions de 1633-52.

[804] En marge, dans l'édition de 1633: La Nourrice paroît à l'autre bout du théâtre, avec Éraste, l'épée nue à la main, et ayant parlé à lui quelque temps à l'oreille, elle le laisse à quartier (voyez p. 93, note [382]), et s'avance vers Tirsis.

[805] Var. Tous nos pensers sont dus à ces chastes délices
Dont le ciel se prépare à borner nos supplices:
Le terme en est si proche, il n'attend que la nuit.
Vois qu'en notre faveur déjà le jour s'enfuit,
Que déjà le soleil, en cédant à la brune,
Dérobe tant qu'il peut sa lumière importune,
Et que pour lui donner mêmes contentements
Thétis court au-devant de ses embrassements.
LA NOURR. Vois toi-même un rival qui, la main à l'épée,
Vient quereller sa place à faux titre occupée,
Et ne peut endurer qu'on enlève son bien,
Sans l'acheter au prix de son sang ou du tien.
MÉL. Retirons-nous, mon cœur. TIRS. Es-tu lassé de vivre?
CLOR. Mon frère, arrêtez-vous. TIRS. Voici qui t'en délivre:
Parle, tu n'as qu'à dire. ÉRASTE, à Mélite. Un pauvre criminel,
[A qui l'âpre rigueur d'un remords éternel.] (1633-57)

[806] Var. LA NOURRICE, montrant Éraste. (1644-57)

[807] Var. De sortir de torture en sortant de la vie,
Vous apporte aujourd'hui sa tête à l'abandon,
Souhaitant le trépas à l'égal du pardon.
Tenez donc, vengez-vous de ce traître adversaire,
Vengez-vous de celui dont la plume faussaire
Désunit d'un seul trait Mélite de Tirsis,
Cloris d'avec Philandre. MÉLITE, à Tirsis. A ce compte, éclaircis
Du principal sujet qui nous mettoit en doute,
Qu'es-tu d'avis, mon cœur, de lui répondre? (1633-57)

[808] A quartier, à l'écart: voyez la note [612] de la p. 93.

[809] Var. Vite, dépêchez-vous d'abréger mon supplice. (1633)

[810] Toutes les éditions portent: «Nous nous sommes rendus.» Voyez l'introduction du Lexique.

[811] Var. Et de ce que l'excès de ma douleur amère. (1633-57)

[812] Var. Ils tiennent le passé dedans l'indifférence. (1633-57)

[813] Var. Celui qui l'en tira pût entrer en sa place. (1633-60)

[814] Var. Éraste, qu'un pardon purge de tous forfaits,
Est prêt de réparer les torts qu'il vous a faits.
Mélite répondra de sa persévérance:
Il ne l'a pu quitter qu'en perdant l'espérance;
Encore avez-vous vu son amour irrité
Faire d'étranges coups en cette extrémité;
Et c'est avec raison que sa flamme contrainte. (1633-57)

[815] Var. Ses amoureux desirs, vers elle superflus. (1633-57)

[816] Var. Bien que dedans tes yeux tes sentiments se lisent. (1633-57)

[817] Var. Excusable pudeur, soit donc, je le consens,
Trop sûr que mon avis s'accommode à ton sens. (1633-57)

[818] En marge, dans l'édition de 1633: Il parle à Éraste et lui baille la main de Cloris.

[819] Var. Jusqu'à ce que ma belle après vous m'ait permis. (1633-57)

[820] Var. Oui, jusqu'à cette nuit, qu'ensemble, ainsi que nous,
Vous goûterez d'Hymen les plaisirs les plus doux.
CLOR. Ne le présumez pas, je veux après Philandre[820-a]
L'éprouver tout du long de peur de me méprendre.
LA NOURR.[820-b] Mais de peur qu'il n'en fasse autant que l'autre a fait,
Attache-le d'un nœud qui jamais ne défait.
[CLOR. Vous prodiguez en vain vos foibles artifices.] (1633-57)

[820-a] Ne le présumes (sic) pas, je veux après Philandre. (1633)

[820-b] LA NOURRICE, à Cloris. (1648)

[821] Var. Vous vous rendrez sensible à son naissant amour. (1660)

[822] Var. Dont un destin meilleur m'a mise en impuissance. (1633-57)

[823] Var. LA NOURR.[823-a] Tu ferois mieux de dire: A ses propres plaisirs. (1633-57)

[823-a] LA NOURRICE, à Mélite. (1648)

[824] Var. ÉRASTE, à Cloris. (1648)

[825] Var. Et dans un point où gît tout mon contentement,
Comme partout ailleurs, suivez leur jugement. (1633-57)

[826] Var. CLORIS, à Éraste. (1648)

[827] Var. Ayant eu son avis, sans craindre un repentir,
Ton mérite et sa foi m'y feront consentir. (1633-57)

[828] Var. Nourrice, va t'offrir pour nourrice à Philandre. (1633)

[829] Cette indication manque dans les éditions de 1633-60.

[830] Var. Vous êtes bien pressés de me laisser ainsi. (1633-48)
Var. Vous êtes bien hâtés de me quitter ainsi. (1664 et 68)

[831] Var. Allez, je vais vous faire à ce soir telle niche,
Qu'au lieu de labourer, vous lairrez tout en friche[831-a]. (1633-48)

[831-a] Ces deux vers terminent la pièce dans les éditions indiquées.

[832] Le chiffre placé au commencement d'une variante marque à quel vers du texte elle se rapporte.

[833] Si bien qu'il en reçoit à grand'peine une lettre. (1644-57)

[834] Non, il les faut avoir des mains de ce bravache. (1648)

[835] Et laver dans son sang cette honteuse tache. (1644-57)

[836] Je le vais quereller jusque dans sa maison. (1644-57)

[837] Ce jeu de scène manque dans l'édition de 1633.

[838] Je m'en vais de ce pas le voir chez cette belle. (1644-57)

[839] Qu'est-ce que par leur vue ils me pourroient apprendre? (1644-57)

[840] Il reconnoît les lettres et tâche de s'en saisir, mais Cloris les resserre. (1633, en marge.)

[841] Ce jeu de scène n'est pas indiqué dans l'édition de 1633.

[842] De les avoir jamais que des mains de Mélite. (1648)

[843] En marge, dans l'édition de 1633: Elle lui ferme la porte au nez.

[844] Dans les éditions de 1644-57: SCÈNE VIII.

[845] Ici finit le IIIe acte.

[846] Henri II, duc de Longueville, né en 1595, se maria à vingt et un ans à Louise (fille de Charles de Bourbon Soissons), qui mourut en 1637. Ce fut seulement en 1642 qu'il épousa la sœur du grand Condé, dont Villefore a esquissé la vie et que M. Cousin nous a si bien fait connaître. «M. le duc de Longueville, dit Segrais, faisoit pension aux gens de lettres et particulièrement aux habiles généalogistes, comme à M. de Sainte-Marthe et M. du Bouchet.» (Œuvres, tome II, Mémoires anecdotes, p. 53.) Il mourut à Rouen en 1663—L'Épître dédicatoire figure dans toutes les impressions antérieures à 1660: nous nous conformons au texte de l'édition de 1632; c'est la seule qui donne la Préface et l'Argument.

[847] Var. (édit. de 1644-1657): qu'à les produire.

[848] Les mots: «de ma part» ne sont que dans l'édition de 1632.

[849] Dans l'Art poétique, où les mots «au poëte qu'il instruit» nous invitent à chercher cette citation, il n'y a guère qu'un passage qui ait quelque rapport avec la pensée exprimée ici; c'est l'hémistiche: cui lecta potenter erit res, qui, d'après plusieurs commentateurs, signifie que le sujet doit être choisi de manière à ne pas surpasser les forces de l'auteur et à pouvoir être gouverné, dominé par lui. Mais n'est-il pas possible que cette fois encore Corneille ait cité de mémoire et que confondant une idée toute morale avec un précepte littéraire, il ait eu en vue ce vers bien connu de la 1re épître du 1er livre d'Horace (v. 19):

Et mihi res, non me rebus subjungere conor?

[850] Période, employé d'une manière absolue, dans le sens de la locution ordinaire: le plus haut période.

[851] Appliquer l'esprit.

[852] Valère Maxime (livre VIII, chap. II) ne nomme pas le peintre. Pline (livre XXXV, chap. XL) attribue le fait à Néalcès; Sextus Empiricus (Hypotyposes pyrrhoniennes, livre I, chap. XII), à Apelle.

[853] A partir de l'édition de 1644, Corneille a déterminé le lieu de la scène en faisant du Roi, dans la liste des acteurs, un roi d'Écosse.

[854] Concurrences, rencontres, ici rencontres d'idées, d'expressions.

[855] Dans l'édition de 1632 on lit: «qu'il la tue.» C'est une faute d'impression: voyez la scène VII de l'acte III.

[856] Ce sont, à peu près, les deux vers qui terminent la pièce:

Ainsi nous verrons lors cueillir en même jour, etc.

[857] Var. (édit. de 1660): vingt-quatre. De même six lignes plus bas.

[858] Var. (édit, de 1660): de ce que le style étoit.

[859] Voyez la Notice, p. [258.]

[860] Var. (édit. de 1660): il est encor mêlé.

[861] Var. (édit. de 1660-1668): tout ce qui doit y arriver.

[862] Var. (édit. de 1660-1668): dont je me fais.

[863] Var. (édit. de 1660-1664): et l'on ne peut pas.

[864] Var. (édit. de 1660-1664): l'on.

[865] Capital, substantivement, affaire principale, principal intérêt.

[866] Var. (édit. de 1660-1664): monoloques.

[867] Var. (édit. de 1660): Théodore, Nicomède et Pertharite.—Corneille avait d'abord compris Nicomède dans cette énumération, parce qu'il oubliait le court monologue qui termine le IVe acte.

[868] L'édition de 1663 est la première qui donne les noms propres Alcandre et Floridan. Dans l'édition de 1632, on lit simplement: le Roi; dans celles de 1644-1660: le Roi d'Écosse. Pour le second personnage, les éditions de 1632-1660 portent: le Prince, fils du Roi.

[869] Cette indication paraît pour la première fois dans l'édition de 1644.

[870] Var. CALISTE, regardant derrière elle. (1632)

[871] Var. Je ne suis point suivie, et sans être entendue,
Mon pas lent et craintif en ces lieux m'a rendue.
Tout le monde au château, plongé dans le sommeil,
Loin de savoir ma fuite, ignore mon réveil;
Un silence profond mon dessein favorise.
Heureuse entièrement si j'avois ma Dorise,
Ma fidèle compagne, en qui seule aujourd'hui
Mon amour affronté rencontre quelque appui[871-a].
C'est d'elle que j'ai su qu'un amant hypocrite,
[Feignant de m'adorer, brûle pour Hippolyte;]
D'elle j'ai su les lieux où l'amour qui les joint
Ce matin doit passer jusques au dernier point,
Et pour m'obliger mieux elle m'y doit conduire[871-b]. (1632-57)

[871-a] Mon amour qu'on trahit rencontre quelque appui. (1644-57)

[871-b] [Et pour les y surprendre elle m'y doit conduire.] (1644-57)

[872] Var. Mais qu'elle est paresseuse à me venir treuver! (1632)

[873]

Var. Toi que l'œil qui te blesse attend pour te guérir,
Éveille-toi, brigand, hâte-toi d'acquérir
Sur l'honneur d'Hippolyte une infâme victoire,
Et de m'avoir trompée une honteuse gloire;
Hâte-toi, déloyal, de me fausser ta foi. (1632-57)
Var. Toi par qui ma rivale a de quoi me braver,
Ne tarde plus, volage, à la venir trouver,
Hâte-toi d'affermir ton indigne victoire,
De s'assurer l'éclat de cette infâme gloire,
De signaler ton nom par ton manque de foi. (1660)

[874] Var. Ah, mes yeux! si jamais vos naturels offices. (1632)

[875] Var. [Vous êtes de mon heur les cruels adversaires.]
Un infidèle encor régnant sur mon penser.
Votre fidélité ne peut que m'offenser.
Apprenez, apprenez par le traître que j'aime
Qu'il vous faut me trahir pour être aimé de même.
Et toi, père du jour, dont le flambeau naissant
Va chasser mon erreur avecque le croissant,
S'il est vrai que Thétis te reçoit dans sa couche,
Prends, soleil, prends encor deux baisers sur sa bouche.
Ton retour me va perdre, et retrancher ton bien:
Prolonge, en l'arrêtant, mon bonheur et le tien.
[Puisqu'il faut qu'avec toi ce que je crains éclate.] (1632-57)

[876] Var. Las! il ne m'entend point, et l'aube de ses rais[876-a]. (1632-57)

[876-a] Rais, rayons. Voyez le Lexique.

[877] Var. Si je me peux fier à sa lumière sombre. (1632)
Var. Si je me puis fier à sa lumière sombre, (1644-60)

[878] Var. Dont l'éclat impuissant dispute avecque l'ombre. (1632-57)

[879] En marge, dans l'édition de 1632: Rosidor et Lysandre entrent.

[880] Var. Rentre, pauvre Caliste, et te cache de sorte. (1632-57)

[881] Var. LYSARQUE, son écuyer. (1632)

[882] Var. Me prouve évidemment ta désobéissance. (1632-57)

[883] Var. Je puisse dans le bois consulter mon amour. (1632)

[884] Var. Cette inclination secrète qui vous mène. (1632-57)

[885] Var. On ne verra jamais que je manque de foi.
A celle que j'adore et qui n'aime que moi.
LYS. Bien que vous en ayez une entière assurance,
Vous pouvez vous lasser de vivre d'espérance.
Et tandis que l'attente amuse vos desirs,
Prendre ailleurs quelquefois de solides plaisirs.
ROS. Purge, purge d'erreur ton âme curieuse,
[Qui par ces faux soupçons m'est trop injurieuse.] (1632-57)

[886] Voyez la note [485] relative au vers 96 de Mélite.

[887] Var. Monsieur, pour en douter que vous ai-je pu faire? (1632-57)

[888] Var. Avise à ta retraite. Hier le cartel reçu. (1657)

[889] Var. LYS. Et ce cartel contient? ROS. Que seul il doit m'attendre
Près du chêne sacré, pour voir qui de nous deux. (1632-57)

[890] Var. De plus m'offrir un aide à mériter Caliste. (1652-57)

[891]Var. LYSARQUE, seul. (1632-60).

[892] Var. Sans treuver les moyens d'être de la partie. (1632)

[893] Dans l'édition de 1632,les scènes III et IV n'en forment qu'une, qui porte en tête: CALISTE, DORISE, et au-dessous: CALISTE, seule.

[894] Var. Sa fourbe se prévaut de son autorité. (1632)

[895] Var. Qu'il treuve un beau prétexte en ses flammes éteintes! (1632-54)

[896] Var. Et ses traîtres desirs l'emportent où l'appelle
Le cartel amoureux d'une beauté nouvelle. (1632-57)

[897] En marge, dans l'édition de 1632: Dorise entre.

[898] Var. Mais c'est à faute d'air que le feu s'amortit. (1632-57)

[899] Var. Que par là ma douleur accroît son amertume. (1632-57)

[900] Var. Aux desseins enragés qu'il veut exécuter. (1632-57)

[901] Caliste va toujours devant, et Dorise demeure seule. (1632, en marge.)

[902] Var. Ces desseins enragés te vont coûter la vie:
Un fer caché me donne en ces lieux sans secours
La fin de mes malheurs dans celle de tes jours;
Et lors ce Rosidor qui possède mon âme,
Cet ingrat qui t'adore et néglige ma flamme,
Que mes affections n'ont encor su gagner,
Toi morte, n'aura plus pour qui me dédaigner. (1632-57)

[903] En marge, dans l'édition de 1632: Elle va rejoindre Caliste.

[904] Var. D'une caverne. (1644-60)—Ils sortent d'une grotte, déguisés en paysans. (1663, en marge.)—Dans l'édition de 1632, les scènes V et VI sont réunies en une seule, en tête de laquelle on lit: PYMANTE, GÉRONTE, écuyer de Clitandre; LYCASTE, page de Clitandre. A la marge, auprès des premiers vers de la scène: Pymante et Géronte sortent d'une caverne, seuls et déguisés en paysans.

[905] Var. Amène Rosidor, séduit d'un faux cartel. (1632-57)

[906] Var. Qui le caresse autant comme elle vous méprise. (1632)

[907] Var. Et ne puis deviner quelle raison l'oblige[907-a]
A dédaigner vos feux pour un qui la néglige.
Vous qui valez.... PYM. Géronte, au lieu de me flatter,
Parlons du principal. Ne peut-il éventer
Notre supercherie? (1632-57)

[907-a] Et ne puis deviner par quel charme surprise
Elle fuit qui l'adore et suit qui la méprise,
Vu que votre mérite.... PYM. Au lieu de me flatter. (1644-57)

[908] Var. J'ai contrefait son seing, et par cet artifice. (1632-57)

[909] Var. Ce faux cartel, encor que de ma main écrit,
Est présumé de lui. PYM. Que ton subtil esprit
Sur tous ceux des mortels a de grands avantages!
Mais qui fut le porteur? (1632)
Var. J'ai fait que ce cartel, par un des siens porté,
A nul autre qu'à lui ne peut être imputé.
[PYM. Que ton subtil esprit a de grands avantages!] (1644-57)

[910] Cette indication manque, en tête de cette scène, dans les éditions de 1632 et de 1663. A la place, on lit en marge, dans l'édition de 1632, auprès des derniers vers de notre scène V: Lycaste arrive déguisé comme eux; et dans l'édition de 1663, auprès des premiers vers de la scène VI: Lycaste est déguisé comme eux en paysan.

[911] Var. Ne s'attend à rien moins qu'à son proche cercueil[911-a]. (1632-54)

[911-a] On lit propre cercueil, pour proche cercueil, dans les éditions de 1657 et de 1682; mais c'est très-vraisemblablement une faute d'impression. Toutes les autres éditions donnent proche.

[912] Var. N'usons plus de discours. Nos masques, nos épées! (1632-60)

[913] Ces mots manquent dans les éditions de 1644-60; à la place, on lit en marge dans celle de 1632: Lycaste les va querir dans la caverne, où tous trois s'étoient déjà déguisés.

[914] Var. Ah! qu'il va bien treuver d'autres gens que Clitandre! (1632-52)

[915] En marge, dans l'édition de 1632: Lycaste revient, et avec leurs masques et leurs épées, rapporte encore leurs vrais habits.

[916] Var. LYCASTE, en leur baillant chacun un masque et une épée (1632).—Les éditions de 1644-57 ajoutent à ce jeu de scène de 1632: et portant leurs habits.—En marge, dans l'édition de 1663: Il leur présente à chacun, etc. La leçon de 1660 est: En leur présentant à chacun.... et portant, etc.

[917] Var. Les prenant ne nous mette en mauvaise posture. (1632-57)

[918] Var. Je n'ai garde sans eux de faire ma retraite. (1632-57)

[919] En marge, dans l'édition de 1632: Ils se masquent tous trois.

[920] Var. Réserve à d'autres fois cette ardeur de courage. (1632-57)

[921] Var. Tu parles de Clitandre, et je le viens de voir
Que notre jeune prince amenoit à la chasse. (1632-57)

[922] Var. LYS. En es-tu bien certain? CLÉON. Je l'ai vu face à face,
Sans doute qu'il en baille à ton maître à garder.
LYS. Il est trop généreux pour si mal procéder.
CLÉON. Je sais bien que l'honneur tout autrement ordonne;
Mais qui le retiendroit? Toutefois je soupçonne....
LYS. Quoi? que soupçonnes-tu? CLÉON. Que ton maître rusé
Avec un faux cartel t'auroit bien abusé.
[LYS. Non, il parloit du cœur; je connois sa franchise.] (1632)

[923] Var. Qui le fait t'éblouir par quelque illusion. (1657)

[924] Var. Ce valeureux seigneur, sous le nombre abattu. (1632-57)

[925] Var. A présent il n'a point d'ennemi que je sache. (1657)

[926] Var. Qu'ensemble nous donnions avis de tout au Roi. (1632)

[927] Var. Dorise s'arrête à chercher, etc. (1663, enmarge.)

[928] Var. Elle tire, etc. (1663, en marge.)—Les mots par le bras manquent dans les éditions de 1632-60.

[929]
Var. Voici qui va trancher tels soucis superflus;
Voici dont je vais rendre, en te privant de vie,
Ma flamme bien heureuse et ma haine assouvie. (1632-57)

[930] Var. DOR. Dis que dedans ton sang je me veux contenter. (1632)
Var. DOR. Dis qu'avecque ta mort je me veux contenter. (1644-57)

[931] Var. CAL. Laisse, laisse la feinte, et mettons, je te prie. (1632-57)

[932] Var. Dont le récit n'étoit qu'un embûche à tes jours. (1654 et 60)

[933] Var. Le reproche éternel d'une action si lâche....
DOR. Agréable toujours, n'aura rien qui me fâche. (1632-57)

[934] Var. Il voit l'épée. (1632)

[935] Var. Laissant Caliste, et s'enfuyant. (1632)—Ce jeu de scène n'est point indiqué dans l'édition de 1663.

[936] Var. Las! qu'il me va causer de périls et de larmes! (1632-57)

[937] En marge, dans les éditions de 1632 et de 1663: Pymante fuit.

[938] Var. Je ne cours point après de tels coquins que toi. (1632-57)

[939] En marge, dans l'édition de 1632: Il les démasque.

[940] Var. Cettui-ci fut toujours couvert de ses couleurs. (1654)

[941] Var. Moins de traits de la mort que l'horreur de son crime. (1657)

[942] Var. Et j'ose présumer avec juste raison
Que le tiers est sans doute encor de sa maison.
Traître, traître rival, crois-tu que ton absence. (1632-57)

[943] En marge, dans l'édition de 1632: Il voit Caliste pâmée et la croit morte.

[944] Var. C'est ma chère Caliste! Ah! Dieux, injustes Dieux! (1632-57)

[945] Var. Votre faveur cruelle a conservé ma vie. (1632-57)

[946] Var. [Vous m'envoyez en vain ce fer contre des traîtres,]
Sachez que Rosidor maudit votre secours:
Vous ne méritez pas qu'il vous doive ses jours.
Unique déité qu'à présent je réclame,
Belle âme, viens aider à sortir à mon âme;
Reçois-la sur les bords de ce pâle coral;
Fais qu'en dépit des Dieux, qui nous traitent si mal,
Nos esprits, rassemblés hors de leur tyrannie,
Goûtent là-bas un bien qu'ici l'on nous dénie.
Tristes embrassements, baisers mal répondus,
Pour la première fois donnés et non rendus,
Hélas! quand mes douleurs me l'ont presque ravie,
Tous glacés et tous morts, vous me rendez la vie.
Cruels, n'abusez plus de l'absolu pouvoir
Que dessus tous mes sens l'amour vous fait avoir;
N'employez qu'à ma mort ce souverain empire,
Ou bien, me refusant le trépas où j'aspire,
Laissez faire à mes maux, ils me viennent l'offrir;
Ne me redonnez plus de force à les souffrir.
Caliste, auprès de toi la mort m'est interdite[946-a];
Si je te veux rejoindre, il faut que je te quitte:
Adieu, pour un moment, consens à ce départ.
Sus, ma douleur, achève, ici que de sa part
Je n'ai plus de secours, ni toi plus de contraintes,
Porte-moi dans le cœur tes plus vives atteintes,
Et pour la bien punir de m'avoir ranimé,
Déchire son portrait que j'y tiens enfermé;
Et vous, qui me restez d'une troupe ennemie. (1632-57)

[946-a] En marge, dans l'édition de 1632: Il se relève d'auprès d'elle, et laisse cette garde d'épée rompue.

[947] Var. Blessures, dépêchez d'élargir vos canaux.(1632)

[948] En marge, dans l'édition de 1632: Il tombe de foiblesse; et son épée tombe aussi de l'autre côté, et lui insensiblement se traîne auprès de Caliste.

[949] Var. Mais insensiblement je retrouve Caliste;
Ma langueur m'y reporte, et mes genoux tremblants
Y conduisent l'erreur de mes pas chancelants.
Adorable sujet de mes flammes pudiques,
Dont je trouve en mourant les aimables reliques,
Cesse de me prêter un secours inhumain,
Ou ne donne du moins des forces qu'à ma main,
Qui m'arrache aux tourments que ton malheur me livre;
Donne-m'en pour mourir comme tu fais pour vivre.
Quel miracle succède à mes tristes clameurs[949-a]!
Caliste se ranime autant que je me meurs[949-b].
[Voyez, Dieux inhumains, que malgré votre envie.] (1632-57)

[949-a] En marge, dans l'édition de 1632: Elle revient de pâmoison.

[949-b] Caliste se ranime à même que je meurs. (1644-57)

[950] Var. Rosidor n'étant plus, qu'ai-je à faire en ce monde? (1632)

[951] On lit dans l'édition de 1657: d'un amour, pour d'une amour; mais la fin du vers: sans seconde, prouve que c'est une faute d'impression.

[952] En marge, dans l'édition de 1632: Elle regarde Rosidor, et le prend pour un des assassins.

[953] Var. Prends de lui ce qui reste, achève. ROS. Quoi! ma belle,
Contrefais-tu l'aveugle afin d'être cruelle?
CAL.[953-a] Pardonne-moi, mon cœur: encor pleine d'effroi. (1632-57)

[953-a] En marge, dans l'édition de 1632: Elle se jette à son col.

[954] Var. J'avois si bien logé là dedans ton image.(1632-57)

[955] Var. [Envioit à mes yeux le bonheur de te voir.]
ROS. Puisqu'un si doux appas se treuve en tes rudesses[955-a],
Que feront tes faveurs, que feront tes caresses?
Tu me fais un outrage à force de m'aimer,
Dont la douce rigueur ne sert qu'à m'enflammer.
Mais si tu peux souffrir qu'avec toi, ma chère âme,
Je tienne des discours autres que de ma flamme,
Permets que, t'ayant vue en cette extrémité,
Mon amour laisse agir ma curiosité,
Pour savoir quel malheur te met en ce bocage.
CAL. Allons premièrement jusqu'au prochain village,
Où ces bouillons de sang se puissent étancher,
Et là je te promets de ne te rien cacher,
[Aux charges qu'à mon tour aussi l'on m'entretienne.] (1632-57)

[955-a] Puisqu'un si doux appas se trouve en tes rudesses. (1652-57)

[956] Aux charges que, à la charge que, à condition que.

[957] Var. Il forme tout d'un temps un aide à ta foiblesse. (1632-48)
Var. Il forme tout d'un temps une aide à ta foiblesse. (1652-57)

[958]

Var. Si bien que la bravant ta maîtresse aujourd'hui
N'aura que trop de force à te servir d'appui. (1632-57)

[959] Le mot masqué manque dans l'édition de 1632.—En marge, dans l'édition de 1663: Il est encor masqué.

[960] Var. C'est donc moi, sans raison, qu'attaquent vos malices. (1632)

[961] Var. Pour mieux frapper leur coup des chemins inconnus. (1632)

[962] C'est-à-dire douez de raison un être quelconque, afin qu'il me démente.

[963] Var. Dites ce qu'ils ont fait qui vous peut émouvoir. (1632-57)

[964] Var. [Lui rendre contre moi l'impossible possible,]
C'est le favoriser par miracle visible,
Tandis que votre haine a pour moi tant d'excès,
Qu'un dessein infaillible avorte sans succès.
Sans succès! c'est trop peu: vous avez voulu faire
Qu'un dessein infaillible eût un succès contraire.
Dieux! vous présidez donc à leur ordre fatal,
Et vous leur permettez ce mouvement brutal!
Je ne veux plus vous rendre aucune obéissance:
Si vous avez là-haut quelque toute-puissance,
Je suis seul contre qui vous vouliez l'exercer.
Vous ne vous en servez que pour me traverser.
Je peux en sûreté désormais vous déplaire:
Comment me puniroit votre vaine colère?
Vous m'avez fait sentir tant de malheurs divers
Que le sort épuisé n'a plus aucun revers!
Rosidor nous a vus, et n'a pas pris la fuite;
A grand'peine, en fuyant, moi-même je l'évite[964-a]. (1632)

[964-a] Les trois premiers et les deux derniers vers de cette variante sont dans les éditions de 1644-57.

[965] Ressaisit ses mains, c'est-à-dire arme de nouveau ses mains, l'une de, etc.

[966] Var. O honte! ô crève-cœur! ô désespoir! ô rage! (1632-57)

[967] Var. Son bonheur qui me brave et l'en vient retirer. (1632)

[968] Var. Qu'avec vous tout l'enfer m'assiste en ce dessein. (1632-60)

[969] Var. La terre vous défend d'embrasser ma querelle,
Et son flanc vous refuse un passage à sortir.
Terre, crève-toi donc afin de m'engloutir. (1632-57)

[970] Var. Me fasse de ton sein l'ouverture forcée;
N'attends pas qu'un supplice, avec ses cruautés,
Ajoute l'infamie à tant de lâchetés:
Détourne de mon chef ce comble de misère;
Rends-moi, le prévenant, un office de mère.
[Mes cris s'en vont en l'air, et s'y perdent sans fruit.] (1632-57)

[971] Var. Affronte-les, Pymante, et malgré leurs complots,
Conserve ton vaisseau dans la rage des flots.
Accablé de malheurs et réduit à l'extrême,
[Si quelque espoir te reste, il n'est plus qu'en toi-même.]
Passe pour villageois dedans ce lieu fatal. (1632-57)

[972] Var. Mais si tu veux t'aider, ton mal n'est pas extrême. (1660-68)

[973] En marge, dans l'édition de 1632: Il tire son masque.

[974] Var. Et ce fer, qui tantôt, inutile en mon poing,
Ainsi que ma valeur me faillant au besoin. (1632)

[975] Ce jeu de scène n'est point indiqué dans l'édition de 1660.

[976] Var. [N'en produisez non plus de soupçons que d'effets.]
Cessez de m'accuser: vous doit-il pas suffire
De m'avoir mal servi? c'est trop que de me nuire.
Allez, retirez-vous dans ces obscurités;
(Il jette son masque et son épée dans la caverne.)
Ainsi je pourrai voir le jour que vous quittez;
[Ainsi n'ayant plus rien qui démente ma feinte.] (1632-57)

[977] Var. TROUPE D'ARCHERS. (1632-60)

[978] Ce mot est ainsi orthographié dans toutes les éditions de Corneille publiées de son vivant. Voyez le Lexique.

[979] Var. [Réponds précisément.] PYM. J'arrive tout à l'heure,
Et de peur que ma femme en son travail ne meure,
Je cherche.... 1er ARCHER. Allons, Monsieur, donnons jusques au lieu,
Nous perdons notre temps.... LYS. Adieu, compère, adieu.
PYMANTE, seul. Cet adieu favorable enfin me rend la vie. (1632-57)

[980] C'est-à-dire, allons jusqu'à cet endroit, poussons jusque-là.

[981] Var. Treuve ce qu'elle cherche et ne s'en saisit point. (1632-52 et 57)

[982] Var. D'aussi près de la mort comme je l'étois d'eux, (1632-68)

[983] Var. Que j'aime ce péril, dont la douce menace. (1632)

[984] Var. Je n'ai dans mes forfaits rien à craindre, et Lysarque,
Sans trouver mes habits n'en peut avoir de marque.
Que s'il ne les voit pas, lors sans aucun effroi. (1632-57)

[985] Var. Eux repris, je retourne aussitôt vers le Roi,
Où je veux regarder avec effronterie. (1632)
Var. Je n'ai qu'à me ranger promptement chez le Roi. (1644-57)

[986] Var. TROUPE D'ARCHERS. (1632-60)

[987] Var. Ils regardent les corps, etc. (1632, en marge.)—Regardant les corps, etc. (1644-60)—Il regarde les corps, etc. (1663, en marge.)

[988] Tout ce qui, dans cette scène, est dit par le premier archer, est dit par le second dans l'édition de 1632, et réciproquement.

[989] Var. [Pour moi, je n'en conçois que de mauvais augures.]
2e ARCHER. Et quels? LYS. Qu'avant mourir, par un vaillant effort,
Il en aura fait deux compagnons de sa mort. (1632-57)

[990] Var. De qui l'aspect nous rend tout le crime éclairci. (1632-57)

[991] Var. Il revient de chercher d'un autre coté, et rapporte les deux pièces de l'épée rompue de Rosidor. (1632, en marge.)—Lui présentant les deux pièces de l'épée rompue de Rosidor. (1644-60)—Il lui présente les deux pièces de l'épée rompue de Rosidor. (1663, en marge.)

[992] Var. [Des pas mêlés de sang distillé goutte à goutte,]
Dont les traces vont loin. LYS. Suivons à tous hasards;
Vous autres, enlevez les corps de ces pendards. (1632-57)

[993] Var. Lysarque et ce premier archer rentrent, etc. (1632 en marge.)

[994] Var. PAGE DU PRINCE. (1632)—L'édition de 1632 ajoute aux personnages CLÉON; les scènes IV et V y sont réunies en une seule. Voyez la note [1000] de la page 305.

[995] Var. Il parle à son page, qui tient en main une bride et fait paroître la tête d'un cheval. (1632, en marge.)—Il parle à son page. (1663, en marge.)

[996] Var. Le Page s'en va, et le Prince commence à parler à Clitandre. (1632, en marge.)—Ce jeu de scène n'est point indiqué dans les éditions de 1644-60.

[997] Var. Ranime tes ardeurs, qu'il dût faire mourir. (1632-57)

[998] Var. Le respect que je porte à ses perfections
M'empêche d'employer aucune violence. (1632-57)

[999] Var. Je ne le veux devoir qu'à mes chastes ardeurs. (1632-57)

[1000] Dans l'édition de 1632, on lit en marge: Cléon entre, et, comme nous l'avons dit, il n'y a point de division de scène après le vers 507.

[1001] Var. Pardonnez, Monseigneur, si je romps vos discours. (1632-57)

[1002] Var. LE PR. Clitandre? CLÉON. Oui, Monseigneur.
LE PR. [Et que lui veut le Roi?] (1632-57)

[1003] Var. Monseigneur, ses secrets ne s'ouvrent pas à moi. (1632)

[1004] Var. Le moyen, cher ami, que je te laisse aller. (1632-57)

[1005] Var. [J'y consens à regret: va, mais qu'il te souvienne]
Combien le Prince t'aime, et quoi qu'il te survienne[1005-a],
Que j'en sache aussitôt toute la vérité:
Jusque-là mon esprit n'est qu'en perplexité. (1632-57)

[1005-a] Combien ton Prince t'aime, et quoi qu'il te survienne. (1644-57)

[1006] En marge, dans l'édition de 1632: On sonne du cor derrière le théâtre.

[1007] Var. Elle entre demi-vêtue de l'habit de Géronte, qu'elle avoit trouvé dans le bois, avec celui de Pymante et de Lycaste. (1632, en marge.)—Elle sort demi-vêtue de l'habit de Géronte, qu'elle avoit trouvé dans le bois. (1663, en marge.)

[1008] Var. En le désavouant l'oblige infiniment. (1632-57)

[1009] Var. Et je suis à moi-même une nouvelle horreur:
Cet insolent objet de Caliste échappée
Tient et brave toujours ma mémoire occupée. (1632-57)

[1010] Var. Mais, hélas! dans l'excès du malheur qui m'opprime,
Il ne m'est point permis de jouir de mon crime[1010-a].
Mon jaloux aiguillon, de sa rage séduit,
En mérite la peine et n'en a pas le fruit.
Le ciel, qui contre moi soutient mon ennemie,
Augmente son honneur dedans mon infamie. (1632-57)

[1010-a] Il ne m'est pas permis de jouir de mon crime. (1644)

[1011] Var. N'importe, Rosidor de mon dessein failli
A de quoi malmener ceux qui l'ont assailli. (1632)
Var. N'importe, Rosidor de mon dessein manqué,
A de quoi malmener ceux qui l'ont attaqué. (1644-57)

[1012] Var. D'un autre que de moi ne tient l'air qu'il respire:
Il m'en est redevable, et peut-être qu'un jour. (1632-60)

[1013] Var. Il prend Dorise pour Géronte, et court l'embrasser. (1632, en marge.)—Il la prend pour Géronte dont elle a vêtu l'habit, et court l'embrasser. (1663, en marge.)

[1014] Var. Elle croit qu'il, etc. (1632, en marge.)—Elle croit qu'il la prend pour Rosidor, et qu'il l'embrasse pour la poignarder. (1663, en marge.)

[1015] Var. Qui seul et désarmé cherche dedans ces bois
Un bœuf piqué du taon, qui, brisant nos closages,
Hier, sur le chaud du jour, s'enfuit des pâturages:
M'en apprendrez-vous rien, Monsieur? j'ose penser
Que par quelque hasard vous l'aurez vu passer.
DOR. Non, je ne te saurois rien dire de ta bête.
PYM. Monsieur, excusez donc mon incivile enquête:
Je vais d'autre côté tâcher à la revoir;
Disposez librement de mon petit pouvoir[1015-a].
[DOR. Ami, qui que tu sois, si ton âme sensible]
A la compassion se peut rendre accessible. (1632-57)

[1015-a] C'est le vers 646 de Mélite.

[1016] Var. Prends pitié de mes maux, et durant quelques jours
Tiens-moi dans ta cabane, où bornant ma retraite,
Je rencontre un asile à ma fuite secrète.
PYM. Tout lourdaud que je suis en ma rusticité,
Je vois bien quand on rit de ma simplicité.
Je vais chercher mon bœuf: laissez-moi, je vous prie,
Et ne vous moquez plus de mon peu d'industrie.
DOR. Hélas! et plût aux Dieux que mon affliction
Fût seulement l'effet de quelque fiction!
Mon grand ami, de grâce, accorde ma prière.
PYM. Il faudroit donc un peu vous cacher là derrière:
Quelques mugissements entendus de là-bas
Me font en ce vallon hasarder quelques pas:
J'y cours et vous rejoins. DOR. Souffre que je te suive.
PYM. Vous me retarderiez, Monsieur: homme qui vive
Ne peut à mon égal brosser dans ces buissons.
DOR. Non, non, je courrai trop. PYM. Que voilà de façons!
Monsieur, résolvez-vous, choisissez l'un ou l'autre:
Ou faites ma demande, ou j'éconduis la vôtre.
DOR. Bien donc, je t'attendrai. PYM. Cette touffe d'ormeaux
Aisément vous pourra couvrir de ses rameaux. (1632-57)

[1017] Dans l'édition de 1632, on lit en marge: Il est seul, et il n'y a point de distinction de scène.

[1018] Var. Simple! J'ai peur encor que ce malheur m'advienne. (1652, 57 et 60)

[1019] Var. Je ne m'y peux résoudre: un reste de pitié. (1632)

[1020] Var. J'en pâme déjà d'aise, et mon âme ravie. (1632-60)

[1021] Voyez plus haut, p. 208, note [692].

[1022] Var. Fais qu'en cette caverne il rencontre sa mort. (1632-60)

[1023] Var. Modère-toi, Pymante, et plutôt examine. (1632-57)

[1024] Nous avons cru devoir conserver cette leçon, qui nous a paru conforme aux habitudes de style de Corneille. Cependant les éditions de 1632 et de 1657 sont les seules où ce monosyllabe soit accentué comme une préposition (à). Dans toutes les autres, jusqu'à celle de 1682, et même encore dans l'édition de 1692, publiée par Thomas Corneille, on lit a (verbe, sans accent).

[1025] Var. Qu'en deux desseins divers pareille jalousie
Même lieu contre vous, et même heure a choisie. (1632-64)

[1026] Var. Admirèrent l'effet d'une amitié pudique,
Me voyant appliquer par ce jeune soleil
D'un peu d'huile et de vin le premier appareil;
Enfin quand, pour bander ma dernière blessure,
La belle eut prodigué jusques à sa coiffure,
[Leurs bras officieux m'ont ici rapporté.] (1632)

[1027] Var. Qui ne me peut donner qu'une fausse allégeance. (1632-57)

[1028] Var. Vous touche, et peut souffrir que je vous importune. (1632)

[1029] Var. Sire, vous tarirez la source de nos maux. (1657)

[1030] Var. Fait qu'un seul desir cède à l'amour qui te presse. (1657)

[1031] Var. Mais Rosidor, surpris et blessé comme il est. (1632-60)

[1032] Var. A mon devoir de roi joint mon propre intérêt. (1632-57)

[1033] Var. Quelque part que mon fils y puisse ou veuille prendre. (1632-60)

[1034] Var. Combien mal à propos sa sotte vanité. (1632-57)

[1035] Var. Je le tiens, l'affronteur: un soupçon véritable. (1632)

[1036] Var. M'avoit si bien instruit de son perfide tour,
Qu'il s'est vu mis aux fers sitôt que de retour. (1632-57)

[1037] Var. Quelque dessein qu'elle eût, je lui suis redevable,
Et lui voudrai du bien le reste de mes jours
De m'avoir conservé l'objet de mes amours.
LE ROI. L'un et l'autre attentat plus que vous deux me touche:
Vous avez bien, de vrai, la clémence en la bouche;
[Mais votre aspect m'emporte à d'autres sentiments;]
Vous voyant, je ne puis cacher mes mouvements. (1632-57)

[1038] Var. Votre pâleur de teint me rougit de colère. (1632)

[1039] Var. Et vouloir m'adoucir, ce n'est que me déplaire. (1632-57)

[1040] Var. Qui m'a fait en tout cas plus de bien que de mal,
Lorsqu'en votre conseil vous orrez sa défense. (1632-57)

[1041] En marge, dans l'édition de 1632: Il montre un cartel qu'il avoit reçu de Rosidor avant que d'entrer.

[1042] Var. [Envoyé de sa part, et rendu par son page,]
Peut-il désavouer ce funeste message?
[Peut-il désavouer que ses gens déguisés.] (1632-57)

[1043] C'est ce qu'on appelait traîner sur la claie. Les cadavres de ceux qui avaient subi ce châtiment après leur mort étaient d'ordinaire jetés à la voirie.

[1044] Var. L'autre, aussitôt que pris, se mettra sur la roue. (1632-57)

[1045] Var. Qu'on l'amène au conseil, seulement pour entendre
Le genre de sa mort, et non pour se défendre[1045-a].
Toi, va te mettre au lit, et crois que pour le mieux. (1632-57)

[1045-a] En marge, dans l'édition de 1632: Le Prévôt sort, et va querir Clitandre.

[1046] Var. Sortir la vérité d'un moyen impourvu. (1632)

[1047] En marge, dans l'édition de 1632: Il sort.—Il n'y a pas de distinction de scène.

[1048] Var. Mon cœur, ainsi le Roi, te refusant, t'oblige. (1632-57)

[1049] Var. Vois dedans ces refus une marque certaine. (1632-57)

[1050] Var. Mais un plus long séjour ici te pourroit nuire. (1632-60)

[1051] Var. Viens donc, mon cher souci, laisse-moi te conduire. (1632-57)

[1052] Var. Et l'informer comment, par un cruel destin. (1632-64)

[1053] Var. Ne crains pas, mon souci, que mon amour s'oublie. (1632-57)

[1054] Var. Et tu peux du surplus te reposer sur moi. (1632-57)

[1055] Var. Il parle en prison. (1663, en marge.)—Dans l'édition de 1632, on lit en tête de la scène: CLITANDRE, en prison, LE GEÔLIER, et au-dessous de ces noms: CLITANDRE, seul.

[1056] Var. Doncques aucun forfait, aucun dessein infâme
N'a jamais pu souiller ni ma main ni mon âme. (1632-57)

[1057] Var. [Non, cela ne se peut: vous vous trompez, mes yeux;]
Vous aviez autrefois des ressorts infaillibles
Qui portoient en mon cœur les espèces visibles[1057-a];
Mais mon cœur en prison vous renvoie à son tour
L'image et le rapport de son triste séjour.
Triste séjour! que dis-je? Osai-je appeler triste
L'adorable prison où me retient Caliste?
En vain dorénavant mon esprit irrité
Se plaindra d'un cachot qu'il a trop mérité;
Puisque d'un tel blasphème il s'est rendu capable,
D'innocent que j'entrai, j'y demeure coupable.
Folles raisons d'amour, mouvements égarés,
Qu'à vous suivre mes sens se trouvent préparés!
Et que vous vous jouez d'un esprit en balance
Qui veut croire plutôt la même extravagance,
Que de s'imaginer, sous un si juste roi. (1632-57)

[1057-a] Qui portoient dans mon cœur les espèces visibles. (1644)

[1058] Var. M'y voilà cependant, et bien que ma pensée. (1632-57)

[1059] Var. Épluche à la rigueur ma conduite passée. (1632)

[1060] Var. Mais vous montrerez bien, embrassant ma défense,
Que qui vous venge ainsi lui-même vous offense.
Les damnables auteurs de ce complot maudit. (1632-57)

[1061] Var. De son visage affreux redouble ma terreur[1061-a].
Parle, que me veux-tu? LE GEÔL. Vous ôter cette chaîne.
CLIT. Se repent-on déjà de m'avoir mis en peine?
LE GEÔL. Non pas que l'on m'ait dit. CLIT. Quoi! ta seule bonté
Me détache ces fers? LE GEÔL. Non, c'est Sa Majesté
Qui vous mande au conseil. CLIT. Ne peux-tu rien m'apprendre
Du crime qu'on impose au malheureux Clitandre?
[LE GEÔL. Descendons: un prévôt, qui vous[1061-b] attend là-bas.] (1632-57)

[1061-a] En marge, dans l'édition de 1632: Le Geôlier ouvre la prison.—Il n'y a pas de distinction de scène.

[1061-b] L'édition de 1632, au lieu de vous, porte ici
nous, ce qui pourrait bien être une faute d'impression.

[1062] Var. Il regarde une aiguille que Dorise avoit, etc. (1663, en marge.)—Ce jeu de scène n'est point indiqué ici dans l'édition de 1632, mais on lit en marge, aux derniers vers du premier couplet: Il lui montre une aiguille que par mégarde elle avoit laissée dans ses cheveux en se déguisant.

[1063] Var. Ressent fort les faveurs de quelque belle fille. (1632-57)

[1064] Var. Qui vous l'aura donnée en gage de sa foi[1064-a]. (1632-60)

[1064-a] L'édition de 1657 donne, par erreur sans doute, en garde, pour en gage.

[1065] Var. Ou payant vos ardeurs d'une infidélité,
[Vous auroit-elle bien pour un autre quitté?]
Vous ne me dites mot; cette rougeur confuse. (1632-57)

[1066] Var. Qu'après plusieurs devis, n'ayant plus où me prendre,
J'ai touché par hasard une chose si tendre,
Dont beaucoup toutefois aiment bien mieux parler. (1632-57)

[1067] Dans les éditions de 1668 et de 1682, il y a en des propos; mais ce pourrait bien être une faute: toutes les autres donnent à des propos.

[1068] Var. Que de perdre leur temps à des propos en l'air. (1632-63)

[1069] Var. Il ne me peut lasser, indifférent qu'il est. (1632-60)

[1070] Var. Ont avecque les siens un merveilleux rapport. (1632-60)

[1071] Var. Ma belle, il ne faut plus que mon feu vous déguise. (1632)

[1072] Var. Ce n'est pas sans raison qu'à vos yeux cette fois
Je passe pour quelqu'un d'entre nos villageois;
M'ayant traité toujours en homme de leur sorte,
Vous croyez aisément à l'habit que je porte,
Dont la fausse apparence aide et suit vos mépris. (1632-57)

[1073] Var. [Cachent sans les changer nos inclinations.]
PYM. Pardonnez-moi, ma reine, ils ont changé mon âme,
Puisque mes feux plus vifs y redoublent leur flamme.
DOR. Aussi font bien les miens, mais c'est pour Rosidor.
PYM. Trop cruelle beauté, persistez-vous encor
A dédaigner mes vœux pour un qui vous néglige? (1632-57)

[1074] Var. J'y trouve, malgré lui, je ne sais quel appas. (1632-57)

[1075] Var. Qu'espérez-vous enfin de cette amour frivole. (1632-57)

[1076] Var. Envers un qui n'est plus peut-être qu'une idole? (1632)
Var. Vers un homme qui n'est peut-être qu'une idole? (1644-57)

[1077] Var. Je t'ai vu dans ces bois moi-même le poursuivre. (1632-57)

[1078] Var. De ce tigre jadis si cruel envers vous. (1632-57)

[1079] Var. D'un compliment moqueur ta malice me flatte! (1632-57)

[1080] Var. L'impétueux bouillon d'un courroux féminin,
Qui s'échappe sur l'heure et jette son venin,
Comme il est animé de la seule impuissance,
A force de grossir, se crève en sa naissance. (1632-57)

[1081] Var. Traître, ne prétends pas que le mien s'adoucisse. (1632-57)

[1082] Voyez au Complément des variantes, p. [365.]

[1083] Dans ce passage, qui paraît pour la première fois en 1660, Dorise exprime la même confiance qu'Émilie:

Et si pour me gagner il faut trahir ton maître,
Mille autres à l'envi recevroient cette loi,
S'ils pouvoient m'acquérir à même prix que toi.
(Cinna, acte III, sc. IV.)

Si j'ai séduit Cinna, j'en séduirai bien d'autres.
(Ibid., acte V, sc. II.)

[1084] Var. Adieu: j'en perds le temps à crier dans ces bois. (1660-64)

[1085] Var. PYMANTE, DORISE dans une caverne. (1632-57)

[1086] Var. Tarissez désormais ce déluge de larmes[1086-a]. (1632-57)

[1086-a] Le IVe acte commence à ce vers dans les éditions de 1632-57.

[1087] Var. Au moins par eux mon âme y trouvera la voie. (1632-57)

[1088] Var. Belle, ne songez plus à rejoindre les morts. (1632)
Var. Ne songez plus, Dorise, à rejoindre les morts. (1644-57)

[1089] Var. Pensez plutôt à ceux qui vivants n'ont envie. (1632-57)

[1090] Var. Ton perfide attentat obtiendroit ce pouvoir? (1632-57)

[1091] Var. Il me faut un baiser malgré vos cruautés[1091-a]. (1632-57)

[1091-a] En marge, dans l'édition de 1632: Il veut user de force.

[1092] Var. Veulent sur ma foiblesse user de violence.
PYM. Que sert d'y résister? je sais trop la licence. (1632-57)

[1093] Var. Elle lui crève un œil du poinçon qui lui étoit demeuré dans les cheveux. (1632, en marge.)—Elle lui crève l'œil de son aiguille. (1663, en marge.)

[1094] Var. Il porte les mains à son œil crevé. (1663, en marge.)

[1095] Var. DORISE, en s'échappant de lui. (1632-1657)

[1096] Var.Ah! infâme! (1632)

[1097] Var. DORISE, sortie de la caverne.

[1098] Var. De tirer mon honneur des efforts d'un corsaire[1098-a].
PYMANTE, ramassant son épée.
Barbare, je t'aurai. DORISE, se cachant. Fuyons, il va sortir.
Qu'à propos ce buisson s'offre à me garantir!
PYMANTE, sorti. Ne crois pas m'échapper: quoi que ta ruse fasse,
J'ai ta mort en ma main. DORISE, cachée. Dieux! le voilà qui passe.
PYMANTE passe de l'autre côté du théâtre[1098-b].
Tigresse!
DORISE, revenant sur le théâtre[1098-c].
Il est passé, je suis hors de danger.
Ainsi dorénavant mon sort puisse changer!
Ainsi dorénavant le ciel plus favorable
Me prête en ces malheurs une main secourable!
Cependant, pour loyer de sa lubricité[1098-d],
Son œil m'a répondu de sa pudicité,
Et dedans son cristal mon aiguille enfoncée,
Attirant ses deux mains, m'a désembarrassée.
Aussi le falloit-il que ce même poinçon,
Qui premier de mon sexe engendra ce soupçon,
Fût l'auteur de ma prise et de ma délivrance,
Et qu'après mon péril il fît mon assurance[1098-e].
Va donc, monstre bouffi de luxure et d'orgueil,
Venge sur ces rameaux la perte de ton œil,
Fais servir si tu veux, dans ta forcenerie,
Les feuilles et le vent d'objets à ta furie:
Dorise, qui s'en moque et fuit d'autre côté,
En s'éloignant de toi se met en sûreté.

SCÈNE II[1098-f].

PYM. Qu'est-elle devenue? Ainsi donc l'inhumaine
Après un tel affront rend ma poursuite vaine!
Ainsi donc la cruelle, à guise d'un éclair,
En me frappant les yeux est disparue en l'air!
[Ou plutôt, l'un perdu, l'autre m'est inutile.] (1632-57)

[1098-a] De sauver mon honneur des efforts d'un corsaire. (1644-57)

[1098-b] PYMANTE, passé de l'autre côté du théâtre. (1644-57)

[1098-c] Ici commence la scène II dans les éditions de 1644-57.

[1098-d] Pour peine cependant de sa lubricité. (1644-57)

[1098-e] Ces quatre vers, à partir de: «Aussi le falloit-il, etc.,» manquent dans les éditions de 1644-57.

[1098-f] SCÈNE III. (1644-57)

[1099] Var. Il prend son épée dans la grotte où il l'avoit jetée au second acte. (1663, en marge.)

[1100] Var. Coule, coule, mon sang: dans de si grands malheurs. (1632-57)

[1101] Var. Mon forfait évident se lit dans ma disgrâce. (1632-57)

[1102] Var. Bourreau qui, secondant son courage inhumain[1102-a],
Au lieu d'orner son poil, déshonorez (sic) sa main. (1632)

[1102-a] En marge: Il tient à la main le poinçon que Dorise lui avoit laissé dans l'œil.

[1103] On lit tu devrois dans l'édition de 1632, mais c'est probablement une faute d'impression.

[1104] Var. Quoi que te commandât son âme courroucée,
Devoit être adoré de ta pointe émoussée;
Quelque secret instinct te devoit figurer
Que se prendre à mon œil c'étoit le déchirer.
Et toi, belle, reviens, reviens, cruelle ingrate,
Vois comme encor l'amour en ta faveur me flatte.
Ce poinçon qu'à mon heur j'éprouve si fatal,
Ce n'est qu'à ton sujet que je lui veux du mal:
Vois dans ces vains propos, par où mon cœur se venge,
Moins de blâme pour lui que pour toi de louange[1104-a].
Tu n'as dans ta colère usé que de tes droits,
Et ma vie et ma mort dépendant de tes lois,
Il t'étoit libre encor de m'être plus funeste,
Et c'est de ta pitié que j'en tiens ce qui reste.
Reviens, belle, reviens, que j'offre tout blessé
A tes ressentiments ce que tu m'as laissé.
Lâche et honteux retour de ma flamme insensée!
Il semble que déjà ma fureur soit passée,
Et tous mes sens, brouillés d'un désordre nouveau,
Au lieu de ma maîtresse adorent mon bourreau. (1632-57)

[1104-a] Ces quatre vers, à partir de: «Ce poinçon qu'à mon heur, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1632.

[1105] Var. Pourrois-je en ma maîtresse adorer mon bourreau. (1660)

[1106] Var. Seule je te permets d'occuper mon courage. (1632-57)

[1107] Var. L'amour vient d'expirer, et ses flammes dernières
S'éteignant ont jeté leurs plus vives lumières. (1632-57)

[1108] Var. Que ce qu'il faut de place aux soins de la punir:
Je n'ai plus de penser qui n'en veuille à sa vie. (1632-57)

[1109] Var. Implacable pour moi, s'obstine à mes tourments,
Si vous me réservez à d'autres châtiments. (1632-57)

[1110] Var. Prenons dorénavant pour guide les hasards. (1644-57)

[1111] Var. Quiconque rencontré n'en saura de nouvelle. (1632 et 48)
Var. Quiconque rencontré n'en saura la nouvelle. (1644 et 52-57)

[1112] Var. L'univers, n'ayant pas de force à m'opposer,
Me vient offrir Dorise afin de m'apaiser. (1632-57)

[1113] Var. Quelque part où la peur porte ses pas errants. (1632-57)

[1114] Var. O suprême faveur! Ce grand éclat de foudre,
Décoché sur son chef, le vient de mettre en poudre.
Ce fer, s'il est ainsi, me va tomber des mains;
Ce coup aura sauvé le reste des humains.
Satisfait par sa mort, mon esprit se modère,
Et va sur sa charogne achever sa colère[1114-a].

SCÈNE III[1114-b].

LE PRINCE. Que d'heur en ce péril! sans me faire aucun mal,
[Le tonnerre a sous moi foudroyé mon cheval,]
Et consommant sur lui toute sa violence[1114-c],
M'a montré son respect parmi son insolence.
Holà! quelqu'un à moi! Tous mes gens écartés,
Loin de me secourir, suivent de tous côtés
L'effroi de la tempête ou l'ardeur de la chasse.
Cette ardeur les emporte ou la frayeur les glace.
[Cependant seul, à pied, je pense à tous moments.] (1632-57)

[1114-a] Et va par ce spectacle assouvir sa colère. (1644-57)

[1114-b] SCÈNE IV. (1644-57)

[1114-c] [Et consumant sur lui toute sa violence.] (1648-57)

[1115] Var. Pour le moins, Dieux, s'il court quelque danger fatal,
Qu'il en ait comme moi plus de peur que de mal. (1632-57)

[1116] Var. [Les petits oisillons, encor demi-cachés,]
Poussent en tremblotant, et hasardent à peine
Leur voix, qui se dérobe à la peur incertaine
Qui tient encor leur âme et ne leur permet pas
De se croire du tout préservés du trépas.
J'aurai bientôt ici quelques-uns de ma suite. (1632-57)

[1117] Var. LE PRINCE, PYMANTE, DORISE, DEUX VENEURS. (1632)

[1118] Var. PYMANTE, terrassant Dorise. (1632-60)—Il saisit Dorise qui le fuyoit. (1663, en marge.)

[1119] Var. PYMANTE, tenant Dorise d'une main, se bat de l'autre contre le Prince. (1632)—Il tient Dorise d'une main, et se bat de l'autre. (1663, en marge.)

[1120] Var. C'est le Prince, tout beau! PYM. Prince ou non, ne m'importe. (1632-57)

[1121] Var. Quelque respect ailleurs que ton grade s'obtienne. (1632-57)

[1122] Var. DORISE, le faisant trébucher. (1644-60 et 64)—Elle fait trébucher Pymante. (1663, en marge.)

[1123] En marge, dans l'édition de 1632: Dorise, s'embarrassant dans ses jambes, le fait trébucher.

[1124] En marge, dans l'édition de 1632: Il saute sur Pymante, et deux veneurs paroissent, chargés des vrais habits de Pymante, Lycaste et Dorise.—Il n'y a point de distinction de scène.

[1125] Var. Ils portent en leurs mains les vrais habits, etc. (1663, en marge.)

[1126] Var. LE PRINCE, à Dorise. (1632-60)—Il désarme Pymante, etc. (1663, en marge.)

[1127] Var. Le voilà, Monseigneur, quelle aventure étrange,
Et quel mauvais destin en cet état vous range?
LE PRINCE. Garrottez ce maraud; faute d'autres liens,
Employez-y plutôt les couples de vos chiens. (1632-57)

[1128] Var. Lui fasse ressentir par un cruel supplice. (1632-57)
Var. Lui fasse ressentir par un juste supplice. (1660)

[1129] Var. En ce cas, Monseigneur, les voilà toutes prêtes. (1632-57)

[1130] Var. Qui dans cette forêt ont consommé trois corps. (1632)

[1131] Var. Tu me montres vraiment de merveilleux effets. (1632-57)

[1132] Var. Ces habits que n'a point approché (sic) le tonnerre. (1632-57)

[1133] Var. Connoissez-les, mon prince, et voyez devant vous. (1632-60)

[1134] Var. Souffrez que je reprenne en un coin de ces bois. (1632-64)

[1135] Var. Tu l'y ramèneras. Toi, s'il ne veut marcher,
Garde-le cependant au pied de ce rocher.

SCÈNE V.

CLÉON et encore un Veneur[1135-a].

CLÉON. Tes avis, qui n'ont rien que de l'incertitude,
N'ôtent point mon esprit de son inquiétude,
Et ne me font pas voir le Prince en ce besoin.
3e VENEUR. Assurez-vous sur moi qu'il ne peut être loin:
La mort de son cheval, étendu sur la terre,
Et tout fumant encor d'un éclat de tonnerre,
L'ayant réduit à pied, ne lui permettra pas
En si peu de loisir d'en éloigner ses pas.
CLÉON. Ta foible conjecture a bien peu d'apparence,
Et flatte vainement ma débile espérance:
Le moyen que le Prince, aussitôt remonté,
De ce funeste lieu ne se soit écarté.
3e VENEUR. Chacun, plein de frayeur au bruit de la tempête,
Qui çà, qui là, cherchoit où garantir sa tête;
Si bien que, séparé possible de son train,
Il n'aura trouvé lors d'autre cheval en main[1135-b];
Joint à cela que l'œil, au sentier où nous sommes,
N'en remarque aucuns pas mêlés à ceux des hommes.
CLÉON. Poursuivons; mais je crois que, pour le rencontrer,
Il faudroit quelque Dieu qui nous le vînt montrer. (1632-57)

[1135-a] SCÈNE VII. CLÉON et un autre VENEUR.(1644-57)

[1135-b] Il n'aura pas trouvé d'autre cheval en main. (1644-57)

[1136] Var. Et l'autre mène. (1632-57)

[1137] Dans les éditions de 1632-60 les mots en prison ne sont pas placés ici, mais à la ligne précédente: CLITANDRE, en prison, LE GEÔLIER.—En marge, dans l'édition de 1663: Il parle en prison.

[1138] Var. A d'autres: je vois trop où tend ce préambule. (1632)

[1139] Var. Tous, dedans ces cachots, dont je porte les clés. (1632-57)

[1140] Var. Se disent comme vous de malheur accablés. (1632)

[1141] Var. Il suffit: le surplus en rien ne me regarde. (1632)

[1142] Var. Hélas! si tu voulois envoyer l'avertir. (1632)

[1143] En marge, dans l'édition de 1632: Il sort.—Il n'y a pas de distinction de scène.

[1144] Var. Va, tigre! va, cruel, barbare impitoyable[1144-a]! (1652-57)

[1144-a] Les éditions indiquées n'ont point de virgule entre les deux derniers mots du vers.

[1145] Var. Seule aux cœurs innocents imprime la terreur. (1652-57)

[1146] Var. Auront pour ton supplice encor des pires fers. (1632 et 57)

[1147] Var. Vengent les innocents par delà leur espoir. (1632-57)

[1148] Var. Et dont l'éloignement fut mon plus grand malheur. (1632-57)

[1149] Var. N'aille laisser de moi qu'une sale mémoire. (1632-57)

[1150] Var. LE PRINCE, DORISE, en son habit de femme; PYMANTE, garrotté et conduit par trois VENEURS; CLÉON. (1632)—Les mots en habit de femme manquent dans l'édition de 1663.

[1151] Les mots à Dorise et Cléon ne se trouvent pas dans les éditions de 1632 et de 1663.

[1152] Var. T'accablent malheureux[1152-a] sous le courroux du Roi! (1632-57)

[1152-a] L'omission des deux virgules modifie le sens, mais c'est probablement une faute, commune aux éditions indiquées.

[1153] Var. Hâtant un peu de pas, quelque espoir me demeure. (1632)

[1154] Var. Ses myrtes prétendus tourneront en cyprès. (1632-57)

[1155] En marge, dans l'édition de 1632: On sonne du cor derrière.

[1156] L'édition de 1632 porte: Il suffit que Cléon; toutes les autres: Il suffit de Cléon.

[1157] Var. Il parle au prévôt. (1663, en marge.)

[1158] Var. Allez toujours au Roi dire qu'une innocence. (1632)
Var. Allez devant au Roi dire qu'une innocence. (1644-57)

[1159] Var. Cher ami, que je tiens comme un autre moi-même. (1632-57)

[1160] Var. Vous m'avez, autant vaut, retiré des enfers. (1632-57)

[1161] Var. C'est à quoi désormais je veux songer le moins. (1632-60)

[1162] Var. Ait son ardeur vers vous si souvent relâché,
Si souvent pour le sien quitté votre service. (1632-57)

[1163] Var. Je devine à peu près le fond de ton courage. (1632-57)

[1164] Var. Vu que sans cette amour la fourbe mal conçue. (1632-60)

[1165] Var. Se cherchent des objets un peu moins rigoureux. (1632-57)

[1166] En marge, dans l'édition de 1632: Cléon entre.

[1167] Var. Grâce aux Dieux, acquittés de la charge commise. (1632-57)

[1168] Var. Et je viens, Monseigneur, prendre un ordre nouveau. (1632-57)

[1169] En marge, dans l'édition de 1632: Cléon s'en va.

[1170] Var. ROSIDOR, dans son lit. (1632-57)—Il est sur son lit. (1663, en marge.)

[1171] Var. [Si le sort d'un rival ne me l'avoit appris.]
Les flammes de Caliste à mes flammes répondent,
Je ne fais point de vœux que les siens ne secondent;
Il n'est point de souhaits qui ne m'en soient permis,
Ni de contentements qui ne m'en soient promis.
Clitandre, qui jamais n'attira que sa haine,
Ne peut plus m'opposer le Prince, ni la Reine;
Si mon heur de sa part avoit quelque défaut,
Avec sa tête on va l'ôter sur l'échafaud.
[Je te plains toutefois, Clitandre, et la colère.] (1632-57)

[1172] Var. Tes desseins du succès étoient assez punis. (1632-57)

[1173] Var. Vu qu'il n'est pas à croire, après ce lâche tour. (1632-57)

[1174] Var. Mais hélas! mes pensées (sic) qui vous veut diviser? (1657)

[1175] Var. Mais il leur faut depuis des objets plus solides. (1632-57)

[1176] Voyez au Complément des variantes, p. [367].

[1177] Il y a tout autre, au masculin, dans toutes les éditions qui ont ce texte. Voyez ci-dessus, p. 228, note [759-a].

[1178] Var. Espère, mais hésite; hésite, mais aspire. (1660 et 63)
Var. Doute dans ton espoir; hésite, mais aspire. (1664)

[1179] Var. Que sans plus différer je m'en aille en personne
Remercier le Roi du bonheur qu'il nous donne. (1632-57)

[1180] Var. Une heure hors du lit ne te pût beaucoup nuire. (1632-57)

[1181] Var. Que tes humbles devoirs manquassent vers ton roi.
ROS. Mes blessures n'ont pas, en leurs foibles atteintes,
[Sur quoi ton amitié puisse fonder ses craintes.]
CAL. Reprends donc tes habits.
ROS.Ne sors pas de ce lieu.
CAL. Je rentre incontinent.
ROS.Adieu donc, sans adieu. (1632-57)

[1182] Var. Que souvent notre esprit, trompé de l'apparence. (1632)

[1183] L'exemplaire de l'édition de 1632 qui appartient à la Bibliothèque impériale porte ici mes raisonnements; deux autres, que nous avons pu comparer, donnent nos raisonnements, comme notre texte.

[1184] L'édition de 1682, au lieu de se fie, qui est dans toutes les autres, donne se fier. C'est évidemment une faute.

[1185] Var. N'a conçu tant d'erreur avecque moins de doute. (1632-57)

[1186] Var. On est trop criminel quand on vous peut déplaire. (1632-57)

[1187] Var. Monsieur, moi qui connois le fond de son courage. (1632-57)

[1188] Var. A fait si lourdement chopper notre raison. (1632-57)

[1189] Var. Se met souvent, non pas? en un tel équipage. (1632-57)

[1190] Var. Vous, dis-je, et cet objet dont l'amour me consomme.
Je sais ce que l'honneur vouloit d'un gentilhomme;
Mais recherchant la mort d'un qui nous[1190-a] est si cher,
Pour en avoir les fruits il me falloit cacher. (1632)

[1190-a] C'est évidemment vous qu'il faut lire.

[1191] Var. Mais recherchant la mort d'un qui vous est si cher. (1644-57)

[1192] Var. Va plus outre, impudent, pousse, et m'impute encor. (1632-57)

[1193] Voyez plus haut, p. 150, [498] relative à la variante du vers 134 de Mélite.

[1194] En marge, dans l'édition de 1632: Pymante sort, et le Roi fait approcher Dorise.

[1195] Var. Qui veux joindre le meurtre à la déloyauté. (1632-64)

[1196] Var. Se rendit ton complice et te bailla ce fer? (1632-57)

[1197] Var. L'autre jour, dans ces bois trouvé par aventure. (1632-64)

[1198] Var. Que ce fer n'est sinon un misérable reste
Du malheureux duel où le pauvre Arimant. (1632-57)

[1199] Var. Que la raison, tombée en un aveuglement. (1632-57)

[1200] Var. Monsieur, quoi qu'il en soit, un fils qu'elle vous rend. (1632-57)

[1201] Var. Et qu'ainsi je renferme en leur sacré séjour
Une qui ne dût pas seulement voir le jour. (1632-57)

[1202] Var. N'arrêtez point au monde un sujet odieux. (1632-57)

[1203] Var. Pour te faire l'objet de mille affections. (1632-57)

[1204] Var. Fais-le voir, mon Clitandre, et tourne ton desir. (1632-57)

[1205] Dans l'édition de 1632, LE PRINCE (Floridan) et CLÉON ne figurent point parmi les acteurs de cette scène.

[1206] Var. Offrir encor ma vie à vos commandements. (1632-57)

[1207] Lycaste et Géronte. Voyez la scène [IX] du Ier acte.

[1208] Var. ROSIDOR, au Roi. (1648)

[1209] Var. Et si peu que j'avois envers vous de crédit. (1632-64)

[1210] Les mots à Clitandre manquent dans les éditions de 1632, 44 et 52-60.

[1211] Var. CLITANDRE, embrassant Rosidor. (1644-60)—En marge, dans l'édition de 1632: Il embrasse Clitandre; mais ce nom est là par erreur pour Rosidor.

[1212] Var. Ne vous querelle plus un prix qui vous est dû. (1632-57)

[1213] Var. CALISTE, en l'embrassant. (1632-60)

[1214] Var. Ah! ma sœur, tu me prends pour un autre[1214-a]. (1632-60)

[1214-a] Voyez ci-dessus, p. 228, la variante du vers 1425 de Mélite, et la note [759-a] qui s'y rapporte.

[1215] Var. Si tu crois que je veuille encor m'en souvenir. (1632)

[1216] Var. Que Rosidor guéri termine un hyménée. (1632-60)

[1217] Var. Ainsi nous verrons lors cueillir en même jour. (1632-57)

[1218] Je veux me satisfaire. (1652-57)

[1219] Te déchirer le cœur. (1644-57)

[1220] Lui prenant les mains. (1652-57)

[1221] PYMANTE, l'enlevant dans la caverne. (1644-57)

[1222] SCÈNE IV. (1632)

[1223] Ne se souvient-on point que le prince l'estime?
LYS. C'est là ce qui le perd: de peur de son retour. (1644-57)

[1224] A son desçu. à son insu. Voyez plus haut, p. 180, note [598].]

[1225] Que l'assassin repris ait convaincu Clitandre. (1644-57)

[1226] Une nouvelle scène (SCÈNE VII) commence après ce vers dans les éditions de 1644-57.—Les mots: Il est seul, y manquent.

[1227] Et s'il ne vient à temps pour rabattre les coups,
Par une prompte fuite évitons son courroux. (1644-57)

[1228] En marge, dans l'édition de 1632: CALISTE entre et s'assied sur son lit.

[1229] ROSIDOR, CALISTE. (1644-57)

[1230] Dussai-je être insolent autant comme importun. (1648)

[1231] En marge, dans l'édition de 1632: Il la baise sans résistance.

[1232] Cette dédicace a été réimprimée dans les éditions de 1644-1657. Au moment où Corneille l'écrivait, Élisabeth d'Estampes était veuve de Louis de la Châtre, baron de la Maisonfort, maréchal de France, mort en octobre 1630; mais ce n'était pas une jeune veuve comme l'héroïne de notre poëte: elle avait cinquante-deux ans. Elle mourut à Coubert en Brie, le 14 septembre 1654, âgée de soixante-douze ans.

[1233] Var. (édit. de 1644-1657): les grâces de la représentation la mettoient en son jour.

[1234] Cet avis Au lecteur, et les hommages poétiques adressés à Corneille, au sujet de sa comédie de la Veuve, par divers poëtes contemporains, ne se trouvent, ainsi que l'Argument, que dans l'édition de 1634.

[1235] Corneille a ici en vue, outre la Veuve, Mélite et Clitandre, déjà imprimés, la Galerie du Palais et la Suivante, qui furent jouées dans le courant de l'année 1634, et la Place Royale, qui ne fut représentée qu'au commencement de 1635. Ce passage nous apprend que Corneille avait terminé ces trois dernières pièces avant le 13 mars 1634, date de l'achevé d'imprimer de la Veuve.

[1236] Voyez ci-dessus, p. [117.]

[1237] Ainsi dans l'édition de 1634, qui seule, comme nous l'avons dit, renferme ces hommages poétiques. Serait-ce une faute, et faut-il lire les astres?

[1238] Georges de Scudéry, né au Havre vers 1601. Après avoir servi quelque temps dans le régiment des gardes (voyez p. 129), il s'adonna entièrement à la littérature et à la poésie. L'hommage qu'il rend ici à Corneille n'est que le remercîment dû à une politesse du même genre. En effet, en 1631, lors de la publication de Ligdamon, notre poëte lui avait adressé un quatrain, signalé dans ces derniers temps par M. Triçotel, et qui sera placé pour la première fois dans la présente édition, parmi les poésies diverses de Corneille. On trouvera dans notre Notice sur le Cid le récit des différends que le succès de cet ouvrage fit naître entre les deux amis. Scudéry mourut en 1667.

[1239] Jean Mairet, né à Besançon en 1604, mort en 1686, est au nombre des amis de Corneille dont l'affection ne sut pas résister au succès du Cid; il est longuement question de lui dans la Notice sur cet ouvrage.

[1240] Germaine, sœur.

[1241] Ces noms sont ceux des héroïnes des pièces de théâtre qui avaient eu le plus de succès dans les années précédentes: la Silvie, tragi-comédie-pastorale de Mairet, fut représentée en 1621; l'Amaranthe, pastorale de Jean Ogier de Gombaud, en 1625; la Filis de Scire, comédie-pastorale du sieur Pichou, en 1630; enfin, en citant la Célimène, Rotrou avoue sa propre défaite, car ce titre est celui d'une comédie qu'il fit représenter en 1625. (Voyez Histoire du théâtre françois, tome IV, p. 352, 377 et 500, et tome V, p. 7.)

[1242] Jean Rotrou, né à Dreux en 1609, mort en 1650, est le seul auteur dramatique lié avec Corneille que le succès du Cid n'ait pas brouillé avec lui.

[1243] Pierre du Ryer, né en 1605, mort en 1658, a fait un grand nombre de traductions et dix-huit pièces de théâtre. Il a été secrétaire de César, duc de Vendôme.

[1244] François le Métel, sieur de Boisrobert, abbé et poëte, né à Caen vers 1592, mort en 1662, fut le favori du cardinal de Richelieu, et un des cinq auteurs qu'il chargeait de la rédaction de ses pièces. Voyez les Notices sur la Comédie des Tuileries et sur le Cid.

[1245] Antoine le Métel, sieur d'Ouville, frère de l'abbé de Boisrobert, plus connu par ses contes que par ses œuvres dramatiques, a écrit neuf ou dix pièces de théâtre, que les frères Parfait placent entre 1637 et 1650. L'époque de sa naissance et celle de sa mort sont ignorées. Voyez Histoire du théâtre françois, tome V, p. 357.

[1246] Un des rivaux les plus acharnés de Corneille, après le succès du Cid. Voyez notre Notice sur cette tragédie.

[1247] Il y a ces pour ses dans l'édition originale.

[1248] On lit ainsi (des, et non de) dans l'édition originale.

[1249] Julien Collardeau, procureur du Roi à Fontenay-le-Comte, auteur de diverses poésies latines et françaises, et notamment de quatre petits poëmes intitulés: Tableaux des victoires du Roi, Paris, J. Quesnel, 1630, in-8o.

[1250] Allusion à ces vers d'Horace:

Ne si forte suas repetitum venerit olim
Grex avium plumas, moveat cornicula risum,
Furtivis nudata coloribus.

(Épîtres, liv. I, ép.III, v. 18-20.)

[1251] Le poëte Saint-Amant était né à Rouen, comme Corneille.

[1252] Raphaël du Petit-Val, libraire et poëte de Rouen, dont on trouve des vers en tête de plusieurs ouvrages de Béroalde de Verville.

[1253] Ce vers est étrangement défiguré dans l'édition originale:

A polie (sic) doucement son vœu (sic) et son langage.

[1254] Ce poëte était en relation avec Guillaume Colletet. Voyez les Divertissements de Colletet, 1631, p. 38.

[1255] Il était maître des forêts à Pont-de-l'Arche. On a un Recueil des vers de M. de Marbeuf, Rouen, David du Petit-Val, 1628, in-8o.

[1256] Dans l'édition de 1634 il y a le non-sens que voici:

Et traîne (sic) tant d'appas ce seroit la cheté (sic).

[1257] Tel est le texte de l'édition originale; peut-être faut-il lire: «d'avoir sa liberté.»

[1258] Dans l'édition originale: «à son mérite.»

[1259] Dans l'édition originale: «de l'aimer.»

[1260] Ainsi dans la première édition; mais c'est sans doute peust, c'est-à-dire pût, qu'il faut lire.

[1261] Tel est le texte de 1634. Peut-être faudrait-il lire les hommes.

[1262] L'impression de Mélite fut achevée, comme nous l'avons dit, au mois de février 1633, et celle de la Veuve au mois de mars 1634.

[1263] Le texte de cette phrase, tel que nous le donnons ici, est parfaitement conforme à celui de l'édition de 1634. Nous croyons devoir en avertir, parce qu'en voyant l'embarras de la construction et l'emploi irrégulier d'aperçût pour aperçoive, on pourrait être tenté de supposer ici quelque faute d'impression.

[1264] Var. (édit. de 1660): qui le presse.

[1265] Var. (édit. de 1660-1664): l'on.

[1266] Var. (édit. de 1660-1668): reconnoître.

[1267] Voyez, comme complément de cet examen, ce qui est dit plus haut, p. [28], p. [29] et p. [43].

[1268] Dans les éditions de 1634-1668: «amoureux de Doris, qui ne paroît point.»

[1269] Ces mots manquent dans l'édition de 1634.

[1270] Var. Dis ce que tu voudras, chacun a sa méthode. (1634-57)

[1271] Var. Mais la tienne pour moi seroit fort incommode. (1634-68)

[1272] Var. Non pas, mais pour le moins je veux qu'elle devine. (1634-57)

[1273] Var. C'en est trop présumer, cette beauté divine
Avec juste raison prend pour stupidité
Ce qui n'est qu'un effet de ta timidité.
PHIL. Mais as-tu remarqué que Clarice me fuie? (1634-60)

[1274] Var. Sans te mettre en souci du feu qui me consomme,
Apprends comme l'amour se traite en honnête homme:
Aussitôt qu'une dame en ses rets nous a pris. (1634-57)

[1275] Var. Et nous laissant conduire à nos brusques saillies
Au lieu de notre amour lui montrer nos folies,
Qu'un superbe dédain punisse au même instant. (1634-57)

[1276] Var. Sans en rien protester, rendons-lui du service. (1634)

[1277] Var. Ajustons nos desseins à ses intentions. (1634-57)

[1278] Voyez plus haut, p. 148, le vers 96 de Mélite, et la note [485] qui s'y rapporte.

[1279] C'est-à-dire, leur haine contre l'amour aurait beau être extrême, prodigieuse, elle ne tomberait jamais que sur le nom, et non pas sur la chose.

[1280] Var. Suive qui le voudra ce nouveau procédé:
Mon feu me déplairoit d'être ainsi gourmandé. (1634-57)

[1281] On appelle eau d'ange «une eau d'une odeur très-agréable, faite de fleurs d'orange, musc, cannelle, et autres choses odoriférantes.» (Dictionnaire de l'Académie de 1694.)

[1282] Var. Qu'un tel dedans le mois d'une telle s'accorde!
Touche, pauvre abusé, touche la grosse corde. (1634)

[1283] Var. A perdre sottement tes discours et tes pas. (1634-57)

[1284] Var. Vu que par là ton feu rencontre un double obstacle,
Et qu'ainsi ton silence et l'inégalité
S'opposent à la fois à ta témérité.
PHIL. Crois que de la façon que j'ai su me conduire. (1634-57)

[1285] Var. Mille petits devoirs ont trop parlé pour moi;
Ses regards chaque jour m'assurent de sa foi. (1634-57)

[1286] Var. Ses soupirs et les miens font un secret langage. (1634-60)

[1287] Var. [Par où son cœur au mien à tous moments s'engage;]
Nos vœux, quoique muets, s'entendent aisément,
Et quand quelques baisers sont dus par compliment....
ALC. Je m'imagine alors qu'elle ne t'en dénie?
PHIL. Mais ils tiennent bien peu de la cérémonie:
Parmi la bienséance, il m'est aisé de voir
Que l'amour me les donne autant que le devoir.
En cette occasion, c'est un plaisir extrême,
Lorsque de part et d'autre un couple qui s'entr'aime,
Abuse dextrement de cette liberté
Que permettent les lois de la civilité,
Et que le peu souvent que ce bonheur arrive,
Piquant notre appétit, rend sa pointe plus vive:
Notre flamme irritée en croît de jour en jour.
[ALC. Tout cela cependant sans lui parler d'amour?] (1634-57)

[1288] Var. Le ciel, qui bien souvent nous choisit des partis. (1634-57)
Var. Cet ordre qui du ciel nous choisit des partis. (1660)

[1289] Var. Ainsi pour cette veuve il voulut m'enflammer. (1634-60)

[1290] Ce mot manque dans l'édition de 1634.

[1291] Var. Avecque son rival traiter de confidence. (1634-57)

[1292] Var. LA NOURR. La belle question! Quoi? ALC. Que Philiste.... LA NOURR. Eh bien?
ALC. C'est en toi qu'il espère. LA NOURR. Oui, mais il ne tient rien.
[ALC. Tu lui promets pourtant. (1634-57)]

[1293] Var. Tant que tes bons succès lui découvrent ma ruse. (1634-64)

[1294] Var. Je le viens de quitter. (1634-60)

[1295] Var. Ce qu'il a sur le cœur beaucoup plus librement. (1634)

[1296] Var. Ne l'enhardis pas tant: j'aurois peur du contraire. (1634-57)

[1297] Var. Ce rival, d'assurance, est bien dans son esprit. (1634-57)

[1298] Var. Nous ne le sachions mettre en sa mauvaise grâce. (1634-57)

[1299] Var. Qui, son frère ébloui par cette accorte feinte. (1663 et 64)

[1300] Var. De ce que nous brassons n'ait ni soupçon, ni crainte. (1634)

[1301] Quand Corneille écrivait la Veuve, il y avait une vingtaine d'années qu'avait paru le roman où figure ce modèle des amants: c'est en 1610 que d'Urfé a publié la première partie de l'Astrée.

[1302] Var. D'un oncle dont j'espère un bon avancement. (1634-57)

[1303] Voyez plus haut, p. 192, note [641].

[1304] La leçon de 1644:

Ce sera donc pour plus que vous pour votre argent,

est évidemment une faute d'impression.

[1305] Var. Ainsi qu'il me les baille, ainsi je les renvoie. (1634-57)

[1306] Var. En nommant celles-ci, tu caches finement. (1634-57)

[1307] Var. Soit que quelque raison secrète le retint. (1634-57)

[1308] Var. A grand'peine en une heure étoient de quatre mots. (1634-57)

[1309] Var. CHRYS. Oui, mais après? DOR. Après? C'est bien le mot pour rire.
Mon baladin muet se retire en un coin,
Content de m'envoyer des œillades de loin;
Enfin, après m'avoir longtemps considérée
Après m'avoir de l'œil mille fois mesurée. (1634-57)

[1310] Var. Le reste est digne qu'on l'admire. (1660-64)

[1311] Var. Après cette réponse, il eut don de silence,
Surpris, comme je crois, par quelque défaillance.
[Depuis il s'avisa de me serrer les doigts.] (1634-57)

[1312] Var. Vous portez sur le sein un mouchoir fort carré. (1634-57)

[1313] Var. Au demeurant fort riche, et que la mort d'un père,
Sans deux successions encore qu'il espère. (1634-57)

[1314] Var. Mais il te le faudroit, plus sage et plus accorte. (1634-57)

[1315] Voyez p. 180, note [598].

[1316] Var. [Et de ton beau semblant ne rien diminuer.]
DOR. Mon frère, qui croira sa poursuite abusée,
Sans doute en sa faveur brouillera la fusée. (1634)

[1317] Var. Madame, et les effets ne m'en ont pas déçu,
Au moins quant à Florange. (1634-57)

[1318] Var. Atteint! Ah! mon ami, ce sont des rêveries;
Il s'en moque en disant de telles niaiseries. (1634-57)

[1319] Var. Il dit ce qu'il a lu. Jugez, pour Dieu, de grâce. (1634-57)

[1320] Var. Qui jusqu'à maintenant nous tiennent arrêtés. (1634)

[1321] Var.CHRYS. Ainsi que je voulois,
Elle se montre prête à recevoir mes lois. (1634-63)

[1322] Var. A ce compte, c'est fait. Quand voulez-vous qu'il vienne. (1634-57)

[1323] Var. Pour disposer mon fils à mon contentement. (1634-57)

[1324] Var. Madame, que d'un mot je le vais rendre heureux. (1634-57)

[1325] Var. Le bonheur conduisoit aujourd'hui nos visites. (1634 et 57)
Var. Le bonheur conduisoit aujourd'hui vos visites. (1644-54 et 60)

[1326] Var. Au moins en apparence, à vous bien recevoir.
CLAR. Aussi ne pensez pas que je me plaigne d'elle. (1634-57)

[1327] Var. [Deux filles possédoient seules ton entretien;]
Et ce que nous étions de femmes méprisées,
Nous servions cependant d'objets à vos risées.
PHIL. C'est maintenant, Madame, aux vôtres que j'en sers;
Avec tant de beautés, et tant d'esprits divers,
[Je ne valus jamais qu'on me trouvât à dire.] (1634-57)

[1328] Trouver à dire, trouver qu'il manque quelque chose ou quelqu'un. Voyez le Lexique.

[1329] Var. Avec ces beaux esprits je n'étois qu'en martyre. (1634)
L'édition de 1634 porte:

Avec ces bons esprits je n'étois qu'en martyre;

mais il y a dans Les plus notables fautes survenues en l'impression: «Lisez beaux esprits.» Néanmoins Corneille n'a tenu compte de cette correction dans aucune des éditions suivantes. Dans les unes, de 1644 à 1657, on lit, comme l'on voit, bons esprits, une fois, au vers 310; dans les autres, de 1660 à 1682, deux fois, aux vers 308 et 310.

[1330] Var. Je ne le peux nier, puisqu'en parlant de vous. (1634)

[1331] Var. Et s'en alloient chercher sur ce visage d'ange
Mille sujets nouveaux d'éternelle louange. (1634-57)

[1332] Var. O la subtile ruse! ô l'excellent détour! (1634-68)

[1333] Var. De l'amour! moi, Madame,
Que pour une des deux l'amour m'entrât dans l'âme!
Croyez-moi, s'il vous plaît, que mon affection
Voudroit, pour s'enflammer, plus de perfection. (1634-57)

[1334] Var. Quelque autre trouveroit leurs visages charmants. (1634-57)

[1335] Var. [Fait que je n'y remarque aucunes raretés,]
Vu que ce qui seroit de soi-même admirable,
A peine auprès de vous demeure supportable. (1634-57)

[1336] Var. Revenons aux propos que tu veux éviter. (1634-57)

[1337] Var. L'esprit d'un amoureux, absent de ce qu'il aime. (1634-57)

[1338] Var. Qu'ainsi sa fonction confuse et mal guidée. (1634-57)

[1339] Var. Jugiez pour quels objets l'amour m'a su toucher. (1634-60)

[1340] Var. Puisque loin de vos yeux je n'ai rien qui me plaise. (1634-57)
Var. Éloigné de vos yeux, je n'ai rien qui me plaise. (1660-68)

[1341] Var. Tout me devient fâcheux, tout s'oppose à mon aise. (1634-68)

[1342] Var. Un chagrin éternel triomphe de mes sens.
CLAR. Si, comme tu disois, dans le cœur des absents. (1634-57)

[1343] Var. Ce compliment n'est bon que vers une maîtresse. (1634-57)
Var. Ce compliment n'est bon qu'auprès une maîtresse. (1660)

[1344] Var. Tant mon grade s'oppose à mon contentement. (1634-64)

[1345] Dans l'édition de 1634, au-dessous du nom de PHILISTE, on lit en titre: STANCES.

[1346] Var. Vos mouvements irrésolus
Ont trop de flux et de reflus[1346-a],
L'un m'élève et l'autre m'atterre;
L'un nourrit mon espoir, et l'autre ma langueur.
N'avez-vous point ailleurs où vous faire la guerre,
Sans ainsi vous combattre aux dépens de mon cœur? (1634)

[1346-a] Reflus paraît avoir été écrit ainsi pour la rime; car dans ce même vers le mot simple flux se termine régulièrement par un x.

[1347] Var. A force de vous obéir;
Mais le moyen de vous haïr?
Vous venez tous deux de Clarice;
Vous m'en entretenez tous deux,
Et formez ma crainte et mes vœux
Pour ce bel œil qui vous fait naître. (1634)

[1348] Var. Et formant ma crainte et mes voeux
[Pour ce bel oeil qui les fait naître,]
De deux contraires flots mon esprit agité. (1648)

[1349] Var. Qu'elle me découvre son cœur,
Je le prends pour un trait moqueur,
D'autant que je m'en trouve indigne. (1634-57)

[1350] Il ne faut pas voir ici une licence poétique destinée à faciliter la rime. Cette orthographe est partout celle de Corneille et de ses contemporains.

[1351] Var. Avouât des flammes si basses;
Et par le soin exact qu'elle a de les cacher,
Apprends que si Philiste est en ses bonnes grâces,
[Sa bouche à son esprit n'ose le reprocher.] (1634-57)
Var. Avouât de si basses flammes. (1660-64)

[1352] Var. Par un contraire effet change un amour en haine. (1634-60)

[1353] Var. Je ne sais quelle humeur curieuse m'emporte. (1634-68)

[1354] Var. A me couler sans bruit dans la prochaine porte. (1634-57)

[1355] Var. Suivrons-nous cette ardeur? Suivons, à la bonne heure. (1634-57)

[1356] Var. Celle que notre amour cherche à se déclarer. (1634-57)

[1357] Var. Être veuve à mon âge, et toujours soupirer. (1634-57)

[1358] Var. La perte d'un mari que je peux réparer. (1634)

[1359] Var. Qu'en tant que votre ardeur se porte vers Philiste. (1634-57)

[1360] Var. Sinon qu'il est un peu plus qu'un autre importun. (1634-57)

[1361] Var. Il précéda Philiste en vaines dignités,
Et Philiste le passe en rares qualités. (1634-57)

[1362] Var. Elle et moi, nous avons trop de quoi l'agrandir.
LA NOURR. Hélas! si vous pouviez un peu vous refroidir. (1634-57)

[1363] Var. Madame, croyez-moi; j'ai vieilli dans le monde. (1634-57)

[1364] Var. Éloignez, s'il vous plaît, quelque temps ce charmeur. (1634-57)

[1365] Var. Faites en son absence essai d'un autre humeur. (1634, 44 et 48)

[1366] Var. Trahir ainsi mon aise! éteindre un feu si beau! (1634-57)

[1367] Var. Va querir mon amant: dussé-je la première. (1634-64)

[1368] Var. Je ne permettrai pas qu'il sorte d'avec moi. (1634-57)

[1369]

Var. [Et tu doutes encor si j'ai vu ton forfait?]
Monstre de trahisons, horreur de la nature,
Viens çà que je t'étrangle. LA NOURR. Ah! ah! PHIL. Crache, parjure,
Ton âme abominable et que l'enfer attend.
LA NOURR. De grâce, quatre mots, et tu seras content.
PHIL. Et je serai content! qui te fait si hardie
D'ajouter l'impudence à tant de perfidie? (1634-57)

[1370] Var. Et quoi? n'est-elle pas au point où tu la veux? (1634-60)

[1371] Var. Flatter de vos discours les passions des dames. (1660)

[1372] Var. C'est n'y savoir enfin que ce qu'un chacun sait. (1654)

[1373] Var. J'ai su faire éclater avecque violence. (1634-57)

[1374] Var. Qui croira ton babil, la ruse est merveilleuse. (1634-57)

[1375] Var. Mais je vous parle en vain, vos yeux et vos oreilles
Vous sont de bons témoins de toutes ces merveilles. (1634-57)

[1376] Var. Que ton subtil esprit emploie à ta défense. (1634-57)

[1377] Var. Si d'un mauvais dessein il tire un bon effet. (1634-57)

[1378] Var. Je reçois sans contrainte un amour téméraire;
Mais si j'ose brûler, aussi sais-je me taire. (1634-57)

[1379] Var. En vain j'aurois appris que la seule espérance (1657)

[1380] Var. J'aime sans espérer, et je ne me promets
Aucun loyer d'un feu qu'on n'éteindra jamais.
L'amour devient servile, alors qu'il se propose
Le seul espoir d'un prix pour son but et sa cause. (1634)

[1381] Var. Ne déguisons plus rien, mon Philiste, il est temps
Qu'un aveu mutuel rende nos feux contents. (1634-57)

[1382] Var. Ne donne à mes amours qu'une moqueuse atteinte[1382-a]. (1634-54)
Var. Ne donne à mes amours qu'une railleuse atteinte. (1660 et 63)

[1382-a] Dans l'édition de 1657, il y a moqueuse feinte, au lieu de moqueuse atteinte; mais c'est sans doute une faute d'impression.

[1383] Var. Tu veux qu'encore un coup je devienne effrontée,
Pour te dire à quel point mon ardeur est montée:
Tu la vois cependant en son extrémité,
Et tu doutes encor de cette vérité? (1634-57)

[1384] Var. Tu le vois cependant en son extrémité. (1660)

[1385] Var. Oui, j'en doute, et l'excès de ma béatitude
Est le seul fondement de mon incertitude.
Ma reine, est-il possible, et me puis-je assurer. (1634)

[1386] Var. Qui prescrive une règle à mes affections. (1634-60)

[1387] Var. Puis-je pas disposer de ce que je te donne? (1634-57)

[1388] Var. Que termine bientôt notre heureux hyménée. (1663)

[1389] Var. Alcidon, averti de ce que vous brassez,
Va rendre en un moment vos desseins renversés. (1634)

[1390] Var. Vous fera, s'il me croit, un dangereux parti. (1644-57)

[1391] Var. Elle-même le dupe, et par un contre-échange. (1634)
Var. Elle-même le dupe, et par un contre-change. (1644-57)

[1392] Var. En écoutant ses vœux reçoit ceux de Florange. (1634-57)

[1393] Var. Eh! de grâce, ma vie, un peu de complaisance:
Tandis que je te tiens, souffre qu'avec loisir. (1634-57)

[1394] Var. En peux-tu recevoir de l'entretien d'un homme
Qui t'explique si mal le feu qui le consomme,
Dont le discours est plat, et pour tout compliment
N'a jamais que ce mot: «Je t'aime infiniment?»
J'ai honte auprès de toi que ma langue grossière
Manque d'expressions et non pas de matière. (1634-57)

[1395] Var. Et voir tous les ressorts de mon âme blessée. (1634-60)

[1396] Var. Que tu verrois un feu bien autre et bien plus grand. (1634-57)

[1397] Var. Pour y voir comme quoi ma passion m'engage. (1634)
Var. Pour voir, jusqu'à quel point ma passion m'engage. (1644-60)

[1398] Var. Quitte, mon cher souci, quitte ce faux soupçon:
Tu douterois à tort d'une chose si claire. (1634-57)

[1399] Var. Hélas! ma volonté sous une autre asservie. (1652-57)

[1400]

Var. Je te fais vainement un don de ma franchise;
Tu sais que ses grands biens ne regardent que moi. (1634-57)

[1401] Var. Si l'effet de mes vœux est hors de ma puissance. (1634-57)

[1402] Var. Qu'un baiser de nouveau t'en donne l'assurance. (1634-57)

[1403] Var. [Une preuve plus ample ou des garants meilleurs.]
ALC. Que cette feinte est belle et qu'elle a d'industrie!
DOR. On a les yeux sur nous, laisse-moi, je te prie.
ALC. Crains-tu que cette vieille en ose babiller[1403-a]?
DOR. Adieu, va maintenant où tu voulois aller. (1634-57)

[1403-a] Crains-tu que...? DOR. Cette vieille auroit de quoi parler. (1644-57)

[1404] Var. Qu'il te souvienne au moins que c'est moi qui te quitte.
ALC. Quoi donc, sans un baiser? Je m'en passerai bien. (1634-57)

[1405] Var. ALCIDON, seul. (1660)

[1406] Var. Je la prends pour un autre et lui dis mon martyre. (1634, 48, 52 et 57)

[1407] Var. Et sa réponse, au point que je peux souhaiter. (1634)

[1408] Var. Cependant que le sien ressent ce que je feins. (1634-57)

[1409] Var. Paravant qu'il soit peu, Florange la possède. (1634-57)

[1410] Var. [C'est lui qui sourdement a conduit ce traité.]
ALC. Ce n'est pas grand dommage: aussi bien tant de feintes
M'alloient bientôt donner d'ennuyeuses contraintes.
Ils peuvent achever quand ils trouveront bon:
Rien ne les troublera du côté d'Alcidon.
Cependant apprends-moi ce que fait ta maîtresse.
LA NOURR. Elle met la nourrice au bout de sa finesse. (1634-57)

[1411] Var. Je n'eusse jamais cru qu'elle l'eût tant aimé. (1634-60)

[1412] Var. Tu m'as beau supplier; mon esprit épuisé. (1634-60)

[1413] Divertir, détourner.

[1414] Var. Je ne sais qu'un moyen, mais je ne l'ose dire. (1634-60)

[1415] Var. Je te peux en tenir la fausse porte ouverte. (1634)

[1416] Var. Que trop, mais je ne sache après où me sauver. (1634-57)

[1417] Var. Tu n'en saurois manquer, aveugle, considère
Qu'on t'enlève Doris: va quereller son frère,
Fais éclater partout un faux ressentiment.
Trop d'amis s'offriront à venger promptement
L'affront qu'en apparence aura reçu ta flamme,
Et lors (mais sans ouvrir les secrets de ton âme)
Tâche à te servir d'eux. ALC. Ainsi tout ira bien.
[Ce prétexte est si beau que je ne crains plus rien.](1634-57)
Var. On t'enlève Doris, et ta feinte colère. (1660)

[1418] Var. [Retardoit les effets dus à notre amitié.]
ALC. Voilà grossièrement chercher à te dédire:
Avec leurs trahisons ta lâcheté conspire[1418-a],
Puisque tu sais leur crime et consens leur bonheur.
Mais c'est trop désormais survivre à mon honneur;
C'est trop porter en vain par leur perfide trame
La rougeur sur le front et la fureur en l'âme:
Va, va, n'empêche plus mon désespoir d'agir;
Souffre qu'après mon front ce flanc puisse en rougir,
Et qu'un bras impuissant à venger cet outrage
Reporte dans mon cœur les effets de ma rage.
CÉL. Bien loin de révoquer ce que je t'ai promis,
Je t'offre avec mon bras celui de cent amis.
Prends, puisque tu le veux, ma maison pour retraite;
Dispose absolument d'une amitié parfaite:
Je vois trop que Philiste en te volant ton bien. (1634-57)

[1418-a] Avec leurs trahisons ton amitié conspire. (1644-57)

[1419] Var. On venge honnêtement un crime par un crime. (1634-57)

[1420] Var. Dont il fait sourdement Florange possesseur. (1634-57)

[1421] Var. Cette belle m'accepte, et dessous cet aveu. (1634-57)

[1422] Var. Et je lui fais savoir que devant mon trépas. (1634-57)

[1423] L'édition de 1682 a seule du mal, pour de mal.

[1424] Var. Vu que notre amitié m'en eût fait dégager. (1634-57)

[1425] Var. Mais faites que l'humeur de Philiste se change,
Grands Dieux, et l'inspirant de rompre avec Florange. (1634-57)

[1426] Var. Pour un ami je sais étouffer mon amour. (1634-57)

[1427] Var. Vu que je ne puis craindre aucune résistance. (1634-57)

[1428] Var. La belle dont mon traître adore les attraits. (1634-60)

[1429] Var. Et rendre, en ce faisant, ton parti le plus fort. (1634)

[1430] Var. Mais pour la sûreté d'une telle entreprise. (1634-68)

[1431] Var. ALCIDON, seul. (1634)

[1432] Var. Vu qu'il met pour autrui son bonheur en arrière. (1634-57)

[1433] Var. Au moins pour la plupart; que le siècle où nous sommes. (1634-57)

[1434] Var. Qu'à grand'peine deux mots se peuvent échapper. (1634-57)

[1435] Var. Et malgré les abus vivons toujours contents. (1634)

[1436] Var. Or pour te retirer de la mélancolie. (1634 et 52-57)
Var. Or pour te retirer de ta mélancolie. (1644 et 48)
Var. Mais pour te retirer de la mélancolie. (1660 et 63)

[1437] Var. Quelque soupçon frivole en ce cas te déçoit. (1634)

[1438] Var. Ma mère en a reçu, de vrai, quelques propos. (1634-57)

[1439] Var. De ne régler qu'aux biens une pareille affaire. (1634)

[1440] Var. Moi dont ce faux éclat n'éblouit jamais l'âme,
Qui connois ton mérite autant comme ta flamme. (1634-57)

[1441] Var. Mais fine, elle vouloit qu'un ver de jalousie. (1634-57)
Var. Mais elle vouloit bien qu'un ver de jalousie. (1660)

[1442] Var. Le peu que j'y perdrai ne vaut pas s'en fâcher. (1657)

[1443] Mélite, acte III, sc. V, p. [202]. Les poëtes dramatiques du dix-septième siècle aimaient à placer ainsi dans la bouche de leurs personnages des allusions à leurs ouvrages antérieurs. Voyez la note sur le vers 702 de la Place Royale. Molière dit dans le Misanthrope (acte I, sc. I):

Je ris des noirs accès où je vous envisage,
Et crois voir en nous deux, sous même soin nourris,
Les deux frères que peint l'École des maris.

[1444] Var. Le choix de ce lourdaud la punit et me venge. (1634-57)

[1445] Var. Et ce sexe imparfait, de son mieux ennemi. (1634-60)

[1446] Var. Et que tes lâchetés tirent de leurs excès. (1634-57)

[1447] Var. A cause de ses biens ma mère en meurt d'envie. (1634-60)

[1448] Var. Toujours pour les duels l'on m'a vu sans effroi,
Mais je n'ai point de lame à trancher contre toi. (1634)
Var. Toujours pour les duels on m'a vu sans effroi. (1644-57)

[1449] Dans l'édition de 1682, on lit masque, au lieu de manque; mais le sens prouve, ainsi que le texte des impressions antérieures, que c'est une faute d'impression.

[1450] Var. [Voilà bien déguiser un manque de courage.]
PHIL. Si jamais quelque part ton intérêt m'engage,
Tu pourras voir alors si je suis un moqueur,
Et si pour te servir j'aurai manqué de cœur;
Mais pour te mieux ôter tout sujet de colère,
Sitôt que j'aurai pu me rendre chez ma mère,
Dût mon peu de respect offenser tous les Dieux. (1634-57)

[1451] Var. Je souffre jusque-là ton humeur violente;
Mais, ces devoirs rendus, si rien ne te contente,
Sache alors que voici de quoi nous apaisons
Quiconque ne veut pas se payer de raisons. (1634-57)

[1452] Var. Mon prétexte est perdu, s'il ne quitte ses soins. (1664 et 68)

[1453] Var. Tu mérites de vivre après un si bon tour. (1634-68)

[1454] Var. Vous n'eussiez pu m'entendre, et vous tenir de rire. (1634-57)

[1455] Var. Ne s'explique à tous deux nullement par la bouche. (1634-57)

[1456] Rendre le change à quelqu'un, lui donner son change, c'est, suivant Furetière, lui répliquer fortement, lui rendre la pareille. Voyez le Lexique.

[1457] Au regard de Florange, en ce qui regarde Florange, dans ce que je lui ai dit de Florange.

[1458] Var. Que le moqué toujours reste fort satisfait. (1634)

[1459] Var. Je lui présente encore une ruse nouvelle. (1634)

[1460] Var. Mais pour en dire trop tu pourrois tout gâter. (1634-60)

[1461] Donner, non pas comme plus haut son change, mais le change à quelqu'un, c'est le tromper; cette expression est empruntée au vocabulaire de la vénerie.

[1462] Var. Si sa mauvaise humeur refuse à lui parler. (1634-57)

[1463] Le nom de LYCAS manque en tête de cette scène dans l'édition de 1634.

[1464] Var. Monsieur, vous m'offensez: loin d'être un suborneur. (1634-57)

[1465] Var. Madame a trouvé bon de prendre cette voie. (1634-57)

[1466] Courtier. Voyez le Lexique.

[1467] Var. C'est un fou, me voyant, s'il ne gagne la porte. (1634-57)

[1468] Quiconque est riche est tout.
(Boileau, Satire VIII.)

[1469] Var. N'en parlons plus. Lycas. LYC. Monsieur? PHIL. Sus, de ma part
Va Florange avertir que s'il ne se départ. (1634)

[1470] Cette indication manque dans l'édition de 1663.

[1471] Var. Dieux! que cet obstiné me donne de tourment! (1634-57)

[1472] Dans l'édition de 1634, on lit en titre, au-dessous du nom de CLARICE: STANCES.

[1473] Var. L'aise à mes maux succède. (1634-68)

[1474] Var. Mon heur me semble nompareil. (1634)

[1475] Var. Depuis que notre amour déclaré m'en assure. (1634-57)

[1476] Var. CÉLIDAN, derrière le théâtre. (1634-60)

[1477] Bonnet à l'anglaise, qui, lorsqu'on veut, se rabat sur les épaules. On peut voir la représentation de cette sorte de coiffure dans une gravure faite pour l'édition de 1660 et qui accompagne aussi d'ordinaire celle de 1664.

[1478] Pour ce jeu de scène, la leçon de 1634 est, en tenant compte de la correction contenue dans l'errata: LA NOURRICE, se jetant à ses genoux.—Dans les éditions de 1644-60: embrassant ses genoux.

[1479] Var. CLARICE, à qui Célidan met la main sur la bouche. (1634-60)

[1480] Ce mot interrompu nous semble d'un effet bizarre, mais il serait facile de trouver dans les œuvres dramatiques des prédécesseurs de Corneille plus d'un exemple de ce genre. Le plus connu, et le plus souvent cité peut-être, est celui qu'on rencontre au Ve acte du Daire (Darius) de Jacques de la Taille (voyez sur ce poëte l'Histoire du théâtre françois, tome III, p. 337 et suivantes):

Ma femme et mes enfants aye en recommanda....
Il ne put achever, car la mort l'en garda.

[1481] Var. CÉLIDAN, derrière le théâtre. (1634-60)—Il dit ces deux mots derrière le théâtre. (1663, en marge.)

[1482] Var. Tous n'en resteront pas également contents. (1634)

[1483] Cette indication ne se trouve que dans les éditions de 1663-82.

[1484] C'est-à-dire versons quelques larmes feintes. Voyez plus haut, sur un autre emploi de suborner, p. 184, note [614].

[1485] Var. De furie elle écume, et fait toujours un bruit. (1634-57)

[1486] Var. Ces mots ont éclaté d'un transport impourvu. (1634)

[1487] Var. Vain et foible soulas en un coup si funeste. (1634-57)

[1488] Var. Reçois donc de mes feux ce dernier témoignage. (1634-57)

[1489] Var. Aussi pour en juger peut-être est-ce ta feinte. (1634-57)

[1490] Var. Tu lui voudras du mal pour t'avoir trop aimée. (1634)
Var. Tu lui voudras du mal de t'avoir tant aimée. (1644-57)

[1491] Var. Et sûre de sa foi, tu viendras regretter
Sur sa tombe le temps et le bien d'en douter. (1634-57)

[1492] Var. Qu'il m'est doux en mourant de penser qu'elle m'aime! (1634-60)

[1493] Var. Et dans ce désespoir que causent mes malheurs,
Espérer que ma mort lui coûtera des pleurs!
Simple, qu'espères-tu? sa perte est volontaire,
Et pour mieux te punir d'un amour téméraire,
Elle veut tes regrets, tous autres châtiments
Ne lui semblent pour toi que de légers tourments. (1634-57)

[1494] Var. Elle se pâme d'aise au récit de ta peine. (1634-68)

[1495] Var. Triomphe insolemment de sa pudicité.
Hélas! qu'à ce penser ma vigueur diminue! (1634-57)

[1496] Var. Vous ne devez, Monsieur, en rien nous accuser. (1634)
Var. Vous n'avez point, Monsieur, lieu de nous accuser. (1644-57)

[1497] Prêter épaule à, seconder, favoriser.

[1498] Var. Perfides, vous prêtez l'épaule à leur retraite. (1634-57)

[1499] Var. DORASTE, cependant que Philiste est derrière le théâtre. (1634-57)

[1500] Var. Il a l'épée à la main. (1663, en marge.)

[1501] Var. Infâmes, scélérats, venez, qu'espérez-vous? (1634)

[1502] Var. ALCIDON, mettant l'épée à la main. (1634-60)—Il met aussi l'épée à la main. (1663, en marge.)

[1503] Var. Quoi! ta poltronnerie a changé bien soudain!
CÉL. Modère cet ardeur[1503-a], tout beau. ALC. Laisse-nous faire. (1634-57)

[1503-a] Tel est ici le texte de toutes les éditions indiquées; mais elles font ardeur du féminin dans les autres endroits de la Veuve où ce mot se trouve.

[1504] Var. C'est en homme de bien qu'il me va satisfaire. (1634-60)

[1505] Var. Veux-tu rompre le coup d'une bonne action? (1634-57)

[1506] Var. Je ne prends plus de part aux intérêts d'un traître. (1634-57)

[1507] Var. Et puisqu'il est ainsi, le ciel fait bien paroître. (1634-60)

[1508] Var. Que son juste courroux a voulu me venger. (1634)

[1509] Var. Ne me presse donc plus dedans mon désespoir. (1634-60)

[1510] Var. Te peux-tu plaindre encor de ta place occupée? (1634-57)

[1511] Var. J'ai menacé Florange, et rompu des accords
Qui te causoient jadis ces violents transports. (1634-57)

[1512] Var. Faire ici du fendant alors qu'on nous sépare. (1634-60)

[1513] Var. Le cœur à ses douleurs me saigne de pitié. (1634-60)

[1514] Var. A ce piége qu'il dresse afin de m'attraper. (1634-57)

[1515] Var. Un lâche désaveu de cette trahison. (1648)

[1516] Tel est le texte de toutes les éditions. Voyez au sujet du genre du mot: offre, l'introduction grammaticale en tête du Lexique.

[1517] Mettre quelqu'un au pis, à pis faire «se dit par manière de défi, pour marquer à un homme que quelque volonté qu'il ait de nuire, on ne le craint point.» (Dictionnaire de l'Académie de 1694.)

[1518] Var. Et pour la maintenir j'éteindrai bien ma braise.
CÉL. Mais je ne veux point d'heur aux dépens de ton aise. (1634)

[1519] Var. Ta perte en mon bonheur te seroit trop sensible. (1644-60)

[1520] Var. Et j'aurois un regret trop sensible de voir[1520-a]
Que mon hymen laissât Alcidon à pourvoir. (1634-57)

[1520-a] Et moi-même j'aurois trop de regret de voir. (1644-57)

[1521] Var. Philiste m'est parjure, et moi ton obligé. (1634-63)

[1522] Var. Ma raison en ce choix n'a point d'incertitude,
Puisque l'un est justice et l'autre ingratitude. (1634-57)

[1523] Var. Ne me semble conduit que trop accortement. (1634-57)

[1524] L'édition de 1682 porte t'approcher, qui ne donne point de signification raisonnable; la leçon que nous avons suivie (rapprocher, dans le sens neutre, pour se rapprocher) se trouve dans toutes les autres impressions.

[1525] Var. Quant à moi, plus j'y songe, et moins j'y vois de jour. (1634-57)

[1526] Var. Cela se juge à l'œil, rien ne le satisfait. (1634-57)

[1527] Var. Que je ne fus jamais homme à servir un traître. (1634-57)

[1528] Var. Ce n'est pas avec moi qu'il faut faire le fin. (1634-60)

[1529] Var. C'est à tort que tu veux m'imputer un forfait.
LA NOURR. Où l'as-tu mise enfin? CÉL. Tu cherches ta maîtresse? (1634-57)

[1530] Var. Je ne trempai jamais en cet enlèvement. (1634-57)

[1531] Var. Leur carrosse roulant, comme est-il advenu.... (1634-60)

[1532] Interroger, demander. Voyez le Lexique.

[1533] Var. Donne-m'en quelque adresse. (1644-57)

Dans l'édition de 1634 il y a donnes, qui est très-probablement pour donnez. Voyez plus haut, p. 248, note [820-a]

[1534] Var. Ne caressoit Doris que pour couvrir son jeu. (1634-57)

[1535] Var. Mon salut dépend donc d'une soudaine fuite,
Et mon esprit confus ne peut où l'adresser! (1634)

[1536] C'est-à-dire ne sait de quel côté diriger ma fuite.

[1537] Var. Nourrice, j'ai chez moi, si tu veux, ta retraite. (1634)

[1538] Var. D'où nous ne craignons rien de sa subtilité. (1652 et 57)

[1539] Var. Seul apporte du trouble à tes contentements. (1634-57)

[1540] Var. Où tu m'as préféré ce lourdaud de Florange. (1634-57)

[1541] Var. Je sentirois mon mal de beaucoup soulagé. (1634-57)

[1542] Var. Donc, pour le bien servir, il me le faudroit taire? (1634)
Var. Donc, pour le bien servir, il me faut vous le taire? (1644-57)

[1543] Var. Je m'en vais: cependant souviens-toi, rigoureuse. (1634-57)

[1544] Var. Que leur condition me semble déplorable! (1634-57)

[1545] Var. Chacun de leur côté, prennent sur mon devoir. (1634-57)

[1546] Var. Il y va cependant du reste de ma vie. (1634-60)

[1547] Var. Ciel, qui vois ma misère et qui sais mon besoin,
Pour le moins, par pitié, prends de moi quelque soin! (1634-57)

[1548] Var. De conserver l'honneur de mes meilleurs amis. (1634-57)

[1549] Var. De voir qu'un bon succès ait trompé mon attente. (1634-60)

[1550] Var. De mon affliction le triste souvenir. (1634-60)
Var. De toute ma douleur le triste souvenir[1550-a]. (1663)

[1550-a] Nous donnons ce vers tel qu'il est corrigé dans l'errata. Voici comme il est imprimé dans le texte de 1663:

De cet enlèvement le triste souvenir.

[1551] Var. Je dois ma liberté, mon honneur, mes amours. (1634-57)

[1552] Var. Disposez de tous deux, et ce que l'un et l'autre
Auront en leur pouvoir, tenez-le comme au vôtre;
Tandis permettez-moi de le faire avertir
Qu'il lui faut en plaisirs ses douleurs convertir.
CÉL. [C'est à moi qu'appartient l'honneur de ce message,]
Trop heureux en ce point de vous servir de page;
[Mon secours, sans cela, comme de nul effet.] (1634-57)

[1553] Ce vers a été omis par erreur dans l'édition de 1682.

[1554] Var. Si bien que désormais, quelque espoir qui me flatte. (1634-57)

[1555] Me mettent à retour, font que je vous dois du retour.

[1556] Var. Notre heur, incompatible avecque sa misère,
Ne se peut avancer qu'en lui disant le sien. (1634-57)

[1557] Var. CÉL. Mais dedans sa fureur quoique rien ne l'apaise,
Si je t'avois tout dit, c'est pour en mourir d'aise. (1634-57)

[1558] Var. Dedans son désespoir elle parle de toi. (1634-60)

[1559] Var. [Son fidèle Alcidon, m'en consoloit ici,]
Qu'en le voyant mon mal deviendroit adouci! (1634-57)

[1560] Var. Je ne me pensois pas si fort en sa mémoire. (1634-60)

[1561] Var. Il ne tiendra qu'à toi d'en voir la vérité.
ALC. Quand? CÉL. Même avant demain. ALC. Ma curiosité
Accepte ce parti: ce soir, si bon te semble,
Nous nous déroberons pour l'aller voir ensemble,
Et, comme sans dessein, de loin la disposer,
Puisque Philiste est mort.... [CÉL. J'entends, à t'épouser.] (1634-57)

[1562] Var. Me donne un libre accès aux lieux de sa prison. (1634-60)

[1563] Var. Adieu, pour le présent j'ai quelque affaire en ville. (1634-57)

[1564] Var. Mais je ne songe pas que mon aise imprudente. (1634-57)

[1565] Var. De mes contentements lui faire quelque part. (1634-57)

[1566] Var. Le ciel venge ta sœur; ton brusque aveuglement. (1634-57)

[1567] Var. Ta maîtresse ravie et peut-être forcée.
Cependant Alcidon te querelle toujours,
Au lieu de renouer ses premières amours.

PHIL. Madame, c'est sur vous qu'en tombe le reproche:
Le moyen que jamais Alcidon en rapproche!
L'affront qu'il a reçu ne lui peut plus laisser
De souvenir de nous que pour nous offenser.
[Ainsi mon mauvais sort m'a bien ôté Clarice.] (1634-57)

[1568] Var. Ce que vous n'aimiez point! Petite écervelée. (1634-57)

[1569] Var. Mais dis qu'il te falloit un esprit moins léger. (1634-57)

[1570] Les mots à Célidan manquent dans l'édition de 1663.

[1571] Var. Lui fait faire envers nous une incivilité:
Excusez, s'il vous plaît, sa passion trop forte. (1634-57)

[1572] Var. Offrir à cette belle un cœur qui n'est que flamme. (1634-57)

[1573] Var. Mais à présent qu'un autre en sa place reçu
[Me fait voir clairement combien j'étois déçu,]
Et que ce malheureux l'a si peu conservée,
Mon âme, que ses yeux ont toujours captivée,
Dans le malheur d'autrui vient chercher son bonheur.
CHRYS. Votre offre avantageux nous fait beaucoup d'honneur. (1634-57)

[1574] Var. J'en viens faire éclater toute la violence. (1660-64)

[1575] Var. Et comme sa boutade à mes souhaits résiste.
Trop chaud ami qu'il est, il s'emporte aujourd'hui
Pour un qui nous méprise et se moque de lui. (1634-57)

[1576] Var. On l'éloigna de moi, vu le peu d'avantage
Qui se trouva pour lui dedans mon mariage,
Et jamais le retour ne lui fut accordé
Qu'ils ne vissent mon lit d'Acaste possédé. (1634-57)

[1577] Portraire, peindre, tracer.

[1578] Var. Il faudroit de ma belle une même assurance,
Et rien ne pourroit plus troubler mon espérance.
DOR. Monsieur, où Madame est je n'ai point de vouloir.
CÉL. Employer contre vous son absolu pouvoir!
Ma flamme d'y penser deviendroit criminelle. (1634-57)

[1579] Voyez p. 208, note [692].

[1580] Var. Lui garder en votre âme un petit souvenir. (1634-60)

[1581] Var. Je ne le puis souffrir. Nos pensers à tous deux. (1634-57)

[1582] Var. Où m'as-tu vu jalouse, afin d'être ombrageux?
PHIL. Ce fut, vous le savez, l'autre jour qu'en visite. (1634-60)

[1583] Var. Et tu sais dextrement dedans nos entretiens
Accuser mes défauts en excusant les tiens. (1634-57)

[1584] Var. Tu peux compter huit jours paravant qu'il s'achève. (1634-57)

[1585] Var. Pensez-vous, mon souci, que pour votre secours. (1634-57)

[1586] Var. L'aise que j'en reçois ne savoit endure
Que mes humbles devoirs se pussent différer. (1634-57)

[1587] Var. Pourvu qu'en mes défauts j'aye tant de bonheur
Que vous me réputiez digne d'un tel honneur,
Et que sa passion en ce choix vous contente. (1634-57)

[1588] Var. Tant la raison s'oppose à ma crédulité. (1634)

[1589] Var. Mon esprit tout confus fait doute si je veille. (1634)

[1590] Var. Souffrez qu'en ce bonheur mon aise m'enhardisse. (1634-64)

[1591] Var. Celle qui de tout temps a possédé mon âme,
Une sœur qui, reçue en mon lit pour moitié[1591-a],
D'un lien plus étroit serre notre amitié. (1634-57)

[1591-a] Une sœur qui, reçue à mon lit pour moitié. (1654 et 57)

[1592] Var. Ce colère Alcidon tient en gage ma foi.
CÉLIDAN, à Philiste. Voilà de ta parole un manque trop visible.
PHILISTE, à Célidan. Je t'ai bien tout promis ce qui m'étoit possible,
Mais une autre promesse ôte de mon pouvoir
Ce qu'aux plaisirs reçus je me sais trop devoir. (1634-57)

[1593] Var. Disputer maintenant contre vous ce qu'il aime. (1634-57)
Var. Contre votre faveur disputer ce qu'il aime. (1660)

[1594] Var. Le désordre qu'on lit en mon âme étourdie
Vient moins de votre aspect que de sa perfidie. (1634-57)

[1595] Je forcène, c'est-à-dire j'enrage.

[1596] Var. [Ce traître assure ainsi ma perte et son amour.]
O honte! ô crève-cœur! ô désespoir! ô rage!
Qui venez à l'envi déchirer mon courage,
Au lieu de vous combattre, unissez vos efforts
Afin de désunir mon âme de mon corps.
Je tiens les plus cruels pour les plus favorables.
Mais pourquoi vous prier de m'être secourables?
Je mourrai bien sans vous: dans cette trahison,
Mon cœur n'a, par les yeux, que trop pris de poison.
Perfide, à mes dépens tu soûles donc ta braise[1596-a],
Et mon honneur perdu contribue à ton aise?
CÉLIDAN, à Alcidon. Traître, jusques ici j'ai caché tes défauts,
Et pour remercîment tu m'en donnes de faux?
[Cesse de m'outrager, ou le respect des dames.] (1634-57)

[1596-a] Ce vers et le suivant ne se trouvent sous cette forme que dans l'édition de 1634; dans celles de 1644-57, ils sont semblables aux vers 1915 et 1916 de notre texte.

[1597] Var. Il faut lever le masque, il faut te confesser
Qu'une toute autre ardeur occupoit mon penser. (1634-57)

[1598] On lit foible dans l'édition de 1682, mais c'est une faute typographique qui mérite à peine d'être relevée.

[1599] Var. Vois par là comme j'aime, et perds le souvenir
Qu'un traître contre toi tu m'as vu maintenir.
Bien que ma flamme, au point d'avoir sa récompense,
De me venger de lui pour l'heure me dispense,
Il jouira fort peu de cette vanité
D'avoir su m'offenser avec impunité.
[Fais, malgré mon erreur, que ton feu persévère.] (1634-57)

[1600] Var. Paravant cette offense, avoit voulu choisir. (1634-57)

[1601] Var. Mais hélas! mon souci, je n'ose avoir pensé
Que sans avoir servi je sois récompensé.
DORIS, à Célidan. Ici votre mérite est joint à leur puissance,
Et la raison s'accorde à mon obéissance.
En secondant vos feux, je fais par jugement
Ce qu'ailleurs je ferois par leur commandement.
CÉL. A ces mots enchanteurs mon martyre s'apaise,
Et je ne conçois rien de pareil à mon aise[1601-a],
Pourvu que ce propos soit suivi d'un baiser.
CHRYSANTE, à Doris. Ma fille, ton devoir ne le peut refuser.
PHILISTE, à Clarice. Leur exemple, mon cœur, t'oblige à la pareille.
CLARICE, à Philiste. Mais je n'ai point de mère ici qui me conseille.
Tu prends toujours d'avance. CHRYS. Oh! que sur mes vieux ans[1601-b]
Le pitoyable ciel me fait de doux présents! (1634-57)

[1601-a] Et je n'en conçois rien de pareil à mon aise. (1654 et 57)

[1601-b] Ces cinq vers depuis: «Pourvu que......» ne sont que dans l'édition de 1634. Après mon aise, celles de 1644-57 portent:

[Que la mienne est extrême, et que sur mes vieux ans]
Le pitoyable ciel me fait de doux présents!

[1602] Var. Ainsi me donne-t-il, pour comble de mes vœux,
Bientôt des deux côtés quelques petits neveux[1602-a],
Rendant par les doux fruits de ce double hyménée
Ma débile vieillesse à jamais fortunée! (1634-57)

[1602-a] Bientôt de deux côtés quelques petits neveux. (1657)

[1603] Var. Afin qu'à ces plaisirs ensemble on se prépare. (1634-57)

[1604] Var. Vous quitter paravant ce bienheureux moment. (1634-57)