SCÈNE II.

DORASTE, PHYLIS, CLÉANDRE.

DORASTE sort de chez Angélique[748].

Tout est gagné, ma sœur: la belle m'est acquise;
Jamais occasion ne se trouva mieux prise;
Je possède Angélique.

CLÉANDRE.

DORASTE.

Oui, tu peux615
Avertir Alidor du succès de mes vœux,
Et qu'au sortir du bal, que je donne chez elle,
Demain un sacré nœud m'unit à cette belle[749];
Dis-lui qu'il s'en console. Adieu: je vais pourvoir
A tout ce qu'il me faut préparer pour ce soir.620

PHYLIS[750].

Ce soir j'ai bien la mine, en dépit de ta glace,
D'en trouver là cinquante à qui donner ta place[751].
Va-t'en, si bon te semble, ou demeure en ces lieux:
Je ne t'arrêtois pas ici pour tes beaux yeux;
Mais jusqu'à maintenant j'ai voulu te distraire,625
De peur que ton abord interrompît mon frère.
Quelque fin que tu sois, tiens-toi pour affiné[752].