SCÈNE XI.
DORIMANT, CÉLIDÉE, CLÉANTE.
DORIMANT.
Dans ce profond penser, pâle, triste, abattue,
Ou quelque grand malheur de Lysandre vous tue,
Ou bientôt vos douleurs l'accableront d'ennuis[229].
CÉLIDÉE.
Il est cause en effet de l'état où je suis,1020
Non pas en la façon qu'un ami s'imagine,
Mais....
DORIMANT.
Vous n'achevez point, faut-il que je devine?
CÉLIDÉE.
Permettez que je cède à la confusion[230]
Qui m'étouffe la voix en cette occasion.
J'ai d'incroyables traits de Lysandre à vous dire;1025
Mais ce reste du jour souffrez que je respire,
Et m'obligez demain que je vous puisse voir.
DORIMANT.
De sorte qu'à présent on n'en peut rien savoir?
Dieux! elle se dérobe, et me laisse en un doute....
Poursuivons toutefois notre première route;1030
Peut-être ces beaux yeux, dont l'éclat me surprit,
De ce fâcheux soupçon purgeront mon esprit.
Frappe[231].